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Full text of "Bulletin de la Société royale de botanique de Belgique"

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SOCIÈTE ROYALE DE BOTANIQUE 


DE BELGIQUE 


Gand, imp. C. Annoot-Braeckman, 


BULLETIN 


DE LA 


SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 
DE BELGIQUE 


FONDÉE LE 1% JUIN 1862 


TOME SEIZIÈME 


BRUXELLES 


AU SIÉGE DE LA SOCIÉTÉ 
JARDIN BOTANIQUE DE L'ÉTAT 


1877 


NET NTI ARE 





Conseil d'administration de la Société pour 
l'année 1877. 


President : M. B.-C. Du MorTiER. 
Vice-Présidents : 
MM. F. Muzzer. — J.-J. Kickx. 


Secrétaire général : Secrétaire des publications : 
M. F. Crépin. M. A. CoGniaux. 


Trésorier : M. L. Coomaxs. 
Conseillers : 


MM. Cu. BaGuer, MM. L. Paré, 


CH. GILBERT, C. Van HAESENDONCK. 


En. MARTENS. 












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LISTE DES MEMBRES 


4 DE LA 


SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE DE BELGIQUE. 


(1877) 


MEMBRES EFFECTIFS. 


ALporT (Morton), naturaliste, à Hobart-Town (Tasmanie). 

AscHmax, docteur en médecine, président du Collége médical 
et de la Société botanique, à Luxembourg. 

Baerens (E.), fabricant, à Lokeren. 

Bauer (C.), avocat, rue des Joyeuses Entrées, 6, à Louvain. 

BALASSE (Alph.), rue de Laeken, 6, à Bruxelles. 

Bawps (C.), docteur en médecine, à Hasselt. 

Bauwexs (L.), receveur des contributions, à Koekelberg, près 
de Bruxelles. 

BeausEan (R.), directeur de l’École moyenne, à St-Hubert. 

Berarp (C.), rue Malibran, 5, à Ixelles. 

BERTKAND, commis à la direction des postes, place St-Josse, 17, 
à St-Josse-ten-Noode. 

BLocx (l’abbé), professeur au collége St-Rombaut, à Malines. 

BLONDEAU, ancien régent à l'École moyenne, à Thuin. 

Bopson (L.), pharmacien, rue des Guillemins, 14, à Liége. 


( VuI ) 


BocaerTs, directeur des Jardins royaux, à Laeken. 

BoiceLor (l'abbé CI.), curé à Filée-Goesmes et Jallet (Condroz.— 
Namur). 

Boumer (J.-E.), conservateur au Jardin botanique de l’État, 
professeur à l’Université, rue de la Chancellerie, 18, à 
Bruxelles. 

BoxxaErT (Raoul), rue de la Réunion, 5, à Mons. 

BouiLzor, professeur d’arborieulture, à Salzinne. 

BourDeau (H.), pharmacien, à Soignies. 

Brian (Alex.), à La Hestre. 

BRITTEN (James), assistant à l’herbier du British Museum, à 
Londres. 

BROQUET (B.), commissaire d'arrondissement, à Ath. 

BruxauD (P.), avoué-licencié, à Saintes (Charente-Inférieure). 

BurGers, pharmacien, faubourg St-Léonard, à Liége. 

Caupion (F.), à Vilvorde. 

CanDèze, docteur en médecine, à Glain, près de Liége. 

Cannon (Évariste), propriétaire, Marché aux veaux, 1, à Gand. 

Caroy (l'abbé J.-B.), professeur de botanique à l’Université, 
rue Marie-Thérèse, 191, à Louvain. 

CarRoN (G.), rue Coppens, 5, à Bruxelles. 

Casier (E.), sous-lieutenant, à Mariembourg. 

Cerr (H.), rentière, rue des Champs-Élysées, 41, à Ixelles. 

CuarLier (Eug.), docteur en médecine, faubourg St-Gilles, 19, 
à Liége. 

CoëxEN (Arm.), à Heer, près de Maestricht. 

Cocntaux (A.), conservateur au Jardin botanique de l’État, rue 
Botanique, 44, à Bruxelles. 

Coomans (L.), pharmacien, rue du Poincon, 62, à Bruxelles. 

Coouaxs (V.), chimiste, rue du Poincon, 62, à Bruxelles. 

Courrier (L.), instituteur à l’École moyenne, à Soignies. 

Coyow, professeur au Collége communal, à Dinant. 


(1x) 


Craninx (Osc.) rue de la Loi, 84, à Bruxelles. 

Crépin (F.), directeur du Jardin botanique de l'État, rue de 
l’Esplanade, 8, à Bruxelles. 

Darpenve (É.), régent à l’École moyenne, à Andenne. 

Darox (P.) rentier, à Annevoie, près de Dinant. 

DE Baiz,, rentier, rue St-Alphonse, 59, à St-Josse-ten-Noode. 

DE BRUTELETTE (B.), membre de la Société Botanique de France, 
rue St-Gilles, à Abbeville. 

De BuLzenonr (E.), rue d'Orléans, 52, à Ixelles. 

Desy (J.), ingénieur, rue de la Vanne, 21, à Ixelles. 

DE CANNART-D'HAMALE, sénateur, à Malines. 

DE CREErT (Ch.), ingénieur agricole, à Hasselt. 

DE HeLpreIcH (Tu.), directeur du Jardin botanique, à Athènes. 

DE KERCHOVE (Osw.), avocat, quai au Blé, 15, à Gand. 

DE KeyzEr (Edg.), docteur en droit, rue des Sœurs-Noires, », 
à Gand. 

DE LacerDa, consul de Belgique, à Bahia. 

DELHALLE (D.), rue de Tirlemont, à Louvain. 

DELOGNE (C.), aide-naturaliste au Jardin botanique de l'Etat, 
place St-Josse, 17, à St-Josse-ten-Noode. 

DEuoonr (V.), médecin-vétérinaire, à Alost. 

DE Pirreurs (Ch.), docteur en sciences naturelles, à Zepperen, 
par St-Trond. 

DE Prixs (A.), docteur en droit, place du Peuple, à Louvain. 

DE Rinper (l'abbé P.), directeur de l’Hospice St-Antoine, à 
Gand. 

DÉSsÉGLISE (A.), rue Thalberg, 4, à Genève. 

DE SELYS LoxGcHamps (Eäm.), sénateur, boulevard de Ia Sauve- 
nière, 54, à Liége. 

DE Sicers (V.), propriétaire, à Hasselt. 

DETERME (T.), à Mariembourg. 

DewAEL (J.), docteur en sciences naturelles, rue Otto-Venius, 


à Anvers. 


Cx) 

DoncGkiEr DE DoxceeL (Henri), aide-préparateur au Musée royal 
d'histoire naturelle, à Bruxelles. 

Doucer (H.), rue de la Loi, 157, à Bruxelles. 

Durresxe (l'abbé), professeur au Séminaire de Chicoutimi 
(prov. de Québec). 

Du MorrTier (B.-C.), ministre d'État, à Tournay, et Montagne du 
Parc, 11, à Bruxelles. 

Dupoxr (Éd.), directeur du Musée royal d'histoire naturelle, 
à Bruxelles. 

Duranp (É.), rue Lambert-Lebègue, 19, à Liége. 

Duran (Tu.), rue Lambert-Lebègue, 12, à Liége. 

DuverGiER DE HAURANNE (E.), membre de la Société botanique 
de France, rue de Tivoli, 5, à Paris. 

ErrerA (Léo), rue Royale, 6, à Bruxelles. 

Fiscuer (E.), médecin-vétérinaire, à Luxembourg. 

FONTAINE (A.), général, quai des Moines, à Gand. 

FonTainE (C.), bourgmestre, à Papignies. 

Fuxcr (N.), directeur du Jardin zoologique, à Cologne. 

Fusnor, chaussée de Waterloo, 129, à Ixelles. 

GEIRNAERT (B.), horticulteur, à Sleidinge. 

GENEVIER (G.), pharmacien de 1" classe, quai de la Fosse, 85, 
à Nantes. 

GEvAERT (Paul), étudiant, rue des Petits Carmes, 20, à 
Bruxelles. 

Gevarrr (Gustave), étudiant, rue des Petits Carmes, 20, 
à Bruxelles. 

GIELEN (J.), rentier, à Maeseyck. 

Gieerr (Ch.), rentier, rue du Nord, 29, à Anvers. 

Gie (N.), professeur à l’École de médecine vétérinaire, à 
Cureghem. 

GuiLekexs, directeur de l’École d’horticulture de l'État, 


Q- 


Vilvorde. 


(x) 

GiLLON (J.), rue de Bériot, 52, à St-Josse-ten-Noode. 

Giziner (Alfred), docteur en sciences naturelles, rue Renkin, 
à Liége. 

Graver (Fréd.), à Louette-St-Pierre, près de Gedinne. 

Gravis (A.), étudiant à l’Université, rue de Naples, 22, à 
Ixelles. 

GROVES (J.), Richmond Terrace, 15, Clapham Road, S. W., 
à Londres. 

GrüN (K.), pharmacien, à Dison. 

GuiLuor (l'abbé), curé, à Bourseigne-Neuve. 

Harpy (A.), instituteur à l’École moyenne, à Visé. 

Harrwan (L.), rue Van Schoor, 41, à Schaerbeek. 

Hecxixc (Osc.), rentier, rue de la Station, à Louvain. 

HENNuY (L.), rue St-Pierre, à Dinant. 

Heÿwan (Ch.), étudiant, rue des Deux Églises, 42, à Bruxelles. 

Hoskirk (Cu.-P.), West Riding Union Bank, à Huddersfield. 

Houzeau DE Leave, professeur à l’École des mines, à Hyon, 
près de Mons. 

Howse (T.), membre de la Société Linnéenne de Londres, 
Higbfield, Sydenham Hill, à Londres. 

Huarr (lPabbé Victor), professeur au Collége de Chicoutimi 
(prov. de Québec). 

INGELS (R.-C.), directeur de la Maison des aliénés, hors de la 
porte de Bruges, à Gand. 

JACKSON (B.-D.), Stokwell Road, 50, à Londres. 

JACQUEMIN (G.), capitaine au régiment des carabiniers, rue de 
Laeken, 159, à Bruxelles. 

Jouy (A.), professeur à l’Université, rue Maric-Henriette, 5, 
à Ixelles. 

Kickx {J.-J.), professeur dé botanique à l'Université, directeur 
de l’École d’horticulture de l'État, rue St-Georges, 28, à 
Gand. 


CT) 
Kozrz (J.-P.-J.), garde général des eaux et forêts, à Luxem- 
bourg. 
LABOULLE, inspecteur des écoles communales, à Verviers. 
Lacroix, géomètre, rue de Stassart, 75, à Ixelles. 
LaGasse, professeur de chimie à l École normale, à Nivelles. 
Laisse (Ern.), avocat, rue de la Paille, 56, à Bruxelles. 
LanGLois (J.), rue de l'Hôpital, 55, à Bruxelles. 
Legouce (H.), docteur en médecine, rue d’Argent, 9, à Gand. 
Le Coure (Th.), rentier, à Gislenghien. 
Lecoyer (J.), instituteur à l'École moyenne, à Wavre. 
LepeGaxck (C.), docteur en médecine, rue des Longs-Chariots, 
26, à Bruxelles. 
LEJEUNE (Ph.), directeur de l’Institut agricole, à Gembloux. 
Le Lorran (C.), lieutenant au Dépôt de la guerre, à la Cambre, 
près de Bruxelles. 


Q- 


Lorce (V.), répétiteur à l’École de médecine vétérinaire, : 
Cureghem. 

Louis (H.), horticulteur, hôtel d’Arenberg, Petit-Sablon, à 
Bruxelles. 

LOUvEIGNÉ (H.), professeur au Collége, à Lierre. 

Lusgers (L.), chef de culture au Jardin botanique de l’État, secré- 
taire de la Société royale de Flore, rue du Berger, 26, à 
Ixelles. 

MAEs (Arnold), docteur en sciences naturelles, à Hasselt. 

MA LaAISE (C.), professeur d'histoire naturelle à l’Institut agricole, 
à Gembloux. 

Mansv ELT (A.), à Mariembourg. 

Marcuaz (É.), conservateur au Jardin botanique de l'État, 
professeur à l’École d'horticulture de Vilvorde, rue Botani- 
que, 40, à Bruxelles. 

MarLot, régent à l'École moyenne, à Dinant. 

Martens (Éd.), professeur de betanique à l'Université, rue 
Marie-Thérèse, 27, à Louvain. 


(XIE 2) 


MAssaxcE (L.), à Malmedv. 

Masson (J.), pharmacien, à Haïllot, près d’Andenne. 

Maugerr (le frère), directeur du pensionnat St-Ferdinand, à 
Jemmapes. 

Méuu (Ad.), pharmacien de 1"° classe, rue Nationale, 160, à 
Villefranche (Rhône). | 

MezLaertrs (J.-F.), curé, à St-Alphonse-in-t-Goor (Heyst-op- 
den-Berg; province d'Anvers). 

MERCIER, pharmacien, chaussée de Wavre, 98, à Ixelles. 

Mersca, médecin-vétérinaire, à Vilvorde. 

Mever (J.), chimiste, à Eisch, près de Luxembourg. 

Micuor (l'abbé), à Mons. 

MiéceviLce (l’abbé), à Notre-Dame-de-Garaison (département 
des Hautes-Pyrénées). 

Moxueim (V.), conseiller communal, à Aix-la-Chapelle. 

Mourox (V.), étudiant, rue d’Archis, 55, à Liége. 

MuLcer (F.), président de la Société royale Linnéenne, rue 
du Beau Site, 2, Quartier-Louise, à Bruxelles. 

NoErxer, professeur retraité, rue des Orphelins, 22,à Louvain. 

Opry (H.), docteur en médecine, Marché-aux-Grains, 57, 
à Bruxelles. 

ORBan (F. née baronne DE Vivario), à Castelalne, par Havelange 
(province de Namur). 

Perir (E.), à Nimy-lez-Mons. 

PicarD, maitre d’études au Coflége communal, rue aux Herbes, 
2%, à Malines. 

Piepgoeur (Théodore), à Jupille. 

P1Loy (L.), place de Brouckère, 5, à Bruxelles. 

Piré (L.), professeur à l’Athénée royal, secrétaire du Conseri 
de surveillance du Jardin botanique de l'État, rue Keyen- 
veld, 111, à Ixelles. 

PLox, régent à l'École moyenne, rue Rogier, 275, à Schaerbeek. 


(iye) 

Poxcix (J.-3.), professeur de sciences commerciales à lAthénée 
royal, à Arlon. 

PREUDHOMME DE BorRe (A.), conservateur-secrétaire au Musée 
royal d'histoire naturelle, à Bruxelles. 

Purzeys (J.), secrétaire général au Ministère de la Justice, 
chaussée St-Pierre, 70, à Etterbeek, près de Bruxelles. 

Pyxazrr (Ed.), architecte de jardins et professeur à l’École 
d’horticulture, rue de Bruxelles, 142, à Gand. 

Quirint (l'abbé), professeur à l'institut St-Louis, rue du 
Marais, à Bruxelles. 

RoBie, instituteur, à Forest, près de Bruxelles. 

Ronier, secrétaire de la Cour d’appel,rueSaubat,27,à Bordeaux. 

Ropicas (Ëm.), directeur du Jardin zoologique et professeur à 
l'École d’hortieulture, quai des Moines, à Gand. 

Ronpay (H.), capitaine au 2" rég. de Chasseurs à pied et pro- 
fesseur à l’École spéciale des sous-ofliciers, à Hasselt. 

Rossiexoz {Alph.), professeur au Collége, à Chimay. 

Rover (Ch.), avocat, à St-Rémy, près de Montbard (Côte-d'Or). 

SCHAMBERGER (P.), régent à l’École moyenne, à Boom. 

ScuerFer (L.-N.), à Maestricht. 

Scamirz (l'abbé), professeur de botanique au Collége N.-D. de 
la Paix, à Namur. 

SiRAUx, directeur du pare, à Enghien. 

Sonxer (Ern.), préparateur au Jardin botanique de l'État, à 
Bruxelles. 

SrEPHENs (H.), architecte de jardins, rue St-Séverin, à 
Liége. 

SrRaIL (l'abbé Ch.), à Paifve, près de Glons. 

STRATTON (Fréd.), à Newport (Ile de Wight. — Angleterre). 

STRUELENS (A.), professeur, à Grammont. 

Tuys (J.), horticulteur, à Wynendaele (Thourout). 

Tosquiner (J.), médecin principal, à Tournay. 


Cxv) 

Van BaugekE, docteur en médecine et professeur à l’Université, 
rue Haute, 5, à Gand. 

Van BAsTELAERE (D.-A.), pharmacien, Ville-Haute, à Charleroy. 

VanDENBoRx (l'abbé H.), professeur à l’École normale, à 
St-Trond. 

VanDen BRoEcK, secrétaire de la Société centrale d’agrieulture 
de Belgique, rue des Palais, 121, à Bruxelles. 

VaxpeN BroEck (H.), rentier, rue de l’Église, 116, 5° section, 
à Anvers. 

VANDERHAEGHE (H.), rue des Champs, 68, à Gand. 

VANDERKINDERE (L.), professeur à l’Université libre, à Uccle. 

VanDer MAEsEN, étudiant en médecine, rue St-Jean-en-Ile, 18, 
à Liége. 

Vaxper MEerscn, docteur en médecine, rue de Bruges, 49, 
à Gand. 

Vanper Srock, professeur à l’École normale de garcons, rue 
Ducale, 65, à Bruxelles. 

VanDER WE, pharmacien, à Lierre. 

Van Haesexponck (C.), docteur en médecine, à Tongerloo. 

Vax Heurck (H.), directeur du Jardin botanique, rue de la 
Santé, 8, à Anvers. 

Van Horex (Fr.), conservateur au Musée royal d'histoire natu- 
relle, à Bruxelles. 

Van Horex (H.), pharmacien, à St-Trond. 

Van MErrBeEck (E.), rue Vieille-Bourse, à Anvers. 

VANPÉ, régent à l'École moyenne, échevin, à Forest. 

Vax SEGvELT (Edm.), rue du Serment, 11, à Malines. 

Van ZuyLeN (Alb.), avocat, rue Porte-aux-Vaches, 49, à 
Anvers. 

VERHEGGEN (H.), régent à l’École moyenne, à Maeseyck. 

VinpevoceL (F.), sous-chef de culture au Jardin botanique de 
l'État, à Bruxelles. 


C xXvr ) 
WaRSAGE (W.), répétiteur d'histoire naturelle et de zootechnie 
à l’Institut agricole, à Gembloux. 
WESMAEL (A.), architecte de jardins, à Nimy. 
WiLLEMART (A.), à Eiouges. 
Wiieus (A.), horticulteur et architecte de jardins, rue du 
Bourgmestre, à Ixelles. 


MEMBRES ASSOCIÉS. 


ALLEMAGNE, 


DE Bary (A.), professeur de botanique à l’Université, à Stras- 
bourg. 

EIcHLerR (A.-W.), professeur de botanique à l’Université, 
à Kiel. 

FENZL, professeur et directeur du Jardin botanique, à 
Vienne. 

GARCKE (A.), professeur et conservateur de l’herbier royal, à 
Berlin. 

Kocx (K.), professeur à l'Université, Gendhiner Strasse, 55. 
W., à Berlin. 

Lôar (M.-J.), pharmacien, à Cologne. 

PRINGSHEIM (N.), à l’Académie des sciences, à Berlin. 

REICHENBACH fils, professeur et directeur du Jardin botanique, 
à Hambourg. 

ReicHENBACH (L.), ancien professeur de botanique, à Leipzig. 

ScHiMPER (P.-W), professeur à l’Université, à Strasbourg. 

Srossicu, secrétaire de la Société d’horticulture, à Trieste, 


( XVI ) 
ANGLETERRE. 


BagiNGron (Ch.-C.), professeur de botanique à l’Université, à 
Cambridge. 

Baker (J.-C.), assistant à l’herbier du Jardin royal, à Kew. 

BenrTuam (G.), ancien président de la Société Linnéenne, 
Wilton place, 25,S. W., à Londres. 

Hooker (J.-D.), directeur du Jardin royal, à Kew. 

MoorE (D.), directeur du Jardin botanique, à Dublin. 

OLivER, conservateur de l’herbier du Jardin royal de Kew. 


AUSTRALIE. 


MueLcer (Ferd. von), botaniste du Gouvernement, à Melbourne. 
CHINE. 
Hance (H.-F.), à Hong-Kong. 
DANEMARK. 


LANGE (J.), professeur et directeur du Jardin botanique, à 
Copenhague. 


ÉTATS-UNIS. 


Gray (Asa), professeur de botanique à l’Université, à 
Cambridge. 


FRANCE. 


Bureau (Ed.), professeur au Muséum, quai de Béthune, 24, : 
Paris. 


pet 


CLos (D.), professeur et directeur du Jardin des plantes, : 
Toulouse. 


> 


( xvur ) 


Cossox (E.), docteur en médecine, rue Abbatuceiï, 7, à Paris. 

DEcaIsxE (J.), professeur au Muséum, rue Cuvier, 57, à Paris. 

DucnarTRe (P.), professeur de botanique à la Faculté des 
sciences, rue de Grenelle, 84, à Paris. 

Durieu DE MAISONNEUVE, directeur du Jardin des nas à 
Bordeaux. 

Duvaz-Jouve (J.), inspecteur honoraire d’académie, rue 
Auguste Broussonnet, 1, à Montpellier. 

Fournier (Eug.), docteur en médecine et en sciences naturel- 
les, rue Neuve-St-Augustin, 10, à Paris. 

GERMAIN DE SAINT PIERRE (E.), au château de Bessay, par Chan- 
tenay-St-Imbert (Nièvre). 

Gopron (D.-A.), professeur honoraire de l’Université, rue de la 
Monnaie, #, à Nancy. 

JorDaN (A.), rue de l’Arbre-Sec, 40, à Lyon. 

Le Jouis (V.), président de la Société des sciences naturelles, 
à Cherbourg. 

NYLANDER, ancien professeur de botanique, à Paris. 

PLANCHON (É.), professeur à la faculté des sciences, à Mont- 
pellier. 

TuLasxeE (L.-R.), membre de l’Institut, à Hyères. 


HOLLANDE. 


Oupemaxs (C.-A.-J.-A.), professeur à l’Athénéc illustre, à 
Amsterdam. 

SuRINGAR, professeur de botanique à l’Université, à Ley de. 

Van DER SANDE LacosTE (C.-M.), à Amsterdam. 


ITALIE. 


PARLATORE (Ph.), professeur de botanique au Musée royal 
d'histoire naturelle, à Florence. 

Toparo (A.), professeur et directeur du Jardin botanique, à 
Palerme. 


Cox) 


LUXEMBOURG. 


Krompracu (J.-H.-G.), ancien pharmacien, à Luxembourg. 
RUSSIE. 


Fiscuer DE WaLpueim, professeur à l’Université, à Varsovie. 

Maximowicz (C.-J.), membre de l’Académie des sciences, à Saint- 
Pétersbourg. 

ReGeL (E.), directeur des Jardins impériaux, à Saint-Péters- 
bourg. 


SUÈDE. 
Fries (El), ancien professeur de botanique, à Upsal. 
SUISSE. 


Boissier (Edm.), rue de l’Hôtel-de-Ville, 4, à Genève. 
DE Canpoie (Alph.), Cour St-Pierre, 3, à Genève. 
Fiscuer, professeur et directeur du Jardin botanique, à Berne. 


Liste des Académies, Sociétés savantes, revues pério- 
diques, etc., avec lesquelles la Société échange ses 


publications. 
Allemagne. 
Berlin. — Botanischer Verein für die Provinz Brandenburg 
und die angrenzende Länder. 
Brême. — Naturwissenschaftlhicher Verein. 
Brünn. — Naturforschender Verein. 


Budapest. — Musée national de Hongrie. 
Carlsruhe. — Naturwissenschaftlicher Verein. 


( xx ) 
Chemnitz. — Naturwissenschaftlicher Gesellschaft. 
Erlangen. — Physikalisch-medicinischen Societät. 
Giessen.— Oberhessische Gesellschaft für Natur-undHeïlkunde. 
Graz. — Naturwissenschaftlicher Verein für Steiermark. 
Kiel. — Naturwissenschaftlicher Verein für Schleswig-Holstein. 
Künigsberg. — Künigsliche physikalische-6konomische Gesell- 


schaft. 

Leipzig. — Botanische Zeitung; rédacteurs : MM. De Bary et 
Kraus. 

Metz. — Société d'histoire naturelle. 

Trieste. — L’Amico dei campi; rédacteur : M. Stossich. 

Vienne. — Kaiserliche-kônigliche  Zoologisch-botanische 
Gesellschaft. 


Zwickau. — Verein für Naturkunde. 
Angleterre. 


Londres.— Journal of botany ; rédacteur : M. Trimen. 


» Linnean Society. 
» Monthly microscopical Journal; rédacteur : 
M. Lawson. 
» The Gardeners’ Chronicle; rédacteur : M. Masters. 
Australie. 
Tasmania. — Royal Society. 
Belgique, 


Bruxelles. — Académie royale des Sciences, des Lettres et 
des Beaux-arts. ù 
» Fédération des Sociétés d’horticulture. 
» Observatoire royal. 
> Société belge de géographie. 


Cuxr:) 


Bruxelles. — Société belge de microscopie. 


» »  entomologique. 
» »  malacologique. 
Mons. — Société des Sciences, des Lettres et des Arts du 
Hainaut. 
Danemark. 


Copenhaque.— Botaniske Forening ’s Kjübenhavn. 


Etats-Unis. 


Boston. — Society of natural History. 
Washington. — Smithsonian Institution. 


France. 


Alger. — Société algérienne de Climatologie, Sciences physi- 
ques et naturelles. 
Angers. — Société Académique de Maine-et-Loire. 
» » d'Études scientifiques. 
Annécy. — Société Florimontane. 
Bordeaux. — Société Linnéenne. 
Caen. -— Société Linnéenne de Normandie. 
Cherbourg. —- Société des Sciences naturelles. 
Lyon. — Société botanique. 


» »  d’Agriculture, Sciences et Arts utiles. 
» » d'Études scientifiques. 
Montpellier. — Revue des Sciences naturelles; rédacteur : 
M. Dubreuil. 
» Société d'Horticulture et d'Histoire naturelle. 
Paris. — Société botanique de France. 
» »  Linnéenne 


Rouen. — Société des Amis des Sciences naturelles. 


Cexxir}) 


Toulouse. — Académie des Sciences, Inscriptions et Belles- 
Lettres. 
» Société des Sciences physiques et naturelles. 


Grand-duché de Luxembourg. 


Luxembourg. — Institut Roval Grand-Ducal. 


» Société botanique. 
Hollande. 
Nimèque. — Nederlandshe botanische vereeniging. 
Italie. 
Bologne. — Giornale d’agricultura industria e commercio 


del regno d'Italia; rédacteur : M Botter. 
Milan. — Societa Italiana di Scienze naturali. 
Palerme.— Accademia di Scienze e Lettre. 
» Giornale di Scienze naturali e economische. 
Pise. — Nuovo Giornale botanico italiano; rédacteur : 
M. Caruel. 
Venise. — Reale Instituto veneto di Scienze, Lettere ed Arti. 


Russie. 
Ielsingfors. — Societas pro Fauna et Flora Fennica 
Moscou. — Société impériale des Naturalistes. 


Saint-Pétersbourq. — Jardin impérial de Botanique. 


Suède. 
Chrishania. — Université royale de Norvège. 
Lund. — Université. 
Upsal. — Société royale des Sciences. 


Suisse. 


Saint-Gall. — Naturwissenschaftlichler Gesellschaft. 


BULLETIN 


SOCIÈTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 


DE BELGIQUE. 


1877. — N°1. 


Seance du 6 mat 1877. 


(Extrait du procès-verbal.) 


M. B.-C. Du Mortier, président. 

M. F. Crépin, secrétaire général. 

Sont presents : MM. E. Baetens, C. Baguet, C. Bamps, 
L. Bauwens, Bertrand, G. Garron,. A. Cogniaux, L. Coo- 
mans, V. Coomans, L. Couturier, P. Daron, C. Delogne, 
H. Donckier de Donceel, L. Errera, A. Fontaine, 
G. Gevaert, P. Gevaert, Ch. Gilbert, A. Gravis, O. Hec- 
king, Ch. Heyman, J. Lecoyer, H. Louveigné, É. Marchal, 
F. Muller, Picard, L. Piré, Quirini, P. Schamberger, 
H. Vanderhaeghe, C. Van Haesendonck, Vanpé, F. 
Vindevogel, A. Wesmael, A. Willems. 


— 


(2) 

Le Secrétaire général donne lecture du procès-verbal 
de la séance du 5 décembre 1876. Ce procès-verbal est 
adopté. 

Il donne ensuite lecture : 

1° De lettres de faire-part de la mort de MM. F. Schultz, 
A. Braun et De Notaris. 

2° D'une lettre de la Société botanique de France qui 
invite les membres de la Société belge à assister à une 
herborisation en Corse qui doit avoir lieu au mois de mai. 

5° D'une lettre de M. Todaro qui remercie la Société 
de l'avoir nommé membre associé. 

Le président fait connaitre à l'assemblée que trois 
membres associés de la Société, MM. Schultz, Braun et 
De Notaris, sont à remplacer ; que le Conseil propose de 
ne pourvoir qu'au remplacement des deux premiers en 
nommant MM. Asa Gray, professeur de botanique à 
l'Université de Cambridge (États-Unis) et Hance, bota- 
niste anglais, résidant à Hong-Kong (Chine) et de laisser 
la troisième place d’associé vacante jusqu'à une prochaine 
séance. Cette proposition est adoptée par l'assemblée. 

Les trois projets d'herborisation proposés par la cireu- 
laire du 25 avril sont discutés. Le projet d'herborisation 
aux environs de Mons est adopté. Il est décidé que 
l’herborisation commencera le 25 juin et durera jusqu'au 26. 
MM. A. Wesmael et Houzeau de Lehaye sont nommés 
commissaires pour l’organisation de cette herborisation. 


M. Léo Errera demande la parole pour exposer les 


(5) 
résultats de recherches qu'il a entreprises avee M. G. Ge- 
vaert sur la fécondation croisée des variétés du Primula 
elatior opérée par les insectes. L'assemblée décide que 
le discours qu’elle vient d'entendre et qu'elle à vivement 
applaudi, sera inséré dans le prochain Bulletin. 

Les travaux suivants sont soumis à l'exarnen de com- 
missaires : 

Conspectus Ordinum Prothallophytarum et Note sur la 
tribu des Platystomées de la famille des Hypoxylacées, par 
M. le comte V. Trevisan de Saint-Leon. (Sont nommés 
commissaires : MM. Bommer, Delogne et Kickx.) 

Observations sur les Alques d'eau douce, par ML. Piré. 
(Sont nommés commissaires : MM. Delogne, Cogniaux 
et Deby.) 

Notes sur les Thalictrum, par M. Lecoyer. (Mèmes 
commissaires que pour les travaux précédents du même 
auteur.) 

Les membres effectifs suivants ont été admis par le 
Conseil, et leur admission est ratifiée par l'assemblée : 

MM. De Sigers (Victor), propriétaire, à Hasselt ; pré- 

senté par MM. Bamps et Baguet. 

De Creeft(Charles), ingénieur agricole, à Hasselt ; 
présenté par MM. Bamps et Baguet. 

Dufresne (labbé), professeur au séminaire de 
Chicoutimi (prov. de Québec); présenté par 
MM. A. de Borre et H. Donckier de Donceel. 


©1 


(287) 


COMMUNICATIONS ET LECTURES. 


Conspectus Ordinum Prothallophytarum, auctore 
V. Trevisan. 


« Le premier qui entreprit de diviser les Crypto- 


« games en ordres et familles naturelles est M. B.-C 
« Du Mortier. En 1822, dans ses Commentationes 
« botanicae, il répartit tous les Cryptogames en 
« 5 ordres et 57 familles. {el exemple fut bientôt 
« suivi par tous les botanistes. » — Bommer Monogr. 
des Foug , p.S8. 


Cryptogamae (La Marck— 1785) seu Sporophytae 
(Bischoff — 1828) aut prothallio transitorio et archegoniis 
pistilliformibus, rarissime (in Characeis) rudimentalibus, 
instructae (Prothallophytae), aut prothallio transitorio et 
archegoniis destitutae (Thallophytae). 


Prothallophytae Trevis. (Archegoniales Areschoug 
Lärob. i Botan., p. 554, additis Characeis). — Plantae 
sporiferae, organis generationis bisexualibus, maseulis 
nempe (antheridia spermatozoidifera, spermatozoidiis 
agilibus, spiraliter tortis, ciliatis) atque foemineis (arche- 
gonia pistilliformia) gaudentes. Sporae germinantes pro- 
thallium proembryonale transitorium, e quo planta perfecta 
evolvitur, procreant. 


Vasis instructae, adultae esexuatae. Foecundatio 
in-prothallio) 2. 27 ON OP ONeUEnnE 


c 


po destitutae, adultae sexuatae. Foecundatio 
| in planta adulta . . . . . . . . . Anthogamae. 


Regio I. PROTHALLOGAMAE. — Plantae e contextu 
celluloso, vasorum fasciculis plus minus perfectis, cen- 


(5) 


tralibus vel peripheriçis, percurso, conflatae, adultae 
esexuatae sporiferae. Sporae sine foecundatione directa 
in planta adulta procreatae, sporangiis inclusae, aut 
uniformes esexuatae aut biformes sexuatae. Sporae uni- 
formes germinantes prothallium organis generationis 
sexualibus instructum evolvunt. Sporae biformes aut 
macrosporas aut microsporas sistunt; macrosporae germi- 
nantes prothallia archegonia ferentia procreant, micros- 
porae antheridia evolvunt. Foecundatione directa sperma- 
tozoidiorum ope instituta, e cellula centrali archegonii 
planta perfecta esexuata evolvitur. 


Sporangia biformia ; sporae biformes . . . . Helerosporae. 
Sporangia uniformia ; sporae uniformes . . . Îsosporae. 


Subregio [. HererosPoraE Sachs Lehrb. der Botan., 
2 Aufl., p. 524, exclusis Lycopodiaceis. — Sporae bifor- 
mes, sporangiis biformibus inclusae. Sporangia aut 
macrosporangia aut microsporangia sistant; macrospo- 
rangià Macrosporas, MiICrosporangia MICrosporas gignunt. 

Classis [. Marsigliales Trevis. Carestaea, nuovo 

genere di Andreäacee, negli Atti della Societa italiana di 
scienze naturali in Milano, XIX, — 1877. 

(poraner conceptaculis diseretis inclusa . . Angiosporangiae. 

‘Sporangia solitaria, conceptaculis discretis 

( nunquam inclusa . . . . . . . . ÆEleuthosporangiue. 

Subclassis [. Axgiosporangiae Luerssen in Mittheil. 

aus dem gesammtq. der Botan., 1, p. 404. — Sporangia 
conceptaculis diseretis inclusa. Macrosporangia macrospo- 
ram solitariam, mamilla instructam, continent ; microspo- 
rangia MICrosporas numerosas gignunt. 

Ordo I. Salviniaceae Du Moit. Anal. des familles, p. 67, — 1829. — 
Conceptacula pedicello communi complura insidentia, unilocularia, 
denique fatiscentia, biformia, alia (1-2) in receptaculo centrali columel- 
laeformi dimidiato macrosporangia gerentia, alia (9-14) microsporangia 
continentia. 


C6) 

Ordo IL. Marsigliaceae S.-F. Gray Vatur. Arrang. of Brit. plant., 
IL, p. 24, — 1821. — Conceptacula petiolo vel prope petioli basin 
inserta, bi-multiloeularia, bi-quadrivalvia, uniformia, macrosporangia 
et microsporangia in eodem conceptaculo continentia. — Genus 
Marsilea Linn. (Gen. plant., p. 526, n. 799, — 1757), non Michel 
(Nov. plant. gen., p. 5, tab 4, — 1729), comiti Aloysio Ferdinando 
Marsigli (latin. Marsilio) dicatum, hine Marsigliu nec Marsilia 
dicendum. 

Subclassis IT. Elenuthosporangiae Trevis. Carest.,loc. 
cit. (Selaginelleae Metten. Fil. hort. Lips., p. 16, — 1856). 
— Sporangia solitaria, conceptaculis diseretis nunquam 
inclusa. Macrosporangia macrosporas plures (usque 80), 
striis tribus notatas, Continent; microsporangia micro- 
sporas numerosissimas, stria solitaria vel striis tribus 
notatas, gignunt. 

Ordo III. Esoëtaceae Trevis. Herb. crypt. Trevis., 1, p.16, — 1851 
(Isoëteae Reichenb. Eonsp. regn. vegel., p. 45, — 1828). -— Sporangia 
basi foliorum in vaginam latam dilatatam immersa. Macrosporangia 
macrosporas numerosas (40-80) tetraedras, striis tribus notatas, includunt; 
microsporangia mMicrosporas numerosissimas (rigonas, stria solitaria 
notatas, continent. 

Ordo IV. Selaginellaceae Roze (in Bullet. de la Soc. bot. de France, 
XIV, p. 179, — 1867). — Sporangia axillaria, in spicas consociata, bival- 
via, Macrosporangia numerosiora, transverse dehiscentia, macrosporas 
plerumque quaternas includunt ; microsporangia rariora aut solitaria, in 
eadem spica obvenientia, microsporas minutissimas continent. Sporae 
omnes stiis tribus notatae. 


Subregio Il. IsosPorar Sachs loc. cit. — Sporae 
uniformes, sporangiis uniformibus inclusae. 
(Sporae elateribus binis elasticis cireumvolutae. . . Æquiselinae. 
{Sporae elateribus cireumvolventibus destitutae . . Filicinae. 
Legio [. Equiserinar Link Enum. plant. hort. berol., IX, 
p. 454, — 1822. 
Classis IT. Æquisetates Trevis. Carest., loc. cit. 


Ordo V. Equisetnceae L.-C. Richard in Michaux Flor.bor. Amer., 
I, p. 281, — 1805. 


(72 
Legio IT. Finicixae Leun. Schul-Naturg., I, p. 219, — 
1849. 


Sporangia solitaria, basi vel basin versus foliorum in 
| pagina superiore obvenientia. . . . . . . Lycopodiales. 
Sporangia soros efformantia, in pagina folii inferiore, 

vel raro in utraque obvenientia. .°. . . . Filicales. 


Classis IT. Zegcopodiates Trevis. Carest., loc. cit., 
non Lycopodales Lindley Nix. plant., p. 57, — 1855. 


Ordo VI. Eycopodiaceae L -C. Richard, Loc. cit. 
Classis IV. #äiticales Lindley Nix. plant., p. 56, — 
1855. 
Prothallium hypogaeum tuberosum . . . . . Pseudofilicales 


Prothallium epigaeum monomorphum 
Eufilicales. 


Prothallium epigaeum dimorphum, primo confer- 


rain AR EN DEEE 
voideum, e quo postea prothallia foliacea oriuntur Bryofilicales. 


\ 


Subclassis Ï. — Pseudofilicales Trevis. Carest., loc. 
cit. (Pseudofilicineae Bommer Monogr. de la class. des 
Foug., p. 95).— Sporae germinantes prothallia hypogaea 
monomorpha tuberosa, archegonia et antheridia ferentia, 
procreant. Vernatio foliorum stricta. 

Ordo VII. Gphioglossaceae Presl Tent. Pterid., p. 6, — 1856. — 
Sporangia exannulata, coriacea, sessilia, ab apice basin versus in valvas 
duas regulariter dehiscentia. 

Subclassis IT. Enfilicales Trevis. Carest., loc. cit. 
(Eufilicineae Bommer loc. cit., p. 87, exclusis Hyme- 
nophyllaceis et Loxsomaceis). —  Sporae germinantes 
prothallia  epigaea monomorpha foliacea, in pagina 
inferiore archegonia et antheridia ferentia, procreant. 
Vernatio foliorum eireinata. 


Synangiosorae. 


(Sporangia inter se in synangia Connata . 
Eleutherosorae. 


JSporangia inter se libera . 


Cire) 
Cohors [. Synangiosorae Bommer loc. cit., p. 92. — 
Sporangia inter se in synangla Connata. 


Ordo VIIT. Marattiaceae Kaulf. ÆEnum. Fil, p. 51, — 1824. — 
Synangia aut ovalia thecaeformia, longitudinaliter biloba, lobis oppositis 
demum patentibus, lobo utroque e serie simplici sporangiorum 
connatorum constituto, aut calathiformia e serie simplici sporangiorum 
circulariter connatorum constituta, sessilia vel pedicellata. Sporangia 
exannulata, latere interiore longitrorsus dehiscentia. 


Ordo IX. Danaeacene Agardh Aphor. bot., p. 117, — 1822. — Synan- 
gia linearia, integra, parallela, contigua, carnosa, e serie dupliei sporan- 
giorum alternantium erectorum lagenaeformium numerosorum connato- 
rum constituta, adnata vel subsessilia,- indusio magno infero, persis- 
tente, membranaceo-scarioso, exsiccato fusco, synangium undique exei- 
piente lateribusque longitudinalibus cum proximo utroque connato, 
immersa. Sporangia exannulata, apice poro orbiculari dehiscentia. 


Cohors II. Eleutherosorae Trevis. Carest., loc. cit. 
Eleutherangieae Bommer loc. cit., p. 86, — Sporangia 
inter se libera. 


A. Sporangia exannulata (rima longitudinali latere 
interiore dehiscentia) . . . . . . . 10. Angiopteridaceue. 
B. Sporangia annulata. 
«. Sporangia rima longitudinali dehiscentia. 
* Sporangia annulo incompleto instructa . 11. Osmundaceue. 
** Sporangia annulo completo instructa. 
a. Sporangia medio latere transversim 
affixa, rima longitudinali supera 
dehiscentia®t 2 UM ON A9 Lrgodracenee 
b. Sporangia basi ima verticaliter affixa, 
rima longitudinali laterali debhis- 
centia. 
zx. Sporangia arnulo cupulaeformi 
apicali instructa . . . . . 15. Schizacacene. 
88. Sporangia annulo cinguliformi 
transverso instructa . . . . 14. Gleicheniaceae. 
8. Sporangia rima transversali dehiscentia. 
* Sporangia in soros collecta. 


CE) 
«a. Sporangia annulo completo excentrico 
obliquo instructa. . . . . . 15. Cyatheaceae. 
b. Sporangia annulo incompleto ver- 
ticali instructa . . . . . . 16. Polypodiaceae. 
** Sporangia sparsa (annulo incompleto 
excentrico obliquo instrucla) . . . 17. Parkeriaceue. 


Ordo X. Angiopteridaceae Trevis. Carest., loc. cit. (Angiopterideae 
Presl Suppl. tent. Pterid., p. 18, — 1845). — Sporangia exannulata, basi 
ima verticaliter affixa, rima longitudinali latere interiore dehiscentia. 


Ordo XI. Gsmundacene R. Brown Prodr. Flor. Nov. Holl., 1, p. 161, 
— 1810. — Sporangia annulo incompleto plagulaeformi subapicali trans- 
verso instructa, basi ima verticaliter affixa, rima longitudinali lateraliter 
a basi usque ad annulum dehiscentia. 


Ordo XII. Lygodiaceae Presl Suppl. tent. Pterid., p. 98, — 1845. — 
Sporangia annulo completo cupulaeformi unilaterali transverso multira- 
diato, radiis apice contiguis nec lacunam ullam exhibentibus, instructa, 
medio latere transversim affixa, rima longitudinali supera dehiscentia. 


Ordo XIII. Schizaeacene Reichenb. Consp. regn. veget., p. 39, — 
1828. — Sporangia annulo completo cupulaeformi apicali multiradiato, 
radiis apice lacunam orbicularem exhibentibus, instructa, basi ima ver- 
ticaliter aftixa, rima longitudinali laterali dehiscentia. 


Ordo XIV. &leicheniaceae Gaudich. in Freyc. Voy. Bot., p. 260, — 
1826. — Sporangia annulo completo cinguliformi transverse instructa, 
basi ima verticaliter affixa, rima longitudinali laterali dehiscentia. 


Ordo XV. Cyatheaceae Reichenb. Consp. regn. veget., p. 57, — 1898. 
— Sporangia annulo compléto excentrico obliquo instructa, basi ima ver- 
ticaliter affixa, rima transversali dehiscentia, in soros collecta. 


Ordo XVI. Polypodiacene R. Brown Prodr. Flor. Nov. Holl., 1 
p. 145, — 1810. — Sporangia annulo incompleto verticali instructa, basi 


») 


ima verticaliter affixa, rima transversali dehiscentia, in soros collecta. 


Ordo XVII. Parkeriaceae Brongn. Hist. des végét. fossil., — 1828. — 
Sporangia annulo incompleto excentrico obliquo, interdum obsoleto, 
instructa, basi ima verticaliter affixa, rima transversali dehiscentia, 
sparsa. 


Subelassis IT. Bryofiticales Trevis. Carest., loc. cit. 


(10) 


— Sporae germinantes prothallium epigaeum dimorphum, 
primo filamentosum horizontalem, e filamentis confer- 
voideis articulatis ramosis conflatum, archegoniis et 
antheridiis instructum, e eujus cellulis quibusdam, nun- 
quam € terminali, postea prothallia foliacea verticalia 
numerosa, margint pulvinato archegonia et antheridia 
itidem ferentia, oriuntur, procreant. Vernatio foliorum 
cireinata. (Textura foliorum inter reliquas Filicales dis- 
tinctac, musciformes, transitum ad Anthogamas parant 
et ob prothallium dimorphum Sphagnales imprimis in 
memoriam revocant). 


Ordo XVIIT. HÆymenophyllaceae Gaudich. in Freye. Voy. Botan., 
p. 262, — 1826 (Hymenophyllaceae et  Loæsomaceae Bommer). — 
Sporangia receptaculo columellaeformi insidentia, annulo completo 
cinguliformi excentrico obliquo vel transverse instructa, rima longitu- 
dinali laterali dehiscentia. 


Regio IT. ANTHOGAMAE J. Agardh. — Plantae 
e contextu mere celluloso, vasis destituto, conflatae, adul- 
tac organa ‘generationis bisexualia ferentes. Foecunda- 
tione directa spermatozoidiorum ope instituta e cellula 
carpogena archegonii fructus capsuliformis evolvitur. Spo- 
rae capsulis intra calyptram primitus clausam, dein 
varie apertam, rarissime deficientem, evolutis inclusae, 
scrminantes prothallium organis generationis destitutum, 
e quo planta perfecta sexuata evolvitur, procreant. 


ts e contextu pleiomorpho conflatae. Archegonia 


pishlliformia SRE NES MM RAI nRUUE 
ete filiformes e cellulis tubulosis conflatae. Arche- 
sonia rudimentalia 50 ON CN NN SP ATcopAvItae 


Subregio 1. BrvoPpayrar Cohn in Hedwigia, 1872, 
n° 2, p. 187, exclusis Phycobryis. — Plantae e contextu 
celluloso pleiomorpho conflatae, ut plurimum ceaule 


(ER) 
foliisque discretis instructae, raro frondosae. Archegonia 
pistilliformia. Sporae capsulis intra calyptram primitus 
clausam, dein varie apertam, rarissime deficientem evolu- 


tis inclusae, nune sporangiis sacculiformibus receptae, 
nunc sporangiis destitutae. 


/Calyptra apici semper clausa, demum capsulae vertici 


DIMM R Se RR UE Fi EST EST RS ETS enTe 
Calyptra apici semper demum aperta, capsulae vertiei 
DUR QUARL AUS es ee MS ait ee M ep reenae: 


Legio I. Muscinar Trevis. Carest., loc. cit. (non Bischoff 
in Nov. Act. Acad. Leop. Carol., XVI, 2, p.958, — 1855 
— Bryophytae Trevis.). — Calyptra apici semper clausa, 
demum capsulae vertiei auferto. Sporae elateribus desti- 
tutae. 


Prothallium proembryonale (1) filamentosum 
| (Sporaenuniformes) #05 4 LICE Ce Muscales: 
OS rats proembryonale primitus filamentosum 
muscaceum, dein lobatum hepaticeum. 
ASPOLAS PUNHDFMIES A M ME NM ANnUrERNIES. 
frisporae bformest:00S LS) MAL INS  NNTSniagnales: 


Classis V. Meuscales Trevis. Carest., loc. cit. (non 
Lindiey Nix. plant., p. 57, — 1855. — Bryophytae 
Trevis.). Sporae uniformes, germinantes prothallium 
proembryonale e filamentis confervoideis articulutis ramo- 
sis conflatum, plus minus diu persistens, e cujus cellula 
quadam, nunquam e terminali, planta perfecta evolvitur, 
procreant. 


Ordo XIX. Bryaceae Endlich. Gen. plant., p. 47, exclusis generibus 





(1) Cave ne prothallium proembryonale (Schimp. Syn. musc. eur., edit. 
I, vol. 1, p. 11) cum simili prothallio radicali confundatur. 


477-482. — Calyptra membranaceo-scariosa, in fructu maturo basi a 
receptaculo cireumeirca soluta et capsulae vertici auferta. Capsula pedi- 
cellata, operculo transverse circumscisso dehiscens. 


Ordo XX. Phascaceae Bruch et Schimp. Bryol. eur., fase. 1, — 1854, 
exelusa genere Archidium. — Calyptra membranaceo-scariosa, in fructu 
maturo basi a receptaculo cireumcirea soluta et capsulae vertici auferta. 
Capsula pedicellata, post maturitatem de pedicello vel una cum eo 
integre decidua, operculo destituta, irregulariter dehiscens. 


Ordo XXI. Arechidiaceae Bruch et Schimp. Bryol. eur., 1, p. VIL — 
Calyptra tenuissima, capsulae arcte adhaerens, in fructu maturo 
irregulariter dilacerata, partim ad capsulae basin persistens, parlim cap- 
sulae vertici auferta, Capsula 5essilis, operculo destituta, irregulariter 
dehiscens. 


Classis VI. Sphagnales Trevis. Carest., loc. cit. 
(Sphagna Fürnrohr in Flora, IT. Erganzungsbl., p. 60, 
— 1829). — Sporae biformes, aut macrosporas tetraedras 
fertiles aut microsporas polyedro-subglobulosas steriles 
sistentes : macrosporae germinantes prothallium proem- 
bryonale primitus nodoso-filamentosum muscaceum, tan- 
dem lobatum hepaticeum atque e singulo cellularum 
strato conflatum, e quo planta perfecta evolvitur, procreant. 


Ordo XXII. Sphagnaceae Endlich. Gen. plant., p. #7. — Calyptra 
tenuissima imperfecta, maturitatem versus irregulariter dilacerata, par- 
tim ad capsulae basin persistens, partim capsulae vertici auferta. Capsula 
primitus et usque ad maturitatem perfectam sessilis perichaetioque 
immersa, dein prolongatione receptaculi in pseudopodium elata, operculo 
transverse circumscisso dehiscens. 


Classis VIT. Andreäaltes Trevis. Carest., loc. cit. — 
Sporae uniformes ; germinantes prothallium proembryonale 
primitus filamentosum muscaceum (1), dein anguste loba- 





(1) Cfr. Em. Kühn Zur Entwickelungsgeschichte der Andreüaceen, in 
Schenk und Luerssen Mittheil. aus dem gesammtg. der Botan., 1. 


(14) 
tum hepaticeum, margine radiculas pallidas emittens, 
substrato arcte adpressum, e quo planta perfecta evolvitur, 
procreant. 

Ordo XXIII. Andreancene Lindley Nix. plant., p. 57. — Calyptra 
tenuissima, capsulae arcte adhaerens, maturitatem versus basi a recepta- 
culo irregulariter soluta et capsulae vertici auferta. Capsula primitus et 
usque ad maturitatem perfectam sessilis perichaetioque immersa, dein 
prolongatione receptaculi in pseudopodium elata, operculo destituta, 
matura rimis longitudinalibus symmetricis 4-$S in segmenta totidem 
aequalia, apice inter se cohaerentia, dehiscens. 

Legio IL. Heparicinae Trevis. Carest., loc. cit. — 
Calyptra apici semper demum aperta, capsulae vertiei 
nunquam auferta. Sporae vulgo elateribus instructae. 


Classis VIIT. Æepaticales Trevis. Carest., loc. et. 
(Hepaticae Juss. Gener. plant., p. 7). — Fructifieatio 
colesula ambiente, post foecundationem patefacta, inter- 
dum deficiente, involuecrata. Sporae uniformes, germi- 
nantes prothallium proembryonale lobatum, e quo planta 
perfecta evolvitur, procreant. 


Ordo XXIV. Jungermanniacene Du Mort. Comm. bot., p. 112, — 
1822. — Capsulae solitariae, pedicellatae, columella destitutae, in seg- 
menta 4, rarissime pleura, plerumque valviformia, regulariter dehiscentes. 
Elateres intermixti. 

Ordo XXV. Monocleacene Cohn in Æedwigia, 1872, n. 2, p. 18. — 
Capsulae solitariae, pedicellatae, columella destitutee, rima longitudinali 
dehiscentes. Elateres intermixti. « 

Ordo XXVI. Targioniaceae Du Mort. Anal. des famill., p. 68-70, 
excluso genere Monoclea, — 1829. — Capsulae solitariae, pedicellatae, 
columeila destitutae, irregulariter dehiscentes. Elateres intermixti. 

Ordo XXVil. Marchantiacene Corda in Opiz Beitr., 1, p. 646, — 
1829. — Capsulae in receptaculo communi pedunculato aggregatae, pedi- 


cellatae, columella destitulae, varie dehiscentes. Elateres intermixti. 


Ordo XXVIIT. Anthocerotaceae Trevis. Prosp. della Flor. eugan., 


(14) 


p. 47, — 1842. — Capsulae solitariae, pedicellatae, columella centrali 
libera instructae, in segmenta bina valviformia dehiscentes. Elateres 
intermixti. 

Ordo XXIX. Ricciacene Du Mort. Anal. des famill., p. 68-70, — 


1829. — Capsulae solitariae aut in acervulos aggregatae, sessiles vel raro 


pedicellatae, columella destitutae, irregulariter dehiscentes. Elateres nulli. 


Subregio Il. Pavcopnwrar Trevis. Carest., loe. cit. 
— Plantae filiformes, e cellulis tubulosis conflatae, caule 
articulato foliisque homomorphis verticillatis instructae, 
corticatae vel ecorticatae. Archegonia rudimentalia. Sporae 
capsulis nudis e cortice diaphano et nucleo sinistrorsum 
gyrato compositis, Coronula uni-bicirculari, quinque- 
decemcellulari, persistente vel caduca, vertici ornatis, 
inclusae. 


Classis IX. ©Charates Lindley Nix. plant., p. 37, 
— 1855. 

Ordo XXX. Characene L.-C. Richard in Humb. Bonpl. et Kunth 
Nov. plant. gen., 1, p. 45, — 1815. 


Modoctiae, martio 1877. 





Note sur la tribu des Platystomées de la famille des 
Hypoxylacées, par le comte Victor Trevisan de St-Léon. 


En 1822, M. Du Mortier (Comm. bot., p. 87) à 
détaché du genre Sphaeria, sous le nom de Platysphaera, 
en en faisant le type d'une tribu particulière (Platysto- 
meae), les espèces dont les périthèces présentent un ostiole 
large, comprimé et fendu, qu'on avait auparavantreportées 
à la section des Platystomae de Persoon (Syn., p. 5%). 
Sur ves espèces mêmes, Fries (Obs. mycol., F1, p. 191) 


(45 ) 

avail déjà, en 1815, fondé son genre Lophium; mais 
l'extrême incertitude des limites, à la suite de nouvelles 
additions, ayant forcé cet auteur à le restreindre aux 
espèces hystériiformes (Syst. mycol., If, p.555. — 1895), 
la dénomination Lophium est restée à un genre de la 
uibu des Hystériées. D'un autre côté, M. Bonorden 
(Handb. der allgem. Mykol., p. 268), en 1851, et 
MM. Cesati et De Notaris (in Comm. della Soc. critt. 
ital., 1, n° 4, p. 219), en 1865, adoptèrent le genre de 
M. Du Mortier, en en faisant le premier son genre Platys- 
loma et les derniers un genre Lophiostoma; mais ni l’un 
ni l’autre de ces genres et de ces noms n’a aucune raison 
d'être, dès qu'il est bien évident que c’est un devoir de la 
plus vulgaire justice de rétablir le nom de Platysphaera, 
plus ancien et irréprochable (Lois de la nomenclature 
botanique. Actes du Congrès international de Botanique 
tenu à Paris en août 1867. Article 60, K 1). 

Platysphaera est un genre très-naturel et essentielle- 
ment caractérisé par des spores cloisonnées dans le sens de 
la longueur, tantôt parfaitement incolores, tantôt plus ou 
moins colorées. Mais ce caractère de couleur ne peut être 
pris en considération que dans certaines limites et il ne 
peut être employé avec quelque certitude que pour la 
distinction des espèces. Si ces différences de couleur ne 
fournissent aucun caractère distinctif et significatif pour 
la circonscription des genres, les différences dans la con- 
stitution intime des spores présentent des caractères d’une 
très-haute importance. Or, parmi les Lophiostoma des 
auteurs, il y a des espèces dont les spores sont toujours, 
à leur maturité, mérenchymatiques ou murales, c’est-à- 
dire cloisonnées dans le sens de la longueur aussi bien 
que dans le sens de la largeur; et il en est d’autres où 


(16) 
les spores présentent une seule cloison transversale. Il y 
a donc dans la tribu des Platystomées trois constitutions 
très-diverses de spores, et il y a là évidemment un carac- 
tère qui établit une différence essentielle entre trois 
genres, que Je proposerai ainsi : 

Platystomeae Du Mort. Comm. bot., p. 87, — 1892 
(Lophiostomeue Fuck. Symb. mycol., p. 155, quoad gen. 
Lophiostoma, exclusis generibus omnibus caeteris, — 
1869). 

Apothecia angiothalama, simplicia, sparsa vel gregaria, 
immersa, saepe plus minus erumpentia, erecta, sphaerica 
vel sphaeroïdea, glabra. Perithecium integrum, pachyder- 
mum, pluristratosum, atrum, carbonaceum vel carbonaceo- 
subcoriaceum, vertice ostiolo lato compresso rimoso per- 
tusum. Asei cylindracei vel cylindraceo-clavati, octospori, 
paraphysibus intermixtis. Sporae distichae vel raro monos- 
tichae, oblongo-elongatae vel fusiformes. 

Gen. I. PLATYSTOMUM Trevis. -— Sporae meren- 
chymaticae, coloratae. 

1. P. angustatum Trevis. (Sphaeria angustata Pers. Syn., p. 55). 


2, P. compressum Trevis. (Sphaeria compressa Pers. Syn., p. 56; 


Lophium compressum Fries Scler. suec., n. 89. 


QT 


. P. fraudulentum Trevis. (Sphaeria fraudulenta Dur. et Mont. in 

Expl. scient. de l’Algér., Botan., 1, p. 505). 

k. P. gregarium Trevis. (Sphaeria mucula Fuck. Fung. rhen. exs., 

n. 929, non Fries; Lophiostoma gregarium Fuck. Symb.mycol., p. 158). 
5. P. hygrophilum Trevis. (Lophiostoma hygrophilum Sacc .in Hedwigia, 

1875, n. 5, p. 71). 
6. P. ramorum Trevis. (Lophiostoma ramorum Fuck. Symb. mycol., 
p. 158). 

Gen. IL PLATYSPHAERA Du Mort., — 1822 (Platys- 
toma Bonord. 1851; Lophiostoma Ces. et De Notar., 1865). 
— Sporae transverse pluriseptatae, apicibus muticis vel 
rarius appendiculatis, coloratae vel incolores. 


ot 


5 À 


GET) 


x. Sporae apicibus muticis. 


. P. abscondita Trevis. (Lophiostoma absconditum Passer. in Nuov. 


Giorn. bot. ital., VII, p. 257). 


. P. acervata Trevis. (Zophiostoma acervatum Karsten Mycol. fenn., 1, 


p. 35). 
P. alpigena Trevis. (Lophiostoma alpigenum Fuck. Symb. mycol., 
p. 157). 


. P. augustilabra Trevis. (Sphaeria angustilabra Berk. et Broom. in 


Ann. and Magaz. of Nat. Hist., 1859, 1], n. 881, tab. 11, fig. 27). 


. P. Arundinis Trevis. (Sphaeria Arundinis Fries Syst. mycol., IT, 


p. 510 ; Lophiostoma Arundinis Ces. et De Not. loc. cit., p. 220). 


. P. Balsamiana Trevis. (Sphaeria Balsamiana De Not. in Mem. dell’ 


Accad. di Torin., sér. Il, tom. XII, p. 112, fig. 7). 


P. caespitosa Trevis. (Lophiostomu caespitosum Fuck. Symb. mycol., 
suppl. 2, p. 29). 


. PB. cautium Trevis. (Sphaeria caulium Fries Syst. myc., I, p. 509, 


Î. spec. orig., Scler. suec., édit. T'et IT, n. 405, pro maxima parte !!; 
Desmaz. in Ann. des science. natur., 2e série, Botan., XV, p. 146, 
tab. 14, fig. 2; Lophiostoma microstomum Niessl in Rabenh. Fung. 
eur., n. 1870; Thümen Mycoth. univ., n. 168.; Lophiostoma caulium 
Niessl'in Rabenh. Fung. eur., n. 1924, non Ces. et De Not. — Plutys- 
phaera Friesii Trevis., nec Fuck. — Platysphaera insidiosa Trevis.). 


P. commutata Trevis. (Lophiostoma excipuliforme Cooke in Trans. 
of the Bot. Soc. of Edin., IX, tab. 6, fig. 10, non Ces. et De Not.). — 
A vera Platysphaera excipuliformi sporis multo brevioribus curva- 
tisque imprimis differt. 


10. P. Crista-galli Trevis. (Sphaeria Crista-galli Dur. et Mont. in 


11. 


Explor. scient. de l’Algér., Botan., I, p. 507). 


PB, cristata Du Mort. (oc, cit. (Sphaeria cristata. x. crenata Pers. 
Syn., 54, tab. 1, fig. 15, — 1801; Sphaeria crenata Fries Syst. 
mycol., 1, p. 469 ; Lophiostoma crenatum Nitschke in Fuck. Symb. 
myc., p. 157). 


12. P. diminuens Du Mort. Loc. cit, (Sphaeria diminuens Pers. Syn., 


p. 57 ; Lophiostoma diminuens Ces. et De Not. Loc. cit., p. 220). 


15. 


14. 


15. 
16. 


ii7É 


18. 


19. 


21. 


27. 


28. 


(18 ) 


P. dolabriformis Trevis. (Lophiostoma dolabriforme Ces. et De 
Notwoec test. p.219; 

PB. dumeti Trevis. (Lophiostoma dumeti Sacc. in Hedwigia, 1875, 
nn p71)- 

P. duplex Trevis. (Lophiostoma duplex Karsten Myc. fenn., IH, p. 86). 
P. excipuliformis Trevis. (Sphaeria excipuliformis Fries Syst. 
myc., W, p. 469; Lophium excipuliforme Fries Scler. suec., n. 88: 
Lophiostoma excipuliforme Ces. et De Not. Loc. cit., p. 213). 

P. fibritecta Trevis. (Sphaeria fibritecta Berkel. in Hook. Journ. of 
Bot., 1855, p. 45). 

P. friesii Trevis. (Sphaeria caulium Fries Scler. suec., édit. I et IT, 
n. 405, pro minore parte !; Lophiostoma caulium Ces. et De Notar. 
loc. cit., p. 219; De Notar. Sferiac. ital., 1, p. 68, fig. 70 ; Rehm. 
Ascomyc. exs., n. 181, non n. 88). 

P. Hederae Trevis. (Lophiostoma Hederae Fuck. Symb. mycol., 
p- 157). 


20. P. Lichenopsis Trevis. (Sphaeria Lichenopsis Massal. in Flora, 1855, 


p. 242, tab. 5, fig. 6-7 ; Lophiostoma graphiclospora Anzi Lich. rar. 
Langob., n. 441, — 1865; Caryospora Lichenopsis Sacc. in Rabenh. 
Fung. europ., n. 2114). 

P, macrostoma Du Mort. loc. cit. (Sphaeria macrostoma Tode Fung. 
mekl., 1, p. 12, tab. 9, fig. 76-77; Lophiostoma macrostoma Ces. et 
De Not. loc. cit., p. 219). 


. P. macrostomoides Trevis. (Sphaeria macrostomoides De Not. in 


Mem. dell Accad. di Torin., Sér. Il, Tom. XIE, p. 111, fig. 6). 


. P. mendax Trevis. (Lophiostoma mendax Ces. et De Not. Loc. cit., 


p. 219). 


. P. myriocarpa Trevis. (Lophiostoma myriocarpum Fuck. Fung. 


rhen., n. 1807). 


. P. Nucula Trevis. (Sphaeria Nucula Fries Syst. myc., Il, p. 466; 


Lophiostoma Nucula Ces. et De Not. loc. cit., p. 220). 


. P. perversa Trevis, (Sphaeria perversa De Not. in Mem. dell Accad. 


di Torin., sér. I, tom. XII, p. 135, fig. 8; Lophivstoma perversum 
Ces. et Not. Loc. cit., p. 219). 

P. pileata Du Mort. Loc. cit. (Sphaeria pileata Tode Fung. Mekl., I, 
p. 14, tab. 9, fig. 78; Lophiostoma pileatum Fuck. Symb. myc., p. 158). 
P. praemorsa Trevis. (Sphaeria praemorsa Lasch in Rabenh. Herb. 
mycol., edit. 1, n. 1249, — 1849 ; Sphacria Jerdoni Berkel. et Broome 


29. 


90. 


92, 


99. 


(19) 
in Ann. of Nat. Hist., n. 975, tab. 17, fig. 28, — 1861; Lophios- 
toma praemorsum Auersw.in Rabenh. Fung. eur., n. 1259; Lophios- 
toma Jerdoni Cooke in Trans. of the Bot. Soc. of Edin., IX, tab, 6, 
fig. 5). 
P. pusilla Trevis. (Lophiostoma pusillum Fuck. Symb. mycol., 
suppl. 2, p. 29, fig. 57, Fung. rhen., n. 2652). 
P. pygmaea Trevis. (Lophicstoma pygmaeum Sacc. in Hedwigia, 
1875, n. 5, p. 69). 


51. P, quadrinucleata Trevis. (Lophiostoma quadrinucleatum Karsten 


Mycol. fenn., I, p. 85. 

P. semilibera Trevis. (Sphaeria semilibera Desmaz. in Ann. des 
scienc. natur., 5e sér., Botan., VI, p. 78, Crypt. de France, édit. 1, 
n.1787 ; Lophiostoma semiliberum Ces. et De Not. Loc. cit., p. 220 ; 
Karsten Fung. fenn. exs., n. 790; Lophiostoma Arundinis Fuck. 
Symb. mycol., p. 156, non Ces. et De Not.). 

P. sexnucleata Trevis. (Lophiostoma sexnucleatum (Cooke in 
Trans. of the Bot. Soc. of Edin., IX, tab. 6, fig. 8; Plowright Sphaer. 
Brit.,,IL, n. 50). 

P. similis Trevis, (Lophiostoma simile Nitschke in Fuck. Fung. rhen., 
n. 2058). 


. P. stegnogramma Trevis. (Sphaeria stegnogramma Dur. et Mont. 


in Expl. scient. de l’Algér., Botan., I, p. 541). 


. P, vagabunda Trevis, (Lophiostoma vagabundum Sacc. in Hedwigia, 


1875, n. 5, p. 70). 


. P. viridaria Trevis. (Lophiostoma viridaria Cooke in Trans, of the 


Bot. Soc. of Edin., IX, tab. 6, fig. 2). 
B. Sporae apicibus appendiculatis. 


. P, appendiculata Trevis. (Lophiostoma appendiculatum Fuck. 


Fung. rhen., n. 2527; Lophiostoma auctum Sacc. Mycol. ven., 
p. 110, tab. 11, fig. 5-10). 

P. bicuspidata Trevis. (Lophiostoma bicuspidatum Cooke in Trans. 
of the Bot. Soc. of Edin., IX, tab. 6, fig. 4). 

P. insidiosa Trevis. (Sphueria insidiosa Desmaz. in Ann. des scienc. 
natur., 2e sér., Botan., XV, p. 144, tab. 14. À, fig. 2, — 1841, et 
Crypt. de France, n.785; Lophiostoma insidiosa Ces. et De Not. 
loc cit., p. 220, — 1865; Sphaeria caulium Fuck. Fung.rhen., n. 927, 
— 1864, non Fries ; Lophiostoma caulium Fuck. Symb. mycol., p.156, 


4 


(20) 

exeluso syn. Friesii, — 1869; Rehm Ascomyc. exs., n. 88., non Ces. et 
De Not.; Lophiostoma appendiculatum Niessl in Rabenh. Fung. eur., n. 
1871, — 1874, non Fuck. Symb. mycol., Suppl. 2, p. 29, — 1875). 

41. P. Menthae Trevis. (Lophyostoma Menthae Kirchner in Thümen 
Fung. austr., n. 1155). 

42. P. Niessleana Trevis. (Lophiostoma Niessleanum Sacc. in Hedwigia 
1875, n. 5, p.71). 

45.P. Sedi Trevis. (Lophiostoma Sedi Fuck. Fung. rhen., n. 1806; 
Symb. mycol., p. 155). 

44. &. simillima Trevis. (Lophiostoma simillimum Karsten Myc. fenn., 


IL, p. 84). 

Gen. IT. LOPHIOSPHAERA Trevis.— Sporac trans- 
verse uniseptatae, apicibus muticis vel raro appendiculatis, 
incolores. 

æ. Sporae apicibus muticis. 


1. L. pachythele Trevis. (Sphaeria pachythele Berkel. et Broome in 
Journ. of the Linn. Soc., 1875, p. 128, n. 1109). 
2. L. schizostoma Trevis. (Sphaeria schizostoma Mont. Syll., p. 251, 
n. S15). - 
9. L. subcorticalis Trevis. (Lophiostoma subcorticale Fuck. Fung. 
rhen., n. 1809, Symb. mycol., p. 157). 


B. Sporae apicibus appendiculatis. 


4. S.anaxaea Trevis, (Zophiostoma anaxaeum Sace. in Hedwigia, 1875, 


n. 5, p. 69). 


Monza, mars 1877. 


ter) 


BIBLIOGRAPHIE. 


Tentamen Rosarum Monographiae, auctore E. Regel(!). 


En présence des nombreux travaux publiés sur les Roses 
depuis quelques années, le besoin d’une nouvelle monogra- 
phie du genre se faisait de plus en plus sentir. 

M. Regel a voulu répondre à ce besoin en publiant son 
Essai monographique. 

Après quelques mots de préface, l’auteur expose une sorte 
de classification basée pour les divisions principales, d’une 
part, sur le nombre des fleurs de l’inflorescence et, de l’autre, 
sur les aiguillons. 

Afin de permettre aux lecteurs du Bulletin d’apprécier cette 
classification, nous allons la reproduire dans ses traits prin- 
cipaux. 

A. — FLORES SOLITARII V. RARIUS 2-5 TERMINALES. (R. rugosa 
occurrit floribus corymbosis in turionum hornotinorum 
apice). 

A) Aculei omnes stricti. Rami floriferi (exelusa R. alpina 
var. € et R. rugosa) eglandulosi. | 


1. R. alpina L. 7. R. pimpinellifolia L. 

2. R. Woodsii Lindl. 8. R. reversa W.etK. 

5. R. blanda Ait. 9. R. rugosa Thunbg. 

4. R. lucida Ehrh. 10. R. elasmacantha Trautv. 
5. R. nitida Willd. 11. R. platyacantha Schrenk. 
6. R. acicularis Lindl. 12. R. sericea Lindl. 





(1) In &, 114 pages ; St-Pétersbourg, 1877. (Extrait des Acta horti 
Petropolitani, tome V.) 


(2) 


15. R. Webbiana Wall. 18. R. involucrata Roxb. 
14. R. Fedtschenkoana Rgl. 19. R. microphylla Roxb. 
15. R. lutea Mill. 20. R. macrophylla Lindl. 
16. R. didoensis Boiss. 21. R. Hoffmeisteri KI. 
47. R. villosa L. 


B) Aculei ramulorum recurvali, stipulares v. rarius sparsi ; 
ramuli eglandulosi (exclusis speciebus sub. n. 29 et 95). 


22. R. cinnamomea L. 28. R. laxa Retz. 
(R. lucida Ehrh.). (R. Beggeriana Schrenk). 
25. R. hystrix Lindl. 29. R. elymaitica Boiss.et Hauskn. 
24. R. sinica Murr. 90. R. canina L. 
25. R. amygdalifolia Seringe. 51. R. rubiginosa L, 
26. R. bracteata Wendl. 52. R. repens Scop. 
27. R. Kotschyana Boiss. 


c) Ramuli eglandulosi, inermes v. aculeis raris brevibus 
strictis v. paullo recurvatis. Trunci ramique aculeis validis 
recurvis. 

59. R. alba L. 


D) Ramuli aculeis validis recurvatis setisque eglandulosis 


v. glanduliferis armati. 


54. R. ferox M. B. | 55. R. Rapini Boiss. 


E) Rami ramulique aculeis difformibus rectis glandulisque 
stipitatis armati. 


56. R. turkestanica Rgl. 
r) Rami aculeis inaequalibus setaceis deflexis dense vestili ; 


ramuli glandulosi, inermes v. aculeis sparsis subulatis rectis 
v. paullo recurvis. 


97. R. lutescens Pursh. 


(23) 


6) Ramuli setulis glanduliferis vestiti, caeterum inermes 
v. aculeis raris rectis v. paullo curvatis. 


38. R. gallica L. 


u) Rami ramulique glabri, nitidi, inermes v. aculeis 
paucis rigidis recurvatrs. 


59. R. semperflorens Lindl. 


B. — FLORES IN RAMORUM APICE CORYMBOSI, RARISSIME TERNI 
USQUE SOLITARII. 
40. R. indica L. 49. R. hudsonica Red. 
41. R. rubrifolia Vill. 50. R. caucasica M. B. 
42. R. carolina L. 51. R. Banksiae R. Br. 
45. R. californica Rgl. 52. R. amoyensis Hance. 
44. R. Lyelli Lindl. 53. R. soongorica Bnge. 
45. R. moschata Mill. 54. R. cabulica Boiss. 
46. R. sempervirens L. 55. R. Maximowicziana Rel. 
47. R. multiflora Thunbg. 56. R. damascena Mill. 
48. R. Beggeriana Schrenk. 57. R. Iwara Sieb. 


L'auteur exposant cet arrangement sans aucun commen- 
taire, on est à se demander s’il considère celui-ci comme une 
véritable classification naturelle, ou bien comme une simple 
disposition destinée à faciliter la détermination des espèces. 
Tout nous fait supposer qu’il n’a eu en vue qu’un tableau 
synoptique sans aucune prétention taxinomique. En effet, 
il ne viendra jamais à la pensée d’un botaniste connaissant 
un peu les Roses de rapprocher, dans une classification vrai- 
ment naturelle, le R. sericea du R. Webbiana, le R. villosa 
du R. involucrata, le R. repens du À, rubiginosa, de tenir 
éloigné le R. semperflorens du R. indica, le R. canina du 
R. caucasica, le R. lutea du R. Rapini, etce., ete. Répétons-le, 


(24) 
il ne peut être question ici que d’un arrangement artificiel 
dans lequel les espèces sont uniquement classées pour les 
besoins de leur détermination; il remplace, en quelque sorte, 
un tableau dichotomique. 

Comme clef analytique, cet arrangement ne nous semble 
pas parfait. 

Les deux divisions fondamentales, basées sur les caractères 
pauciflore et multiflore de l’inflorescence, se rapportent bien 
à deux coupes établies depuis longtemps dans le genre : les 
Synstylées et les espèces à styles non réunis en colonne; mais 
le nombre de fleurs considéré en lui-même est tellement 
variable qu’il ne peut, dans un tableau synoptique, être 
employé qu’à titre de caractère assez secondaire. 

C’est ainsi que les R. blanda, R. villosa, R. repens et 
plusieurs autres espèces de la première division peuvent avoir 
assez souvent des inflorescences aussi multiflores que les 
espèces de la deuxième division; que certaines espèces de 
cette deuxième division, par exemple, les R. indica, R. cau- 
casica et À. soongorica, peuvent avoir des inflorescences aussi 
pauciflores que les espèces de la première division. Du reste, 
l'auteur lui-même a reconnu cette variabilité en comprenant 
certaines espèces dans les deux divisions à la fois. Celles-ci 
doivent donc embarrasser assez fréquemment les recherches, 
quand il s’agit de déterminer des types dont linflorescence 
est sujette à varier dans le nombre de ses fleurs. 

Dans la première division du tableau de M. Regel, les sub- 
divisions de second ordre sont basées sur l’armature des axes. 
Les aiguillons, les sétules et les glandes offrent certainement 
d'excellents caractères, et plusieurs monographes s’en étaient 
déjà heureusement servi dans leur classification ; mais, encore 
ici, la variation est telle que souvent les déterminations 
seront très-difficiles. | 


(25) 

C’est ainsi que dans la subdivision À), caractérisée par des 
aiguillons droits, il v a des espèces dont les aiguillons sont 
certainement crochus ou peuvent le devenir dans certains 
cas. Le R. villosa, tel que le délimite l’auteur, présente bien 
des aiguillons droits dans toutes ses formes ayant pour type 
le R. mollis Sm.; mais les aiguillons sont plus ou moins 
erochus dans toutes ses formes ayant pour tvpe le R. tomen- 
tosa Sm. Au surplus, l'auteur lui-même constate que le 
R. lucida de cette première subdivision peu faire partie de 
la subdivision B). 

La subdivision B) donne lieu à des observations analogues. 

Quant aux subdivisions C), D), E), F), G) et H), elles 
auraient dü être, nous semble-t-il, fondues dans les deux 
premières subdivisions. 

Nous sommes porté à croire que la clef analytique en ques- 
tion ne répondra pas tout à fait au but que son auteur s’est 
proposé. 

Examinons maintenant Ja facon dont M. Regel a délimité la 
plupart des types admis dans sa monographie. 


Rosa alpina EL. — Jusqu'à présent, le véritable R. alpina 
n'avait été signalé qu’en Europe. M. Regel le renseigne en 
outre «in Asia media et in America boreali »; mais lexis- 
tence de ce type est plus que douteuse en Amérique et 
en Asie. 

Le R. aleutensis Crép., qui est rapporté à Ja variété pubescens 
du À. alpina, n’a que des rapports éloignés avec la plante 
d'Europe; certains échantillons, il est vrai, singent l'espèce 
européenne, mais c’est tout. Depuis la publication de notre 
Prodrome de la monographie des Roses américaines, nous 
avons vu, dans l’herbier de M. Asa Gray, des échantillons du 
R. aleutensis qui nous font presque croire que celui-ci n'est 
qu'une variété du À. nutkana. 


(26) 


Le R. djimilensis Boiss. de l'Asie Mineure que M. Regel 
rapporte à la variété pyrenaica du R. alpina, ne nous paraît 
pas devoir être identifié avec l’espèce européenne. 

Selon nous, l'existence du R. alpina en Asie et en 
Amérique ne repose donc que sur des assimilations défec- 
tueuses et sur des synonymes douteux. 

Le R. Hampeana Griscb., que l’auteur rapporte au R. alpina, 
n’a rien de spécifiquement commun avec celui-ci. Ce même 
R. Hampeana est, en outre, rapporté au R. canina. 


Rosa Woodsii Lindi!. — Nous avons démontré que le 
R. Woodsii n’est qu’une variété du À. blanda. L'auteur le 
maintient comme type distinet en lui rapportant en synonymes 
les R. amblyotis C.-A. Mey., R. haematodes Boiss. et R. nut- 
kana Presl; il lui attribue la dispersion suivante « in Europa, 
Asia media et boreali et America boreali. » 

Il n’est pas possible d’admettre ces trois identifications, qui 
ne reposent que sur des apparences individuelles. 


Rosa lucida Ehrh. — L'auteur rapporte à ce type comme 
de simples synonymes les À. parviflora Ehrh. et R. foliolosa 
Nutt. 

Le R. parviflora est une espèce extrêmement polymorphe 
qu’il faut étudier sur de riches matériaux ; il n’y a donc rien 
d’étrange à ce qu'on puisse, parfois, rapporter certaines 
formes au À. lucida, qui est, du reste, fort peu connu. Il con- 
stitue néanmoins un type bien distinet et dont la distribution 
wéographique n’est pas la même que celle de ce dernier. 


Le R. foliolosa est un des types les plus distincts du 
genre entier et sa réunion au À. lucida ne peut être vrai- 
semblablement que le résultat d’une méprise. 


Rosa acicularis Lind!. — L'auteur signale cette espèce 
dans l’Europe moyenne, par suite de l'identification qu’il en à 


(27) 
faite avec les R. involuta Sm., R. coronata Crép., R. sabauda 
Rap. et À. Sabini Woods. Cette assimilation n’est guère 
admissible et ne repose, selon nous, que sur des apparences 
individuelles. 

Rosa pimpinellifolia L. — L'auteur rapporte à ce type 
les À. gymnocarpa Nutt. et R. tuschetica Boiss. 

Le R. gymnocarpu ne ressemble que vaguement au À. pim- 
pinellifolia et son identification avec celui-ci ne peut, sans 
doute, être que le résultat d’une inadvertance. 

Le R. tuschetica, ainsi que nous avons pu nous en essurer, 
a été créé sur une petite forme du R. glutinosa. 


Rosa reversa Waldst. et Kit. — Cette forme, qui est 
conservée comme type distinct, est très-probablement une 
hybride. 


Rosa platyacantha Schrenk. — Cette forme est conser- 
vée comme type distinct, quoi qu’au fond elle ne soit très-pro- 
bablement qu’une variété du R. pimpinellifolia ; mais nous 
devons dire ici que l’auteur, dans sa préface, a prévu cette 
réduction. 

M. Regel réunit à cette forme le R.maracandica Bunge. Les 
études que nous avons faites sur ce dernier permettent de 
conserver des doutes extrêmement graves sur la légitimité 
de cette identification. 


Rosa didoensis Boiss. — La réunion à cette forme des 
R. macroacantha Rip. et R. mucronulalta Déségl. ne peut 
être, sans doute, que le résultat d’une véritable méprise. 


Rosa villosa L. — L'auteur réunit sous ce nom plusieurs 
espèces, les unes à aiguillons droits, les autres à aiguillons cro- 
chus. Ce mélange d'espèces s'explique difficilement. 


Rosa involucrata Roxb. — La variété 5. Jardi de cette 
espèce est suivie de plusieurs synonymes qui appartiennent 


(28 ) 


sans aueun doute au À. villosa et qui se trouvent là par suite 
d’une transposition vicieuse. 


Rosa cinnamomen L.— À ce type, l’auteur a rapporté, 
comme synonymes, les R. Ilseana Crép. et R. oxyodon Boiss. 
Le premier de ceux-ci appartient au R. canina et lesecond est 
spécifiquement distinct du R. cinnamomea. 


Rosa simica Murr. — Cette forme, qui doit recevoir le 
nom de À. laevigata Mx, est spécifiquement identique avec le 
R. hystrix. On ne peut conserver aucun doute à cet égard. 
Les deux formes ne diffèrent que par la présence ou l'absence 
de sétules sur les rameaux; or, cette présence ou cette 
absence de sétules peut parfois varier sur le même pied. 
Si l’on admettait ces différences comme des caractères 
spécifiques, plusieurs autres espèces bien certainement indi- 
visibles devraient être démembrées, par exemple les R. sericea, 
R. bracteata, R. repens, ete., etc. 


osa amygdalifolia Seringe. — La figure sur laquelle 
celle fausse espèce à été créée ne peut laisser aucun doute sur 
la parfaite identité des R. amygdalifolia et R. lacvigata. 


Rosa caminman L. — Parmi les nombreux synonymes 
attribués à cette espèce, il en est certainement plusieurs qui ne 
lui appartiennent pas el qui doivent se rapporter à d’autres 
espèces décrites par l’auteur. 


Rosa rubigimosa L. — L'observation précédente peut 
s'appliquer ici. 


Rosa repens Scop. — L'auteur rapporte à ce type le 
R. rubifolia R. Br., alors que celui-ci, sous le nom de 
R. setigera MX, est rapporté ailleurs au R. moschata. 

Le R. systyla Bast., avec toutes les formes voisines, ne peut 
pas, comme l’a fait l’auteur, être rapporté au R. repens. 


(29) 


Rosa ferox M. B. — L'auteur eût mieux fait d'employer 
pour l'espèce qu’il décrit sousce nom l’épithète de R. glutinosa 
Sibth. Marschall v. Bieberstein n’a pas compris son type 
comme le fait l’auteur, qui a été entrainé à établir une syno- 
nymie confuse pour les R. rubiginosa et R. glutinosa. 


Rosa californiea Rgl. — On s'explique difficilement 
comment l’auteur a créé un nouveau À. californica, alors qu’il 
en existait déjà un établi par Chamisso et v. Schlechtendal. 
S'il jugeait le type créé par ceux-ci comme étant mauvais, il 
aurait, nous semble-t-il, bien fait d'adopter, pour la nouvelle 
espèce, un nom qui n’eùt pas prêté à la confusion. Au surplus, 
le R. californica Cham. et Schl. est un excellent type que 
l’auteur a eu le tort de rapporter au R. carolina. Ce dernier 
n'existe certainement pas dans les régions occidentales de 


Amérique. 
Rosa smmoschata Mill. — Il nous semble parfaitement 


inutile de discuter 1ei l'inanité de l'assimilation des 2. seligera 
Mx, À. phoenicea Boiss. et R. Davidi Crép. au R. mos- 
chata. 


Rosa sempervirens L. — L'auteur réunit à ce type 
les R. longicuspis Bert., R. Leschenaultiana Wight et 
R. abyssinica R. Brown. Cette réunion, qui avait déjà été faite 
auparavant par certains monographes, soulève des doutes 
très-graves. 


Rosa caucasica M. B. — Au À. caucasica, qui est 
une forme du groupe des formae caninae, l’auteur rapporte un 
grand nombre de synonymes qui, pour la plupart, concernent 
de simples variétés du R. canina L. 


Rosa Banksiae R. Br. — Par une étrange confusion, le 
R. microcarpa Lindl. forme la var. 5 microcarpa du R. Bank- 


(50) 
siae. Ainsi que nous l’avons démontré, le R. microcarpa est 
spécifiquement identique avec le R. amoyensis Hance, qui 
est conservé comme type distinct dans la monographie de 
M. Regel; de plus, c’est une espèce du groupe des Synstylées 
et n'ayant que des rapports éloignés avec le R. Banksiae. 


Rosa soongorica Bunge. — L'auteur décrit cette forme 
comme une espèce distincte, alors qu’elle n’est vraisemblable- 
ment qu'une variété du R. laxa. 


Rosa Iwara Sieb. — L'auteur décrit cette forme comme 
une espèce distincte, alors qu’elle n’est probablement qu’une 
hybride des R. multiflora et R. rugosa. | 

Ajoutons, en terminant cette revue, que l’auteur conserve 
dans le genre Rosa le Æulthemia berberifolia que l’on con- 
sidère aujourd’hui comme constituant un genre bien distinet 
du genre Rosa. 

Les quelques faits principaux relevés ci-dessus permettront 
au lecteur de se rendre compte de la facon dont les espèces sont 
délimitées dans le nouveau travail monographique que nous 
venons d'analyser. FRANCOIS CRÉPIN. 


Synopsis RUBORUM GERMANIAE. — Die deutschen Brom- 


beerarten ausführlich beschreiben und erläutert von 
Dr. W.-0. Focke (1). 


Le genre Rubus, comme le genre Rosa, est un groupe qui 
depuis plus de 50 ans ne cesse de préoccuper les phytographes 
et a fait l’objet de nombreux travaux. 


(1) 1 vol. in-8v de V-454 pages; Brême, 1877 (Herausgegeben vom Natur.- 
wissenschaftlichen Vereine zu Bremen). 


(#1) 

M. le Dr. Focke est venu, à son tour, apporter sa pierre à 
l’édifice, en publiant un mémoire fort important sur les 
Ronces germaniques. 

Pour apprécier complètement la valeur de ce récent travail, 
il faudrait être soi-même un rubologue expérimenté ; or ce 
n'est pas ici le cas et nous devons nous contenter de dire que 
l’œuvre de M. Focke nous paraît être le résultat d’études et 
de recherches consciencieuses. 

Dans une introduction qui compte près de 100 pages, 
l’auteur développe savamment des considérations : sur l’étude 
des Ronces germaniques ; sur les caractères morphologiques 
des espèces ; sur les caractères biologiques; sur la variation 
des types spéciques; sur les hybrides ; sur les expériences de 
culture ; sur la nomenclature ; sur la classification des 
espèces; sur les espèces types; sur la caractéristique des 
sections; sur la description des espèces, ete. 

Dans la partie systématique, l’auteur, qui n’est ni un réduc- 
teur d’espèces ni pulvérisateur de types, décrit les formes 
avec de très-grands développements. Il admet des types spéci- 
fiques de premier ordre, des espèces secondaires et diverses 
formes d’un ordre inférieur. 

En somme, la monographie de M. Focke commande l’atten- 
tion et intéresse vivement tous les spécialistes. 

FRANÇOIS CRÉPIN. 


(ee) 


Diagnoses de Cucurbitacées nouvelles et observations sur 
les espèces critiques, par Alfred Cogniaux. — Pre- 
mier et deuxième fascicules (1). 


La famille des Cucurbitacées, malgré son importance, est 
un des rares groupes de végétaux qui n’ont jamais fait l’objet 
d’une véritable monographie. M. Cogniaux avant été chargé, 
il y a déja quelques années, de traiter cette famille dans la 
Flora Brasiliensis, a voulu profiter des matériaux considéra- 
bles qu’il a eus à sa disposition pour ce travail et de beaucoup 
d’autres qu’il a rassemblés, et il a entrepris de combler 
cette regrettable lacune.Mais comme la monographie générale 
de la famille, qu’il est occupé à préparer, exigera nécessaire- 
ment encore un temps d’études assez long, il a voulu d’abord 
faire connaître les nombreuses nouveautés qu’il rencontre dans 
les herbiers et, en même temps, mettre de l’ordre dans le 
chaos d'espèces déjà existantes. 

Dans létude qu’il a faite des Cucurbitacées de presque 
tous les grands herbiers de l’Europe, il n’a pas seulement eu 
l’avantage de rencontrer un grand nombre d’espèces nouvelles, 
il a encore pu voir les types authentiques de la plupart des 
espèces décrites jusqu'ici, ce qui lui a permis de constater 
que souvent ces espèces n’avaient pas été rapportées à leur 
véritable genre, et aussi qu’un certain nombre d’entre elles 
faisaient double emploi avec d’autres espèces créées précé- 
demment. 

Pour chaque genre, voici l’ordre suivi par l’auteur : d’abord 
un court exposé historique; puis l’énumération méthodique 





(1) Premier fascicule, in-80 de 44 pages; Bruxelles, 1876. — Deuxième 
fascicule, in-8° de 102 pages et 1 planche ; Bruxelles, 1877. 


(.53 


des espèces du genre; ensuite la description des espèces 
nouvelles, suivie de remarques critiques sur les espèces déjà 
décrites ; enfin un tableau analytique pour faciliter la déter- 
mination de toutes les espèces. 

Les genres suivants sont passés en revue dans les deux pre- 
miers fascicules : 

I. Axcuria Auct. — Ce genre, tel qu’il avait été compris 
jusqu'ici, était très-hétérogène, et M. Cogniaux l’a restreint à 
la section Euanquria de Schlechtendal. Il en a distrait trois 
nouveaux genres : le genre Guranta, correspondant à la 
section Gurania de Schlechtendal; le genre DieunonxarA, 
fondé sur l’Anguria rlizantha Poepp. et Endl. et le genre 
Hecmonria, comprenant l’Anguria leptantha et une espèce 
nouvelle, l'A. simplicifolia. 

Les principales différences entre ces genres ayant déjà 
été exposées précédemment dans le Bulletin de la Société 
(tome XIV, p. 258), nous croyons inutile de les reproduire ici; 
constatons seulement que nous avons remarqué dans le 
tableau analytique (fase. IT, p. 20), que l’auteur a découvert 
de nouveaux caractères qui viennent s'ajouter à ccux qu'il 
avait signalés précédemment pour distinguer le genre Hel- 
montia des trois autres genres. Dans ce genre, les anthères 
sont cohérentes, portées sur un filet distinct, et les fleurs 
mâles sont munies d’un ovaire rudimentaire allongé, séti- 
forme ; tandis que dans les autres genres, les anthères sont 
sessiles et libres, et il n’y a pas de rudiment d’ovaire. 

Les espèces des genres Anqguria et Gurania étant assez nom- 
breuses, l’auteur a dû y établir des coupes; mais au lieu de 
les caractériser, comme l’avait fait Schlectendal, par la forme 
des feuilles, organes souvent très-variables dans la même 
espèce, il les a distinguées par la forme des anthères, tantôt 
droites ou repliées en arrière, à connectif large ou étroit, 


(54) 


mutiques ou surmontées d’un appendice, lequel peut être 
lisse on papilleux. Une planche montre les formes diverses de 
eet organe pour vingt et une espèces du genre Gurania. 

Douze des anciennes espèces restent dans le genre AnGurtA, 
savoir : A.trifoliata L., À. pedata Jacq. (avec les A. dentata 
Schlecht., À. polyphyllos Schlecht. et A. affinis Schlecht. 
comme veriétés), À. Ottoniana. Schlecht., 4. Warscewiczi 
Hook. f., À triphylla Miq. (4. bignoniacea Poepp. et Endl., 
pro parte), À. fernata Roem., 4. Kunthiana Schlecht., 
A. Schomburgkiana Schlecht., À. integrifolia Nees et Mart., 
A. trilobata Jacq. (4. rosea Kunth, 4. Jacquiniana Schlecht.), 
A. Plumieriana Sehlecht., À. umbrosa Kunth (avec la nouvelle 
variété dentata). L'auteur y ajoute les quatre espèces nouvelles 
suivantes : À. pallida, A. grandiflora, A. longipedunculata 
et À. Warmingiana. 

Le genre GuranIA comprend quatorze des anciens Anguria, 
qui sont : À. speciosa Poepp. et Endl., À. ertantha Poepp. et 
Endl., 4. sinuata Benth., À. Kegeliana Schlecht., À. multi- 
flora Miq., À. Makoyana Lem., A. Wageneriana Schlecht., 
A. spinulosa Poepp. et Endl., 4. Sellowiana Schlecht., 
A. subumbellata Miq., A. Arrabidae Schlecht., A. guianensis 
Klotzsch, A. capitata Poepp. 'et Endl. et À. cissoides Benth. 
(4. bignoniacea Poepp. et Endl. p. p., 4. heterophylla Wild. 
herb.). De plus, les trente-trois espèces nouvelles suivantes 
y sont ajoutées : G. Paulista, G. Martiana, G. sylvatica, 
G. villosa, G. lanata, G. Levyana (et la var. glabra), 
G. ovata, G. lignosa, G. macrophylla, G. Klotzschiana, 
G. trialata, G. rufipila, G. tubulosa, G. acuminata, G. inae- 
qualis, G. Sagotiana, G. reticulala, G. neo-granatensis, 
G. tricuspidata, G. Seemanniana, G. pseudo-spinulosa, 
G. Spruceana, G. velutina, G. costaricensis (et var. Subtri- 
loba), G. parviflora, G. Wawraei (et var. trifida), G. Franca- 


( 55 
villeana, G. breviflora (et var. subintegrifolia), G. Dumor- 
tieri, G. Candolleana, G. coccinea, G. diversifolia (et var. 
angustifolia et quinquefolia) et G. Linkiana. 

Nous avons cité plus haut les espèces qui composent les 
genres DIEUDONNAEA et HELMONTIA. 

Parmi les notes critiques sur ce groupe, nous avons surtout 
remarqué celle qui concerne l’Anguria bignoniacea Poepp. et 
Endl., fondé sur deux spécimens d’herbier, dont l’un est le 
Gurania cissoides et l’autre l’Anguria triphylla ; puis celle qui 
a rapport aux Anguria aculeolata Schlecht., À. Gaudichau- 
diana Schlecht. et A. Meyeniana Schlecht., décrits avec 
deux étamines et qui en ont trois, et qui rentrent dans la 
même espèce, le Wilbrandia drastica Mart. 

IT. CerarosanTuEs Burm. — Ce genre n’avait jusqu'ici qu’une 
seule espèce, le C. tuberosa Spreng.; sept espèces nouvelles y 
sont ajoutées : les C. fomentosa (avec la var. subnuda), 
C. multiloba, C. Warmingü, G. Hilariana, C. latiloba (et 
var. acutiloba), C. gracilis et C. trifoliata. 

IIT. APODANTHERA Arn. — Deux sections sont établies dans 
ce genre : l’une, Euapodanthera, comprend les espèces à 
feuilles membraneuses, glabres ou mollement velues et à fleurs 
petites, sans bractées; l’autre, nommée Cucurbitopsis, se 
compose des espèces à feuilles épaisses, ondulées, très-rudes, 
à fleurs grandes, les mâles munies de bractées. 

Deux espèces d’Apodanthera étaient jusqu'ici décrites, les 
A. gracilis Benth. et A. undulata À. Gray. On doit maintenant 
y ajouter les Anguria pedisecta Nees et Mart. et À. laciniosa 
Schlecht., puis neuf nouvelles espèces, qui sont : Apondan- 
thera Mathewsii, A. mucronata, À. Mandonii (et var. canescens 
et dissecta), A. smilacifolia, A. argentea (et var. angusti- 
folia), À. biflora, A. aspera, À. Buraeavt et A. Galeotti. 

IV. Ecarerium Jacq. — Sur les espèces rapportés jusqu'ici 


( 56 ) 

à ce genre, quatre seulement doivent y être maintenues, savoir : 
les E. carthaginense Jacq., E. quadrifidum Ser., E. cordatum 
Hook. et £. trilobatum Schlecht. Il faut y rapporter, en outre, 
le Rytidostylis gracilis Hook. et Arn. et six espèces nouvelles : 
E. quinquelobuin, E. filiforme, E. longiflorum, E. ciliatum 
(avec la var. major), E. amazonicum et E. Trianaet (avec les 
var. subnuda, dentata et triloba). 

V.CycLaAnTHERA Schrad. — Dix espèces ont été jusqu'ici 
attribuées à ce genre, mais le C. digitata Arn. ne diffère pas 
du C. pedata Schrad. et le C. Achocchilla Spruce n’est qu’une 
variété du Cyclanthera décrit antérieurement par Poeppig et 
Endlicher sous le nom de Momordica brachybotrys. Les huit 
espèces admises sont : C. pedata Schrad., C. leptostachya 
Benth., C. dissecta Arn.,C. hystrix Arn.,C.tamnifolia Griseb., 
C. Mathewsii Arn., C.explodens Naud. et C. Bourgaeana Naud. 
Les sept espèces suivantes, attribuées à tort à d’autres genres, 
sont encore des Cyclanthera : les Elaterium hastatum Kunth, 
E. tamnoides Willd., £. brachystachyum Ser.etE. ribiflorum 
Schlecht., les Momordica quinquelobata Velloso et M. bra- 
chybotrys Poepp. et Endl. (avec les variétés nouvelles Achoc- 
chilla, genuina, microphylla, et triloba), enfin le Sicyos 
eremocarpus Schauer. En outre, les dix-sept espèces nouvelles 
suivantes sont ajoutées à ce genre : C. tenuisepala, C. integri- 
foliola (et la var. angustifolia), C. multifoliola, C. Burchelli, 
C. Langaei, C. tenuifolia, C. elegans (avec les var. genuina, 
obtusiloba, grandifolia et Warmingü), C. gracillima, C. fili- 
fera, C. glauca (et var. angustiloba), C. costaricensis (avec la 
var. angustiloba), C. brasiliensis, C. Eichleri, C. microcarpa, 
C. Trianaei, C. cordifolia (et var. subnuda) et C. tomentosa. 

VI. ELareriopsis Ernst. — Une nouvelle diagnose est don- 
née pour ce genre, qui n’est admis que provisoirement. 
A l’espèce créée par M. Ernst, £. caracasana, il faut ajouter 
le Momordica macropoda Poepp. et End. 


Cr.) 

VII. Ecanwocysris Torr. et Gr. — Ce genre est divisé en 
deux sections, dont une comprend le genre tel qu’il était 
délimité par Torrey et Gray, Endlicher et Naudin, et dont 
l’autre correspond au genre Echinopepon de Naudin. On n’y 
avait encore rapporté jusqu'ici que deux espèces, l’£. lobata 
Torr. et Gr: et l'E. fabacea Naud; ce dernier devient 
l'E. oregana Cogn., car il ne diffère pas du Sicyos oreganus 
Torr. et Gr., décrit antérieurement. Les espèces suivantes 
doivent y prendre place également : le Momordica muricata 
Vell., les ÆElaterium gemellum Ser. (Sicyos eremocarpus 
Peyritsch non Schauer), £. torquatum (Echinopepon quinque- 
lobatus Naud., Sicyos gymnacanthus Griseb.), £. pubescens 
Benth., £. Coulteri Asa Gray (Echinopepon horridus Naud.) 
et £. Wrightii Asa Gray, et l'Echinopepon milleflorus Naud. 
Ce genre comprend de plus les sept espèces nouvelles suivan- 
tes : £. floribunda, E. paniculata, E. polycarpa, E. longi- 
spina, E. lanata, E. australis et E. glutinosu. 

Le tableau suivant, résumant les détails qui précèdent, 
montrera mieux les progrès considérables que l’auteur a fait 
faire à la connaissance des genres dont il s’est occupé jusqu'ici. 










BONNES ESPÈCES 
ESPÈCES PPORTÉ à 
RS ESPÈCES TOTAL 
EXISTANT A TORT a ; 
; ; NOUVELLES. [DES ESPÈCES. 
DÉJA DANS LE| A D’AUTRES 
GENRE. GENRES. 












Anguria . sf 12 ” 4 16 
GUrANIALUÙ 21 0 » 14 593 47 
Dieudonnaea . . » | » 1 
Helmontia EUR » 1 1 2 
Ceratosanthes . 1 » 7 8 
Apodanthera. 2 2 9 15 
Béerium: 2 : 4 1 6 11 
Cyclanthera. 8 ÿl 17 92 
Elasteriopsis. ] 1 ” 2 
Echinocystis. . . 2 7 7 16 

4 5 7 | CRE 50 D4 84 148 








(38) 


Si d’un côté, M. Cogniaux à augmenté d’une facon très- 
notable le nombre des espèces connues, il a été aussi obligé 
d’en supprimer plusieurs autres. Nous en avons noté vingt qui 
sont ici signalées pour la première fois comme faisant double 
emploi avec d’autres espèces décrites précédemment; ce 
sont : Anguria dentata Schlecht., 4. polyphyllos Schlecht., 
A. affinis Schlecht., A. bignoniacea Poepp. et Endl., 4. rosea 
Kunth, A. aculeata Schlecht., À. Gaudichaudiana Schlecht., 
A. heterophylla Willd., À. Meyeniana Schlecht., 4. obtusiloba 
_Schlecht., A. polyanthos Klotzsch, Elaterium quinquefidum 
Hook. et Arn., £. trifoliatum L., Cyclanthera digitata Arn., 
C. Achocchilla Spruce, Echinocystis fabacea Naud., Sicyos 
eremocarpus Peyritsch, S. gymnacanthus Griseb., Echino- 
pepon quinquelobatus Naud. et Æ. horidus Naud. 

Nous espérons que le travail commencé par M. Cogniaux 
ne restera pas inachevé, et qu'il mettra en lumière l’ensemble 
de la famille des Cucurbitacées, comme il Pa fait pour les 
quelques genres passés en revue dans ses deux premiers 
fascicules. C.-J. Lecoyer. 


Systema Lridacearum, by J.-G. Baker (1). 


Nous avons signalé précédemment (tome XIV, p. 255) les 
quatre mémoires consacrés par M. Baker à la révision d’une 
grande partie de la famille des Liliacées. L'auteur a poursuivi 
depuis l'étude d’autres grandes familles de monocotylédones, 
et dans son mémoire qui vient de paraître, il s’occupe des 





(1) Un vol. in-8 ; extrait du Linnean Society’s Journal ; Botany, vol. 
XVI, pp. 61-180 (1877). 


(59) 
Iridées. Son plan diffère légèrement de celui de son travail 
précédent. Après une courte introduction historique, il 
expose la morphologie des différents organes des Iridées, 
puis la distribution géographique de l’ensemble de la famille, 
suivie d’un tableau de la dispersion de chacun des 65 genres. 

Les Iridées sont surtout abondantes dans la région du Cap, 
car sur 698 espèces que comprend toute la famille, 512 
appartiennent à cette région. Vingt-cinq genres sont exelusive- 
ment du Cap et sept autres y ont le plus grand nombre de 
leurs espèces. L'Europe et le nord de l'Afrique comptent 
94 espèces, l'Asie tempérée 89, j’Amérique tropicale 82, 
l'Afrique tropicale 56, l’Australie et la Nouvelle-Zélande 51, 
l'Amérique méridionale tempérée 29, l'Amérique septen- 
trionale tempérée 25 et l’Asie tropicale et la Polynésie 1. 
Toutes Les espèces américaines, au nombre de plus de cent, 
sont endémiques, à l’exception de deux. 

Vient ensuite le conspectus des tribus et des genres, et 
enfin la description détaillée des genres, suivie de l’énuméra- 
tion des espèces de chacun d’eux, avec la citation des prinei- 
pales sources, la synonymie et la patrie de chaque espèce. 

Quatre des soixante-cinq genres sont nouveaux :le Cardios- 
tigma, fondé sur le Gelasine longispatha Herb. ; le Xlattia, 
créé pour le Witsenia partita Ker; le Sphenostigma, ayant 
pour type l’Alophia Sellowiana Klatt; et l’Æesperoxiphon, 
auquel se rapportent le Ferraria pusilla Link et Otto et le 
Cypella peruviana Baker. 

Un certain nombre des espèces énumérées sont nouvelles, 
mais elles sont seulement citées avec l’indication de leur 
patrie, sans description. 

Le Systema Tridacearuim sera consulté avec fruit par les 
botanistes; mais, ainsi que nous l’avons déjà fait remarquer 
pour d’autres mémoires antérieurs du même auteur, il est à 


(40 ) 


regretter qu'il ne soit pas accompagné d’une table alphabé- 
tique des noms cités, car, eu égard surtout au grand nombre 
de synonymes, les recherches seront parfois très-longues. 


A. CoGNiaux. 


Descriptiones plantarum novarum et minus cognitarum, 
auctore E. Regel. —- Fase. IV et V (1). 


Ces deux mémoires du savant directeur du Jardin bota- 
nique de Saint-Pétersbourg font suite à ceux dont nous avons 
parlé précédemment (tome XIV, p. 552) et ils sont rédigés 
dans le même esprit. 

Le fascicule IV commence par une revue des genres et des 
espèces de la famille des Cyeadées. L’auteur admet pour 
l’ensemble de cette famille les dix genres décrits dans la 
seconde partie du tome XVI du Prodomus par M. Alph. de 
Candolle, et de plus le genre Aulacophyllum Regel. Ces 
onze genres comprennent en tout 67 espèces, dont neuf seule- 
ment n'ont pu être étudiées sur les plantes vivantes par 
M. Regel. En 1868, M. Alph. de Candolle énumérait 68 espèces ; 
on voit que M. Regel a supprimé plusieurs de celles-ci, puisque 
malgré l'introduction d’un certain nombre de nouveautés, il 
admet une espèce de moins. 

Vient ensuite l’étude des espèces et des variétés d’£vonymus 
et de Rhamnus de la flore de Russie, ainsi que du genre 
Funkia; puis la description d'espèces nouvelles ou impar- 
faitement connues cultivées au Jardin de Saint-Pétersbourg 





(1) Brochures in-8e de 68 et 56 pages ; extrait des Acta horti Pelropo- 
litani, tomes IV et V. 


(41) 
et appartenant aux genres Anthurium, Begonia, Calathea, 
Choisya, Hibiscus, Meconopsis, Sempervivum et Sida. Enfin il 
décrit le nouveau genre Smirnowia Bunge de la famille des 
Légumineuses. 

Le fascicule V est consacré principalement à l’étude d’un 
certain nombre de plantes du Turkestan et de l’Asie centrale. 
L'auteur termine par la description de quelques plantes pro- 
venant de diverses autres régions et cultivées an Jardin 
botanique de Saint-Pétersbonrg. Les espèces nouvelles décrites 
dans ce fascicule appartiennent aux genres Ranunculus, 
Delphinium, Diptychocarpus, Arabis, Parrya, Draba, Choris- 
pora, Sisymbrium, Braya, Lepidium, Stroganovia, Crambe, 
Dianthus, Saponaria, Silene, Acanthophyllum, Peucedanum, 
Tanacetum, Echinops, Cousinia, Cylindrocarpa, (nouv. g. de 
Campanulacées), Statice, Tris, Orithyra, Sedum, Tulipa, 
Allium, Epidendrum et Torenia. Nous remarquons que le 
genre Curmeria Lind. et André est ramené comme section 
au genre Æomalonema. 

À. CoGniaux. 


Revue des plantes nourricières des Ustilaginées, par 
A. Fischer de Waldheim (1). — Zur Kenntniss der 
ExryLoma-Arten, von Prof. A. Fischer de Waldheim (2). 


Le premier de ces mémoires est analogue à celui du même 
auteur dont nous avons rendu compte précédemment (tome 
XV, p. 617); mais ici, à l'inverse du travail antérieur, les 





(1) Broch. in-8o de 20 pages ; Moscou, 1877. 
(2) Broch. in-8o de 6 pages ; 1877. 


(42) 


plantes nourricières sont énumérées dans l’ordre des familles 
naturelles, et à chaque espèce sont citées les Ustilaginées 
qu’elle nourrit. Quoique les deux travaux soient à peine 
séparés par un intervalle de quelques mois, l’auteur a trouvé 
non-seulement quelques rectifications, mais surtout de 
nombreuses additions à faire à son mémoire primitif. C’est 
ainsi que ce dernier mémoire mentionnait seulement 127 
espèces d’Ustilaginées croissant sur 280 plantes nourricières, 
tandis qu'aujourd'hui il enumère 508 plantes infestées par 
140 espèces d’Ustilaginées. I y a dix ans, l’auteur ne connais- 
sait que 45 espèces d’Ustilaginées, eroissant sur 141 plantes 
nourricières. | 

La seconde notice mentionnée ci-dessus est consacrée à la 
monographie du genre Entyloma. Dans son Aperçu systémati- 
que, l’auteur n’attribuait à ce genre que quatre espèces ; 
aujourd’hui il en déerit huit. Les quatre Entyloma nouveaux 
sont : £. Picridis Rostr., de l’île de Fionie; £. Rhagadioli 
Passer., d'Italie; £. Ficariue Thümen, de Hollande, de France, 
d'Allemagne, d'Italie et de Russie; £. verruculosum Passer., 
de Hollande, d'Allemagne et d’Italie. Aucune espèce n'est 
signalée en Belgique, où il doit cependant en exister. 

À CoGNiaux. 


MÉLANGES. 


Note sur la Société botanique de Nessonvaux-Fraipont. 


Château d’Oex (Alpes Vaudoises), 28 septembre 1877. 


MONSIEUR ET CHER CONFRÈRE (1), 


Peu de jours avant mon départ, j'avais le plaisir de vous 
entretenir pendant quelques instants d’une Société botanique 
d'ouvriers fondée en 1876 à Nessonvaux. Intéressé par le récit 
d'un essai aussi nouveau et qui dénote chez les habitants de 
cette partie de la province de Liége des gouts plus élevés que 
ceux que l’on rencontre ordinairement dans le peuple, vous 
me faisiez promettre de vous donner des renseignements 
plus étendus sur cette association. Je viens dégager ma 
promesse. 

La création d’une Société est toujours le résultat de l’initia- 
tive d’une ou de plusieurs personnes. La Société botanique 
de Nessonvaux-Fraipont doit son existence à M. Mathieu 
Michel. 

Lejeune écrivait en 1811, dans la préface de la Flore des 
environs de Spa : « L’Amblève et les bois des environs de 
Nessonvaux et de Fraipont ont été soigneusement visités 
par M. Pierre Michel, de Nessonvaux. » Le directeur et le 
fondateur de la Société qui nous occupe est un parent du 





(1) Lettre adressée à M. Cogniaux, secrétaire des publications de la 
Société royale de botanique de Belgique. 


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(441) 


modeste botaniste dont Lejeune faisait l’éloge dans ces lignes ; 
il a dignement marché sur ses traces et il suffirait de changer 
le prénom pour que la phrase devint aussi une vérité pour lui. 

Simple ouvrier, M. M. Michel a tout étudié par lui-même ; 
ne possédant que trois flores (la Flore de Duby, une Flore de 
la Somme et le Manuel de la flore de Belgique de M. Crépin), 
il a recueilli et déterminé près d'un millier de plantes 
liégeoises, et J'ai pu m'assurer de visu qu’à part quelques 
très-rares exceptions, elles sont exactement dénommées. 

Déjà depuis de longues années, son ardeur infatigable pour 
la recherche des plantes l’a fait connaître dans les environs 
de Nessonvaux; c’est ainsi qu’il a réussi à grouper autour de 
lui un certain nombre d'ouvriers désireux d'étudier les 


Là ’ 


végétaux ; et si en fait la Société botanique de Nessonvaux à 


Π
Là 


été créée au commencement de novembre 1876, on peut dire 
qu’elle existait dès 1869. 

Cette Société, dirigée par un comité de trois personnes, 
MM. Michel, directeur, N. Remacle, président et L. Zimmer, 
secrétaire, comprend 20 ou 25 membres titulaires ; elle se 
réunit tous les dimanches à deux heures chez le secrétaire, 
à Halinsart-Fraipont, où se trouvent l'herbier et les livres 
de la Société. Les séances d’hiver sont consacrées à l’étude 
de l’organographie ; pendant la belle saison, elles sont 
remplacées par les herborisations ou par l’étude des plantes 
recueillies précédemment. J’ai assisté à l’une de ces réunions 
et J'ai été frappé du calme, du sérieux et du désir d'apprendre 
que les membres témoignent; j’ai vu aussi des planches très- 
claires, dessinées par l’un des sociétaires et représentant les 
diverses formes que peuvent revêtir les organes des plantes. 
Les discussions se font dans l’idiome wallon, ce qui n’est pas 
un des moindres charmes de ces séances. 

Une telle association, composée entièrement d'ouvriers et 


(45) 
qui, ainsi que vous le verrez plus loin, a déjà produit de bons 
résultats pour la connaissance de notre flore, est unique en 
Belgique et probablement en Europe. 

Quelle meilleure occupation pour des ouvriers qui ont été 
astreints toute la semaine à un pénible labeur que de consa- 
crer plusieurs heures de leur jour de repos à la recherche des 
plantes dans les campagnes. Ce n’est pas une, mais dix asso- 
ciations semblables qu’il faudrait dans notre province. 

À la séance à laquelle j'assistai, un membre dit: «Il 
« pourrait arriver que dans une de nos courses, nous pas- 
« sions près d’un village où il y aurait fête et que des 
« membres préférassent rester là plutôt que de continuer à 
« herboriser. » Aussitôt un autre se leva en $s’écriant avec 
vivacité : « Dispoïe qu’i Jso botanis, j'im fous des fiess! » 
c’est-à-dire : « Depuis que je fais de la botanique, je me 
« moque des fêtes! » et la Société décida à l’unanimité que 
quand lon saurait qu'il y a fête dans un village, la course 
aurait lieu d’un autre côté. 

N'est-ce pas là, mon cher confrère, une preuve évidente de 
l'influence moralisatrice de la science? Oh oui! ceux qui cher- 
chent sérieusement le bonheur dans l'instruction sont vite 
rassasiés des plaisirs dont se contente la foule ignorante. 

Cette jeune Société vient de donner une forte preuve de 
vitalité en publiant une Flore populaire(f), faite par son direc- 
teur. Ce livre, écrit sans prétentions scientifiques, contient 
une brève description de 877 espèces récoltées de 1869 à 





(1) Flore de Fraipont, Nessonvaux el leurs environs. Étude des plantes 
récoltées de 1869 à 1876 dans les excursions de la Société sous la direction 
de M. M. Michel, botaniste amateur. 1 vol. in-18 de 389 pages. Prix 2 fr. 
— On peut se procurer cet ouvrage en écrivant à M. Michel, à Charneux 
(commune de Fraipont). 


CA) 
1876, et l'indication des localités pour les plantes assez rares 
ou rares; )76 indications sont entièrement nouvelles. Cet 
ouvrage enrichit la flore liégoise de quatre espèces : 

Sagina ciliata Fries. — Haute-Fraipont. 

… Senebiera pinnatifida DC. — Cinq à sept touffes au bord 
de la Vesdre, près le pont Aloune; Fraipont, 1875. 

Brunella alba Pall. — Dans un champ de luzerne d’un 
endroit calcaire près la station de Nessonvaux, rare. 

MM. Morren et Straii ont aussi découvert cette plante à 
Vaux-sous-Chévremont (même vallée). 

Aster Novi-Belqi L. — Rencontré 4 ou 5 beaux pieds 
dans les oseraies à Herstal. 

Plusieurs espèces qui étaient devenues douteuses pour la 
flore liégeoise ont été retrouvées : Silene gallica L. Fraipont. 
— Malva Alcea L. Haute-Fraipont. — Sisymbrium strictis- 
simum L. S'-Hadelin. — Cette espèce déjà indiquée par Lejeune 
à Clermont (Comp. Fl. belg., I, 287), n’est probablement 


que naturalisée. — Geranium macrorrhizum L. Fraipont et 
Nessonvaux. — Cumelina dentata Pers. Hansez-Olne. — 
Carum Carvi L. Beaufays. — Linaria striata L. Haute- 


Fraipont. — Xanthium strumarium L. Flère, Louhaie, Nes- 
sonvaux, Vaux-sous-Olne. 

Enfin un grand nombre de plantes rares ou même très-rares 
ont leur aire de dispersion étendue par la découverte de nou- 
velles habitations ; telles sont : Erysimum orientale, Àlyssum 
incanum, Lepidium Draba, Neslia paniculata, Bunias orten- 
talis, Lotus tenuis, Trifolium striatum, Circaea intermedra, 
Selinum carvifolia, Plantago arenaria, Mentha viridis, pipert- 
ta et nepetoides, Ajuga pyramidalis, Silybum Marianum, Cota 
tinctoria,Solidago canadensis, Aster lanceolatus, Hypochaeris 
maculata, Parietaria diffusa, Muscari botryoides, Narcissus 
poeticus, Galanthus nivalis, Ophrys muscifera, Epipactis 
atrorubens, Triglochin palustre, Scirpus compressus, etc. 


C7) 


Après l'éloge, la critique; pour être impartial, il est 
nécessaire que je fasse connaître les points qui me semblent 
erronés. 

« Gentiana acaulis L. Hansez, un seul pied en 1875. 
Mai-Juin. » 

C’est une forme précoce et très-curieuse du G. germanica. 

« Veronica opaca Fries. Lieux cultivés, souvent dans les 
jardins. » 

A ma connaissance, cette plante, signalée seulement dans 
deux localités belges (St-Trond et Cortessem), n’a pas été 
observée dans notre province. 

« Mentha rubra Sm. » C’est le M. Wirtgeniana F. Schultz. 

< Lamium hybridum Vill. » C'est le ZL. mutabile Dmrt., 
L. maculatum L., Crép. (pro parte). 

« Phyteuma orbiculare L. A été indiqué dans les bois près 
de Crotte. » Lejeune, qui avait donné cette indication en 1811, 
a reconnu depuis qu'il avait pris pour tel le P. nigrum 
Schmidt (Revue, p. 48). 

© Hippuris vulgaris L. Fossé aquatique à Magnée. » Cette 
habitation est artificielle ; l'Hippuris fait défaut dans le bassin 
de la Vesdre. Même observation pour l’Æydrocharis morsus- 
ranae. 

« Phalangium ramosum Lmk. — Trouvé # ou 5 touffes 
sur un rocher boisé à Nomabaie-Fraipont. » Cette habitation, 
qui doit être la même que celle que j'ai fait connaître dans 
mon Coup d'œil sur la végétation de la vallée de la Vesdre(\), 
appartient au Ph. Liliago Schreb. 

« Festuca unilateralis Schrad. » C’est une forme du 
F. ovina. 





(1) Feuille des Jeunes Naturalistes de Paris, 7me année, n° d’août 1877, 


p. 127. 


( 48 ) 


Quant aux Ranunculus tripartitus, Potamogeton grami- 
neus, Juncus tenuis, Carex caespitosa, Heleocharis ovata, 
Alopecurus bulbosus et Aira discolor, je n’en puis rien dire, 
n'ayant pas vu d'échantillons; mais je crains qu'il y ait eu 
erreur de détermination. 

Voilà, mon cher confrère, quelques détails sur la Société et 
la Flore de Nessonvaux (en tête de laquelle on aurait pu écrire : 
ceci est un livre de bonne foi); j'espère qu'ils vous intéresse- 


ront. 
Agréez etc. Taéopnize DurANp. 
P.S. — M. Cogniaux nous écrivait à la date du 15 septem- 


bre : « J’ai recu leur intéressante Flore ; si l’on tient compte 
des circonstances dans lesquelles ce livre a pu être écrit, il est 
vraiment remarquable. » Nous sommes heureux de voir notre 
appréciation confirmée par un botaniste aussi compétent. 
Nous ne saurions trop engager nos honorables confrères à 
venir en aide à cette Société en se procuront sa curieuse Flore, 
pour l’impression de laquelle elle s’est imposé de lourds 
sacrifices. LD: 








NÉCROLOGIE. 


Notice biographique sur AuGusre BELLyYNCk, par F. Crépin. 


AUGUSTE-ALEXIS-ADOLPHE-ALEXANDRE BELLYNCK, né à Bergues 
Saint-Winoc, le 16 avril 1814, est mort à Namur, le 
1% janvier 1877. 

Bellvnck commenca ses études au collége de Bergues, sa 
ville natale, et les poursuivit au petit séminaire de Saint-Omer. 
En 1859, il entra au grand séminaire de Cambrai. Après son 
ordination, qui eut lieu en 1857, il fut attaché comme vicaire 


(49 ) 
à la paroise de Quesnoy-sur-Deule, près de Lille. L'année 
suivante, on le nomma vicaire à Dunkerque; mais il quitta 
bientôt cette ville pour devenir aumônier dans un couvent de 
religieuses à Gravelines. 

L'abbé Bellynck nourrissait depuis longtemps l’idée d’em- 
brasser la vie religieuse ; à la suite d’une retraite qu’il fit à 
Tronchiennes, en 1840, il prit la résolution d’entrer dans la 
Compagnie de Jésus. Au mois de septembre de cette même 
année, il entra à Tronchiennes pour y faire son noviciat. 

En 1841, il fut envoyé à Katwyck (Hollande) pour y donner 
un cours de littérature française. 

Après un an de séjour en Hollande, il fut appelé au collége 
N.-D. de la Paix à Namur pour y remplir les fonetions de 
procureur. 

Jusqu'à cette époque, rien n’avait fait présager que Bel- 
lynck serait devenu un naturaliste : son éducation avait été 
entièrement dirigée vers la littérature et la théologie. Cepen- 
dant dès 1845, il était devenu professeur de zoologie; en 1844, 
on le vit chargé d’enseigner la botanique et enfin en 1848, 
il ajouta à ses cours de zoologie et de botanique un cours de 
minéralogie. 

C’est la botanique qui, chez ce professeur, devint la bran- 
che favorite, et c’est par la botanique qu'il se fit surtout con- 
naitre. 

En 1851, il présenta à l’Académie une notice intitulée : 
Catalogue des Cryptogames observées dans les environs de 
Namur. Ce catalogue, qui futinséré dans letome XIX° des Bul- 
letins de l’Académie, renferme lénumération d’environ 700 
espèces de cryptogames. En publiant cet opuscule, Bellynek 
avait eu en vue de faire sortir la flore de la province de 
Namur de l’oubli dans lequel elle était restée jusqu'alors. 
Chose bien singulière, la flore de cette province, qui est si 


(50 ) 


remarquable, n'avait fait l’objet d'aucun travail jusqu’à 
l’année 1851. | 

Pour compléter l’œuvre qu'il avait entreprise, le professeur 
de Namur publia, en 1855, sa Flore de Namur. Cet ouvrage, 
qui fut accueilli avec la plus grande faveur par nos botanistes, 
était bien supérieur aux autres Flores belges que ceux-ci 
avaient entre les mains. Avec l’aide du tableau dichotomique 
placé en tête du livre, il devenait relativement facile de 
déterminer les familles et les genres; les descriptions des 
familles et des genres étaient rédigées avec beaucoup de elarté 
ct de concision; enfin les descriptions des espèces étaient 
rigoureusement comparatives et bien faites. La distribution 
géographique de chaque type spécifique avait été marquée 
avec beaucoup de soin. En somme, cette Flore témoignait d’un 
progrès très-réel dans l'étude de la botanique rurale. Bien 
qu’elle ne fut que le résultat de cinq années de recherches, 
elle renfermait une multitude d'indications géographiques et 
enrichissait la flore générale du pays d’un assez grand nombre 
d'espèces rares. Mais on doit faire remarquer ici qu'aux 
recherches personnelles de l’auteur, étaient venues s’ajouter 
les recherches de plusieurs jeunes botanistes pleins de zèle 
et qui avaient eu la bonne fortune de pouvoir explorer les 
parties les plus intéressantes de la province. 

Nous pouvons avancer que la Flore de Namur est le 
meilleur ouvrage de l'auteur et qu'il conservera à celui-ci une 
place distinguée parmi les botanistes belges. 

Après la publication de cette Flore, Bellynck fut, pendant 
quelques années, moins occupé de recherches botaniques. 
Il fut, à cette époque, chargé de la composition d’une 
bibliothèque choisie qui réclama beaucoup de temps. 

Malgré ectte lourde charge étrangère à la science, le profes- 
seur ne perdait pas de vue les besoins de son enseignement. 


(5T ) 
En effet, en 186% et 1865, il publia son Résumé du cours de 
zoologie professé au collége N.-D. de la Paix à Namur, 
ouvrage très-compact et qui a dû exiger de nombreuses 
lectures. 

En 1870, il fut nommé membre associé de l’Académie royale 
de Belgique dans la classe des sciences. Cette nomination fut 
pour lui un grand honneur dont il appréciait tout le prix. À 
partir de cette époque, on le vit travailler avec une ardeur 
que rien ne ralentit. 

De 1871 à 1874, il publia la première édition de son Cours 
élémentaire de botanique, qui se trouvait presque complète- 
ment vendu lors de la publication de la dernière feuille. Ce 
succès, peu ordinaire en Belgique, lengagea à préparer 
immédiatement une seconde édition de ce livre classique. 
Celle-ci, considérablement augmentée et mise au niveau de 
la science, parut en 1876. 

Le Cours élémentaire de botanique de Bellynck est plus ou 
moins calqué sur le Traité de botanique du professeur Seubert 
de Carlsruhe; mais bien que les figures du traité allemand 
soient emplovées dans l’ouvrage français, celui-ci n'est pas, 
comme on pourrait se l’imaginer à première vue, une traduc- 
tion. Les cadres des deux livresse ressemblent plus ou moins; 
mais leur fond diffère notablement. Pour rendre son livre 
plus ou moins complet, Bellynek a mis à contribution tous les 
travaux les plus modernes publiés sur la matière. S'il n’a rien 
inventé, s’il n’est pas l’auteur de nouvelles découvertes, il a le 
mérite d’avoir arrangé un tableau, dans lequel tout ce qui est 
essentiel à connaître est clairement ordonné. 

Après la publication de la seconde édition de son Cours, 
Bellynck fit immédiatement paraître une petite Flore portative 
de la Belgique destinée aux herborisations (Catalogue des 
plantes observées en Belgique). 

Cet opuscule dispense lherborisateur d’emporter avee soi 

6 


(32) 
une Flore plus ou moins volumineuse qui, souvent, l’embar- 
rasse dans ses courses. 

Outre les publications dont nous avons rappelé les titres, 
Bellynck a écrit diverses notices que nous signalons dans le 
paragraphe bibliographique suivant. 

Bellynck commencça à étudier les sciences naturelles lors- 
qu'il touchait déjà à l’âge mur; alors, chargé de donner plu- 
sieurs cours qui réclamaient beaucoup de temps, il ne pouvait 
être question pour lui d'approfondir l’un ou l’autre sujet. Dans 
ces conditions, il comprit que son rôle devait se borner à 
utiliser les travaux et les découvertes d'autrui. C’est ce qu'il 
fit. En bornantson ambition au rôle modeste de vulgarisateur, 
il rendit des services réels à l’enseignement et propagea le 
gout des sciences naturelles. 

Bellynck a laissé dansla mémoire de ses nombreux amis le 
souvenir d’un homme profondément estimable. Il était d’une 
obligeance à toute épreuve; rien ne le rendait plus heureux 
que de pouvoir aider les autres. Tous les botanistes qui ont 
eu recours à lui, se souviennent combien il était prompt à 
leur communiquer les livres de sa riche bibliothèque, à leur 
donner des plantes et à leur fournir des renseignements. 


BIBLIOGRAPHIE. 


Catalogue des Cryptogames observées dans les environs de 
Namur. 357 pages. (Bulletin de l’Académie royale de Bel- 
gique, t. XIX, 1852.) 

Flore de Namur ou description des plantes spontanées et 
cultivées en grand dans la province de Namur, observées 
depuis 1850 ; accompagnée de tableaux analytiques, des 
étymologies des noms, des propriétés des plantes, ete., etc. 
Namur, 1855, 1 vol. in-8°, de XXXII-555 pages. 


(5) 

Bibliothèque choisie établie à Namur. Namur, 1856, 4 vol. 
in-8°. — Cet ouvrage est accompagné de quatre suppléments. 

Guide du lecteur, ou catalogue d’une bibliothèque choisie. 
Namur, 1862, 4 vol. in-8°. — Cet ouvrage est accompagné 
de quatre suppléments. 

Résumé du cours de zoologie professé au Collége N.-D. de 
la Paix à Namur. Namur, 1864-1865, 1 vol. in-8°, de 
460 pages. 

Note sur un Orchis ustulata à fleurs doubles. L pages. 
(Bulletin de la Société royale de botanique de Belgique, 
t- VI, 1867.) 

Anthropologie, compte rendu du rapport de M. de Quatre- 
fages sur les progrès de l'anthropologie; 31 pages. (Etudes 
religieuses, 1868.) 

La Botanique moderne, conférence sur la botanique géné- 
rale. 51 pages. (£tudes religieuses, 1869.) 

Les progrès récents de la zoologie en France : compte rendu 
du Rapport de M. Milne-Edwards. 42 pages. (Études reli- 
gieuses, 1870.) 

Les anomalies chez l’homme et chez les animaux. 19 pages. 
(Bulletin de l’Académie royale de Belgique, t. XXX, 1870.) 

Les anomalies dans le règne végétal ; 22 pages. (Ibidem, 
t. XXXII, 1871.) 

Cours élémentaire de botanique. Namur, 1871-1874, 1 vol. 
in-8°, de 652 pages, avec près de 900 figures intercalées dans 
le texte. — Seconde édition. Bruxelles, 1876, 1 vol. in-8°, 
680 pages. 

Les plantes carnivores. 7 pages. (Précis historiques, 1875.) 

Catalogue des plantes observées en Belgique, à l’usage des 
herborisations. Namur, 1876. 1 vol. in-18, de 80 pages. 

La botanique en 1876. 24 pages. (Annales de la Société 
scientifique de Bruxelles, 1876.) 


(54) 
Notice sur Mademoiselle HexrreTTA Cerr, par Fr. Crépin. 


Mademoiselle HE R1ETTA CERF, née à la Jamaïque le 10 février 
18140 et morte à Bruxelles le 22 octobre 1877, était une dame 
d’un esprit très-cultivé et dont les connaissances en botanique 
étaient fort étendues. 

Elle ne borna pas ses recherches à la botanique rurale; 
mais elle suivit régulièrement les progrès faits par les ques- 
tions les plus élevées de la science. Sa bibliothèque, enrichie 
des traités les plus savants publiés en Angleterre, en Alle- 
magne, en France, etc., témoigne d’un goût très-prononcé 
pour la botanique. 

Mademoiselle Cerf a étudié avec Le plus grand soin la flore 
de nos diverses provinces. Pendant un séjour de plusieurs 
années qu’elle fit, avec sa famille, au château de Bloquemont, 
près de Dinant, elle eut l’occasion d’explorer l’une des parties 
les plus riches de la vallée de la Meuse. Les recherches qu’elle 
y fit sont consignées dans une notice intitulée : Notes on the 
Belgium Flora. — A List of Plants growing wild in Belqium 
and whid are either rare or not indigenous in England, qu'elle 
publia dans le Phytologist (1859). C’est elle qui, la pre- 
mière, découvrit l’Orchis Simia dans la province de Namur. 

Les autres publications de cette dame sont les suivantes : 

Additional Notes on the Flora of Belgium. 1860. (The 
Phytologist, t. IV). 

List of Plants collected about Dover, Walmer, Folkstone, 
and Sandgate, from the middle of May to the beginning 
Of July, of the past year, 1860.1861 (Ibidem, t. V). 

Addition to the List of South Kent Plants, collected in the 
course oft last summer. 1861 (Ibidem, t. V). 

Botany of the Meuse. — Botany of the Fond de Leffe, near 
Dinant, Belgium. 1861 (Ibidem, t. V). 

East Anglian Botany. 1862 (Tbidem, t. VI). 


(55) 


On the Hybernacula of Hydrocharis Morsus-Ranae, by 
G.-C. Treviranus. — Translated from the Botanisch Zeitung, 
n° 4, p. 699, 1857 (Ibidem, t. V). 

Hybernaculum of Potamogeton crispus by Treviranus. — 
— Translated from the Botanisch Zeitung, n° 41, october 9, 
1857 (Ibidem, t. VI). 

La flore des environs de Bruxelles lui était devenue fami- 
lière, ainsi que celle de plusieurs autres cantons de la Belgique. 

Avec les récoltes qu’elle a faites dans notre pays, en Écosse, 
en Angleterre, aux bords du Rhin, en Suisse, etc., elle avait 
composé un herbier fort intéressant et dont les plantes sont 
admirablement préparées. 

Lors de la fondation de la Société royale de Botanique, 
en 1862, elle s’empressa de se faire inscrire dans la liste des 
membres fondateurs. 

Si je dois m’abstenir ici de m’étendre sur les belles qualités 
morales qui distinguaient Mademoiselle Cerf, qu’il me soit au 
moins permis de dire que cette dame sera profondément 
regrettée de tous ceux qui l’ont connue. 


NOUVELLES. 


Congrès international de Botanique et d’Horticulture à Paris 
en 1878. — La commission d'organisation de ce Congrès, que nous 
avons déjà annoncé précédemment (tome XV, p. 625), publie une nou- 
velle circulaire, à laquelle nous empruntons les passages suivants : 

Le Congrès siégera dans l'hôtel de la Société céntrale d’Horticulture, 
rue de Grenelle, 84, à Paris. La commission d’organisation a inscrit au 
programme les questions suivantes : 

Borawique. Partie théorique : 1° Physiologie de la racine. — 2° Questions 
de la gymnospermie. État actuel de la science à cet égard. — 5° De la 
fécondation dans les Hyménomycètes et Ascomycètes. — Partie pratique : 
4° Organisation des laboratoires de Botanique et de Physiologie végétale. 
Décrire ce qui existe de mieux en ce genre dans les différents pays et 


(56) 


exposer quelle devrait être l’organisation d’un laboratoire modele, — 
20 Examen comparatif du mode d’installation des grandes collections bota- 
niques de l’Europe. Indiquer les conditions que doit remplir un musée 
botanique aussi complet que possible (herbier, collection de bois, collec- 
tion carpologique, plantes fossiles, etc.). — 5° Différents modes de 
disposition, d’étiquetage et de classement des jardins botaniques. 

Présenter, s’il se peut, des plans à l’appui de ces trois communica- 
tions. 

Horricucrure. Partie théorique : 1° De l’influence que l’âge des graines 
peut avoir sur la plante qui en proviendra (plantes potagères et d’agré- 
ment). — 2 Des circonstances qui déterminent la production des plantes 
à fleurs doubles. — 5° De la production et de la fixation des variétés. — 
4 La théorie de van Mons pour la production des variétés de fruits est- 
elle fondée ? — Partie pratique : 1° Hortus Europæus (suite de l’examen 
de la question). — 2 Des plantes difficiles à cultiver dans les jardins 
botaniques et des moyens d'assurer leur conservation. — 5° Signaler les 
exemplaires de végétaux ligneux remarquables par leur âge, leur taille, 
leur forme ou certaines particularités. — 4° Des engrais artificiels appli- 
qués aux plantes de serre et de plein air. 

La commission d'organisation n’entend du reste nullement limiter 
aux questions énoncées ci-dessus les sujets qui seront traités pendant le 
cours du congrès. Des séances spéciales seront consacrées aux commu- 
nications diverses que désireront faire les botanistes et horticulteurs qui 
se proposent d'assister à cette réunion. La commission aura le soin de 
publier à l’avance la liste des communications qu’on lui fera connaitre. 

Les personnes qui ne pourraient se rendre au Congrès et qui enverraient 
des mémoires d’une certaine longucur sont priées d’y joindre un résumé 
pour que la lecture puisse en être faite. 

Une exposition d’herbicrs ; d’ustensiles de toute nature servant à la pré- 
paration des plantes et à l’étude de la Botanique ; de plans de laboratoires, 
de musées et de jardins botaniques ; d’ouvrages, de planches et de dessins 
relatifs soit à l’étude ou à l’enseignement de la Botanique, soit à l’Horti- 
culture, aura lieu dans l’hôtel où se tiendra le Congrès. Vous êtes instam- 
ment prié de contribuer à cette exposition, pour la rendre aussi complète 
et aussi intéressante que possible. 

Les administrateurs de musées et les possesseurs de collections botaniques 
importantes sont spécialement invités à vouloir bien apporter avec eux, 
comme spécimen, et à exposer pendant le Congrès, un paquet de l’herbier 
qu'ils administrent, afin qu’on puisse comparer le mode de disposition des 


(57) 


principaux herbiers de l’Europe. Ces paquets seront l’objet d’une sur- 
veillance attentive et resteront à la disposition des personnes qui auront 
bien voulu les présenter. 

Les Sociétés qui s'occupent de Botanique ou d’Horticulture pourront 
déléguer un ou plusieurs de leurs membres pour les représenter au 
Congrès. 


— Notre confrère M. Godron a été élu correspondant de l’Académie des 
sciences de Paris, en remplacement de M. Lestiboudois. 

— La botanique française vient encore de faire une perte très-sensible 
en la personne de M. le Dr Weddell, de Poitiers, qui avait jadis coopéré à 
la première édition de la Flore des environs de Paris de MM. Cosson et 
Germain, publiée en 1842. En 1845, il partit pour l'Amérique méridionale 
avec l’expédition commandée par M. de Castelnau, et il rapporta du 
Brésil et du Pérou, surtout de la région des Andes, de très-riches maté- 
riaux, dont une partie fut publiée sous le titre de Chloris Andina. Deux 
volumes de ce magnifique ouvrage, malheureusement inachevé, parurent 
en 1855 et en 1857. M. Weddell a aussi publié un grand ouvrage sur 
l'Histoire naturelle des Quinquinas. On lui doit encore de bonnes mono- 
graphies des Urticées et des Podostémées. Enfin, dans ces derniers temps, 
il avait publié divers mémoires sur les Lichens. 

— M. Pancher, célèbre par son exploration botanique de la Nouvelle- 
Calédonie, est mort dans ce pays pendant le cours d’un second voyage. 

— ]l y a déjà longtemps que nous avions annoncé le voyage d’explora- 
tion aux iles Célèbes entrepris par M. le Dr de la Savinière (tome XIV, 
p. 100). L'absence de ses nouvelles n’était pas sans causer de l’inquiétude 
à ses amis. Nous apprenons enfin qu'après de nombreuses difficultés, il 
est parvenu à se fixer à Sûkür (Célèbes), où il fait des récoltes abondantes 
qui intéressent à la fois la botanique et la zoologie. Il a expédié récemment 
un important envoi au Muséum de Paris. 

— On annonce la mort de M. Emm. Le Maout, connu pour plusieurs 
excellents ouvrages élémentaires sur la botanique, et surtoutpour l’im- 
portant Traité général de Botanique, qu’il publia en 1868 avec M. Decaisne. 

— On annonce la publication d’un nouvel ouvrage de M. Baker intitulé : 
Flora of Mauritius and the Seychelles. 

— On connait le long et fructueux voyage que M. Beccari a fait dans la 
Malaisie et la Nouvelle-Guinée de 1865 à 1876. Le célèbre botaniste- 
voyageur annonce la publication des riches matériaux récoltés pendant 
son voyage, dans un ouvrage qui a pour titre: Maresia, raccolta di 


(58) 


osservazionti bolaniche intorno alle piante dell arcipelago Indo-Malese e 
Papuano. Le premier fascicule de cet ouvrage se compose de 96 pages 
de texte et 2 planches, et se vend 12 francs. Il est consacré à l’étude des 
Palmiers. 

— On annonce que l’importante Flora Cap ensis de Harvey et Sonder, 
dont 5 volumes ont paru de 1859 à 1865, va être continuée par M. Thiselton 
Dyer. 

— MM. Llanos et Vidal y Soler vont publier une nouvelle édition de la 
Flora de Filipinas de Blanco. Elle sera complétée à l’aide des matériaux 
inédits de Blanco, des manuscrits de Mercado et des découvertes fournies 
par les récentes explorations des Philippines. Elle formera 4 volumes 
in-folio avec 560 planches, et paraîtra par fascicules de 6 planches avec 
texte. L'édition avec planches coloriées coûtera 12,50 fr. le fascicule, et 
celle avec planches noires, 8 fr. le fascicule. 

— La dernière partie parue de l’Histoire des plantes de M. Baillon 
complète le 6e volume de cet important ouvrage. Elles traite des familles 
suivantes : Myrtacées, Hypéricacées, Clusiacées, Lythrariées, Onagrariées 
et Balanophorées. 

— Le Dictionnaire de Botanique du même auteur est arrivé à son 
6€ fascicule. 

— M. H. Vanderhaeghen nous à transmis récemment quelques pieds 
du Spiranthes spiralis C. Koch, pour lherbier du Jardin botanique de 
l'Etat. Notre confrère a observé cette plante en assez grande abondance 
dans une prairie sèche à St-Denis-Westrem, près de Gand. Jusqu'ici, 
dans toute la partie occidentale de la Belgique, on n’avait signalé cette 
rare Orchidée qu’à Lokeren. 

— L'impression du nouvel ouvrage de M. Crépin intitulé Guide du 
Botaniste en Belgique est très-avancée, et l’on annonce qu’il paraîtra 
dans quelques jours. Les souscriptions sont recues chez l'éditeur, 
M. Mayolez, place de l’Université, à Bruxelles, au prix de cinq francs 
l’exemplaire. 

— M. le Dr. Berggren, à l’Université de Lund (Suède), met en vente 
des plantes récoltées à la Nouvelle-Zélande pendant son voyage dans cette 
contrée en 1874 et 1875 : 1° Plantes phanérogames et Fougères, en 
collections de 100 à 500 espèces, toutes nommées, à 50 fr. la centurie ; 
2% Algues marines, en collections de 50 à 160 espèces, déterminées par 
J. Agardh, à 56 fr. 25 la centurie. Les Mousses seront également mises 
en vente dès qu’elles seront déterminées. 

— Dans une excursion faite récemment en Ardenne, M. Marchal a revu 


(59) 


en abondance le Rubus saxatilis à Ebly, près de Neufchateau, où il l'avait 
déjà observé il y a de longues années. 

— L'important ouvrage sur les Palmiers, de M. Oswald de Kerchove 
de Denterghem, que nous avons annoncé, tome XIV, p. 561, paraitra 
sous peu. Le titre exact que voici, en indique le plan : Les palmiers. 
Histoire iconographique, — Géographie, — Paléontologie, — Botanique, 
— Description, — Culture, — Emploi, elc., avec un Index général des 
noms et synonymes des espèces connues ; ouvrage orné de 200 vignelles el 
de 40 chromolithographies. 

— M. Lecoyer ayant été récemment à Londres étudier les Thalictrum 
des herbiers de Kew et du British Museum, y a observé plusieurs espèces 
nouvelles qu’il décrira dans le prochain numéro du Bulletin. 

— Notre Société a encore eu récemment à déplorer la perte d’un de ses 
membres associés. Philippe Parlatore, né à Palerne le 8 août 1816, est 
mort à Florence le 9 septembre dernier. Parmi les ouvrages de ce savant, 
nous citerons en première ligne sa Flora Italiana, commencée en 1848 et 
malheureusement restée inachevée. Dans le Prodromus de De Candolle, il 
a donné les importantes monographies des Conifères et des Gnétacées. 
Citons encore parmi les principaux mémoires qu’il a publiés, ceux sur les 
Papyrus, sur les espèces de Coton, sur l’anatomie de l’Androvanda, sa 
monographie des Fumaria, ete. Ce fut lui qui prit la plus grande part à 
l’organisation du Congrès botanique de Florence en 1874, et les Actes de 
ce Congrès furent publiés par ses soins. A cette occasion, il avait publié 
un intéressant ouvrage intitulé : Les collections botaniques du Musée 
royal de physique el d’histoire naturelle de Florence, au printemps de 1874. 
Les riches collections qu’il décrit dans ce travail, et principalement 
l’herbier, sont des créations dues presque exclusivement à son inces- 
sante activité. Espérons qu'il aura un successeur digne de lui pour 
continuer son œuvre. 





BIBLIOTHÉQUE. 


Hortus Botanicus Panormitanus, auctore A. Todaro, 
fase. VIII. 

De ontwikkeling onzer kennis aangaande de Flora van Ne- 
derland, door C.-A.-J.-A. Oudemans, part, 1 et 2, in 8° (De 
la part de l’auteur). 


(160) 

Diagnoses de Cucurbitacées nouvelles et observations sur les 
espèces critiques, par Alfred Cogniaux, 2° fascicule ; broch. 
in-8° avec 1 pl. (De la part de Pauteur). 

Revue des plantes nourricières des Ustilaginées ; — Zur 
Kenntniss der Entyloma-arten ; 2 broch. in-8° (De la part de 
l’auteur, M. A. Fischer de Waldheim). 

Systema Lridacearum, by J.-G. Baker; 1 vol. in-8°; — 
On the Sedums of the rupestre group, by J.-G. Baker ; 2 fe. 
(Dons de l’auteur). 

Synopsis Ruborum Germaniae, von D' W.-0. Focke ; 1 vol. 
in-8°, Brême, 1877 (De la part de l’auteur). 

Recherches sur les graines originaires des hautes latitudes, 
par A. Peterman ; broch. in-8° (Don de l’auteur). 

Les préférables parmi les meilleures poires et pommes, par 
V. Hage ; broch. in-8° (Don de l’auteur). 

Société de Botanique de Fraiïpont et Nessonvaux. Flore de 
Fraipont, Nessonvaux et leurs environs ; exploration par la 
Société sous la direction de M. Michel; Verviers, 1877; 
{ vol. in-18 (De la part de la Société). 


Sommaire des articles de botanique contenus dans les 
publications périodiques recues par la Societé. 
ALLEMAGNE. 

GiesseN. — Sechzehnter Bericht der Oberhessischen Gesell- 

schaft fur Natur-und Heilkunde. 


H. Hoffmann : Untersuchungen über Variation. — Fr. Lühn : Beitrag 
zur Kentniss der Samen der Ackerunkräuter. 


Graz. — Mittheilungen des naturwissenscha filichen Verei- 
nes für Steiermark, 1876. 
Leidgeb : Ueber verzweigte Moosporogonien ; — Ueber Zoopsis. 


Lerezic. — Botanische Zeitung, 1877, n°* 25 à 39. 


(61) 


Haberlandt : Ueber die Entstehung der Chlorophyllkôrner in den Keim- 
blättern von Phaseolus vulgaris. — O. Brefeld : Ueber die Entomophtho- 
reen und ihre Verwandten. — Schenk : Zur Kenntniss der Structurver- 
hältnisse fossiler Pflanzen ; — Zur Kenntniss des Baues der Früchte der 


Compositen und Labiaten. — Gobi: Ueber einen Wachsthummodus des 
Thallus der Phaeosporeen.— Behrens: Notiz zur Kenntniss der Gramineen- 
bluthe. — Celakovsky : Noch ein Wort in der Ovularfrage. — Reinke : 


Ein paar Bemerkungen über Scheitelwachsthum bei Dictyotaceen und 
Fucaceen. — V. de Borbas : De Iridibus nonnullis, praecipue Hungaricus. 
— Warnstorf : Zwei neue europäische Movsformen. — Harz : Ueber die 
Entstehung und Eigenschaften des Spergulins, eines neuen Fluorescenten. 
— Ascherson : Kleine phytographische Bemerkungen. — Gobi : Ueber 
einige Phacosporeen der Ostsee und des Finnischen Meerbusens. — Holle : 
Ueber den Vegetationspunkt der Dicotylen-Wurzeln. — Morgen : Ueber 
den Assimilationsprocess in der keimcnden Kresse (Lepidium sativum). — 
Drude : Ueber den Bau und die systematische Stellung der Gattung Car- 
ludovica ; — Ausgewählte Beispiele zur Erläuterung der Fruchthbildung bei 
den Palmen. 


Zwickau. — Jahresbericht des Vereins für Naturkunde, 
1876. 


Von Schlechtendal : Verzeichniss der Pflanzen-Abnormitäten meiner 
Sammlung. — Artzt : Nachtrag zur Phanerogamen-Flora des Sächs. Voigt- 
landes. 


ANGLETERRE. : 


Loxores. — The Journal of Botany, edited by H. Trimen; 
1877, juin-octobre. 


Smith : À new species of Æerotus. — Baker : New Ferns from the 
Andes of Quito. — Bennett : Review of the British species and subspecies 
of Polygala. — Holmes : The cryplogamic Flora of Kent. — Leicester 
Warren : Notes on some Sussex plants. — Hance : On Sportella, a new 
genus of Rosaceae. — Polakowsky : Bryophytas et Cormophytas Costari- 
censes anno 1875 lectas enumerat. — Prior : On Bobart’s green Scrophu- 
laria; — On Carum Bulbocastanum in Buckinghamshire; — Buxrus 
sempervirens in Buckinghamshire, — Botanical nomenclature. — Trimen : 
Lavatera sylvestris in Britain. — Baker: On the Brasilian species of 
Alstromeria, — Jennan : Supplement to the Jamaican Ferns recorded in 


(62 ) 


Grisebach’s Flora of the British west Indies. — Hance : Supplementary 
note on intoxicating Grasses ; — Thorelia, genus plantarum novum. — 
F. von Mueller : List of the plants obtained during Mr. C. Giles’s travels in 
Australia in 1874 and 1875. — Le M. Moore : Alabastra diversa. — Hance : 
On a new species of Colorhabdos. — Murray : On the nature of the 
spermatia. — Short notes. 


— The Montly Microscopical Journal ; n° 103 à 106. 


P. Petit : An essay on the Classification of the Diatomaceae ; translated 
by Kitton. — Gulliver : List of Plants which afford Raphides, Sphaera- 
phides, Long crystal prisms and short prismatic crystals. — Kitton : New 
Diatoms from Honduras. 


BELGIQUE. 


BRuxELLES. — Bulletin de l’Académie royale des sciences, 
des lettres et des Beaux-Arts de Belgique ; tome 42. 

Rapports de MM. Malaise et Crépin sur un mémoire de MM. le comte 
de Saporta et le docteur Marion, intitulé : Révision de la flore heersienne 
de Gelinden. 

— Mémoires couronnés et autres mémoires publiés par 
l’Académie royale de Belgique ; collection in-8°, tome XXVII. 

A. Cogniaux : Diagnoses de Cucurbitacées nouvelles et observations sur 
les espèces critiques ; {er fascicule. 


DANEMARK. 


CopEnuaGue. — Botanisk Tidsskrift. Journal de botanique 
publié par la Société de botanique de Copenhaque ; 3° série, 
Aer vol. 5° et 4° cahiers. 


Petersen : Om barkens bygning ag staengelens overgang fra primaer 
til sekundaer vaekst hos Labiaterne. — Gronlund : Bidrag til oplysning 
om graesfrugtens bygning hos forskellige slaegter og arten. 

Résumé français. — Lange : Souvenirs de l’ancien Jardin botanique 
de Copenhague. — W arming : Sur un Gonium à 4 cellules. — Petersen : 
Sur la structure de l'écorce et sur le passage de la croissance primaire 
de la tige à la croissance secondaire chez les Labiées. — Gronlund : Sur 
la structure du carvopse chez divers genres et espèces de Graminées. 


(65 ) 
FRANCE. 


Borpraux. —Actes de la Société Linnéenne; XXXI, n° 5 et 4. 


Debaux : Contributions à la Flore de la Chine (suite). — Montagne et 
Durieu de Maisonneuve : Diagnose et description du Lenzites Warnieri. 


Lyon. — Annales de la Société botanique; 4° année, n° 2. 


Magnin : Étude sur les Lichens de la vallée de l’Ubaye (Basses-Alpes). 
— Saint-Lager : Influence chimique du sol sur les plantes ; — Végéta- 
tion du Valais. — Sargnon, Debat, Vivian-Morel et Saint-Lager : Sur les 
plantes carnivores. — Debat : Mousses de Grenoble et de Chamonix. — 
Magnin : Végétation du rebord méridional du plateau de la Dombes. — 
Vivian-Morel : Causes de la virescence ; expériences sur un Rosier. — 
Cusin : Sur les Trèfles de la section Chronosenium. — Boullu : Sur l’Arum 
muscivorum considéré comme plante carnivore. — Catalogue de la Flore 
du bassin du Rhône, 4e partie. 


MonrTrELLiER. — Revue des Sciences naturelles ; tome VI, 
1 LENS LA A 


Guinard : Des Diatomées ; quelques mots en faveur de cette étude. — 
Godron : Examen des feuilles cotylédonaires des £rodium. — Barthélemy : 
Expériences sur la sève descendante. — Revüe des travaux botaniques 
français et hollandais. 


Paris. — Bulletin de la Société botanique de France ; tome 
XXIV, n°1. 


Malinvaud : Note sur le docteur F. Schultz. — Petit : Liste des Desmi- 
diées observées dans les environs de Paris. — Verlot : Liste des plantes en 
fleurs en pleine terre à l’École de botanique du Muséum d'histoire naturelle 
le 12 janvier 1877. — Vilmorin : Liste des plantes en fleurs en pleine 


terre, à Verrières, près de Paris, au 7 janvier 1877. — Cornu : Sur la 
récolte de quelques champignons hypogés. — Dubalen : Plantes nouvelle- 
ment apparues dans le Sud-Ouest; leur extension. — D’Arbaumont : 


Observations sur les stomates et les lenticelles du Cissus quinquefolia. — 
Cauvet : Sur l'écorce de racine de Grenadier du commerce. — Poisson : 
Sur deux nouvelles plantes-piéges. — Petit : Liste des Diatomées observées 
dans les environs de Paris. — Guitteau : Additions à la flore de la Vienne. 
— E. Fries : Commentarius in ecl. L. Queletii dissertationem : « Sur la 
classification et la nomenclature des Hyméniés, » — Quélet : Remarques sur 


(64) 


le commentaire précédent. — Duchartre : Note sur les bourgeons axil- 
laires de Begonia. — Van Tieghem : Sur le développement de quelques 
Ascomycètes. — Mer : Recherches sur les causes des colorations diverses 
qui apparaissent dans les plantes en automne et en hiver. — Bonnet : 
Note sur les Ephedra de la flore française. — Mer : De l’influence des 
champignons parasites sur la production de la matière amylacée dans les 
feuilles. — Van Tieghem : Sur le Bacillus amylobacter et son rôle dans la 


putréfaction des tissus végétaux. — Flahault : Sur les rapports de la 
radicule avec la tigelle dans l’embryon des Phanérogames. — Békétoff : 
Sur quelques monstruosités de la Chicorée. — Duval-Jouve : Étude 


histotaxique des eladodes du Ruscus aculeatus. 
— Feuille des Jeunes Naturalistes ; 7° année, n°° 75 à 84. 


Rabattel : Une course botanique de Villarzel à Surpierre (Suisse). — 
Thiviart : Précis sur la flore du val de Cleurie. — Briard : Note sur le 
Carum divaricatum Koch. — Olivier : Excursion botanique à la Grande- 
Trappe (Orne). — Tillet : Excursions botaniques en Dauphiné. — Femi- 
nier : Un cas de tératologie végétale. — Mabille : Excursions botaniques en 
Corse. — Th. Durand : Coup d’œil sur la végétation de la vallée de la 
Vesdre, entre Chaudfontaine et les Mazures (Liége). — Letacq : Courses 
botaniques aux environs de Séez (Orne). 


Rouen. — Bulletin de la Société des amis des sciences 
naturelles ; 12° année, 2° semestre. 


Le Breton : De la présence du Torrubia capitata sur l’Elaphomyces 
variegatus. — Letendre : Note sur quelques plantes nouvellement obser- 
vées dans le département. — Le Breton : Note sur les Elaphomyces et le 
Torrubia ophioglossoides. 


ITALIE. 


Pise. — Nuovo Giornale botanico Italiano ; IX, n°° 2 à 4. 


Caruel : Saggio di un prospetto storico della botanica. — Caruel e 
Mori : Esperimenti sull’ assortimento dell’ acqua per le foglie. — Mori : 
Sulla strutura delle foglie delle Ericacae. — Caruel : Su di un modo sin- 
golare di comportarsi delle zoospore di una Cladophora. — Pedicino : 
Qualche notizia del Polyporus Inzengae.. — Fischer de Waldheim : 
Notice sur une nouvelle Ustilaginée. — Godet : Rosa nova italica, — 
Arcangeli : Ancora sopra la Medicago Bonarotiana. — Andres : La teoria 


(65 ) 

dell” incapsulamento del guscio delle Diatomee ed i recenti studi sulla 
natura del contenuto delle medesine. — Jatta : Ricordo botanico del Gran 
Sasso d'Italia. — Bagnis : Funghi raccolti della spedizione della Societa 
geografica italiana in Tunisia. — Arcangeli : Di nuovo ‘sulla questione dei 
gonidi. — Passerini : Funghi Parmensi (continuazione). — Piccone : La 
colezione del Prof. Sassi e l’erbario del Linceo di Genova. — Beccari : 
Sul nuovo genere Scorodocarpus e sul genere ÆXimenia della famiglia 
delle Olacineae. — Caruel : Divisiones plantarum. — Rigo : Relazione 
botanica del viaggio eseguito da Porta e Rigo nelle provincie meridionali 
d’Italia. 


LUXEMBOURG. 
LuxEmBOuRG. — Recueil des mémoires et des travaux 


publiés par la Société botanique du grand-duché de Luxem- 
bourg; n°° 2-5. 


Aschman : Rapport sur l’herborisation de la Société royale de botanique 
de Belgique en 1874. — Koltz : Le jardin botanique de Luxembourg. — 


Aschman : Les plantes insectivores. — Koltz : Plantes phanérogames 
découvertes dans le grand-duché de Luxembourg depuis la publication de 
la Flore luxembourgeoise de Tinant. — Aschman : Herborisation aux 


environs de Wilwerwiltz. — Rosbach : Ein Ausflug nach der Nussbaumer 
Haardt. — Koltz : Guide du botaniste dans ses recherches des plantes 
rares ou peu répandues du grand-duché de Luxembourg. — Die drei 
Eichen im Flaachebour bei Rümlingen. — Koltz : Exoascus Pruni, 
champignon auquel on attribue la déformation des’ prunelles, — Mélanges. 


RUSSIE. 


Moscou. — Bulletin de la Société impériale des natura- 
hstes ; 1876, n° 4; 1877, n° 1. 

Koschewnikoff : Beiträge zur Flora des Tambowschen Gouvernements. 
— A. Regel : Beitrag zur Geschichte des Schierlings und Wasserschier- 
lings; — Reisebriefe an die Moskauer Naturforschende Gesellschaft, — 
Von Thümen : Beiträge zur Pilz-Flora Sibiriens. 


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BULLETIN 


SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 


DE BELGIQUE. 


Séance extraordinaire tenue à l’Hotel de ville de Mons, 


le 25 juin 1877. 


(Extrait du procès-verbal.) 


M. B.-C. Do Mortier, président. 

M. F. Crépin, secrétaire général. 

Sont présents : MM. Ch. Baguet, L. Bodsun, L. Coo- 
mans, P. Daron, Osc. Hecking, Houzeau de Lehaye, Mau- 
bert, E. Petit, P. Schamberger, H. Vanden Broeck, 
H. Vanderhaeghe, A. Wesmael, A. Willemart, membres 
de la Société. 

Un grand nombre de personnes de la ville et des 
environs, parmi lesquelles on distingue surtout des ingé- 


nieurs des mines et des directeurs de charbonnages, 
assistent à la séance. 


(68 ) 


M. Du Mortier, président, ouvre la séance par une allo- 
cution dans laquelle 1! eite les hommes de science qui ont 
honoré la province par leurs recherches et leurs travaux. 
L'orateur, qui est lui-même un enfant du Hainaut, se 
plait à rappeler le souvenir des botanistes qui ont étudié 
la flore de la province, dont les richesses végétales font 
actuellement l'objet de nos études. 

Ce discours est vivement acelamé, et les applaudisse- 
ments prolongés témoignent, à notre vénérable Président, 
l'estime qu'on à pour lui dans une province qu'il a illus- 
trée par d'importants travaux scientifiques. 


— 


Le Secrétaire général donne lecture du procès-verbal 
de la séance du 6 mai 1876. Ce procès-verbal est adopté. 
Il fait ensuite l'analyse de la correspondance. 


Le Président accorde la parole à M. F. Crépin pour lire 
un discours sur l'utilité des études de paléontologie végé- 
tale pour l'exploitation des mines de houille. 


Les travaux suivants sont présentés pour être soumis à 
l'examen de commissaires : 

Les études de M. Grand'Eury sur la flore carbonifere, 
par M. F. Crépin. (Sont nommés commissaires : MM. J.-E. 
Bommer, É. Marchal et C. Delogne.) 

PrimiTiaE MoNoGRaPHiAE Rosarum. — Matériaux pour servir 
à l’Histoire des Roses, par M. F. Crépin (5° fascicule). 
(Mêmes commissaires que pour les fascicules précédents.) 

Note sur quelques plantes nouvelles ou rares pour la flore 


( 69 ) 


liégeoise, par M. Th. Durand. (Sont nommés commissaires : 
MM. Ë. Marchal, C. Delogne et C. Lecoyer.) 

Le membre effectif suivant a été admis par le Conseil 
et son admission est ratifiée par l'assemblée : 

M. Willemart (A.), à Élouges; présenté par MM. A. 
Wesmael et Houzeau de Lehaye. 


La séance est levée à 8 heures 40 minutes du soir. 


COMMUNICATIONS ET LECTURES. 


Les études de M. Grand’Eury sur la flore carbonifère, 
par François Crépin. 


Ces dernières années ont vu les études de paléontologie 
végétale suivre une marche ascendante vraiment extraor- 
dinaire. 

De 1820 jusque vers 1840, Sternberg, Brongniart, 
Lindley et Hutton publient des travaux extrêmement re- 
marquables qui font sortir la -paléophytologie de sa phase 
embryonnaire. C'est la flore houillère qui occupe surtout 
ces savants. Le vénérable professeur Güppert poursuit ses 
recherches de 1856 jusque vers 1850. Viennent ensuite, 
Unger, Gutbier et von Ettingshausen. 

À parur de 1850 et pendant dix ou douze ans, on 
voit, en Allemagne, paraitre les travaux de Geinitz, 
Goldenberg et Debey; en Italie, ceux de Massalongo, de 
A. de Zigno, etc. Pendant cette période, c’est surtout 


l'Allemagne qui cultive avec le plus d’ardeur la botanique 
fossile. 


(70 ) 


De 1860 à nos jours, ce même pays continue à produire 
des travaux abondants, parmi lesquels je ceiterai ceux de 
MM. Schenk, von Rôhl, Weiss, Andrä, Stur et Feistman- 
tel. L’Angleterre ne reste pas en arrière et se fait suriout 
connaitre par les travaux de MM. Williamson, Carruthers 
et Binney. La Suisse peut s'enorgueillir d’un savant de 
premier ordre, M. Oswald Heer. L'Amérique compte 
deux paléontologistes de grand mérite : MM. Dawson et 
Lesquereux. La France, qui semblait avoir perdu de 
vue ces études si importantes, se réveille et l’on voit 
deux paléontologistes de grand talent y publier des 
travaux extrêémement remarquables : j'entends parler de 
MM. Schimper et G. de Saporta. A ceux-ci, viennent de 
s'associer tout récemment MM. Renault et Grand’ Eury, 
qui sont les élèves et, en quelque sorte, les successeurs 
de l’illustre Ad. Brongniart. 

Je me propose de faire prochainement l'analyse des 
beaux travaux de M. Renault ; aujourd'hui, je vais tenter 
de résumer succinctement les magnifiques découvertes 
que M. Grand'Eury a exposées dans sa Flore carboni- 
fère (1), ouvrage que l’Institut de France vient de publier 
dans la collection de ses mémoires. 

Avant de commencer mon analyse, Je dois prévenir le 
lecteur que M. Grand'Eury s'occupe de botanique fossile 
depuis près de quinze ans; qu'il s'est trouvé à Saint- 
Étienne dans des conditions extrémement favorables pour 





(1) Flore carbonifère du dépurtement de la Loire et du centre de la 
France, par F. Cyrille Grand’Eury, ingénieur à Saint-Étienne. Paris, 
1877, | volume in-4° de 624 pages, avec un atlas in-4° renfermant une 
carte géologique, 54 planches et # grands tableaux de végétation. 


GE) 

ses études, puisque, étant ingénieur, il a pu examiner en 
place, in situ, les objets qu'il décrit; qu'il a recu les con- 
seils d’un maitre éprouvé, le regretté Ad. Brongniart et 
qu'il a pu profiter de l’aide de son ami M. Renault, 
l'habile paléontologiste du Muséum. M. Grand'Eury a, en 
outre, étudié avec le plus grand soin la littérature seien- 
tifique qui se rapporte aux terrains carbonifères et a fait 
plusieurs voyages à l'étranger pour visiter les Musées et 
les mines de houille. 

L'auteur divise son mémoire en deux parties : l’une 
botanique, l’autre géologique. Je suivrai cette division 
dans la revue analytique de l'ouvrage. 


Première partie. — Botanique, 


Dans un tableau général qui termine la première 
partie, voici comment l’auteur classe les plantes fossiles 
qu'il décrit : 

I. — THALLOPHYTA. 
CLass. FÜUNGTI. 
I. — CORMOPHYTA. 
PLANTAE VASCULARES CRYPTOGAMAE. 
CLass. CALAMARIAE Endl. 


Gen. Calamites Suck. Gen. Annularia Brongn. 
— (Asterophyllites Brongn., Cala- — Equisetites Stern. 
mophyilites Gr., Endocalami- — Sphenophyllum Brongn. 


tes Gr., Volkmannia Stern.) 


CLass. FILICACEAE. 


Circuuscripr. HETEROPTERIDES. 


Sphenopteris Brongn. Phthoropteris Corda. 
Rhachiopteris Corda. 


(07240 


SuBram. Pecopteridene. 


Pecopteris Brongn. Megaphytum Art. 
Pecopteris-nevropteroides Brongn. | Caulopteris Lindl. et Hutt. 
Goniopteris Presl. | Ptychopteris Corda. 
Spiropteris Schimp. Psaroniocaulon Gr. 
Stipitopteris Gr. Psaronius Cotta. 


SugrAn. Nevropteridenae. 


SECTIO Alethopterides. 
Gen. Alethopteris Stern. | Gen. Callipteridium Weiss. 


SEcTIO Nevropterides. 


Gen. Odontopteris Brongn. Gen. Dictyopteris Gutb. 
Subgen.  Odontopteris-mixoneura — Taeniopteris Brongn. 
Weiss. Aulacopteris Gr. 
Gen. Nevropteris Brongn. Medullosa Cotta. 
DOLEROPTERIDEAE. 
Gen. Doleropteris Gr. Schizostachys Gr. 
— Schizopteris Brongn. Botryopteris Renault. 


Czass. SELAGINEAE End. 
Gen. Lycopodites Gold. 


Fam. LEPIDODENDREAE. 


Gen. Lepidodendron Stern. | Knorria Stern. 
—  Lepidophloyos Stern. Gen. Halonia Lindi. et Hutt. 
— Pseudosigillaria Gr. — Lepidostrobus Brongn. 





(75) 


PLANTAE PHANEROGAMAE. 


DICOTYLEDONES GYMNOSPERMAE. 
Oro SIGILLARINAE Brongn. 


Sigillariae. 


Gen. Sigillaria Brongn. Flegmingites Carr. 
Sigillariophyllum Gr. Sigillariocarpus ? 


Sigillariocladus Gr. Gen. Syringodendron Stern. 





Sigillariostrobus Schimp. 
Stigmariae. 
Gen. Stigmaria Brongn. | Gen. Stigmariopsis Gr. 
Fructus seminave. 
PoLY&GoNocaRPI. 


Gen. Trigonocarpus Brongn. Codonospermum Brongn. 
Musocarpus prismalicus Brongn. 


POLYPTEROCARPI. 
Tripterospermum Brongn. | Polylophospermum Brongn., etc. 


Cauwp. AMB. NOEGGERATHIAE. 
Gen. Noeggerathia Stern. | Rhabdocarpus G. et B. 
Pachytesta Brongn. 


Oro CORDAITEAE. 


Cordaites Ung. Cordaicladus Gr. 
Dory-Cordaites Gr. Artisia Stern. 
Botryoconus et Samaropsis Gôpp. Cordaifloyos Gr. 
Eu-Cordaites Gr. Cordaixylon Gr. 
Poa-Cordaites Gr. Dadoxylon Endl. 
Cordaianthus Gr. Dicranophyllum Gr. 
Cordaicarpus Gr. Walchia Stern. 


Fam. CALAMODENDREAE. 


Gen. Arthropitus Gôpp. Bryon Gr. 
— Calamodendron Brongn. Stephanospermum Brongn. 
Allo-Asterophyllites Gr. 


(274) 


L'ordre que nous trace l’auteur est suivi dans l’ana- 
lyse suivante. 

On peut laisser de côté les Thallophytes qui ne sont 
représentés que par deux Champignons : Excipulites punc- 
latus Gr. et Hysteriles Cordaitis Gr. 


Plantes cryptogames vasculaires, 


I — CALAMARIÉES. 


Le terrain houiller renferme de nombreux débris de 
plantes dont les axes sont articulés comme nos Prèles, 
plus ou moins profondément striés en long ou sillonnés, 
les uns sans trace d'organes appendiculaires, les autres 
munis de feuilles verticillées à chacune de leurs articula- 
tions. Le nom de Calamites à été communément donné à 
ceux de ces axes qui sont dépourvus d'organes appendieu- 
laires; celui d’Asterophyllites ou d’Equisetites, à ceux qui 
sont munis de feuilles étroites et plus ou moins dressées, 
et enfin ceux d'Annularia et de Sphenophyllum aux axes 
pourvus de verticilles foliaires plus où moins étalés, à 
feuilles élargies, elliptiques ou obovales. 

Dans ces derniers temps, des auteurs éminents, MM. von 
Ettingshausen, Schimper et Williamson, ont considéré les 
Asterophyllites comme les rameaux feuillés des Calamites ; 
de là, le nom de Calamocladus donné à ces rameaux. 

M. Grand'Eury ne partage pas cette opinion et considère 
les Calamites comme indépendants des Asterophyllites. 1 
base sa manière de voir sur ce que les Calamites ne se 
trouvent pas d'ordinaire mélés aux Asterophylliles, et sur 
ce que les axes calamitoïdes qui, selon lui, ont donné 
naissance aux Asterophyllites, sont fort différents des vrais 
Calamites. 


C7 +) 

D'après M. Grand'Eury, les vrais Calamites ont été des 
plantes herbacées, à tiges articulées, fistuleuses, simples ou 
peu ramifiées, privées complètement d'organes appendicu- 
laires, s’effilant vers leurs extrémités, où leurs articulations 
ne sont pas raccourcies comme dans les Asterophyllites. 

Les tubercules qui se trouvent souvent au sommet des 
côtes ne seraient pas des cicatrices de feuilles, mais 
peut-être les premiers rudiments d’une gaine avortée; ceux 
qui se trouvent parfois à la base des côtes pourraient avoir 
été les rudiments de racines adventives. | 

Dans les Calamites, les tiges s'insèrent sur les rhizomes 
par une base amineie; les rameaux, d'ordinaire, ont une 
base également amincie. 

Quant aux fructifications des Calamites, M. Grand’ Eury 
est assez porté à les reconnaître dans de petits chatons 
très-délicats. Ceux-ci tiennent souvent encore à des 
rameaux articulés sans feuilles; 1ls paraissent dépourvus de 
braetées. Ges chatons ou épis seraient donc, pour l’auteur, 
de vrais Calamostachys ; tandis que les anciens Calamosta- 
chys (Schimp.) appartenant aux Asterophyllites, devraient 
recevoir un autre nom. è 

Dans les forèts fossiles de Saint-Étienne, on voit les 
Calamites debout, implantés normalement aux strates, 
traversant des supperpositions de grès schisteux et parais- 
sant s'être tout particulièrement plu dans la vase sableuse, 
car ils ne sont jamais plus forts ni plus puissants que dans 
les grès. On remarque aisément, ajoute l’auteur, qu’ils 
se développaient le pied dans l’eau en action sédimen- 
taire, et qu'ils s'accommodaient de l’exhaussement conti- 
nuel du sol en donnant des jets de plus en plus élévés, 
tout en paraissant avoir conservé une certaine tendance à 
s'enraciner profondément. 


(76) 

Sous le rapport des mœurs et du développement, aussi 
bien que des formes les plus importantes de la tige, les 
Calamiles montrent une si grande somme de ressem- 
blances avec les Equisetum, que, selon l’auteur, on doit 
les considérer comme de proches parents. 

M. Grand'Eury croit que les côtes et les sillons qui les 
séparent, combinés avec la manière d’être des articula- 
tions, les tubercules expectants et les cicatrices raméales, 
peuvent offrir d'excellents caractères distinetifs pour la 
délimitation des espèces. Il admet les types suivants : 
Calamites Suckowii Brongn., C. Cistii Brongn., C. ramo- 
sus Artis, C. cannaeformis Schlot. Les espèces impar- 
faitement connues ou douteuses sont : les C. major Weiss, 
C. gigas Brongn., C. pachyderma? Brongn., C. anceps Gr. 

Passons maintenant aux Asterophyllites. 

M. Grand'Eury a créé le genre Calamophyllites pour 
les tiges qui ont porté des Asterophyllites. Ces tiges ne 
présentent pas la simplicité de forme et de composition 
des Calamites. Ordinairement moins grosses que celles 
des Calamites, ces tiges sont lisses, articulées à plus 
courts intervalles, garnies encore de longues feuilles 
libres, rigides, dressées, ou marquées de leurs eicatrieules 
persistantes, rondes ou transversalement elliptiques, bien 
différentes des tubercules terminant les côtes des Cala- 
miles. Ces tiges sont, en outre, décorées de grosses cica- 
trices discoïdales, disposées en  verticilles périodique- 
ment renouvelés, situées au-dessus de larticulation et 
dénotant des branches axillaires d’A sterophyllites. Il faut, 
de plus, remarquer que les articles où se trouvent les 
cicatrices raméales sont notablement plus courts que les 
autres, que la longueur des entre-nœuds varie périodique- 
ment d’un verticille de rameaux au suivant, et que les 


(77 


tiges ne s'eflilent pas vers le sommet, comme dans les 
Calamites. 

M. Grand'Eury a constaté à l'intérieur des Calamo- 
phyllites l'existence d'un moule calamitoïde ayant plus ou 
moins la forme du Calamiles approximatus, du €. infractus 
et aussi des €. varians et C. cannaeformis. 

Les Asferophyllites, qui seraient les branches des 
Calamophyllites, sont des axes simples ou ramifiés, une 
seule fois d'ordinaire, toujours dans un mème plan, avec 
feuilles relevées, disposées en verticille. 

Les épis fructifères connus sous le nom de Volkmannia 
appartiendraient aux  Asterophyllites. Leur diversité 
dénote plusieurs genres et des genres peut-être assez diffé- 
rents et, en tous Cas, assez nombreux en espèces. 

Selon M. Grand'Eury, les Asterophyllites auraient eu 
des tiges faibles, quelques-unes fléchissant sous le poids 
des branches terminales et retombant peut-être plus ou 
moins, à la manière des Rotangs; ces tiges produisaient, à 
chaque reprise de végétation, des verticilles de rameaux, 
qui, par suite sans doute d'une poussée terminale pré- 
pondérante, étaient vite cadues et laissaient, à intervalles 
égaux assez rapprochés, des anneaux de disque d’inser- 
tion. Certaines espèces, incapables de fermeté et de tenue, 
restaient à l'état de plantes presque aussi herbacées que 
les Annularia. L'auteur ne connait pas le système radicu- 
laire de ces plantes. 

Trois espèces distinctes sont décrites ; ce sont : 


Calumophyllites longifolius (lige), Asterophyllites equisetiformis (ra- 
meaux). 

Calamophyllites communis (tige), Aslerophyllites hippuroides Brongn. 
(rameaux), Volkamanniu gracilis (épis). 

Calamophyllites ingens (tige). 


(78) 


Quant aux Annularia, qui paraissent avoir été des 
plantes aquatiques flottantes et nageantes, l’auteur croit 
qu'ils constituent un groupe hétérogène. Suivant lui, les 
épis d’Annularia étant conformes à ceux de beaucoup 
d'Asterophyllites, 1 pense qu'il faut considérer ces deux 
sortes de plantes comme formant un groupe naturel, une 
famille détruite de grande importance. 

Il décrit les espèces suivantes : 

Annularia minuta Brongn. 
Annularia sphenophylloides Zenker, ayant pour épis le Folkmannia 
pseudosessilis. 


Annularia longifolia Brongn., ayant pour épis le Bruckmannia 
tuberculata Stern. 


Avant d'arriver aux Sphenophyllum, M. Grand'Eury 
décrit l'Equisetites (einitzit, dont il ne connait que la 
tige. Celle-ci devait ètre entourée de véritables gaines, 
plus où moins semblables à celles des Equisetum. Le 
noyau calamitoïde de cette tige représenterait le Calamites 
approximatus Stern. 

Pour M. Grand’Eury, les Sphenophyllum constituent 
un genre autonome. Ge sont des plantes herbacées, à tiges 
noueuses, avec feuilles verticillées, semblables en cela 
aux Asterophyllites, mais bien différentes : 1° par des 
sillons non alternants ; 2° par des feuilles minces, planes, 
cunéiformes, obtriangulaires, plus ou moins profondément 
dentées, émarginées, lobées, avec nervures égales aussi 
nettes et aussi bien bifurquées que dans les Fougères. Le 
nombre des feuilles dans chaque verticille est un multiple 
de 5 et peut être de 6, 9, 12 et sans doute aussi de 18. 
Les Sphenophyllum forment deux séries d'espèces : l’une 
où les verticilles se composent toujours de six feuilles 
biséquées, ayant deux nervures radicales et naissant de 


@:79) ) 


ges largement sillonnées; l’autre où les feuilles, en 
nombre variable des tiges aux branches, ont une seule 
nervure radicale et correspondent sur la tige à autant de 
petites côtes. 

Les épis des Sphenophyllum, au lieu d’avoir leurs spo- 
ranges naissant de l'axe comme dans les Annularia et les 
A sterophyllites, seraient épiphylles comme dans les Lyco- 
podium. Cette différence, combinée avec la structure sin- 
gulière de leurs petites tiges, éloigne les Sphenophyllum 
des Annularia et des Asterophyllites. 

Les Sphenophyllum, suivant le milieu, pouvaient être 
tout ensemble, des plantes aquatiques, flottantes, nageantes 
et aériennes. 

M. Grand'Eury distingue les espèces suivantes : 


Sphenophyllum Schlotheimii Brongn. | Sphenophyllum  saxifragaefolium 
Subspecies truncatum Schimp. Stern. 
— angustifolium Germ. — oblongifolium Germ. 
Subspecies bifidum. — majus Brongn. 
— emarginaltum Brongn. —- Thonnii Mahr. 


Il. — FILICACÉES. 


Jusqu'à présent, malgré une foule de tentatives, la 
classification des Fougères fossiles était restée plus ou 
moins artificielle. Cela a tenu à ce qu'on n'avait générale- 
ment pu jusqu ici s'appuyer que sur les caractères tirés 
de la découpure des frondes et de la nervation. C’est 
d'après ces caractères que les Fougères fossiles sont 
encore classées dans le Traité classique de M. Schimper. 
Ici, nécessité faisant loi, 1l fallait bien se contenter des 
caractères offerts par les restes fossiles découverts. Les 
auteurs ne se dissimulaient pas le défaut de leur classi- 


( 80 ) 


fication ; ils savaient que les mêmes modes de découpures 
et de nervation peuvent se présenter dans les divers 
groupes de Fougères vivantes et qu’en basant uniquement 
la distinction des groupes fossiles sur les formes des 
découpures et le mode de nervation des frondes, ces 
groupes devaient être plus ou moins hétérogènes. 

Grâce aux gisements de végétaux silicifiés d’Autun et de 
Grand'Croix, M. Grand'Eury croit être parvenu au clas- 
sement naturel de la plus grande masse des Fougères du 
terrain houiller supérieur. 

Cet auteur distribue actuellement tous les débris de 
Fougères fossiles en trois grands cadres ou tribus, savoir : 
1° le cadre des Hétéroptérides ou des Fougères diverses, 
comprenant comme frondes les Sphenopteris en général, 
quelques Pecopteris herbacés, et comme souche et pétioles 
les Tubicaulis, les Rhachiopteris, ete. ; 2° la tribu des 
Pécoptéridées arborescentes, comprenant comme frondes 
les Pecopteris proprement dits, et comme tiges les Caulo- 
pteris, Psaronius, ete.; 5° la tribu des Névroptéridées, com- 
prenant les Alethopteris, Callipteris, Odontopteris, Nevro- 
pteris, ete. comme frondes, les Aulacopteris comme supports 
de ces frondes et les Medullosa comme structure de ces 
supports. 


À) Cadre des Hétéroptérides. 


M. Grand'Eury range dans les Hétéroptérides toutes les 
Fougères herbacées et frutescentes dont les frondes, géné- 
ralement sphénoptéroïdes, comprennent cependant des 
formes pécoptéroïides, ce qui l’a empêché de conserver le 
terme de Sphénoptéridées. Ces Fougères étant rares et 
peu variées à Saint-Étienne et leur fructification peu 


(81) 


connue, l’auteur en est réduit à les classer d’après la 
forme et la nervation. 

La classification au point de vue strictement taxino- 
mique n'est qu'à l’état d'ébauche, sans distinction de 
vrais genres. Elle est reproduite ci-dessous telle que 
la donne M. Grand'Eury. 


SPHENOPTERIS (Brongn.). 


Les Sphenopteris, caractérisés en général par des pin- 
nules rétrécies à la base, découpées en lobes décroissants 
et divergents, par des nervures étalées, pinnées et très- 
obliques, sont de formes très-diverses, qui motivent 
plusieurs subdivisions. 


SPHENOPTERIS-ARTEMISAEFOLIA Stern. 
SPHENOPTERIS-TRICHOMANOIDES GÔpp. 

Sp. filifera Stur. 

— Goepperti Etting. 

SPHENOPTERIS-DAVALLIOIDES GÔpp. 

Sph. elegans Brongn. 
SPHENOPTERIS-DICKSONIOIDES Güpp. 

Sph. Gravenhorstii Brongn. 
SPHENOPTERIS-CHEILANTOIDES Güpp. 
SPHENOPTERIS-ANEIMIOIDES SChimp. 
PECOPTERIS-SPHENOPTEROIDES Brongn. 


Brongniart avait séparé, sous le nom de Pecopteris, des 
formes intermédiaires entre les Pecopteris et les Spheno- 
pleris, telles que le Pecopt. cristata et autres espèces, 
qu'il est avantageux pour la classification de séparer en 
général des Sphenopteris et qu'il peut être utile de sous- 
grouper de la manière suivante : 

PECOPTERIS-DICKSONIOIDES. 


P. cristala Brongn. 
P. leptopteroides Gr. 


(NOT) 
PECOPTERIS-ANEIMIOILES. 
er type, P. subnervosa Gr. 
2etype, P. Pluckeneti Schlot. 
Pre-Pecopreris Gr. (Schizéacées). 

Dans le groupe des Pre-Pecopteris, sont rangées de 
nombreuses Fougères du terrain houiller moyen dont les 
frondes sont pécoptéroïdes, à pinnules petites, minces, 
plus ou moins connées à la base, souvent un peu crénelées ; 
avec nervure moyenne fibreuse évanouissante et à nervules 
lâches ascendantes, Fougères dont Brongniart avait fait 
le fond de ses Pecopteris-unilae, que M. Güppert a 
distinguées comme Pecopleris-aspidioides, et dont quel- 
ques-unes sont décrites comme Sphenopteris, telles que 
les S. Laurenti Andrä et S. serrata Lindi. Leur fructifi- 
cation est essentiellement différente de celle des vrais 
Pecopteris. 

Pecopteris dentala Brongn. 
— Biotii Brongn. 
Sphenopteris integra Andrä. 
Pecopteris erosa Gutb. 
Uligocurpia Gutbieri Gôpp. 


B) Groupe des Pécoptéridées arborescentes, de la sous- 
famille des Marattiacées. 


En attendant qu’on puisse désigner et caractériser ce 
groupe d’après les organes de reproduetion qui sont 
encore incomplètement connus et analysés, l’auteur a ras- 
semblé les Fougères en question d’après les frondes. Il 
caractérise les Pecopteris de la facon suivante : Par des 
frondes bipinnées (ambitu subrectangulari), avec une faible 
décroissance des divisions plus faciles à identifier spécifique- 
ment; par des pinnules entières non confluentes ni retrécies 
à la base, traversées, suivant toute la longueur, par une 


nervure moyenne très-marquée, et, latéralement, par des 
nervules subperpendiculaires, simples ou bifurquées. 

« La forme et les découpures des feuilles les ont fait 
comparer aux Cyathea, dont, de plus, ils ont le port arbo- 
rescent; mais leur fructification, composée de capsules 
coriaces sans anneau élastique d'aucune sorte, leur assigne 
une place près des Marattiacées. » 

« Plusieurs Pecopteris étaient connus avec des récep- 
tacles saillants de Cyathea et avec des sores d’Asterocar- 
pus ; mais on ignorait au moins la structure des capsules. » 

Les magmas silicifiés d’Autun et de Grand'Croix ont 
permis à l’auteur de reconnaitre la structure de ces cap- 
sules et de déterminer ainsi la place naturelle que doivent 
occuper les vrais Pecopteris,. 


Aer rouvre. — PECOPTERIS-CYATHEOIDES Brongn. 


ASTEROTHECA Presl, pour ASTEROCARPUS Gôpp. 


PO pinnules souvent contiquës, attachées par toute la 
base, avec nervules peu obliques, généralement simples. » 

M. Grand'Eury dit qu'il a bien et généralement reconnu 
que la fructification des espèces de ce groupe à lieu sous 
la forme d’Asterotheca, c’est-à-dire de groupes de capsules 
insérées autour d'un point, au nombre de trois à cinq. 





Pecopteris arborescens Schlot. | Pecopteris truncata Germ. 
— alpina Pres]. — oreopteridia Schlot. 
— selaginorrhachis Gr. — euneura Schimp. 
— pulchra Heer. — alethopteroides Gr. 
— Cyathea Brongn. — lamuriana Heer. 
— Candolleana Brongn. — fertilis Gr. 
— Schlotheimii Gôpp. Scolecopteris subelegans Zenkcr. 
— hemitelioides Brongn. — ripageriensis Gr. 


( 84) 


2e groupe. — PECOPTERIS-NEVROPTEROIDES Brongn. 


« P. à pinnules libres el nervure moyenne marquée, 
assez semblables aux Pecorreris ordinaires, mais à pin- 
nules ordinairement un peu contractées à la base el par- 
courues de nervules fines nombreuses et plusieurs fois 
bifurquées, ces Fougères participant ainsi à la fois des 
Pecopreris et des NEVROPTERIS. » 

« Cette diagnose, dit l'auteur, s’appliquerait à plusieurs 
des espèces précédentes, mais la fructification de celles-ci 
diffère assez de celle de ce deuxième groupe, laquelle 
est fort remarquable par l'abondance de longues capsules 
pendant de toute la surface inférieure des pinnules, où 
encore on les voit, associées par quatre, d'une manière 
assez analogue aux Scolecopteris. » 


Pecopteris polymorpha Brongn. Pecopteris pteroides Brongn. 


— Bucklandi Brongn. 
9€ GROUPE. — GONIOPTERIS Presl. 


« P. sous forme de pennes à pinnules toujours soudées 
dans leur plus grande étendue, ou de folioles plus ou 
moins longues seulement sinuées ou crénelées, à ner- 
vures plus ou moins fasciculées dans chaque lobe ou lobule, 
d’une manière quelque peu semblable aux Dipraziux ; il 
y en a des quantités à Saint-Étienne, qui se rangent 
autour des Pecopt. unita et arguta, liés l’un à lautre 
par des formes transitoires, telles que les Pecopt. emar- 
ginata, Larteti, elegans. » 

€ Or, le Pecopt. unila partage, jusqu'à un certain point, 
la fructification des Pecopteris-Cyatheoïdes dans ce qu’elle 
a d'essentiel et n'en parait différer que par des points 


( 85 ) 
secondaires, toutefois assez importants, considérés en 
bloc. » 


Pecopteris unita Brongn. Pecopteris marattiaetheca Gr. 
— Lartetii Bureau. — angiotheca Gr. 
— arguta Brongn. — danaeaetheca Gr. 


L'auteur dit qu'on pourrait Joindre à ces espèces les : 
Pecopteris eucarpa, Hawlea pulcherrima, Asterocarpus 
Sternbergii et multiradiatus Gôpp.. ete. 

Avant d'aborder la description des autres parties appar- 
tenantaux Fougères de ces trois groupes de Pécoptéridées, 
l’auteur fait les observations suivantes : « On peut faire 
la remarque que le mode d'arrangement et de connexion 
des capsules est très-multiple dans les Pécoptéridées. 
Mais les capsules conservent à peu près la même forme 
et dénotent une pareille phase primordiale de dévelop- 
pement, double caractère qui les distingue des Marattiées 
vivantes et révèle une importante division disparue de 
cette sous-famille. » 

M. Grand’Eury décrit successivement : 

a) Les Spiropteris, qui sont de jeunes frondes dans leur 
période de vernation ou d'évolution. 

b) Les Stipitopteris, qui sont des pétioles. 

c) Les Caulopterides, comprenant les Megaphytum, Cau- 
lopteris, Ptychopteris, Psaroniocaulon et Psaronius, 
qui sont des axes de Fougères. 


C) Tribu anomale des Névroptéridées. 


Les Fougères herbacées et arborescentes qui précèdent, 
rappellent de plus ou moins loin les mêmes plantes 
vivantes, mais les Névroptéridées ne sont plus dans Île 
mème cas. Ce sont des formes spéciales propres aux 


( 86) 
terrains carbonifères; quoique herbacées, elles ont un 
port si gigantesque, que le monde vivant en offre à peine, 
par les Angiopteris, un mince reflet. 

Jusqu'à présent, leur fuctification était restée inconnue. 
M. Grand’Eury a eu la chance de la découvrir, dans un 
Odontopteris, sous la forme de capsules isolées insérées à 
l'extrémité de chaque nervure. 

L'auteur divise les Névroptéridées de la façon suivante : 


SECTIO ALETHOPTERIDES. 


GENRE Alethopteris Stern. 


lei le genre Alethopteris est limité aux Fougères dont 
les pinnules, connées à la base, tirent des nervures du 
rachis bordé par la réunion des dites pinnules. «Les 
Alethopteris, dit l’auteur, ont des pinnules marquées 
jusqu’au bout d’un sillon dorsal notable et de nervures 
ordinairement denses et subperpendiculaires; pinnules 
coriaces d'ailleurs, à bord recourbé en dessous et aminci, 
ce semble, au delà des nervures, comme un inmdusium 
marginal de Pteris; mais c'est à peine si l'on aperçoit 
rarement, au bout de chacune des nervures, comme un 
point charbonneux saillant, qu'il faut bien se garder de 
confondre avec l’épaississement terminal de celles de 
quelques Pecopteris, point charbonneux d’ailleurs dans 
lequel on pourrait voir l’attache d’un petit sporange unique 
caduc. » | 


Alethopteris Grandini Brongn. | Alethopteris aquilina Brongn. 


Callipteridium Weiss. 


« Ce genre est proposé pour les Alethopteris qui, au 
moins par la demi-décurrence constante de leurs pennes, 


(87) 
indiquée par une ou plusieurs pinnules basilaires insérées 
sur le rachis principal, forment le passage aux Callipteris. 


Callipteridium callipteroides Gr. | Callipteridium gigas Gutb. 


— ovalum Brongn. — nevropleroides Gr. 


SECTIO NEVROPTERIDES, 


« Les Nevropterides, comprenant les Odontopteris et les 
Nevropteris, sont les Fougères, dites nerveuses, les plus 
anomales du terrain houiller, non-seulement par la forme 
et la nervation, mais encore par la structure des pétioles, 
que l'on a rapportée à des tiges de Monocotylédones. Elles 
se distinguent, en outre, par le port le plus gigantesque, 
_par de nombreuses feuilles stipales inconnues dans les 
Fougères vivantes, orbiculaires, sessiles, à nervures égales 
et flabelliformes, appelées Cyclopteris. » 


GENRE Odontopteris Brongn. 


« Les Odontopteris sont caractérisés par des pinnules 
adhérentes au rachis par toute leur base, décurrentes, 
confluentes et en parties soudées au bout des pennes, 
et dont les nervures égales, simples ou bifurquées sous 
un angle peu ouvert, naissent presque toutes du rachis 
strié. » | 

Leurs feuilles stipales (Cyclopteris) formaient une partie 
importante du feuillage de ces Fougères. 


Odontopteris minor Brongn. Odontopteris otopteroides Gr. 
— Rcichiana Gutb. — obtusiloba Naumann. 
— Brardii Brongn. — Schlotheimii Brongn. 
— genuina Gr. — nevropteroides Gr. 


— hercyna? Rôm. 


(8) 


GENRE Nevropteris Brongn. 


« Fougères à pinnules ordinairement plus larges, plus 
considérables, plus fermes que dans les Odontopteris, 
entières, rondes, ovales ou lancéolées, ordinairement 
contractées et parfois même un peu pédicellées à la 
base, à nervures plus nettes que dans les Odontopteris, 
à nervures moyennes évanouissantes et se répandant en 
nervures très-nombreuses, obliques, arquées, divergentes, 
plusieurs fois bifurquées. » 

Selon l’auteur, leur fructification a du ètre marginale, 
car certains Vevropteris des Asturies et du Pas-de-Calais 
ont un rebord non-seulement modifié, mais marqué de 
toutes petites capsules marginales. 


Nevropteris Loshii Brongn. | Nevropteris auriculata Brongn. 


— flexuosa Stern. — cordata Brongn. 
— gigantea Gein. 


GENRE Dictyopteris Gutb. 


« Fougères sans analogues vivants, assez semblables de 
forme aux Nevropteris, mais dont les pinnules, le plus 
souvent détachées, plus ou moins allongées, falciformes et 
susceptibles de moindres modifications à la base des 
pennes et des frondes, ont une nervation réticulée en une 
sorte de réseau à mailles subrhomboïdales étirées, laquelle 
n'a pas beaucoup de valeur, car la distribution des organes 
reproducteurs, que Je crois conforme à celle des Vevro- 
pteris, n'aurait aucun rapport avec ce mode de nervation. 
On a signalé des Nevropteris avec les nervures anasto- 
mosées vers le bord, et le genre en question est au précé- 
dent comme les Lonchopteris sont aux Alethopteris. » 


Dictyopteris nevropteroides Gutb. |  Drclyopteris Schutzei Rom. 
— Brongniarti Gutb. | 


( 89 ) 


GENRE Taeniopteris Brongn. 


Ce genre, en attendant qu'on le connaisse mieux, est 
placé à la suite de Nevropterides. 


Taeniopteris jejunata Gr. | Tacniopteris abnormis Gutb. 


L'auteur décrit ensuite : 1° plusieurs Aulacopteris, qui 
sont des stipes considérables qui sont mèlés aux débris 
des Alethopteris, des Nevropteris et des Odontopteris ; 
2° diverses espèces de Medullosa, qui sont des parties 
internes des stipes précédents. 


DOLEROPTERIDES. 


M. Grand'Eury à tout d’abord rapporté les Doleropterides 
au groupe ambigu et hétérogène des Nœggérathiées, qui 
est traité à la suite de la classe des Sélaginées ; mais, 
dans le tableau général qui a été reproduit, il les 
range à la suite des Nevropterides. Les Doleropterides 
pourraient bien être, dit l’auteur, des représentants de la 
tribu des Ophioglossées. 

Sous le titre général de Doleropterides, il comprend 
les Schizopteris, les Aphlebia et les Doleropterts. 


Doleropteris Gr. 


« Feuilles simples, ordinairement considérables, ses- 
siles, toujours entières ou divisées par fissuration, carac- 
térisées par un développement oblique, courbe, et par une 
nervation généralement épaisse, fibreuse, filiculaire, partout 
répandue et ne ressemblant à celle des Fougères que dans 
les parties les plus dilatées du limbe. On les trouve 


(90 ) 


quelquefois avec des graines. Leur spécification laisse 
beaucoup à désirer. » 


Doleropteris flabellata Gr. . Doleropteris orbicularis Brongn. 
— gigantea ? Gôpp. — pseudo-peltata Gr. 
— cuneala Gr. . Aphlebia pateraeformis Germ. 


Ce genre reste obseur et demande de nouvelles 
recherches. 


Schizopteris Brongn. 


« Empreintes frondiformes, flabelliformes, penniformes, 
plus ou moins subdivisées, parcourues de stries nerveuses 
très-fines, égales, incorrectes, non ramifiées, uniformé- 
ment réparties ou plus ou moins ramassées dans la partie 
médiane, enfin particulières et bien différentes de celles 
des Fougères. » 

Schizopteris caryotoides Stern. Schizopleris pinnata Gr. 
— Lactuca Pres]. — cycadina Gr. 

À la suite de ce genre, M. Grand'Eury décrit, sous 
le nom de Schizostachys frondosus Gr. et de Botryopteris 
forensis Renault, deux inflorescences qui sont peut-être 
les appareils de reproduction des Schizopteris. 


III. — SÉLAGINÉES. 


La classe des Sélaginées comprend les Lycopodiacées 
du monde actuel et les Lépidodendrées du monde 
primitif. 

GENRE Lycopodites Gold. 


€ Plantes herbacées du monde primitif, concordant par 
tous les points ou la forme avec les Lycopodes vivants, 
ayant des feuilles déjetées et inégales, comme dans les 


QUE) 
Selaginella (ce qui les distingue des jeunes rameaux 
de Lepidodendron), une fructification conforme, d’après 
le peu que l’on en sait, et jusqu'à une structure iden- 
tique, d’après les petites tiges d'Autun décrites par 
M. Renault comme Lycopodium punctatum. » 


Lycopodiles decussatus Gr. |  Lycopodiles lycopodioides ? Feist. 


FAMILLE DES LÉPIDODENDRÉES. 


GENRE Lepidodendrom Stern. 


M. Grand'Eury n'admet pas le genre Sagenaria qui, 
selon lui, n'est pas même digne d’une distinction sous-géné- 
rique. ÎT considère les Knorria comme des moules sous- 
corticaux des Lepidodendron. 


Lepidodendron Veltheimianum Presl. | Lepidodendron elegans Brongn. 
— tetragonum Stern. — corrugatissimum Gr. 


— rimosum Stern. — Beaumontianum Brongn. 


— Sternbergii Brongn. 


GExRE Lepidofloyes Stern. (incl. Lomatofloyos Corda.). 


Lepidofloyos anthracinus Lindi. Lepidofloyos laricinus Stern. 
— macrolepidotus Gold. 


GENRE Psendosigillaria Gr. 


Nouveau genre, constitué, en partie, aux dépens de 
quelques faux Sigillaria. 


Pseudosigillaria protea Gr. Pseudosigillaria striata Gr. 
— monosligma Gr. (Sigillaria (Sigillaria Brongn.) 
Lesq ) 


(92) 


GENRE Halonia Lindi. et Hutt. 


Halonia tuberculata Brongn. 


L'auteur parle ensuite des Lepidophyllum, qui sont des 
feuilles de Lepidodendron, puis des Lepidostrobus qui sont 
des cônes reproducteurs de Lepidodendron. Ces cônes sont 
isosporés, soit à microspores, soit à macrospores, ou 
hétérosporés, à microspores en haut et à macrospores en 
bas. 

« On a lieu de croire que les Lepidodendron, qui pou- 
vaient produire des arbres de 1 mètre de diamètre à la 
base et de 50 mètres au moins en hauteur, se ramifiaient, 
dans les parties supérieures, par dichotomie, un grand 
nombre de fois renouvelée dans un même plan et avec 
croisement des branches ; que Les Ulodendronse ramifiaient 
par dichotomie aussi, mais dès la base, avec une prépon- 
dérance complète de l'axe (dit alors sympodium) et la 
chute des rameaux distiques ; que les Lepidofloyos se 
ramifiaient toujours par bifurcation du bourgeon terminal, 
à partir seulement d’une certaine hauteur, mais dans deux 
plans perpendiculaires, avec prépondérance de Paxe et 
chute des rameaux tétrastiques. Dans tous les cas, Îles 
branches étaient pourvues de feuilles linéaires plus ou 
moins longues, et les derniers rameaux pouvaient être 
terminés par des strobiles de reproduction, excepté peut- 
être dans les Lepidofloyos, où ces cônes étaient fixés 
latéralement. » 

Les racines des Lépidodendrées sont inconnues à 
M. Grand'Eury, qui voit dans les Stigmaria des racines de 
Sigillariées. 


(9%) 


Plantes phanérogames dicotylédones gymnospermes, 


Les Gymnospermes sont constitués aujourd'hui par 
les groupes des Cyeadées et des Conifères. On retrouve les 
représentants de cette classe dans presque tous les terrains 
géologiques, et les récentes découvertes de M. Grand'Eury 
semblent démontrer que la flore carbonifère était parti- 
culièrement riche en Gymnospermes. Cet auteur présume 
que ceux-ci ont formé quatre familles ou sous-familles, 
composées chacune d’un certain nombre de genres. Son 
appréciation est basée sur la grande variété de bois des 
dicotylédones que l'on découvre dans le terrain houiller 
et sur le grand nombre de graines du même terrain. 
Brongniart à reconnu dans ces dernières près de vingt 
genres différents. 


ORDRE ÉTEINT DES SIGILLARINÉES Brongn. 


SIGILLARIÉES. 


« Les cicatrices foliaires affectent deux formes très- 
différentes, qui partagent les Sigillaires en deux divisions 
principales, celle des Sigillaria et celle des Syringoden- 
dron. » 


GENRE Sigillaria Brongn. 


« Les Sigillaria se distinguent comparativement par 
des cicatrices nettement limitées, pourvues de trois pas- 
sages alignés horizontalement, l’un central plus ou moins 
poncüforme, et les deux autres en ares tournant leur con- 
cavité à l'intérieur, » 


(9%) 


« [ls se rapportent à quatre types, liés par des transi- 
tions nombreuses, mais qu'il peut être utile de distinguer. » 


SIGILLARIA-CLATHRARIA Brongn. 
Cicatrices contiguës, séparées par un réseau de sillons 
formant deux spirales croisées. 


Sigillaria Brardii Brongn. . | Sigillaria (Catenaria) decora Stern. 


SIGILLARIA-LEIODERMARIA Gold. 


Ce groupe tient du précédent par le rapprochement 
des cicatrices. 


Sigillaria spinulosa Germ. Sigillaria lepidodendrifolia 
— Grasiana Brongn. Brongn. 


SIGILLARIA-RHYTIDOLEPIS Stern. 


Tiges régulièrement cannelées, à cicatrices situées 
à distance sur les côtes. 


Sigillaria Sillimanni Brongn. Sigillaria elliptica Brongn. 
— rugosa Brongn. 


SIGILLARIA-FAVULARIA Stern. 


Cicatrices contiguës et séparées par des sillons trans- 
versaux sur des côtes longitudinales plus ou moins 
accusées 


Sigillaria tessellata Brongn. | Sigillaria elegans Brongn. 


Les feuilles des Sigillaria (Sigillariophyllum) sont 
longues, linéaires, roides et pliées en gouttière. 

On a décrit, sous le nom de Sigillariostrobus, des épis 
qu'on à rapportés aux Sigillaria. Ges épis, qui ne présen- 
tent guère de dissemblance avec ceux des Lepidodendron, 


(95) 


se distinguent : 1° par la forme articulée, quoique impar- 
faitement, de l’axe, et 2° surtout par les bractées super- 
posées en séries longitudinales. Leur position d'organes 
appendiculaires n’est, dit M. Grand'Eury, compatible 
qu'avec les tiges de Sigillaires pourvues de cicatrices 
raméales. Trois Sigillariostrobus sont décrits. Ce sont : 
S. fastigiatus Gôüpp., S. rugosus Gr. et S. mirandus Gr. 
Les Sigillaria n'ont-ils pas porté des graines ? M. Grand”- 
Eury est enclin à répondre aflirmativement à cette question 
délicate, mais n'ayant pas Jusqu'ici constaté de connexion 
directe entre les graines variées du terrain houiller et des 
parties de Sigillaria, il laisse le problème posé. Les 
Sigillaires, malgré la structure de leur bois, qui semble 
devoir les faire considérer comme des Gymnospermes, 
exigent, donc encore de nouvelles découvertes pour leur 
assigner une place définitive dans la classification. 


GENRE Syringodendroun Stern. 


« Tiges généralement très-volumineuses, de la forme 
générale des Sigillaria, dont elles se distinguent cependant 
par des cicatrices superficielles, sus-corticales, moins 
nettes, différentes, pourvues, au lieu de trois traces si con- 
stantes dans les Sigillaires, d’un seul et vague point 
central, souvent indistinct, comme si nous avions affaire 
à des insertions de radicules, et cependant l'écorce parait 
bien complète. » 

Syringodendron cyclostigma Brongn. |  Syringodendron alternans Stern. 


— pachyderma Brongn. — valde flexuosum Gr. 
— majus minusve dislans Gein. 


Ce genre exige de nouvelles recherches pour être bien 
connu. 


(96) 


STIGMARIÉES. 


GENRE Stigmaria Brongn. 


Les Stigmaria seraient, pour M. Grand'Eury, les racines 
des Sigillaria. Cet auteur décrit les espèces suivantes : 
S. ficoides vulgaris Brongn., S. /icoides minor Brongn. et 
S. altenuata Gr. 


GENRE Stigmariopsis Gr. 


M. Grand’Eury constitue ce nouveau genre avec des 
racines qu'il attribue aux Syringodendron. Il décrit les 
espèces suivantes : $. inaequalis Gr., $. abbreviata (Gold.) 
et S. tenuis Gr. 

Les Stigmariopsis se distinguent : 1° par leur branches 
très-inégales, plongeantes, la plupart énormes à l'origine, 
rapidement décroissantes et courtes; 2° par leurs petites 
ramifications latérales ; 5° par leur surface très-rimeuse, 
avec cicatrices rondes verruciformes au milieu de dépres- 
sions peu marquées; 4° par leurs radicules simples, 
courtes, minces et très-obliques. 

A la suite de considérations fort savantes sur le port, 
la nature et les affinités des Sigillaria, M. Grand'Eury 
déerit un grand nombre de graines du terrain houiller, 
qui, selon lui, pourraient bien avoir des rapports avec les 
Sigillaria. I y a : 1° les graines polygones comprenant les 
Trigonocarpus Brongn., Comptospermum Brongn., Muso- 
carpus Brongn. et Codonospermum Brongn.; 2° les graines 
polyptères comprenant divers Carpolithes, les Polylopho- 
spermum Brongn. et les Tripterospermum Brongn. 


(97) 


GROUPE AMBIGU DES NOEGGÉRATHIÉES. 


Ce groupe, primitivement composé du genre Noegge- 
rathia Stern. et du genre nouveau Doleropterides, doit être 
réduit, selon les dernières idées de Pauteur, au premier 
de ces genres. 


GENRE Noeggerathia Stern. 


Les véritables Noeggerathia, tels qu'on les entend, 
auraient eu des feuilles composées, pinnées, à folioles 
ovales ou obovales plus ou moins tronquées, sessiles, 
coriaces, avec une nervation égale et parallèle des Cordaites 
fixées au rachis par toute leur largeur. 

L'auteur rapporte à ce genre, mais en faisant des réserves, 
de rares empreintes de feuilles qu'il désigne sous les 
noms de : N. ambiqua Gr., N. cannophylloides Gr. et N. 
angusta Gr. | 

Ce genre, qui paraitrait avoir quelques rapports éloignés 
avec les Cycadées, est très-obseur. 

A sa suite, sont décrites des graines désignées sous les 
noms de Pachytesta Brongn. et Rhabdocarpus Güpp. et 
Berg. 


ORDRE DES CORDAITÉES Gr. 


Les très-nombreux débrisde Cordaïtées quise rencontrent 
à Saint-Étienne ont permis à M. Grand’ Eury de recon- 
stituer, avec un rare bonheur, un groupe végétal des plus 
curieux et qui a Joué un grand rôle dans la flore carboni- 
fère. Cette reconstitution, basée sur une imposante masse 
de faits et d’observations, occupe dans l’ouvrage une place 
très-considérable et fait l’objet de nombreuses planches. 


(98 ) 


Il n'est guère possible de faire ressortir ici, comme elles 
le méritent, les brillantes découvertes de l’auteur. 

Les Cordaïtes ont dù être des arbres fort élevés, 
atteignant 20, 50 et même 40 mètres, ne se ramifiant 
d'ordinaire que vers leur sommet, à trone présentant sur 
une grande longueur le mème diamètre. Leurs feuilles 
rubanées, qui peuvent atteindre parfois près d'un mètre de 
longueur, sont tantôt larges et spatulées, formant de gros 
bouquets au sommet des branches, tantôt longues, lan- 
céolées et disposées au sommet des branches à la facon 
des feuilles de Ÿucca, tantôt enfin étroites comme des 
feuilles de Graminées. Leur inflorescence a consisté en 
épis ou grappes simples ou rameuses, unisexuées ou 
monoïiques, naissant sur les axes de distance en distance. 


Cordaites Ung. 


Cordaites rotundinervis Gr. |  Cordaites duplicinervis Gr. 


— yrhombinervis Gr. 


Dory-Cordaites Gr. 


Corduites pu!mieformis Güpp. | Cordaites affinis Gr. 


Eu-Cordaites. 


Cordaites borassifolius Güpp. Cordaites quadratus Gr. 
— principalis Germ. | — laxinervis Gr. 
— angulosostriatus Gr. — subcocoinus Gr. 
— tenuistriatus Gr. — cunealus Gr. 
— lingulatus Gr. — intermedius Gr. 


— foliolatus Gr. | — alloidius Gr. 
— acutus Gr. 


(9) 


Poa-Cordaites. 


Poa-Cordaites lalifolius Gr. | Poa-Cordaites oxyphyllus Gr. 

— linearis Gr. 

L'auteur n'ayant pas donné de diagnoses rigoureusc- 
ment taxinomiques pour ces quatre subdivisions, J'ai cru 
prudent de passer sous silence leurs caractères distincuifs. 

Les inflorescences des Cordaïtes,connues précédemment 
sous le nom d Antholithes, sont décrites sous le nom 
de Cordaianthus. Geux-ei sont des métamorphoses plus 
ou moins complètes de jets ramulaires dont l’axe charnu, 
fendillé, a conservé la nature reconnaissable de Cordai- 
cladus (rameaux du Cordaïtes). Leurs bourgeons floraux 
sont généralement distiques ; mais ils ont parfois la dis- 
position spirale. Ils naissent à l’aisselle de bractées 
linéaires, aciculaires, plus ou moins avortées, mais repre- 
nant quelquefois, à l’extrémité de l’inflorescence, le carac- 
tère de feuilles. 

M. Grand'Eury décrit sous le nom de Cordaianthus 
males les C. circumdatus Gr., C. glomeratus Gr., C. 
foliosus Gr. et C. gracilis Gr. Ce dernier appartiendrait 
aux Poa-Cordaites etles autres, aux Eu-Cordaites. I décrit 
comme Cordaianthus femelles les C. subvolkmanni Gr., 
C. nobilis Gr., C. subgermarianus Gr., C. prolificus Gr., 
C. dubius Gr. et C. racemosus Gr. Ce dernier appartien- 
drait aux Poa-Cordaites et les autres, aux Cordaites. 

La composition des bourgeons mâles des Cordaianthus 
n'est pas bien eonnue; celle des bourgeons femelles 
consiste en écailles foliaires à l’aisselle desquelles se trou- 
vent des rudiments de graines obtuses ou aiguës. Ces 
graines paraissent avoir formé des baies qui ont été 
décrites sous les noms de Cordaicarpus et Cyclocarpus, et 


(100 ) 


que M. Grand'Eury déerit sous le nom de Cordaicarpus. 
Ceux-ci sont nombreux dans le terrain houiller du bassin 
de la Loire : C. major Brongn., C. emarginatus (G. et B.), 
C. Gutbieri (Gein.), C. ovatus Brongn., C. congruens Gr., 
C. punctatus Gr., C. drupaceus Gr., C. expansus Brongn., 
C. subreniformis Gr., C. intermedius (Güpp.), C. ven- 
tricosus Gr., C. eximius Gr. et C. lenticularis Brongn. A 
la suite de ces graines, l’auteur décrit le Düiplotesta 
Grand'Euryana Brongn. et les Carpolithes ovoideus Corda, 
C. ellipticus Stern., C. acuminatus ? Stern., C. Avellanus 
Gr. et C. disciformis Stern. Ce dernier est rapporté aux 
Poa-Cordaites. 

A la suite du genre Walchia, M. Grand'Eury 4 décrit 
des inflorescences sous le nom de Botryoconus et des 
graines sous le nom de Samaropsis, inflorescences et 
graines qui ne lui paraissaient pas devoir être rapportées 
aux Cordaïtes. Ainsi qu'on le voit dans le tableau général 
placé au commencement de cet article, l'auteur a modifié 
ses idées et a reconnu que les Botryoconus étaient voisins 
de ses Cordaianthus et que les Samaropsis devaient être 
rapprochés des Cordaicarpus. 

Après les graines, M. Grand'Eury déerit : 1° les rameaux 
des Cordaïtes sous le nom de Cordaicladus ; 2 certains 
Artisia qui sont des moules de moelle de Cordaïtes ; 3° des 
écorces houillifiées de Cordaïtes, sous le nom de Cordai- 
floyos; 4° des bois diversement conservés de Cordaïtes 
sous le nom de Cordaixylon. 


Dadoxylon Endl. (Araucarites Güpp.). 


Ce groupe est formé par des bois fossiles de Gymno- 
spermes. 


Dadoxylon Brandlingii Lindl. et Dadoxylon acadicum ? Daws. 
Hutt. — stephanense Gr. 
— tintermedium Gr. — subrhodeanum Gr. 


(101) 


GENRE Dicranophyilum Gr. 


Ce genre nouveau est constitué par des plantes dont les 
débris n'avaient, jusqu'à présent, été ni décrits, ni signalés. 
Ces débris consistent surtout en feuilles linéaires de lon- 
gueur variable, une ou deux fois bifurquées, d'une manière 
constante dans un même plan, coriaces, marquées de 
plusieurs nervures assez fortes et saillantes, à nervules 
intermédiaires plus ou moins noyées dans l'épaisseur du 
parenchyme. Ces feuilles sont insérées autour de petites 
branches, sur coussinets saillants disposés en spirale régu- 
lière, à section subrhomboïdale oblique rappelant ceux 
des Lepidodendron, mais formés par la base charnue 
de feuilles décurrentes latéralement, d’une manière plus 
semblable à certains Conifères. 

« Les branches sont ordinairement simples, minces 
et très-longues sans ramification. [Il y en a cependant 
quelques-unes avec un rameau isolé, d’autres avec deux 
rameaux opposés, et mème, ce semble, parfois avec un plus 
grand nombre de ramules, en partie caducs et situés au 
même niveau, où sont plus rapprochées les cicatrices 
de feuilles plus écailleuses. comme dans les Conifères. 
Des touffes de feuilles étalées comme dans les Mélèzes et 
des rejets isolés se remarquent en certains points des 
rameaux ; il y a de nombreux bourgeons axillaires; et à 
l’aisselle de quelques feuilles, on remarquerait des indices 
assez précis de toutes petites graines cylindro-coniques ; 
sur un spécimen de Bourganeuf (Creuse), ces bourgeons 
et ces graines paraissent bien insérés au-dessus plutôt 
qu'à l’aisselle des feuilles. » 

Selon M. Grand'Eury, ces débris dénotent des plantes 


(102 ) 


dicotylédones, peut-être assez peu éloignées d'un type non 
décrit de Cordaïtes dont il figure une petite feuille orga- 
nographiquement subdivisée deux fois de suite par dicho- 
tomie, comme celles de Gingko; mais, ajoute-t-il, dans les 
Dicranophyllum, les graines et les boutons florifères 
naissent à l'aventure, sans aucune préparation de la plante, 
sans modification des feuilles et rameaux en inflorescences. 

« M. le comte de Saporta vient de signaler dans les 
schistes ardoisiers de Lodève, sous les noms de Gingko- 
phyllum Grasseti et Trichophyllum heteromorpha, deux 
rameaux avec des feuilles plus ou moins analogues à celles 
qui nous occupent. Avec les Dicranophyllum, ces deux 
plantes permiennes, que l’auteur compare aux Salisburya, 
annoncent un nouveau groupe composé de Conifères 
paléozoïques. » 


Dicranophyllum gallicum Gr. | Dicranophyllum striatum Gr. 


GENRE ISOLÉ. — Walchia Stern. 

Les Walchia, réputés permiens, ne sont pas rares dans 
les terrains houillers du centre de la France en général, 
et de Saint-Étienne en particulier. M. Grand'Eury en 
décrit deux espèces : W. pinniformis Schlot. et W. hy- 
pnoides Brongn. 


FAMILLE DES CALAMODENDRÉES. 


L'auteur constitue cette famille avec des plantes 
ligneuses à racine pivotante, à corps ligneux présen- 
tant la structure des Gymnospermes et offrant des articula- 
tions comme les Calamites, avec une surface extérieure 
calamitoïde et un étui médullaire dont le moule reproduit 
plus ou moins l'aspect des Calamites. 

Certains auteurs rangent les Calamodendrées dans les 


( 105 ) 


eryptogames et les considèrent comme des Calamites; mais 
M. Grand'Eury et avant lui, Brongniart, les rapportent 
sans hésitation aux dicotylédones. 

M. Grand'Eury est porté à attribuer pour rameaux aux 
Calamodendrées certains Asterophyllites qu'il décrit sous 
les noms d’Asterophyllites densifolius Gr., À. sublongifolius 
Gr. et À. viticulosus Gr. 

Quant aux organes de la reproduction, l’auteur est forcé 
de se borner à de simples suppositions ; mais il ne peut 
admettre que les Calamodendrées aient pu avoir des 
appareils de reproduction eryptogamique. 

Il divise la famille en deux genres : 


GENRE Arthropitus Güpp. 


Arthropitus bistriata Cotta. | Arthropitus dadoxylina Gr. 


— subcommunis Gr. — ezonala Güpp. 


GENRE Calamodendron Brongn. 


Calamodendron striatum Cotta. | Calamodendron intermedium Gr. 


— congenium Gr. — inversum Gr. 


Les écorces des Calamodendron sont décrites sous le 
nom de Calamodendrofloyos et les racines pivotantes sous 
le titre général de Calamodendrea rhizobola. 


Ici se termine la partie essentiellement botanique du 
mémoire de M. Grand'Eury. Par l'analyse qui précède et 
qui devait être nécessairement fort étendue, on peut 
apprécier l'importance capitale des découvertes exposées 
par l’auteur, découvertes qui font faire à la flore carboni- 
fère un pas qu'on peut, sans hyperbole, qualifier de géant. 
Il reste, il est vrai, encore bien des doutes et des obscu- 
rités sur plusieurs groupes de plantes; mais que de 


( 104) 


lumière, que de révélations ne sont pas apportées sur les 
Fougères (Pécoptéridées et Névroptéridées) et sur les 
Cordaitées ! 

Je me suis gardé de faire des remarques sur certaines 
idées émises par l’éminent paléontologiste, parce que 
je me réserve de revenir sur plusieurs points de son 
travail en traitant la flore carbonifère de la Belgique. 

Il reste maintenant à M. Grand'Eury à poursuivre ses 
belles recherches et à compléter son œuvre par une mono- 
graphie détaillée et approfondie des espèces qu'il n’a guère 
fait connaitre que par des descriptions abrégées et, assez 
souvent, par des figures plus ou moins théoriques. 

L’atlas joint au mémoire renferme quatre grands 
tableaux de végétation où les principaux types végétaux de 
la flore carbonifère sont reconstitués d’après les idées de 
l'auteur. (A continuer.) 








Note sur quelques plantes nouvelles ou rares pour la flore 
liégeoise, par Théophile Durand. 


Les personnes au courant de la grande activité dont 
font preuve les botanistes liégeois, ne seront pas trop 
surprises d'apprendre que, depuis le commencement 
de 1876, la flore liégeoise s’est enrichie de 15 espèces et 
de 29 races entièrement nouvelles, savoir : 


Impatiens parviflora. Rosa andegavensis. 

Scleranthus perennis. Lamium incisum. 

Rubus ligerinus. Veronica acinifolia. 
— thyrsoideus. Artemisia pontica (1). 





(1) A ces plantes, il faut ajouter les Sagina ciliata, Senebiera pinnatifida, Brunella alba, 
Petasites fragrans et Aster Novi-Belgii, découverts par M. Michel, et les Geranium macror- 
rhizum, Malva Alcea, Sisymbrium strictissimum, Linaria striata, Camelina dentata, Carum 
Carvi et Xanthium strumarium, retrouvés par lui. 


(105) 


Ranunculus Boraeanus. Rubus spinosissimus. 

— Friesanus. — villicaulis. 

Caltha Guerangerii. — argentatus. 
Silene brachiata. — praetervisus. 
Arenaria leptoclados. Rosa dimorpha. 
Erodium hirsutum. — globularis. 

— pilosum. Agrimonia stipularis. 
Chelidonium laciniatum. Epilobium Lamyi. 
Cardamine fragilis. Vincetoxicum laxum. 
Viola nemoralis. Myosotis multiflora. 
Vicia Bobartii. Mentha incana. 
Heracleum pratense. Campanula plicatula. 

— angustatum. Taraxacum rubrinerve. 
Rubus serpens. Ornithogalum angustifolium. 

— echinophora. 


En outre, 17 espèces, observées autrefois par Lejeune, 
ont été retrouvées : 


Silene gallica. Linaræ arvensis. 
Cochlearia officinalis. Calamintha menthaefolia. 
Bunias orientalis. Stenactis annua. 
Medicago minima. Muscari comosum. 
Veronica prostrata. Phalangium ramosum. 


Beaucoup d'espèces présentent des formes peu tran- 
chées, qu'on ne parvient à distinguer qu'après une étude 
attentive ; ce sont les races, appelées aussi espèces critiques. 
Si elles échappent aux observateurs superficiels, elles n’en 
existent pas moins dans la nature. 

Sans vouloir avancer que ces races sont des espèces de 
l'avenir, en voie de formation, Je crois, bien que partisan 
de l’école linnéenne, qu'il est utile de les étudier afin 
d'arriver à connaitre dans quelle mesure nos espèces 
varient. Je suis persuadé que ces races s’observeront sur 
d’autres points du pays, partout où il se trouvera des 
botanistes qui se donneront la peine de les rechercher. 


( 106 ) 


Les brillantes découvertes que je viens d’énumérer sont 
dues, en très-grande partie, à MM. C. Baguet, C. Bouhon, 
P. Bounameaux, A. Devos, H. Donckier, É. Durand, 
H. Forir, O. Hecking, Locht, A. Maréchal, Ch. Minette, 
Éd. Morren, V. Mouton, L. Pierry, ete. — Que tous ces 
botanistes, qui ont bien voulu continuer à me commu- 
niquer les résultats de leurs herborisations, reçoivent mes 
vifs remerciements. 

L’astérisque indique les plantes nouvelles pour la flore 
liégeoise. 


Myosurus minimus L. — Champs argilo-calcaires entre Visé et 
Bombaye (V. Mouton). 

* Ranunculus Boraeanus Jord.; Bor. F{. cent. Fr., WH,p. 16. — 

Bois : Goffontaine. AC. 

* __ Friesanus Jord.; Bor. /. c. — Prés, pelouses : Goffontaine. AR. 

Le Ranuneulus acris L. présente plusieurs races intéressantes qui ont 
été caractérisées par J. Baubin, Thuillier, Andrzeiouski, Jordan, ete. 
Les principales sont: À. Boraeanus et R. Friesanus Jord. (déjà 
signalés en Belgique par M. Crépin (1)), R. Steveni Andrz., R. rectus 
J. B., R. vulgatus Jord. 

Il est probable que toutes ces races existent dans notre pays, mais elles 
sont peu recherchées. Aucune Flore belge n'ayant cité leurs caractères 
différentiels, il sera peut-être utile d’en donner ici une clef dichotomique 
extraite de la Flore de Boreau. 

1. Souche rampante horizontale; feuilles à lobes 

presque aussi larges que longs. . . . . 2 
Souché peu ou point rampante ; feuilles à lobes 


OX 


bien plus longs que larges . 
2. Lobes des feuilles élargis et se recouvrant l’un 
l’autre. l D PT LEUR 5 
Lobes ne se recouvrant pas par leurs bords . 4 
5. Bec des carpelles assez long et erochu . . . R. vulgatus. 
R. 


Bec des carpelles très-court et très-peu crochu. Friesanus. 


(1) Crépin, Gravet et Delogne Catulogue de la flore de Belgique ; Gand, 1872. 


( 107 ) 


4. Bec des carpelles très-court et à peine courbé . R. Steveni. 
Bec des carpelles long, aigu et à pointe erochue. R. syluuticus. 
5. Lobes des feuilles élargis ; bec des carpelles assez 


lon Mo TIENNE EU 10 ENS rech. 
Lobes des feuilles très-étroits ; bec des carpelles 
rés bEN Le De lg in Lu SR A Bormes: 


Le caractère tiré de la form: du bec des carpelles me parait variable 
sur un même échantillon. 

“Caltha Guerangerii Bor. in Bill. Annot., 1856, p. 11, F£. cent. Fr., 
éd. 5,11, p. 21. — Goffontaine, vallée du ruisseau de Novienfosse. AA. 

Ce Caltha n’est bien certainement qu'une race du C. palustris L. et non 
une espèce distincte. Dans son analyse, Boreau (F1. cent. Fr., éd. 5, EI, 
p. 145) les distingue de la manière suivante : 

Sépales jaune clair, contigus à leur base . . (C, palustris. 
Sépales jaune d’or, distants à leur base. . . €. Guerangerii. 

Pendant un séjour à Goffontaine, j’ai examiné attentivement les pieds 
de Caltha des environs. Tous m'ont constamment présenté des sépales 
Jaune d’or et généralement contigus à leur base. Cependant à l'habitation 
précitée, un assez grand nombre d'échantillons avaient les sépales jaune 
d'or, distants à la base, les tiges lavées de brun rougrätre, les feuilles 
supéricures largement réniformes, fortement crénelées-dentées. Ces trois 
derniers caractères, que Boreau assigne aussi au C. Guerangerii, dans sa 
description (4. c., Il, p. 24), ne sont pas constants, car ils s’observent sur 
des Caltha à sépales contigus à la base. 

L'étude des Caltha du canton de Vaud (à Orny, Entreroches, etc.)(1) 
m'a donné les mêmes résultats ; c’est-à-dire que la forme à sépales jaune 
clair parait très-rare, tandis que l’on rencontre fréquemment l’autre 
nuance, mais peu souvent avec les sépales distants à la base. 

Hellebcrus viridis L. — Bois : Mastat (Beaufays) (P. Bounameaux). 

Aconitum IJycoctonum L. — Bois : Becoen (Fraipont). 

Saponaria Vaccarla L. — St-Jean-Sart (Outrelouxhe) (Ch. Minette). 
Zone arçilo-sablonneuse : Rosoux (0. Hecking). 

Dianthus deltoides L. — Pelouses sèches : Halinsart-Fraipont. — 
Dans la province, il n’était signalé qu’à Goë. 





(1) M. A. Déséglise (Notes et observations sur quelques plantes de la France et de la 
Suisse, 1877) vient de signaler cette plante dans le canton de Genève, à Coignin. 


(108 ) 


Silene noctiflora L. — Champs : Charneux (Fraipont) (M. Michel). 

—  auglica L. — Lieux cultivés : Hansez (Olne) (M. Michel). 

—  galllca L. — Cette plante, indiquée en 1824, par Lejeune, dans 
les champs entre Fraipont et Chaudfontaine, a été retrouvée 
par M. Michel à Charneux (Fraipont). 

—  brachiata Jord.; Bor. /. c., Il, p. 94. — Talus à Glons. A. 

Le S. venosa Gilib. présente plusieurs races : 

S. puberula Jord.; Bor. F1. cent. Fr., II, p. 94. — (Signalé à Theux par 

M. Crépin). — Se reconnait à la véllosité courte et crépue qui couvre la 
plante, surtout dans le bas. 


# 


Plantes glabres ou glabrescentes : 

S. brachiata Jord.; Bor. £. ce. — Plante robuste, multiflore; feuilles glauces- 
centes, oblongues ou elliptiques-aiguës, érès-peu rétrécies à la base ; 
styles épaissis. Anthères ordinairement lilas. 

S. oleracea Bor. L. c., p. 95. — Plante voisine de la précédente, mais plus 
grèle ; feuilles rétrécies à la base, surtout les caulinaires inférieures; 
styles fliformes. Anthères violacées, 

S. vesicaria Schrad. — Diffère des deux précédentes par ses feuilles 
larges, ovales, sa panicule pauciflore (2-10 fleurs). 

Lychuis viscaria L. — Trooz, rochers au-dessus du tunnel. AR. 

*Arenaria leptoclados Guss. — M. A. Maréchal a découvert cette 
curieuse plante à l’Ile Moncin (Herstal). 

‘impatiens parviflora DC. — Lieux humides et ombragés : Liége 
(H. Donckier). 

Geranium pratense L.— Prairies: Surdents (Andrimont), Pisseroulle 

(Dison) (C. Bouhon). 
= pyremaicum L. — Bords des chemins : Embourg. AR. 
Erodium pimpinellaefolium Sibth. — Talus, champs : La Tombe 
(Liége) et Ile Moncin (A. Maréchal). Zone argilo-sablon- 
neuse : Omal. A. 

— hirsutum Jord. Pug., p. 45; Bor. Z. c., II, p. 155. — Lieux 

herbeux : Goffontaine. 

_ pilosum Bor. /. c.; Geranium pilosum Thuill. F{. Par., 

p. 346. — Terrains secs : Goffontaine. 

Pyrola rotundifolla L. — Bois : Hombourg (Locht). 

— minor L. — Bois : Mastat (Beaufays) (P. Bounameaux). 

*Chelidonium laciniatum Mill. — Décombres : Méry (Éd. Morren et 
É. Durand). 


( 109 ) 


Cardamiae dentata Schult. — Lieux humides : Les Mazures. AR. 
*— fragilis Degland in Lloyd Flore Ouest Fr., p. 56. — 
Prairies : Les Mazures. A. 


Races du Cardamine pratensis L. : 


1. Tige et feuilles velues . . . . . . . . C. nemorosa Le]. 
Plante glabre ou glabrescente ; feuilles inférieu- 
res rorement ün/peu-veluest 15) + RIM ON Z 


2. Feuilles caulinaires supérieures à segments pélio- 
lulés, l’impair cunéiforme denté.  . . . . C. dentatu Schult. 
Feuilles caulinaires supérieures à segments 


QI 


sessiles . 


3. Fleurs grandes, violettes ; feuilles radicales à 
segments amples surtout impair, quelquefois 
légèrement velues; base des folioles munie 
de faisceaux de fibres radiculiformes . . . (C.latifolia Le]. 
Fleurs médiocres ou petites, blanches . . . 4 


4. Feuilles supérieures à folioles linéaires étroites ; 
fleurs tardives (ne paraissant qu’en mai) . . C. fragilis Degland. 

Feuilles supérieures à folioles arrondies-angu- 

leuses ; fleurs beaucoup plus petites que dans 


lesautres races MIN PES M TE MREEC MaynemmioN'elwe: 
Sisymbrium austriacum Jacq. — Lieux pierreux : Surdents (C. 
Bouhon). 
Hesperis matronalis L. — Prairies : Petit-Rechain. C. (C. Bouhon), 


Huccorgne (0. Hecking). 

Lunaria rediviva L. — Bois montueux : Barse (A. Devos), Les Mazures, 

Alyssum incanum L. — Cette Crucifère, signalée dans notre province 
seulement depuis trois ans, se répand sur tous les points avec une 
grande rapidité. Aux onze habitations déjà connues, il faut ajouter : 
Huy (Wathelet), Ile Moncin (A. Maréchal), Visé (V. Mouton). 

Cochlearia officinalis L. — Bassin de la Gueule: Moresnet belge 
(Éd. Morren). — M. le professeur Morren a déjà fait connaitre cette 
brillante découverte dans la Belgique horticole (1874, p. 176 ; 1875, 
p. 207). En 1875, lors d’une agréable herborisation avec mon savant 
maître, j’ai pu examiner cette plante dans sa station, éloignée de 


CAO.) 


toute habitation ; elle croit au bord d’un ruisseau, dans un vallon 
boisé. Son indigénat paraît incontestable. 

Au reste, ee Cochlearia, que les botanistes belges recherchent plus 
spécialement sur nos côtes, avait déjà été indiqué par Lejeune + au 
bord du ruisseau de Dison, » et par Tinant à Habay. 

Thlaspi perfoliatum L. — Rochers : Huy, à la citadelle (0. Hecking). 

Lepidium ruderale L.— Bords des chemins : Bas-Oha, RR.(0. Heckingj. 

Bunias orientalis L. — Lejeune est le premier auteur qui a mentionné 
le Bunias dans notre province. En 1824, dans la Revue de la Flore de Spa, 
p. (55, il disait : « Cette plante exotique est naturalisée près Limbourg, 
Dison, ete., où elle eroit dans les fentes des rochers, » indication 
maintenue dans le Compendium (1851). Depuis lors, cette Crucifère, 
n'ayant pas été revue, avait été reléguée parmi les espèces douteuses. 
I y a quelques années, M. Strail la découvrit à Vinalmont près Huy, 
d’où il l’a introduite à Magnée. En 1875, M. A. Devos en a observé 
quelques pieds à Ninane (Chaudfontaine) et M. H. Donckier, à Angleur; 
enfin au mois de juin dernier, je l'ai trouvée à Goffontaine. 

Viola nemoralis Jord. — Bois montueux : Les Mazures. AA. 

Race voisine des V. Riviniana Rehb. et V. Reichenbachiana Jord., mais 
s'en distinguant facilement par son rhizome gréle et traçant, ses 
fleurs bleu-violet, à éperon pâle, comprimé et muni d’un sillon sur le 
dos. Je n'ai pas vu la capsule, mais Boreau la dit obtuse. Cette Violette 
croit d’abord en touffes serrées ; celles-ei s'étendent ensuite par des 
rhizomes grêles, munis de fibrilles. 

Medicago falcata L. — Coteaux arides : Andrimont (A. Donckier). 

— minima L. — Cette petite plante, trouvée vers 1824 par 
P. Michel, près Nessonvaux, était devenue douteuse ; elle a été retrouvée 
à Embourg (Ourthe) par M. H. Donckier. 
Melilotus parviflorus Desf. — Bords des chemins : Membach 
(H. Donckier). 
Trifolium agrarium L. — Bois montueux : Chaudfontaine. AR. 
— montanum L. — Prés : Surdents (Andrimont) (C. Bouhon). 
—— fragiferum L. — Lieux herbeux : Chokier. 

“Vicia Bobartit Forster; Crép. Man., 2me éd., p. 74. — Pelouses : Prayon 
(P. Bounameaux). 

Lathyrus sylvestris L. — Buissons : Huccorgne (0. Hecking), Tavier 
(CG. Malaise). 

Lythrum Salicarla L. var. ovalifolium Éd. Martens. — Ile Moncin 
(A. Maréchal). 


(111) 


*Scleranthus perennis L. — Lieux arides : Liége. 

Cette espèce est-elle très-rare dans notre province ? ou bien passe- 
t-elle inapercue ? Il serait difficile de répondre à ces questions. Toujours 
est-il que c’est la première fois qu’elle est signalée dans une localité 
précise. En effet, dans la Flore de Spa, Lejeune l'indique seulement aux 
environs de Maestricht, et dans le Compendium « in arenosis totius Belgii.» 
Aucun autre travail sur la flore liégeoise n’en fait mention. 

Rubus caesius L.; G. Genevier Essai monographique sur les Rubus du 
bassin de la Loire, p. 9. — Lieux frais : Goffontaine, Prayon, 
Chaudfontaine. 

—  ligerinus G. Gen. Mém. Soc. acad. de M. et L., VII, p. 75: 

Essai monogr., p. 18. 

Une des meilleures espèces démembrées du type linnéen; elle croit 
abondamment à Fétinne (Liége), sur les graviers des bords de l’Ourthe, 
entre l’église et le pont du chemin de fer. 

Rubus serpens Godr. et Gren. F1. de Fr., 1, p. 558; G. Gen. Essai, 
p. 50. — Bois : Les Mazures. 

—  echinophora Müll, Jahresb. der Pollich., 1838, p. 171 ; G. Gen. 
Essai, p. 52. — Bois : Kinkempois, dans l’allée des Soupirs. R. 

—  spinosissimus Müll. Z. c., p. 177 ; G. Gen. Essai, p. 54. — 
Bois : Kinkempois, dans l’allée des Soupirs. AA. 

—  corylifolius Sm. ÆEngl. bol., 192; — R. sublustris Lees ; 
G. Gen. Essai, p. 45 ; — R. dumetorum W . et N. x. vulgaris Lej. 
Comp. F1. belg., I, p. 162 ; — R. nemorosus Le]. Rev. FI. Spa, 
p. 101; — R. tomentosus Lej. F1, Spa, I, p. 516. — Haies : 
Chaudfontaine. PA. 

—  vestitus W.ctN. Rub. germ., p. 81, tab. 55 ; — R. vinelorum 
Holandre F1. Moselle, éd. IE, p. 267 ; G. Gen. Essai, p. 160. — 
Coteau aride : Colonster, A. — « Votre ronce de Colonster est le 
R. conspicuus Müll. qui, pour moi, n’est que le R. vestitus W. 
et N. » (G. Gen., in litt.). 

* — villicaulis Kôhl. in W.etN.Z. c., p. 45, t.17; G. Gen. Essai, 
p. 269. — Lieux ombragés : Goffontaine. 

—  éhyrsoideus W imm., F{. von Schles. ; — R. fruticosus W. et N. 
L. e., p. 24,1. 7 (non L.) — Nessonvaux, talus de la route. A. — 
« Vos spécimens sont identiques aux échantillons typiques que je 
tiens de l’auteur » (G. Gen. in litt.). 

—  discolor W.et N.Z. c.,p. 46, t. 20 (non Bor.) ; G. Gen. Æssai, 
p.225. — Haies : Magnée. 


(112) 


‘Rubus argentatus Müll. Vers., p. 20, n° 26; G. Gen. Essai, p. 298 ; — 
R. argenteus W. et N. Rub. germ., p. 19? ; Schultz Herhb. norm., 
cent. 5, n° 251. — Haies : Fléron. 

* —  praetervisus Rip. in G. Gen. Essai, p. 247. — M. A. Maréchal 
et moi avons découvert ce beau Rubus à Voroux-lez-Liers (limite 
de la zone cale. avec la zone arg.-sabl.), où il est assez abondant. 

Je saisis l’occasion pour exprimer toute ma gratitude à M. Gaston 
Genevier, de Nantes, qui a bien voulu examiner et déterminer mes Rubus. 
Il serait trop long de donner ici la description des espèces nouvelles pour 
la flore belge ; je ne puis que renvoyer les botanistes désireux de les 
étudier, aux ouvrages spéciaux de notre savant confrère. 

*Fragarla vesca L.var. petiolulata Crép. Man., éd. 5, p. 138.— Bois : 

Goffontaine. 

Geum rivale L. — Bords des ruisseaux : Hombourg (Locht). 

Rosa mollis Sm. £ngl.'bot., XXXV, (1812), n° 2459; —R. tomentosa Sm. 
var. mollissima Dmrt. F1. belg., p. 95.— Coteau à Basse-Bodeux. 
AA. (Th. Durand et H. Forir). Je dois à M. Crépin la déter- 
mination de cette très-rare espèce. 

* —  dimorpha Besser Cat. hort. Crem., an. 1811, sup. 5, p. 19. — 
Bords des chemins: Avistère (Esneux)(H. Donckier et É. Durand). 
Ce rosier, déjà signalé à Waulsort (Namur) par M. Crépin, a été 
déterminé par M. Du Mortier. Il est très-rare partout. 
M. A. Déséglise, dans son Catal. rais. du genre Rosier, n° 379, 
ne lui assigne, en Europe, que sept habitations. 

—  comosa Ripart in Schultz Arch. de la FI. de Fr. et d’AU. (1852), 

p. 254. — Bois : Sy (Vieuxville) et Flémalle-Haute (H. Donckier). 

* —  glohularis Franchet in Bor. F1. cent. Fr., éd. 5, n° 859. — 
Bords des chemins : Lixhe, Comblain-la-Tour (H. Donckier). 

* — andegavensis Bast. Essai Fl. de M. et L. (1809), p. 189 et Suppl. 
(1812), p. 29. — Rochers : Brialmont (Tilff) (H. Donckier). 

C’est en adoptant la manière de voir de M. Déséglise, qui considère 
le R. ambiqua Lej. Rev. FI. Spa, p. 98, comme différent du rosier de 
Bastard, que j'indique cette dernière plante comme nouvelle pour la flore 
liégeoise. 

Mon ami H. Donckier, qui a longtemps collectionné avec ardeur les 
Roses de notre province, m'a communiqué bon nombre de localités 
nouvelles pour les R. tomentosa, subglobosa, rubiginosa, micrantha, 
lutetiana, dumalis, dumetorum, tomentella et canina v. biserrata, Bien que 


(113) 


ces roses ne rentrent pas tout à fait, comme raretés, dans le cadre de cette 

note, leur aire de dispersion est encore si mal connue, que Je crois 

nécessaire de les citer. 

Rosa tomentosa Sm. — Meuse : Huccorgne (0. Hecking). Ourthe : Sy, 
Comblain-la-Tour, Hoemont, Oneux, Sart-Tilman (H. Donckier). 
Vesdre : Hèvremont, Beaufays, Ninane (H. Donckier). Rég. 
ard. : Polleur (H. Donckier et É. Durand). Zone arg.-sabl. : Mar- 
neffe (T. Durand). 

—  subglobosa 5m. — Ourthe: Sy, Brialmont (H. Donckier). Vesdre : 
Nantistay (A. Donckier). 

— rubiginosa L. — Ourthe : Comblain-la-Tour, Hoemont, Dou- 
flamme, Embourg. Meuse : Flémalle-Haute (H. Donckier). Zone 
arg.-sabl. : Fumal. A. (T. Durand). | 

—  micrantha Sm. — Ourthe : Hamoir, Esneux, Brialmont. Meuse : 
Flémalle-Haute(H. Donckier). Vesdre : Meuschemen (A. Donckier). 

—  lutetiana Lem. — Ourthe : Famelette, Embourg, Colonster 
(H. Donckier). Rég. ard. : Lierneux (T. Durand et H. Forir). Zone 
arg.=sabl. : Fooz, Lens-St-Remy (T. Durand). 

—  dumalis Bechst. — Meuse: Kinkempois (H. Donckier). Ourthe : 
Comblain-la-Tour, Avistère, Famelette, Tilff, Colonster, Brial- 
mont, Embourg, Sart-Tilman, Chénée (H. Donckier). Vesdre : 
Nantistay (A. Donckier). Rég. ard, : Trois-Ponts (H. Donckier et 
T. Durand). 

—  dumetorum Thuill. — Ourthe: Sy, Hamoir, Hoemont, Tilff, 
Embourg (H. Donckier), Beauregard (H. Donckier et E, Durand). 
Rég. ard. : Stavelot (H. Donckier et T. Durand). 

—  tomentella Lem. — Ourthe : Sy, Hamoir, Hoemont, Brialmont, 
Tilff, Embourg (H. Donckier). Vesdre : Goé, Hévremont (H. 
Donckier). Rég. ard. : Stavelot, Trois-Ponts (H. Donckier et 
T. Durand). 

—  canina L. var. biserrata, — Rég. ard. : Lierneux (T. Durand 
et H. Forir), Trois-Ponts (H. Donckier et T. Durand). 

“Agrimonia stipularis Dmrt. F1. belg., p. 97. Foliolis argute dentatis 
(foliolo impari sessili), ovato-oblongis, acutis ; bracteis lanceolatis. 
— Buissons : Glons. AR. (T. Durand et A. Maréchal). 

Poterium muricatum Spach.— Prairies artificielles : Spa (0. Hecking). 

Cotoneaster integerrimus Med.—- Rochers : Huccorgne (G. Dewalque). 


*Epllobium Lamyi Schultz. — M. A. Devos a découvert cette plante à 
l'Ile Moncin (Herstal). 


(114) 


Cireañea intermedia L. — Bois frais : Halinsart, près de l’entrée du 
grand tunnel. A. 
Selinum carvifolia L. — Bois humides : Embourg (A. Devos), Ensival 


(M. Michel), Sart-Tilman. 

Anethum graveolens L. — Chokier, QQP. 

‘Heracleum angustatum Bor. F{. centr. Fr., éd. 5, 11, p. 758. — 
M. L. Pierry m'a communiqué des échantillons d’un 
très-curieux Aeracleum récolté par lui aux Tawes (Liége). 
— La description donnée par Boreau de son Æ. angus- 
tatum Jui convient de tous points. C’est une forme 
remarquable qui devrait être soumise à la culture pour 
voir si ses caractères différentiels se maintiendraient. 

_—. pratense Jord. ! Pug. (1852), p.74; Bor. L. c., 11, p. 287. 
— Prairies : Goffontaine, A. 
Torilis infesta Hoffm. — Lieux pierreux : Renouprez (Verviers). 
“Vincetoxieum laxum Barth. — Rochers entre Andrimont et Verviers 
(C. Bouhon). 

Limnanthemum nymphoides Lmk. — Meuse à Cheratte (É. Durand). 

Erythraea pulchella Fries. — Charneux (Fraipont) (M. Michel). 

Hottonia palustris L. — Fossés : Fallais (zone arg.-sabl.). A. 

Cuscuta Trifolii Bab. — Hombourg (Locht). Zone arg.-sabl. : Lens- 


St-Remy. 
Myosotis repens Don, — Prairies humides : Goffontaine. A. 
Fe multiflora Mérat. — Prairies humides : Goffontaine. 


— caespitosa Schultz. — Zone argilo-subloneuse : Marneffe. A. 
Pulmonaria officinalis L.— Lieux ombragés:W egnez. AC.(C. Bouhon). 
— mollis Wolf in. Lehm. Asperif., p. 276; Dmrt. 
Monogr. Pulmon., p. 28. — Bois : Sussor (C. Bouhon), 

Mastat (P. Bounameaux), les Mazures, En-Rive. C. 
— montana Lej. F. Spa, 1, p. 98; Dmrt. /. c., p. 50. — 

Bois : En-Rive, AR. 

Echium Wierzbiekiti Habrl. —Lieux pierreux : Ile Moncin (A. Maréchal). 


Solanum chlorocarpum Spenn. — Lieux cultivés: Île Moncein 
(A. Maréchal), Froidheid, Nessonvaux (M. Michel). 
Hyoscyamus niger L. — Bords des chemins : (zone argilo-sablonneuse) 


St-Georges (Bultot), Kemexhe, Fize-le-Marsal, Oreye, Herstappe 
(Locht), Omal, Marneffe. A. 
Verbascum alopecurus Thuill. — Lieux incultes : Liége. R, 


(115 


Veronica polita Fries. — Lieux cultivés : Liége. Zone argilo-sablon- 
neuse : Lens-St-Remy. 
FT  — acinifolia L. — M. M. Michel a découvert, à Fraipont, cette 


rare espèce. 
—— scutellata L. — Fossé entre Fraipont et Trooz (M. Michel). 
— prostrata L. — « Quand j’ai passé à Nessonvaux, j’ai aperçu, 
dans une fente de rochers, une touffe énorme d’une plante 
que j'ai prise deloin pour le Veronica prostrata » (Ch. Baguet 
in litt., 18 mai 1877). Les botanistes de Nessonvaux devront 
rechercher cette très-rare plante, déjà signalée à Limbourg 
par Lejeune, Elle m’a aussi été indiquée à Chaudfontaine 
par M. Strail. 
Scrophularia aiata Gilib. — Bords des eaux : Glons (Th. Durand 
et À. Maréchal). Zone argilo-sablonneuse : Lamontzée. 
Linaria arvensis Desf.— Cette rare Linaire, observée au commencement 
du siècle par P. Michel près de Louveigné(Lej. Rev. FI. Spa, p. 124), 
vient d’être retrouvée à Marchin (Huy), par M. 0. Hecking. 


Euphrasia nemorosa Soy.-Will. — Pelouses : Aywaille, Sougnez 
(T. Durand et A. Maréchal). 
Orobanche minor Suit. — Zone argilo-sablonneuse : Crisnée (Locht), 


Wasseige, Darion, Lens-St-Remy. C. 

Lathraea squamaria L. — Goffontaine (F. Winand et T. Durand). 

Mentha velutina Lej. — Zone argilo-sablonneuse : Avennes. KR. 

—  nemorosa Willd. — Bord de la Vesdre : Goffontaine. C. 

—  incana Sm. — Graviers de la Meuse : Visé. AA, (V. Mouton). 

—  viridis L. — Lieux ombragés : Fraipont (M. Michel). 

—  agrestis L. var. ovalifolia Timb.-Lagr. — Fossés : Pepinster, 
Goffontaine, Magnée, Halleux. AA. 

— Wirtgeniana Schultz. — Rocailles de Ja Meuse : Sclessin. A. 
(Th. Durand et A. Maréchal). 

—  Strailii Th, Dur. Rech. sur les Menth. liég., 1876, p. 16. — 
Graviers de la Vesdre : Goffontaine. AA. 

—  gentilis L. :. legitima Lej. Comp. FI. belg., IL, p. 255. — 
Bords de la Vesdre : Goffontaine, Trooz, Chaudfontaine. AA. 

—  Crepiniana Nob.; — M. gentilis B. vesana Lej. L. c. — Bords 
de la Vesdre : Goé (H. Donckier). 

—  elliptica Lej. Rev. FI. Spa, p. 117; — M. gentilis y. cuneifolia 
Lej. Comp. FI. belg., Il, p. 255. — Bords de la Vesdre : 
Goffontaine. AC. | 

10 


(116) 


Salvia Sclarea L. — Bords des chemins : Ile Moncin. RR. (A. Maréchal). 

—  verticillata L.— Bords des chemins : entre Fraipont et Trooz. R. 
(M. Michel). 

—  pratensis L. — Coteaux secs : entre Fraipont et Trooz. AA. 
(M. Michel). 

Calamintha menthaefolia Host.— Coteaux secs : Esneux (Ed. Morren). 
Indiqué autrefois par Lejeune à Theux et à Spa. 

Melissa officinalis L. — Entre Dalhem et Bombaye (V. Mouton), Tilff 
(É. Marchal), Sougnez, pied des rochers. A.(T. Durand et A. Maréchal). 

Nepeta Cataria L.— Bords des chemins : Chokier. R. (É. Durand), Glons 
(A. Maréchal). Zone argilo-sablonneuse. Bassin de la Mehaigne : 
Braives, Avennes, Moxhe, Embresin, Burdinne, Acosse, Lamontzée, 
Vissoul. 

C’est par milliers de pieds que l’on peut récolter cette plante dans 
ces différentes localités de la zone argilo-sablonneuse. 

*Lamium incisum Willd. — M. A. Devos a observé cette plante dans 

un lieu cultivé à la Boverie'(Liége), où elle était abondante. 
— mutabile Dmrt. — Lieux ombragés : Trooz, Chaudfontaine. 

Stachys annua L. — Champs : Liége. 

Marrubium vuligare L. — Zone argilo-sablonneuse : Omal, Houtain- 
l’Évêque, Braives, Fooz, Hollogne-sur-Geer, Avennes, Moxhe, Embre- 
sin, Acosse, Burdinne, Lamontzée, Vissoul. 

Même observation que pour le Mepeta Cataria. 

Brunella alba Pall. — Coteaux secs : Vaux-sous-Chèvremont (Strail, 
Éd. Morren). 

Scutellaria minor L. — Lieux marécageux : Colonster. 

Teucrium Chamaedrys L. — Rochers : Comblain-au-Pent. 

Campanula rapuneuloides L. — Champs : Hombourg (Locht). 

à — plicatula Dmrt. Fl. Belg., p. 58. — Cette jolie Cam- 
panule croit abondamment dans des champs à Halinsart 
(Fraipont). M. Strail l’a aussi découverte à Chénée. 

— glomerata L. — Prairies : Les Surdents (Andrimont) 
(C. Bouhon). 

Onopordon Acanthium L.— Zone argilo-sublonneuse : Omal, Embre- 

sin, Moxhe, Moxhiron, Fallais. A. 

Lappa tomentosa Lmk.— Bords des chemins : Chaudfontaine. — Dans 
notre province, cette espèce ne parait pas exister en dehors de la 
vallée de la Vesdre, où elle est très-rare. 


(117) 
Centaurea Calcitrapa L. — Bords des chemins. Zone arg.-sabl. 


Bassin de la Mehaigne : Avennes, Moxhe, Marneffe, AA. 
— solstitialis L. — Lieux incultes : Visé (V. Mouton). 


*Artemisia pontica L. — Cette plante est assez abondante sur un 
coteau aride à St-André (bassin de la Berwinne) (V. Mouton). 
Stenactis annua Nees. — Lieux incultes : Sclessin. R. — Lejeune a 


signalé cette plante aux environs de Verviers. Mes échantillons sont 
identiques à ceux de la localité classique de Groenendael (Brabant). 

Doronicum Pardalianches L. — Cette belle Composée paraît décidé- 
ment assez répandue dans le bassin de la Vesdre. — M. Bouhon vient 
d’en découvrir une riche habitation à Petit-Rechain. 


Senecio aquaticus L. — Prairies humides : Vennes (V. Mouton). 
Petasites fragrans Presl. — Naivagne (Tilman in herb. H. Don- 
ckier). 


*Taraxacum rubrinerve Jord. Pug., p. 115; Bor. F1. cent. Fr., U, 
p. 575. — Champs : Les Mazures. AR. 

— palustre DC. Fi. Fr., IV, p. 48. — Prés humides : Les 
Mazures. — Boreau (F1. cent. Fr., p. 225) a donné une 
bonne clef analytique des races du Taraxacum vulgare. 

Lactuca Scariola L. — Lieux incultes : Chaudfontaine (M. Michel). — 
En dehors de la vallée de la Meuse, cette plante est très-rare dans 
notre province. 

Crepis paludosa Mônch. — Bois humides : Kinkempois. 


Xanthium strumarium L. — Val-Dieu (Tilman). 
— spinosum L. — Lieux incultes : Angleur, Aguesses. AA. (A. Maré- 
chal). 


Cette plante du midi fructifie très-rarement sous notre climat ; cependant, 
au mois d'octobre 1876, M. A. Maréchal m’en a fait récolter, à la première 
des habitations citées, de très-beaux échantillons portant des graines par- 
venues à maturité. 

Salix rubra Huds. —- Bords d’un fossé à Hansez (Olne) (M. Michel). 

*“Ornithogalum angustifolium Bor. Vot. XXXVI, n°2; F1. cent. Fr.., 
éd. 5, IL, p. 625. — Prairies : Flère (Cornesse). AR. 

Phalangium ramosum Lmk. — Cette Liliacée, une des raretés de la 
flore belge, indiquée à Verviers par Lejeune (F1. de Spa, Comp. F1. 
belg.), n’avait pas été revue, dans la province de Liége, depuis une 
quarantaine d’années. M. le professeur Éd. Morren l’a retrouvée sur 
un coteau pierreux, près d’Aywaille, où elle est abondante. 


(118) 


Muscari comosum L. — Lieux cultivés : Liége (H. Forir). Trouvé 
autrefois par Lejeune entre Theux et Louveigné. 

Narthectum ossifragum Huds. — Lieux tourbeux : La Gleize. 

Orchis ustulata L. — Prairies : Sainval. AR. 

Gymnadenia viridis Rich. — Prairies fraiches : Hombourg (Locht), 
Mastat (Beaufays) (P. Bounameaux). 

Platanthera montana Rchb. — Bois : Mastat (Beaufays) (P. Bouna- 
meaux), Cornesse. 

Cephalanthera grandifiora Bab. — Bois montueux : Mastat (Beaufays) 
(V. Bounameaux). 

Neottia Nidus-avis Rich. — Bois frais : Soiron. CC. (C. Bouhon), 
Mastat (Beaufays) (P. Bounameaux). 

Potamogeton alpinus Balb. — Fossés : Hombourg (Locht). 

Zannichellia palustris L. — Fossés: Trasinster (Fraipont) (M.Michel). 

Lemna gibba L. — Zone argilo-sablonneuse : Waremme, Darion. 


“Sparganium simplex Huds. var. fluitans Fries. — Zone argilo- 
sablonneuse : dans la Mehaigne à Braives. 
Carex virens Lmk. — Bois frais : Goffontaine. AR. 


— elongata L. — Lieux marécageux : Fraipont (M, Michel). 

—  fulva Good. — Lieux marécageux : Haute-Fraipont (M. Michel). 
Setarla glauca P. B. — Lieux cultivés : Pepinster, Sclessin. A. 
Phleum nodosum L. — Coteaux : Chokier. 

Agrostis stolonifera L. — Lieux herbeux : Liége. 

Calamagrostis varia Link. — Bois montueux : Charneux (Éd. Morren 
et À. Devos). 

Aîra multicuilmis Dmrt. — Terrains secs : Olne (M. Michel). 

*rrhenatherum bulbosum Presl. — Champs : Liége. R. 

Catabrosa aquatica P. B. — Zone argilo-sablonneuse. Bords du Geer : 
Lens-St-Remy, Lens-St-Servais, Geer, Abolens, Ligney, Darion, 
Hollogne-sur-Gcer, Grand-Axhe, Longchamps. C. 

Festuca arundinacea Schreb. — Zone argilo-sablonneuse. Bords de 
la Mehaigne à Braives. AA. 

Equisetum maximum Lmk. — Bords des ruisseaux : Hombourg. A. 

(Locht). 
— sylvaticum L. — Bois : Hombourg (Locht). 


(119) 


BIBLIOGRAPHIE. 





Les Palmiers. — Histoire iconographique, par Oswald de 
Kerchove de Denterghem (1). 


Depuis quelques années, le publie lettré montre un goût 
très-prononcé pour les sciences. Ce goùt s'est-il développé 
spontanément, ou bien a-t-il été provoqué par les gens de 
science ? Nous ne chercherons pas à répondre à cette double 
question; nous nous bornerons à constater qu'aujourd'hui 
chacun est curieux de jeter un coup d’œil dans le champ 
cultivé par les hommes spéciaux, et de se rendre compte des 
progrès accomplis par les sciences et surtout par les sciences 
naturelles. 

Pour répondre à ce besoin, les éditeurs, ceux de Paris en 
particulier, s'adressent de toutes parts aux savants pour obtenir, 
non pas des mémoires et des traités scientifiques, mais des 
livres que les gens du monde peuvent lire et comprendre 
sans avoir reçu une instruction spéciale. Ces livres sont ren- 
dus d’autant plus attrayants que rien n’y est épargné sous 
le rapport matériel : la typographie, la gravure et l'aquarelle 
en font de véritables bijoux. 

L'éditeur Rothschild, si connu par ses belles publications 
sur la botanique, a voulu ajouter à sa riche collection une 
Histoire des Palmiers. C’est en Belgique qu'ilest venu chercher 
un savant pour cette nouvelle publication et c’est notre 








(1) Un volume grand in-8°, de VIIL-348 pages, 228 figures intercalées 
dans le texte et 40 planches coloriées ; Paris, 1878. 


( 120 ) 


confrère, M. le comte Oswald de Kerchove, qui a été chargé 
de nous faire connaître le monde des Palmiers. 

Avant d’aller plus loin, disons que l’auteur a réussi com- 
plètement dans son œuvre. Son livre témoigne qu’il possède 
son sujet et qu'il l’a longuement müri. Il était à craindre 
que l’innombrable quantité de faits, que l’effrayante 
nomenclature taxinomique et que les détails d'anatomie et 
de morphologie, ne rendissent l’exposition lourde et indi- 
geste au lecteur étranger à la botanique; mais les faits et la 
nomenclature ont été tellement bien agencés et fondus dans 
l’histoire, qu’on lit celle-ci sans la moindre fatigue, disons 
même, avec un grand plaisir. En fermant le livre, on est 
tout surpris d’avoir tant appris sur les Palmiers après 
quelques heures de lecture. 

Dans les six premiers chapitres, l’auteur nous fait parcourir 
toutes les régions tropicales, où le Palmier, ce roi du règne 
végétal, « imprime à la flore un caractère indicible de force 
« et de magnificence, où il symbolise l’incomparable puissance 
« d'une nature pleine de fécondité, d’exubérance et de 
« richesse. » Dans ces chapitres, le tableau de la distribution 
géographique des Palmiers est traité de main de maitre, tant 
au point de vue scientifique, qu’au point de vue du style qui 
est élégant et coloré. 

Le chapitre VII embrasse l’histoire des Palmiers fossiles. 
Encadrée comme elle l’est et résumée par un palmologue, 
cette histoire est extrêmement intéressante. 

Dans le chapitre VIII, l’auteur fait l’histoire du Palmier 
aux points de vue littéraire, artistique et historique. I] nous 
montre quel rôle le Palmier a joué depuis l'antiquité la plus 
reculée jusqu’à nos jours. Cet arbre, qui a toujours vive- 
ment attiré l’attention, a une histoire dans toutes les contrées 
où il étend son domaine; il a eu ses légendes ; il a fait l’objet 


(121) 


de superstitions ; il a été peint et seulpté sur les monuments : 
il a inspiré les poètes. Dans ce même chapitre, l’auteur nous 
trace le tableau des introductions successives des Palmiers 
dans les cultures européennes; puis, il consacre quelques 
pages aux botanistes qui se sont illustrés par leurs travaux 
sur les Palmiers, à Alexandre de Humboldt, à F. von 
Martius, à Ch.-L. Blume, ete., et aux hardis voyageurs qui 
ont enrichi la science par leurs découvertes. 

Le chapitre IX renferme une exposition claire et méthodique 
de l’organographie, de l’anatomie et de la physiologie des 
Palmiers. 

Ce chapitre est terminé par quelques considérations sur la 
classification des Palmiers et par deux tableaux : l’un repro- 
duisant la classification de von Martius, l’autre, la classification 
de M. H. Wendland. L'auteur ne se prononce pas sur la valeur 
relative de ces deux classifications. Il se contente de dire que 
celle de von Martius est encore regardée par beaucoup 
d'auteurs comme étant la meilleure des classifications connues. 
Cette classification est basée sur des caractères tirés de l’inflo- 
rescence, des spathes, du nombre des loges de l’ovaire et du 
fruit, du nombre des graines et de la position de l’embryon 
dans celles-ci. 

La majeure partie des divisions de la classification de 
M. Wendland repose sur des caractères présentés par les 
graines et le fruit. La classification de cet auteur diffère nota- 
blement de celle de von Martius. 

Nous n'avons pas à Juger ici du mérite de ces deux classifi- 
cations ; mais si, dans celle de M. Wendland, il se trouve, 
ainsi qu'il le paraît, des coupes artificielles, il pourrait fort 
bien se faire que ses bases ne fussent pas celles d’une elassi- 
fication vraiment naturelle. 


La classification de von Martius comprend 47 genres; tan- 


(122%) 


dis que celle de M. Wendland en comprend 109, dont 42 ont 
été créés par ce dernier. On a reproché à ce botaniste et 
à ses collaborateurs d’avoir énormément augmenté le nombre 
des genres; mais il paraîtrait que les genres créés par 
M. Wendland sont très-nettement caractérisés. 

Le nombre connu des espèces de Palmiers s’est accru 
d’une facon extraordinaire depuis quelques années. Linné 
n’en décrivit que 15 espèces ; Ruiz et Pavon en découvrirent 
8 nouvelles espèces; Rumph, qui habitait aux Indes-Orientales, 
en a connu davantage ; Humboldt et Bonpland signalèrent un 
nombre de types plus considérable encore. Depuis lors, les 
travaux de Martius, Liebmann, Griffith, d’Orbigny, Blume, 
Spruce, Wallich, Seemann, Brongniart, Hooker, Wendland, 
Kurz, Scheffer, Drude, Mann, Beccari, etc., ont considéra- 
blement augmenté le nombre des Palmiers, Aujourd’hui, 
en se basant sur l’Index général dressé par M. de Kerchove 
et qui renferme plus de 5,000 noms synonymiques, le 
nombre des espèces admises par M. Wendland s’élèverait 
à près de 1,040. Pour sa part, ce dernier monographe en a 
créé 109. Cette progression dans le nombre des espèces est 
vraiment extraordinaire, et en considérant certains autres 
groupes de plantes qui ont fait l’objet d’une révision sévère, 
on peut se demander si le nombre d’espèces admises par 
M. Wendland ne dépasse pas le nombre des espèces véritables. 

Le chapitre X est consacré aux usages auxquels servent les 
différentes parties des Palmiers. 

Le chapitre XI traite de la culture des Palmiers, qui sont 
devenus, de notre temps, l’un des plus beaux ornements de 
nos serres. 

Enfin le chapitre XII renferme la description de quarante 
Palmiers que représentent autant de magnifiques chromo- 
lithographies dessinées par M. De Pannemaeker. Ces 


(2125.)) 


quarante Palmiers forment une collection d’élite de serre 
froide et de serre chaude. Les uns, par la beauté de leur port, 
la facilité de leur culture, la vigueur de leur croissance, 
jouissent d’une juste popularité; les autres, plus rares, d’une 
culture moins faeile, d’une complexion plus délicate, récla- 
ment des soins particuliers et l’abri de serres humides et 
chaudes. 

L'ouvrage de notre savant confrère est un beau et bon livre 
qui est appelé à rendre de grands services. Les botanistes y 
trouveront un aperçu complet de tout ce qui concerne l’im- 
portant groupe des Palmiers; il sera pour les amateurs de 
Palmiers et les praticiens un guide précieux; enfin, les gens 
du monde y trouveront le tableau d’un des plus splendides 
aspects du monde végétal. 

Pour élaborer son travail, M. de Kerchove n’a pas seule- 
ment dû consulter l’immense littérature qui se rapporte aux 
Palmiers et qui constitue toute une bibliothèque, mais il a 
dû encore faire une étude personnelle d’un grand nombre 
des faits qu’il a rapportés ou des objets qu’il & décrits. Il ne 
s’est pas contenté des précieuses ressources que lui offraient 
les riches collections de Gand; il a visité toutes les serres 
importantes du pays et fait de nombreux voyages à l'étranger. 

Ce premier travail, bien que très-important, n’est pas le 
résultat complet des recherches spéciales faites par l’auteur ; 
il n’est, en quelque sorte, que la brillante introduction à 
une monographie magistrale pour laquelle notre savant 
confrère rassemble, depuis longtemps, des matériaux de 
tout genre. 

LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL. 


(12%) 


Vergleichende Untersuchungen über die morphologischen 
Verhälinisse der ARACEAE, von D° Adolf Engler (1). 


Le mémoire de M. Engler se compose de deux parties : 
l’une traitant de la classification des Aracées (Aroïdées), 
l’autre, de la phyllotaxie et de l’évolution des axes dans ce 
groupe de plantes. 

Dans la préface, l’auteur entre dans quelques considérations 
générales sur les principes qui doivent guider le classificateur 
pour la délimitation des familles; il fait remarquer que la taxi- 
nomie entre, peu à peu, dans une nouvelle voie, en ne tenant 
plus exclusivement compte des organes floraux, mais en 
s'appuyant beaucoup sur les caractères morphologiques et 
anatomiques des organes de la végétation. 

Pour l’étude et la révision du groupe des Araceae, M. le 
D' Engler a fait entrer en ligne de compte ces deux catégories 
d'organes et, par leur secours, il est arrivé à un nouvel arran- 
gement de ces plantes. 

Il ne nous est pas possible de donner ici une analyse 
détaillée de la première partie du mémoire en question, car 
cette analyse devrait, en quelque sorte, reproduire in extenso 
le travail tout entier. Nous nous bornerons à donner le 
tableau des divisions du groupe des Araceae avée les genres 
qui s’y rapportent. Ce tableau permettra au lecteur de juger 
des modifications introduites par l’auteur dans la classification. 








(1) In-4o, de 76 pages, avec 6 planches coloriées; Dresde, 1877. (Extrait 
des Nova acta der Ksl. Leop.-Carol.-Deutschen Akademie der Naturfor- 
scher, t. XXXIX, nes 5 et 4). 


(1925) 


FamiLe Araceae. 
Sous-Famizre 1. — POTHOIDEAE Engl. 


Trib. I. Pothoene Engl. — Gen. : Pothos L., Pothoidium Schott, Ana- 
dendron Schott, Heteropsis Kunth, ? Amydrium Schott, Culcasia Beauv. 

Trib. Il. Anthurieae Schott. — Gen. : Anthurium Schott. 

Trib. IT. Zamioculcaseae Schott. — Gen. : Zamioculcas Schott (Gona- 
topus Hook. f.). 

Trib. IV. Symplocarpeae Engl. — Gen. : Lysichitum Schott, Symplo- 
carpus Salisb., Orontium L. 

Trib. V. Calleae Schott. — Gen. : Calla L. em. 

Trib. VI. Acoreae Schott. — Gen. : Acorus L., Gymnostachys R. Br. : 


Sous-Famizze 2. — MONSTEROIDEAE Schott em. 


Trib. I. Anepsiadeae Engl.— Gen. : Spathiphyllum Schott (Spathiphyl- 
lopsis Teysm. et Binnd.), Amomophyllum Engl. nov. gen., Anepsias 
Schott, Riodospatha Poepp. (Atimeta Schott), Stenospermation Sehott. 

Trib. II. Raphidophoreae Engl. — Gen. : Raphidophora Hossk., Epi- 
premnum Schott. 

Trib. III. Monstereae Schott pr. p. — Gen. : Monstera Adams (Tornelia 
Gutierez.), Scindapsus Schott, Cuscuaria Schott, Alloschemone Schott. 


Sous-Famizze 5. — LASIOIDEAE Engl. 


Trib. I. Lasieae Eng]. — Gen. : Cyrtosperma Griff. (Lasimorpha Schott), 
Lasia Lour., Anaphyllum Schott, Urospatha Schott, Echidnium Schott, 
Ophione Schott, Dracontium L. (Godwinia Seemann, Chersydrium 
Schott). 

Trib. IT. Montrichardieae Engl, — Gen. : Cercestis Schott, Nephthytis 
Schott, Montrichardia Crüger, Syngonium Schott. 

Trib. IT. Amorphophalleae Schott. — Gen. : Anchomanes Schott, Ples- 
monium Schott, Allopythion Schott, Pythonium Schott, Amorphophallus 
Blume (Conophallus Schott, Proteinophallus Hook., Brachyspatha 
Schott), Synantherias Schott, Raphiophallus Schott, Corynophallus 
Schott, Hydrosme Schott (Hansalia Schott). 


(1420:;) 


Sous-Famize 4. — PHILODENDROIDEAE Engl. 


Trib. 1. Richardieae Schott. — Gen. : Richardia Kunth. 

Trib. IL. Peltandreae Engl. — Gen. : Peltandra Rafin. 

Trib. III. Fyphonodoreae Engl. — Gen. : Typhonodorum Schott. 

Trib. IV. Philodendreae Schott em. — Gen. : Homalomena Schott 
(Curmeria Linden et André), Chamaecladon Miquel, ? Adelonema Schott, 
Bucephalandra Schott, Schismatoglottis Zollinger (Apoballis Schott, 
Colobogynium Schott), Apatemone Schott, Philodendron Schott, Philo- 
notion Schott. 

Trib. V. Anubliadeae Schott. — Gen. : Anubias Schott. 


Sous-FamILce 5. — AGLAONEMOIDEAE Engl. 


Trib. 1. Aglaonemeae Engl. — Gen. : Aglaonema Schott, ?? Aglaodorum 
Schott. 
Trib. Il. DBieffenbachiene Schott. — Gen. : Dieffenbachia Schott. 


Sous-Famizze 6. — COLOCASIOIDEAE Engl. 


Trib. I. Steudnereae Eng]. — Gen. : Steudnera C. Koch. 
Trib. Il. Caladieae Engl. — Gen. : Caladium Vent., ? Xanthosoma 
Schott (Acontias Schott, Phyllotaenium André, Andromycia La Sagra). 
Trib. III. Colocasiene Schott em. — Gen. : Colocasia Schott (Leucocasia 
Schott), Schizocasia Schott, Remusatia Schott, Alocasia Schott, Gona- 
tanthus Klotzsch. 


Sous-Famizze 7. — STAUROSTIGMOIDEAE Engl. 


Gen. : Mangonia Schott, Staurostigma Scheidw.,Taccarum Brongn., Lysi- 
stigma Schott (Endera Regel), ? Gamochlamys Baker. 


Sous-Famize 8. — AROIDEAE Engl. 


Trib. 1. Stylochitoneae Schott. — Gen. : Stylochiton Leprieur. 

Trib. Il. Zomicarpeae Schott. — Gen. : Zomicarpa Schott, Xenophya 
Schott. | 

Trib. III. Ariopsideae Engl. — Gen. : Ariopsis Graham. 


CAT ) 


Trib. IV. Spathicarpeae Schott. — Gen. : Spathantheum Schott, Spathi- 
carpa Hook., ? Gorgonidium Schott. 

Trib. V. Areae Engl. — Gen. : Arisarum Targ.-Tozz., Arisaema Mart., 
Pinellia Ten., Sauromatum Schott, Biarum Schott em. (Ischarum 
Blume, Cyllenium Schott), Leptopetion Schott, Arum L. (Gymnomesium 
Schott), Helicodiceros Schott, Helicophyllum Schott (Eminium Schott), 
Dracunculus Schott, Theriophonum Blume (Tapinocarpus Dalzel, 
Calyptrocoryne Schott), Typhonium Schott (Heterostalis Schott). 

Trib. VI. Ambrosinieae Schott. — Gen. : Ambrosinia Bassi. 

Trib. VII. Cryptocoryneae Schott. -— Gen. : Lagenandra Dalzel, Crypto- 
coryne Fischer. 


Sous-Famize 9. — PISTIOIDEAE Endl. 


Gen. : Pistia L. 


Sous-Famizze 10. — LEMNOIDEAE Engl. 


Trib. |. Lemneae Hegelm. —- Gen. : Spirodela Schleid., Lemna L. em. 
Trib. IT. Woiflieae Hegelm. — Gen. : Wolffia Horkel. 


L'auteur ne peut encore assigner une place certaine au 
genre Anthelia Schott, qui appartient peut-être aux Pothoïdées 
ou aux Monstéroïdées, ainsi qu’au genre £lopium Schott, qui 
semble appartenir aux Philodendroïdées. 

Pour chaque sous-famille, les affinités des tribus sont 
ingénieusement établies par une disposition graphique qui 
permet de saisir d’un seul coup d’æil les relations des tribus 
entre elies. 

La seconde partie du mémoire renferme le résultat de 
recherches approfondies et très-savantes sur la phyllotaxie et 
l’évolution des axes. À moins de s'étendre très-longuement, 
il n’est guère possible de faire apprécier la valeur des résul- 

tats multiples que l’auteur résume du reste lui-même dans 
douze paragraphes comprenant près de cinq pages. Nous 


(128 ) 


sommes convaincu que M. le D' Engler a très-brillamment 
préparé ainsi la grande monographie des Aracées qu’il doit 
publier prochainement dans la vaste collection monogra- 
phique éditée par M. Alph. De Candolle. 

SECR. GÉN. 


Relazione sui Cotoni coltivati nel r. orto botanico di Palermo 
nell’ anno 1876, per Agostino Todaro (1). 


Le savant directeur du Jardin botanique de Palerme fait, 
depuis 1865, des expériences de culture qui intéressent au 
plus haut point l’industrie de son pays. Ces expériences ont 
pour but de reconnaître quelles sont les espèces de Cotons 
qu'il est le plus avantageux de cultiver en Italie. 

Nous n’entrerons pas dans les détails qu’il donne sur les 
résultats de ses nombreux essais et qui ont un intérêt indus- 
triel ; mais nous devons faire remarquer que ces essais, faits 
principalement sous les auspices du Ministère de l’agriculture, 
de l’industrie et du commerce, lui ont permis de connaitre 
mieux les espèces du genre qu’on ne l’avait fait jusqu’à présent 
et de rectifier d’assez nombreuses erreurs de synonymie. 

Dans ce travail, il décrit longuement une nouvelle espèce 
qu'il a créée sous le nom de Gossypium microcarpum, type 
originaire du Mexique et dont la variété luxurians serait 
précieuse à cultiver en Italie. 

M. Todaro se propose de publier prochainement sur les 
Cotons, un grand travail ayant pour titre : Relazione sulla 





(1) In-folio, de 15 pages, avec une planche coloriee ; Palerme, 1877. 


(129 ) 


cultura dei Cotoni in Italia seguita da una monographia del 

genere Gossyrium, avec des planches chromolithographiées. 

Cet important travail sera publié sous les auspices du 

Ministère de l’agriculture, de l’industrie et du commerce. 
SECR. GÉN. 


Ueber BoTRYDIUM GRANULATUM, von J. Rostafinski und 
M. Woronin (1). 


MM. Rostafinski et Woronin nous font connaitre le 
développement complet d’une Algue chlorosporée connue 
depuis Wallroth sous le nom de Botrydium. — Le B. granu- 
latum habite le limon argileux au bord des étangs, ou les 
endroits défoncés, souvent humides. Il se compose d’une partie 
aérienne, globuleuse, verte, de la grosseur d’une tête d’épingle, 
et d’une partie souterraine, rhizoïdique, qui n’est qu’un pro- 
longement aminei et ramifié par dichotomie, de la cellule 
globuleuse aérienne. Cette dernière seule renferme la 
chlorophylle. Transportée dans une goutte d’eau, elle 
donne naissance à de nombreuses zoospores asexuées, pour- 
vues à leur extrémité d’un seul cil vribratile. Ces zoospores 
sont susceptibles de germination immédiate. 

Mais le sporange aérien n’est pas toujours soumis aux mêmes 
vicissitudes. Lorsque l’air extérieur se dessèche, ce sporange 
seratatine, se vide; son protoplasme a passé dans les rhizoïdes, 
où il s’est rassemblé en petites masses qui s’entourent chacune 
d’une membrane. Les cellules constituées par ces amas, 
suivant qu’elles sont placées dans une goutte d’eau ou bien 








(1) In-4, de 18 pages, avec 5 planches; Leipzig, 1877. 


(150 ) 


sur la terre humide, forment des zoospores asexuées semblables 
aux premières, ou s’allongent vers le sol en rhizoïdes et 
reconstituent la plante. 

Enfin ces mêmes cellules, lorsqu'elles sont laissées dans le 
substratum auquel on rend une humidité égale et prolongée, 
forment sous terre des sporanges globuleux à parois épaisses. 
Si les circonstances extérieures continuent à être favorables, 
ces sporanges sont poussés à la surface par croissance interca- 
laire du rhizoïde. Ils peuvent aussi produire des zoospores 
monociliées. 

Ces phases de développement déjà si variées ne sont pas les 
seules que présente le Botrydium. Sous certaines influences, 
surtout par l’insolation directe, le contenu de l'organe aérien 
peut se fragmenter en un certain nombre de cellules munies 
de membranes, et dont la couleur, verte d’abord, peut se trans- 
former plus tard en un beau rouge. Ces cellules, mises en 
liberté, donnent naissance à de nombreuses zoospores bici- 
liées ; celles-ci son sexuées et ne peuvent reproduire l’indi- 
vidu qu'après avoir copulé à deux ou à plusieurs. La copula- 
tion estidentique,du reste, à celle que M. Pringsheim a décrite 
pour le Pandorina morum, et que l’on connaît aussi chez 
plusieurs autres Chlorosporées. 

Nous devons ajouter que les cellules rouges productrices 
des zoospores sexuées, après deux ans de conservation, four- 
nissent des zoospores qui germent sans copulation. L'évolution 
de l'individu s’est done entièrement accomplie, dans ce cas, 
sans qu’un acte sexuel soit intervenu. 

Tels sont les faits principaux consignés dans le travail de 
MM. Rostafinski et Woronin. L’Hydrodictyon décrit par 
M. Pringsheim et le Botrydium fournissent, sans contredit, 
les deux chapitres les plus intéressants de l'histoire des 
Chlorosporées. Le travail est accompagné de planches magni- 


(151) 


fiques, beaucoup moins belles cependant que les planches 
originales dessinées par M. Woronin et que celui qui écrit cette 
notice a vues dans les mains de leur auteur. 

Dès aujourd’hui, l’histoire du Botrydium est classique. 


A. GILKINET. 


Arboretum Segrezianum, ou Énumération des arbres et 
arbrisseaux cultivés à Segrez, par Alph. Lavallée (1). 


Pour étudier à fond et avec succès un groupe quelconque 
de phanérogames, il est rare que le monographe ne doive 
pas recourir aux matériaux vivants. Ceux-ci sont même tout 
à fait indispensables chaque fois qu'il s’agit d’élucider une 
famille ou un genre à formes nombreuses et variables. C’est 
presque toujours le cas pour les végétaux ligneux, surtout 
ceux qui peuplent nos Jardins : tout le monde sait qu’il règne, 
dans la nomenclature horticole des arbres et arbrisseaux, une 
confusion inextricable ; leur synonymie se complique et gran- 
dit chaque jour. Le seul moyen de remédier à ce regrettable 
état de choses, — comme l'étude des matériaux d’herbier 
ne peut donner un résultat tout à fait satisfaisant, — consiste 
à réunir le plus grand nombre possible des formes cultivées, 
afin de pouvoir les étudier comparativement et dans toutes 
leurs variations. Mais cette entreprise est entourée de très- 
grandes difficultés. 

C’est cependant ce qui fut tenté plusieurs fois en France 
depuis le commencement du siècle dernier. Pour n’en citer 
qu’un exemple, nous rappellerons que le célèbre Duhamel- 


(1) Un volume in-8e, de 519 pages; Paris, 1877, J.-B. Baillière et fils. 
11 


(132) 


Dumonceau avait réuni, dans un but scientifique, environ 
un millier d'arbres et arbrisseaux, qu’il décrivit dans son 
célèbre Traité des Arbres, publié en 1755. D’autres grandes 
collections avaient aussi été rassemblées, mais elles ne don- 
nèrent lieu à aucun ouvrage de quelque importance et elles 
sont aujourd’hui presque entièrement dispersées. 

Actuellement, il n’y en a qu’une, à notre connaissance, qui 
embrasse la totalité des végétaux ligneux de pleine terre sous 
le climat du nord de la France : c’est celle qu’a formée 
M. Lavallée, membre de la Société botanique de France, et qui 
a donné lieu au livre dont le titre figure en tête de cette note. 
Sa collection forme une école modèle dont les richesses émer- 
veillent ceux qui ont la bonne fortune de la visiter. Aussi 
sera-ce toujours pour nous un souvenir bien agréable que 
celui de la visite que nous fimes au grand établissement de 
Segrez, en juillet 1875, en compagnie de notre savant et 
aimable confrère, M. Hérincq, du Muséum de Paris. 

Ce remarquable arboretum se trouve englobé dans un beau 
pare de 51 hectares. Il comprend 4267 espèces et variétés, 
dont 84 Monocotylées et 4081 Dicotylées, outre plus d’un millier 
de formes purement ornementales d’une nomenclature impos- 
sibleà débrouiller. Cequi fait le principal mérite de cette collec- 
tion hors ligne, c'est que chaque individu y a été l'objet d’une 
étude très-sérieuse. M. Lavallée a été puissamment secondé dans 
cette tâche si difficile par des spécialistes très-compétents 
MM. Decaisne et Hérincq, du Jardin des Plantes de Paris. Ila du 
créer à côté de cet herbier vivant : une collection de spécimens 


desséchés où chaque espèce se trouve représentée, soit par un 
rameau fleuri, soit par un rameau portant les fruits, et plus 
souvent par les deux à la fois; une collection de bois et une de 
fruits mous conservés dans l'alcool; une bibliothèque dendrolo- 
gique complète et un album de dessins faits sur nature et des- 
tinés à la publication d’un Icones des espèces rares, nouvelles 


( 155 

ou litigieusces cultivées à Segrez. On comprend qu’il s'attache un 
grand intérêt à l’inventaire d’une collection si vaste, dont la 
révision scientifique a été faite dans d’aussi bonnes conditions. 

Le livre de M. Lavallée sera d'une grande utilité, au double 
point de vue horticole et botanique : l'amateur de jardins y 
trouvera un guide sûr pour la formation et la dénomination 
des espèces ligneuses de ses cultures; et le botaniste y puisera, 
sur l’effrayante nomenclature de celles-ci, une foule de précieux 
renseignements. L’Arboretum Segrezianum n’est pas une sèche 
liste de noms. Il forme une énumération systématique, selon 
la méthode de De Candolle, des espèces et variétés d'arbres et 
arbustes cultivés à Segrez, mentionnant à côté du nom spéci- 
fique admis : l'indication des ouvrages où l’espèce est figurée, 
celle de la patrie, celle des variétés s’il y en a et ses nombreux 
synonymes. Certains genres y sont représentés par un très- 
grand nombre. d'espèces; nous citerons particulièrement les 
genres Quercus, Rosa, Salix et Pirus qui le sont, le premier 
par 104, le second par 84, le troisième par 81 et le dernier 
par 59 espèces. Ce sont là des chiffres qui n'ont jamais été 
atteints jusqu'à ce jour dans une collection générale, et qui 
sont déjà plus que suffisants pour donner une idée des saeri- 
fices que M. Lavallée a dû s'imposer dans l’intérêt de la science. 


É. MarCHAL. 


Flora of Mauritius and the Seychelles, by J.-G. Baker (1). 


Depuis quelques années, l'étude de la flore africaine a été 
poursuivie avec une activité extraordinaire par les botanistes 
de Kew. Nous avons vu paraître successivement : la Viger 





(1) Un vol. in-8, de 600 pages; London, L. Reeve, 1877. 


(154) 


Flora du D' Hooker, la Flora Capensis de Harvey et Sonder 
(dont on annonce la continuation par M. T. Dyer), les trois 
premiers volumes de la Flora of tropical Africa du professeur 
Oliver; voici maintenant M. Baker qui nous donne la Flore 
des tles anglaises du sud-est de l’Afrique. 

Publiée sous les auspices du gouvernement colonial de 
Maurice, celle-ci vise, naturellement, à être surtout utile aux 
botanistes résidants, aux explorateurs de ces belles régions, ce 
qui toutefois ne l'empêche pas d’être indispensable aux étran- 
gers dont les études embrassent la végétation exotique ! Elle 
est travaillée sur le plan des grandes Flores des colonies 
anglaises de MM. Bentham et Hooker. L'introduction com- 
prend : l'indication analytique des principaux ouvrages et 
collections consultés ; des considérations de géographie bota- 
nique ; puis, sous forme de résumé, une théorie élémentaire 
de la botanique, complétée par un glossaire renfermant les 
termes techniques usités dans les descriptions ; des indications 
pratiques sur la formation des collections et la détermination 
des espèces. Puis vient la partie descriptive, qui se termine 
par deux index : l’un des genres et des espèces, l’autre des 
dénominations locales. 

À la différence de la plupart des botanistes du continent, nos 
voisins rédigent leurs descriptions en anglais; leur langue, 
du reste, s'adapte parfaitement au genre descriptif et a peu à 
envier à la langue latine que, dans ce cas, nous substituons à 
notre langue maternelle. La classification adoptée est celle du 
Prodromus de De Candolle; seulement, dans la disposition 
des genres, M. Baker a généralement pris pour guide le Genera 
de MM. Bentham et Hooker. Il a été sobre de citations biblio- 
graphiques et sa synonymie est complète. Ses descriptions 
n’excèdent guère les limites de bonnes diagnoses et sont très- 
heureusement complétées par des tableaux analytiques placés 
en tête de chaque genre. 


( 155 ) 

Les données recueillies par M. Baker sur la distribution géo- 
graphique des espèces nous paraissent mériter un examen tout 
spécial. La flore de ectte région n’est plus ce qu’elle à été : la 
culture des plantes économiques en à fait disparaitre, en grande 
partie, la végétation ligneuse indigène. Ainsi à l’île Maurice, où 
elle présente un caractère franchement tropical (puisque c’est 
seulement sur le sommet de quelques pies élevés qu'elle possède 
un petit nombre de représentants de la végétation des régions 
méridionales tempérées), elle compte seulement 869 espèces 
indigènes et 269 espèces introduites. Dans le groupe des 
Seychelles, où la configuration morcelée et la nature physique 
des terres sont, en bien des endroits, fort peu favorables à la 
culture, on constate cependant que la flore a subi presque les 
mêmes vicissitudes qu'à l’ile Maurice; on n'y renseigne que 
358 espèces indigènes. Là, les Palmiers constituent un des traits 
les plus saillants de la végétation : on sait que ces iles sont la 
patrie du fameux ZLodoïcea sechellarum Labill. ou Coco de mer, 
et de quelques-uns des plus élégants Palmiers qui font l’orne- 
ment de nosserres chaudes. L'ile Rodriguez nourrit 202 espèces, 
dont 56 sont endémiques. Les 1058 espèces croissant à l’état 
sauvage dans ces trois îles appartiennent à 110 familles; 
295 sont communes à l’ancien et au nouveau monde; 145 le 
sont à l’Asie et à l'Afrique; 66 sont africaines et n’existent pas 
en Asie; et, ce qui est vraiment extraordinaire, 86 espèces 
sont asiatiques et ne croissent pas en Afrique. 

Ce dernier chiffre révèle, entre la flore de ces iles et celle 
de l'Asie, une affinité intime dont l'explication se rattache à 
l’un des problèmes les plus ardus de la géographie botanique, 
celui des espèces disjointes. Nous ne chercherons pas à nous 
rendre compte de la présence simultanée des mêmes espèces 
dans les iles africaines et dans l’inde par les causes ordinaires 
de transport, courants maritimes et aériens, animaux, etc. : 
l'immensité des distances s’y oppose. Nous n’admettrons pas 


(156) 


davantage l’hypothèse qu’à l’origine de nombreux représen- 
tants d’une même espèce aient pu être produits sur différents 
points du globe. Nous croyons qu'il est plus rationnel de s’ap- 
puyer sur les données récentes de la paléontologie, et de con- 
sidérer ces iles comme des lambeaux du continent asiatique, 
séparés de celui-ci, depuis l’existence des espèces, par l’immer- 
sion de la partie que recouvre actuellement la mer des Indes. 


r 


E. MARCHAL. 


Introduction to botanic teachings at the Schools of Vic- 
toria, by baron F. von Müller (1). 


Malgré la qualification d'aimable que l'on se plait à donner 
à la science des plantes, le nombre de ses adeptes est encore 
cependant fort restreint. Il faut surtout rechercher la cause 
de cet abandon dans le caractère trop peu pratique des pre- 
mières leçons sur cette branche. C’est ce qu'a parfaitement 
compris le savant botaniste de Melbourne, dont la nouvelle 
publication a pour but de remédier à cet inconvénient. Elle est 
écrite en vue de fournir, aux instituteurs de l’Australie méri- 
dionale, les matériaux d’un enseignement surtout pratique 
et intuitif, basé sur l'étude des végétaux indigènes les plus à la 
portée des enfants. Selon lui, ce n’est pas à la façon de la 
grammaire et de l’histoire qu’il faut enseigner la théorie de 
la botanique. Celle-ci doit découler, comme corollaire, de 
l'analyse d’un certain nombre de plantes appartenant à des 
familles variées. C’est là, du reste, le seul procédé rationnel, 
le seul qui ait réellement de l'attrait pour l'enfant, et fasse 


(1) Un vol. in &, de 152 pages et 56 figures; Melbourne, 1877. 


(157) 


naître en lui le désir de continuer plus tard des études dont 
il a déjà entrevu les charmes. Les familles sur lesquelles 
l’auteur fonde son enseignement sont au nombre de 22 ; seu- 
lement, il rapproche de plusieurs de celles-ci quelques espèces 
intéressantes appartenant à des groupes voisins. Elles sont 
traitées chacune dans un chapitre spécial pouvant fournir 
la matière de plusieurs lecons. Les espèces, toutes indigènes 
et choisies parmi les plus à la portée des élèves, y sont décrites 
et considérées sous le rapport de leur distribution géogra- 
phique et de leurs diverses applications. Des figures anato- 
miques originales, et un certain nombre d'autres empruntées 
aux « PJants of Victoria » du même auteur, y complètent 
le texte d’une façon très-heureuse. Un index des plantes citées 
et un appendice terminent le livre. Dans celui-ci, M. Müller 
énumère systématiquement les familles indigènes de la colonie 
de Victoria : elles sont au nombre de 116, dont 86 appartenant 
aux Dicotylées, 1 aux Gyÿmnospermes, 19 aux Monocotylées 
et 10 aux Acotylées. À part même toute considération pédago- 
gique, ce livre intéressera encore les botanistes par les détails, 
souvent inédits, que l’auteur y a consignés sur la belle flore 
australienne, qu'il continue à étudier avec tant de succès. 


’ 


E. MaRrcHAL. 


Flora of tropical Africa, by D. Oliver, assisted by other 
botanists ; volume III (1). 


Les questions qui se rapportent à l'Afrique centrale offrant 
en ce moment un intérêt exceptionnel, nous profitons de la 
publication récente du troisième volume de la Flora of tropical 





(1) Un vol. in*8o, de VINI-544 pages ; London, 1877. 


(158 ) 


Africa de M. Oliver pour signaler cet important ouvrage à 
l'attention de nos confrères. 

Les limites adoptées pour la Flora of tropical Africa sont 
très-vastes, car elles s'étendent au nord jusqu’au Sénégal, 
au Sahara et à la Nubie, et au Sud jusqu'au Benguela et au 
pays de Mossamèdes d'un eôté, et jusqu’au pays de Mozambique 
de l’autre, c'est-à-dire jusque vers le tropique du Capricorne; 
elles atteignent ainsi la région du Cap, dont la végétation 
est décrite dans la Flore de Harvey et Sonder, qui va être con- 
tinuée par M. T. Dyer. 

La région comprise dans ces limites est peut-être celle 
du monde dont la végétation était Jusqu'ici le plus imparfaite- 
ment connue. M. Oliver et ses collaborateurs ont eu à leur 
disposition les plantes récoltées par la plupart des courageux 
explorateurs qui, surtout dans ces derniers temps, ont entrepris 
de faire connaître à l’Europe cette portion presque ignorée du 
globe, et ils ont pu ainsi combler en partie une grande lacune 
dans nos connaissances botaniques. Toutefois, comme on doit 
s’y attendre, il reste encore bien des choses à ajouter pour 
remplir complètement le cadre tracé par l’auteur, et lui-même 
a déjà publié, en 1872, un important mémoire qui peut être 
considéré comme un premier supplément à sa Flore (1). 

La Flora of tropical Africa fait partie de la série de Flores 
publiées sous le patronage du gouvernement des Colonies 
anglaises, et élaborées, dans ces dernières années, au Jardin de 
Kew avec une activité surprenante; il en résulte qu'elle est 
rédigée d’après le plan uniforme admis pour les autres 
ouvrages analogues. Ainsi la classification adoptée est celle de 
De Candolle, avec les modifications que MM. Bentham et 
Hooker lui ont fait subir dans leur Genera Plantarum ; le texte 





(1) The Botany of the Speke and Grant Expedition, in-4°; London, 1872. 


( 139 ) 


est entièrement en langue anglaise; les descriptions sont géné- 
ralement concises, et la dispersion détaillée de chaque espèce 
dans le domaine de la flore est suivie, lorsqu'il y a lieu, de 
l'indication sommaire de la dispersion générale. 

Les deux premiers volumes de l'ouvrage, auquel collaborent 
plusieurs monographes, ont paru respectivement en 1868 et 
en 1871; nous n’examinerons ici avec quelques détails que le 
troisième volume, publié récemment. 

Ce volume traite des familles suivantes : les Ombellifères 
(comprenant 21 genres et 4 espèces, dont 6 nouvelles), les 
Araliacées (5 genres et 14 espèces, dont 2 nouvelles), les Rubia- 
cées (78 genres, dont 5 nouveaux et #76 espèces, dont 247 nou- 
velles), les Valérianées (1 genre et 1 espèce), les Dipsacées 
(5 genres et 7 espèces, dont 1 nouvelle), lesGoodénoviées (1 genre 
et À espèce) et les Ébénacées (4 genres et 29 espèces), ces sept 
familles décrites par M. Hiern; les Composées (117 genres 
et 468 espèces, dont 91 nouvelles), traitées par MM. Oliver 
et Hiern; les Campanulacées (comprenant les Lobéliacées, — 
7 genres et 49 espèces, dont 5 nouvelles), dues à M. Hemsley; 
les Éricacées (4 genres et 4 espèces), les Plumbaginées 
(3 genres et 5 espèces) et les Primulacées (6 genres et 
8 espèces), décrites par M. Oliver ; enfin les Myrsinées (4 genres 
et 11 espèces, dont 5 nouvelles) et les Sapotacées (5 genres 
et 25 espèces, dont 15 nouvelles), décrites par M. Baker. 

La publication de ce volume ayant suivi de peu d'années 
celle des parties correspondantes du Genera de MM. Bentham et 
Hooker, et les deux ouvrages étant élaborés, en grande partie, 
sur les mêmes matériaux, on comprend facilement que les au- 
teurs aient peu de genres à ajouter à ceux qui sont décrits dans 
le Genera. Nous en trouvons seulement trois, appartenant à la 
famille des Rubiacées ; savoir : le genre Enrerospermum Hiern, 
voisin du Tarenna Gärtn., dont il diffère par les ovules colla- 
téraux, le placenta indistinct et l’albumen ruminé, celui-ci 


(140 ) 


ayant les ovules attachés à un placenta large et charnu et 
l’albumen uniforme; le genre Zycoon Hiern, qui a le port de 
l'Empagona Hook. f., mais en diffère par l’absence de branches 
au style et par l’arrangement des ovules ; le genre LAMPROTHAN- 
Nus Hiern, voisin du genre Rhabdostigma Hook. f., dont il se 
distingue principalement par sa corolle infundibuliforme et 
non subrotacée, et par ses fleurs disposées en corymbe dense, 
subterminal et pédonculé, et non en panicule lâche et axil- 
laire. Ces trois genres sont jusqu'ici monotypes. 

Les auteurs ont presque toujours suivi la nomenclature 
générique de MM. Bentham ct Hooker. Cependant, ils s’en 
écartent parfois plus ou moins, soit dans l'indication de l’auteur 
du genre, soit dans le choix du nom générique lui-même ; ces 
différences sont basées sur des raisons de priorité. Plus rare- 
ment, les modifications consistent dans une délimitation diffé- 
rente des genres. 

Le Genera de MM. Bentham et Hooker étant aujourd’hui l'ou- 
vrage classique consulté par tous les botanistes, nous croyons 
intéressant de signaler ici les quelques corrections qu'y ont 
faites les collaborateurs de M. Oliver, en les classant en trois 
catégories, comme nous les avons indiquées plus haut : 


1° Dans les Rubiacées, nous avons noté : 


Virecta APZEL, au lieu de Vüirecta Smira, comme B. et H. 
Oldenlandia PLus., » Oldenlandia Linx., » » 
Randia Housr., » Randia Linx., » » 
Gardenia Erus, » Gurdenia Linx., » » 
Morinda Vair., » Morinda Lan. » » 
Diodia GroNov., » Diodia Lanx., » » 
Rubia Tourx., » Rubia Linx., » ” 


Dans les Ebénacées : 


Diospyros Darecu., au lieu de Diospyros Lin. 


(14) 


2° Les noms de genres modifiés sont, dans les Rubiacées : 


Mitragyne Korth. (1859) — Stephegyne Korth. (1840); B. et H. 

Tarenna Gärtn. (1788) — Webera Schreb. (1791); B. et H. 

Canthium Lam. (1785) — Plectronia DC. (1850) et B. et H., non Linn. 
nec Lour. 

Siphomeris Boj. (1826) — Lecontea A. Rich. (1850); B. et H. 

Richardia Houst. (1757) non Kunth — Richardsonia Kunth (1818); 
B. et H. 


Dans les Composées : 


Reichardia Roth (1787) — Picridium Desf. (1799) ; B. et H. 
Launaea Cass. (1822) — Microrhynchus Less. (1852); B. et H. 


9° Parmi les modifications dans les coupes génériques, nous 
signalerons, dans les Araliacées : 


Le genre Sphaerodendron Seem. ; B. et H., I, p. 1009, est réuni au genre 
Cussonia Thunb. 


Dans les Rubiacces : 


Les genres Hedyotis et Pentodon, admis par B. et H., sont réunis au 
genre Oldenlandia Pium. 

Le genre Coptosperma Hook. f., in B. et H., IL, p. 86, est fondé sur deux 
plantes, l’une en fleurs, du Zambèze ; l’autre en fruits, de Madagascar et 
des Seychelles. D’après M. Hiern, ces deux plantes n’appartiennent pas 
au même genre : celle du Zambèze se rapporte au genre Tarenna (T. ni- 
grescens Hiern). Nous ne trouvons pas dans la Flora of Mauritius and the 
Seychelles de M. Baker, la mention du genre Coptosperma pour savoir à 
quel genre se rapporte la plante des Seychelles. 

Le genre Morelia A. Rich., réuni par B. et H. au genre Randia, est 
maintenu-comme genre distinct. 

Les genres Xraussia Harv., B. et H., Il, p. 95 et Diplocrater Hook. f. 
in B. et H., Il, p. 96, sont réunis au genre Tricalysia A. Rich. 

Le genre Pachystigma Hochst., rapporté par B. et H. au genre Fadogia 
Schweinf., est identifié au genre Cuviera DC, 

Le genre Chassalia Commers., admis comme genre distinct par B. et H., 
est réuni au genre Psychotria Linn.; mais, en revanche, le genre Gru- 
milea Gärtn., réuni par B. et H. à ce dernier genre, est maintenu séparé. 

Le genre Hypodematium A. Rich., réuni par B. et H. au genre Sper- 
macoce Dill., est admis comme genre distinct. 


(142) 


Dans les Composées : 


Le genre Ximenesia Cav., réuni par B. et H. au genre Verbesina Linn., 
est conservé comme genre distinct. 

La nomenclature des espèces donnerait lieu, de notre part, à 
différentes remarques; mais nous renvoyons, pour plusieurs 
d'entre elles, à la note que nous avons publiée avee M. Alph. 
de Candolle (Bulletin, XV, p. 477) et aux considérations 
judicieuses que M. de Candolle a émises à cette occasion. Il est 
à regretter, au point de vue de la fixité de la nomenclature, 
que la règle proposée par M. de Candolle et appuyée sur des 
raisons péremptoires, ne soit pas admise par tous les bota- 
nistes. Dans la Flore de M. Oliver, on a généralement pris 
pour règle d’attribuer à l’auteur qui aurait, par exemple, pro- 
posé la fusion de plusieurs genres en un seul, tous les noms 
spécifiques nouveaux résultant de cette fusion. Ainsi, pour ne 
citer que quelques exemples pris dans les premières pages du 
volume, on attribue à Benth. et Hook. f. les noms suivants : 
Trachydium abyssinicum Benth. et Hook. f. (Haplosciadium 
abyssinicum Hochst.), uniquement à cause de la réunion du 
genre Haplosciadium au genre Trachydium, faite par 
MM. Bentham et Hooker; — Carum copticum B. et H. (Pty- 
chotis coptica DC.), seulement parce que pour MM. Bentham 
et Hooker, le genre Ptychotis n’est pas distinct du genre 
Carum; — Peucedanum graveolens B. et H. (Anethum graveo- 
lens L.) et P. araliaceum B. et H. (Steganotaenia araliacea 
Hochst.), parce que les auteurs du Genera ont fondu les genres 
Anethum et Steganotaenia dans le genre Peucedanum ; — 
Caucalis melanantha B. et H. (Agrocharis melanantha Hochst. 
et À. gracilis Hook. f.), parce que, dans le Genera, le genre 
Agrocharis est réuni aux Caucalis, et cependant, dans ce 
dernier cas, la synonymie indique que l’un des auteurs auquel 
on attribue ce nom spécifique aurait bien pu adopter une autre 


( 145 ) 

dénomination. Plus loin, nous trouvons encore, conformément 
à la règle précédente, Pentas occidentalis Benth. et Hook. f. 
(Vignaldia occidentalis Hook. f.), parce que, dans le Genera, les 
Vignaldia sont réunis aux Pentas ; mais, pour être conséquent, 
il faudrait faire de même pour tous les Vignaldia devenus 
Pentas; cependant nous remarquons : Pentas Schimperiana 
Vatke (1876), avec le synonyme Vignaldia Schimperiana 
A. Rich. (1847); au lieu de Vatke (1876), il aurait fallu 
Benth. et Hook. f. (1875). 

Dans la famille des Campanulacées, M. Hemsley suit une 
autre nomenclature; ainsi il écrit : Lobelia Rhynchopetalum 
Hemsl. (Tupa Rhynchopetalum Hochst.)et L. Deckenii Hemsl. 
(Tupa Deckent Asch.), et cependant Benth. et Hook. réunis- 
sent les Tupa aux Lobelia ; mais, plus loin, on trouve Lobelia 
stellarioides Benth. et Hook. (Dobrowskia stellarioides Presl), 
simplement parce que Benth. et Hook. réunissent le genre 
Dobrowskia aux Lobelia. 

Hâtons-nous d'ajouter que les quelques remarques précé- 
dentes sont seulement destinées à montrer, une fois de plus, 
combien il serait utile de s'entendre sur ce point de nomen- 
clature; elles n'ont done aucunement pour but de diminuer en 
quoi que ce soit le mérite de l'excellente Flore de M. Oliver ; 
nous croyons, au contraire, qu'elle a toutes les qualités que 
l'on peut désirer pour un ouvrage de ce genre, et nous espé- 
rons que les volumes qui restent à publier ne se feront pas 
attendre trop longtemps. Nous ne devons pas omettre de signaler 
que les déterminations des genres ct des espèces sont facilitées 
autant que possible par de bons tableaux analytiques. 

A. CoGNiaux. 


(144) 


Diagnoses plantarum novarum asiaticarum. 1. Scripsit 
C.-J. Maximowicz (1). 


On sait que, depuis longtemps, M. Maximowiez se consacre 
à l'étude de la flore de l’Asie orientale et qu’il a déjà publié, sur 
les plantes de cette vaste région, une série de travaux très- 
estimés, à commencer par son importante Flore de l'Amur. 

Dans le mémoire dont nous venons de rappeler le titre, 
l'auteur s'occupe des genres suivants : 

Corydalis : huit espèces nouvelles de la Chine sont décrites. 

Astragalus : le célèbre monographe de ce genre, M. Bunge, 
décrit huit espèces nouvelles, récoltées en Chine et en Mongolie 
par M. Przewalski. 

Angelica : une nouvelle espèce du Japon est décrite. 

Lonicera : l’auteur analyse et décrit toutes les espèces de 
l'Asie orientale, au nombre de trente, dont neuf nouvelles. 

Dipelta : nouveau genre de Caprifoliacées, tribu des Loni- 
cérées, fondé sur une espèce inédite de la Chine. Il a le port 
des Diervilla, mais l’auteur pense qu’il doit être placé entre 
les genres Symphoricarpos et Abelia. 

Pedicularis : l'auteur s'occupe spécialement de toutes les 
espèces de l’Asie orientale, au nombre de cinquante, dont 
quinze nouvelles; de plus, il trace le conspectus de toutes les 
espèces du genre. 

Les descriptions sont très-complètes et presque toujours 
accompagnées de remarques critiques intéressantes sur les 
espèces aflines. AC. 





(1) Broch. in-8°, pp. 45-154 ; extrait des Mélanges biologiques tirés du 
Bulletin de l’Académie impériale des sciences de St-Pétersbourg, tome X ; 


1877. 


( 145 


Fungi Neerlandici exsiccati a C.-A.-J.-A. Oudemans 
collecti. Centuries L et IE (1). 


La Hollande possède une phalange de cryptogamistes 
distingués qui ne cessent de travailler activement à l'étude 
des plantes inférieures de leur pays. Parmi eux, notre 
confrère, M. Oudemans, cst bien connu des savants par de 
nombreux mémoires estimés. 

Ce botaniste a entrepris de faciliter l'étude des Champignons 
de la Hollande en publiant un exsiccata qui compte aujourd'hui 
deux centuries. 

La collection publiée par M. Oudemans est faite avec tout le 
soin désirable et mérite les plus grands éloges ; nous n'avons 
qu'un regret à exprimer à son sujet; c’est que l’auteur n'ait pas 
fait imprimer complètement les étiquettes; les étiquettes 
manuscrites, dans une publication de ce genre, présentent, en 
effet, quelques inconvénients, entre autres celui de rendre 
possibles des différences entre les divers exemplaires de la col- 
lection, par suite de lapsus calami, etc. 

Parmi les espèces parasites, un certain nombre de plantes, 
croissant sur différents supports, ont dû être données plusieurs 
fois, le plus souvent pour montrer différents états de déve- 
loppement, ce qui explique comment les 200 numéros publiés 
ne comprennent que 165 espèces. 

Les botanistes trouveront dans l’exsiccata de M. Oudemans, 
outre différentes espèces rares, un certain nombre de types 
des espèces créées par l’auteur, parmi lesquels le Septoria 
Menthae est accompagné d’une description. 





(1) 2 vol. iu-8 en étuis ; Amsterdam, 1875 et 1877. 


( 146 ) 


Voici les espèces publiées jusqu'ici : 

CENTURIA I. — Jrpex fuscoviolaceus Fr., Geaster striatus 
Fr., Ustilago utriculosa Tul., U. longissima Lév., U. segetum 
Ditm., Coleosporium Rhinanthacearum Lév., C. Sonchi Tul., 
C. Tussilaginis Lév., Melampsora Lini Desm., M. betulina 
Desm., M. salicina Lév., M. populina Lév., M. Tremulae 
Tul., Phragmidium asperum Wallr., P. intermedium Ung., 
Puccinia Malvacearum Mont., P. Prunorum Lk, P. Apü Cda, 
P. Angelicae Fuck., P. reticulata de By, P. Heraclei Grev., 
P. Chondrillae Fuck., P. Centaureae DC., P. obtegens Tul., 
P. Hieracii Mart., P. Galiorum Lk, P. Amphibù Fuck., 
P. Caricis DC., P. Straminis Fuck., P. arundinacea Hedw., 
Uromyces Phaseolorum Tul., U. appendiculatus Lév., 
U. Valerianae Fuck., U. Polygoni Fuck., U. Rumicum 
Fuck., Ceratium cornutum Rab., AEcidium crassum P., 
A. Jacobueae Grev., A. Tussilaginis DC., Uredo Symphyti 
DC., Peronospora Alsinearum Casp., P. Lamii A. Br., 
P. densa Rab., Cystopus candidus Lév., C. Portulacae Lév., 
C. spinulosus de By, C. cubicus Lév., Synchytrium Taraxaci 
de Byet W., Sphaerotheca Castagnei Lév., Erysiphe communis 
Lév., ÆE. lamprocarpa Lév., E. Montagnei Lév., Epichloë 
typhina Tul., Dothidea Ulmi Fr., Melanconis Stilbostoma 
Tul., Plagiostoma Euphorbiae Fuck., Sphaeria agnita Desm., 
Phoma longissima West., Rhytisma salicinum Fr., Cercospora 
Majanthemi Fuek., Helminthosporium arundinaceum Cda, 
Cladosporium depressum Berk., Ramularia Urticae Ces., 
Gleosporium Delastrei Delacr., G. Fragariae Mont., Septoria 
Chelidonii Desm., S. Hippocastani B. Br., S. Aucupariae 
Rab., S. Convolvuli Desm., S. Aegopodii Desm., S. Menthae 
Oud., S. Uriicae Desm., S. Ulmi Kze, S. castaneaecola 
Desm., S. Salicis West. 

CenrurtA Il.— Agaricus rachodes Vitt., A. umbelliferus L., 
A. lampropus Fr., A. spectabilis Fr.; A. carptus Scop., 


(147) 


A. fascicularis Huds., Paxillus atrotomentosus Batsch, Nyc- 
talis asterophora Fr., Marasmius argyropus Fr., Fistulina 
hepatica Fr., ÆHydnum zonatum Batsch, Æ. aurantiacum 
A.S., H. cyathiforme Schäff., Cyphella ampla Lév., Clavaria 
formosa P., Dacrymices deliquescens Duby, Bovista plumbea 
P., Lycoperdon depressum Bon., L. pyriforme Fr., Sclero- 
derma verrucosum P., Ustilago receptaculorum Fr., U. 
hypodytes Fr., Entyloma Calendulae de By, ÆE. Ficariae 
Thüm., Æ. verruculosum Pasq., Coleosporium Rhinantha- 
cearum Lév., C. Senecionis Fr., Melampsora Euphorbiae Tul., 
M. populina Tul., Puccinia Aegopodii Lk, P. Amphibii 
Fuck., P. Artemisiarum Duby, P. Calthae Lk, P. coronata 
Cda, P. Dianthi DC., P. Hypochaeridis Oud., P. Sonchi 
Rob., P. Tragopogonis Cda, P. Trifolii Wallr., P. Umbelli- 
ferarum DC., P. Violarum Lk, Uromyces Fabae Fuck., 
U. Phaseolorum Tul., U. scutellatus Lév., Podisoma fuscum 
Duby, Uredo Hydrocotyles Berk., Ceratitium cornutum Rab., 
Aecidium Rhei West., Peronospora arborescens de By, P. nivea 
de By, Phytophtora infestans de By, Calocladia Berberidis 
Lév., C. Ehrenbergii Lév., Erysiphe communis Lév., E. holo- 
sericea Lév., E. horridula Lév., E. tortilis Lév., Phyllachinia 
gultata Lév., Asterina Hederae Desm., Stigmatea Robertiani 
Fr., Torrubia ophioglossoides Tul., Nectria cinnabarina Fr... 
N. Ribis Rob., Eutypa Acharit Tul., Melanconis Berkeley 
Tul., Valsa dissepta Fr., V. Limminghii West., V. Kickxi 
Kx, Sphaeria complanata Tode, S. herbarum P., Sphaerella 
Armoraciae Oud., Peziza corticalis P., Bulgaria inquinans 
Fr., Taphrina aurea Tul., Heterosphaeria Podella Grev., 
Stegia Ilicis Fr., Cytispora Platani Fuck., Diplodia mutila 
Fr., D. rudis Fr., Phoma Radula B. Br., Septoria Grossu- 
lariae Kx, S. Levistici West., S. Paeoniae West., S. Polygo- 
norum Desm., S. Rosae Desm., S. Rubi West., S. Scabio- 


12 


(148) 


saecola Desm., S. Ulmariae Oud., Discella Platani Oud., 
D. platyspora B. Br., Gloeosporium Helicis Oud., G. Ribis 
D. M., Cladosporium dendriticum Wallr., Oidium fructi- 
genum Schrad., Cylindrosporium Cordue Sace. 

A. C. 


Recherches sur les graines originaires des hautes latitudes, 


par A. Petermann (). 


Les recherches que M. Petermann a entreprises sur cette 
question intéressent surtout la science agronomiqne, mais elles 
sont également importantes au point de vue de la physiologie 
végétale. 

Après un intéressant résumé historique de nos connaissances 
sur ce point, l'auteur entre dans le détail des expériences qu'il 
a entreprises relatives 1° à la pureté des graines; 2° au poids 
absolu des semences, au poids spécifique et au poids d’un 
certain volume; et 5° au pouvoir germinatif de graines 
de diverses espèces provenant de régions plus ou moins 
boréales. Ses recherches ont porté principalement sur le Trifo- 
lium pratense, le T. hybridum, le Phleum pratense, le Pinus 
sylvestris et le Picea vulquris. De nombreux tableaux résu- 
ment ses expériences, et voici les conclusions qu'il en tire : 

« [. Les graines de Trèfle, de Phléole, de Sapin et de 
Pin récoltées en Suède entre le 55° 20’ et le 60° 40’ de latitude 
se distinguent de celles récoltées dans des pays plus méridio- 
naux : 1° par leur pouvoir germinatif élevé qui trouve son 





(1) Broch. in-8, de 50 pages ; extrait des Mémoires couronnés et autres 
Mémoires, publiés par l'Académie royale de Belgique, tome XXVIHII ; 
Bruxelles, 1877. 


( 149) 


expression, non-seulement dans le nombre des graines aptes à 
germer, mais aussi par l'énergie avec laquelle la germination 
s'engage ; 2° par leur haut degré de pureté; 3° par leur poids 
absolu moven élevé. 

II. Concernant spécialement le Trifolium pratense et le 
T. hybridum, il a été constaté le fait important que les échan- 
tillons suédois étaient exempts de Cuseute, ce qui provient 
moins d’une préparation soignée de la graine, que de la 
rareté des Cuscutées dans les cultures du Nord. 

IT. La grande énergie de la germination des graines du Nord 
d'une part et leur poids absolu élevé d'autre part, expliquent 
la précocité et le fort rendement que l'on constate, d’après 
M. Schübeler et d’autres expérimentateurs, lorsqu'on les trans- 
porte du Nord vers le Sud et lorsqu'on les cultive comparati- 
vement avec les graines indigènes. » 

L'auteur annonce qu’il continue ses recherches, dont la 
haute utilité pratique sera facilement comprise. 


À. C. 





La feuille florale et le filet staminal, par D. Clos (1), 


Ce mémoire est en quelque sorte la suite d’une notice pu- 
bliée par le même auteur en 1866 sous ce titre : La feuille flo- 
rale et l’anthère, et dans laquelle il cherche a établir que, 
contrairement à l'opinion émise dans la plupart des ouvrages 
de botanique, l’anthère est un organe distinct, et, dans la 
plupart des cas, sans analogie avec le limbe de la feuille. 

Puisque M. Clos n'admet pas, comme on l’enseigne habituel- 


(1) Broch. in-80, de 50 pages; extrait des Mémoires de l'Académie des 
sciences, Inscriptions et Belles-Lettres de Toulouse, 7° série, tome IX. 


(150 ) 


lement, que « dans la feuille transformée en étamine, le pétiole 
a donné le filet, et le limbe a formé l’anthère, » après avoir 
démontré précédemment que l’anthère n’est pas formée par le 
limbe, il devait naturellement établir que le filet n’est pas 
formé par le pétiole. 

L'auteur commence par un court exposé historique de l’état 
de la question; puis il compare minutieusement le filet au 
pétale, d’abord d’une manière générale, puis dans divers 
groupes de végétaux, en s'appuyant successivement sur le 
développement normal des organes et sur différents cas téra- 
tologiques; il fait ensuite la comparaison des filets et des 
feuilles caulinaires; enfin il se demande si le filet est toujours 
un organe appendiculaire : celui du Cyclanthera pédata, par 
exemple, qui occupe le centre de la fleur mâle et supporte 
une anthère arrondie, pourrait, d’après lui, plutôt figurer 
dans le groupe des axes. 

Voici les principales conclusions qui résultent de son étude : 

Dans la très-grande majorité des cas, le filet ne doit pas 
être comparé à la feuille, mais bien au pétale ou, à défaut, au 
sépale ; il représente la nervure médiane du pétale sessile, 
l'onglet et la nervure médiane de la lame qui termine le 
_ pétale stipité, quelquefois aussi l'onglet seul. 

Dans de nombreuses plantes polystémones, un faisceau 
d’étamines équivautau pétale sessile etrectinerve ou curvinerve. 

L’anthère, en tant qu'organe indépendant et dont les con- 
formations variées n’ont d'ordinaire aucun rapport avec celles 
des pétales, n’a d'autre représentant dans le pétale que le 
connectif, lorsque le filet est continu à ce dernier. 

Le représentant du filet ne peut être cherché que dans les 
pièces du périanthe, et on ne doit étendre cette assimilation 
aux feuilles culinaires que dans les cas où celles-ci ressem- 
blent à ces pièces ou passent insensiblement à elles. 

AC: 


(151) 


Compendio della Flora ltaliana compilato per cura dei 
professori V. Cesati, G. Passerini e G. Gibelli, con 
un atlante di circa 100 tavole exeguite sopra disegni 
tratti dal vero per opera del professore G. Gibelli (1). 


Ce Manuel de la Flore italienne vient combler très-heureuse- 
ment une véritable lacune, car, chose extraordinaire, l'Italie, 
dont les paysages admirables se joignent à une végétation 
extrêmement variée pour attirer les botanistes, ne possédait 
pas encore une bonne Flore accessible à tous les amateurs. 
En effet, les savants ouvrages de Bertoloni et de Parlatore sont 
très-volumineux et d’un prix élevé; de plus, celui de Bertoloni 
présente l'inconvénient d'être déjà vieux et ainsi de ne plus 
être au courant de la science, tandis que celui de Parlatore 
reste malheurcusement inachevé. 

Le Compendium de MM. Cesati, Passerini et Gibelli a toutes 
les qualités que l’on peut exiger d’un ouvrage pratique, car 
le texte contient tout ce qui est nécessaire pour les détermina- 
tions, lesquelles sont d’ailleurs rendues beaucoup plus faciles 
par le magnifique atlas qui l'accompagne. 

Des tableaux analytiques bien faits permettent de recon- 
naitre successivement les familles, les genres et les espèces. 
Les familles et les genres sont décrits avec soin; en outre, 
l’étymologie des noms de genre cst étudiée d’une façon 
spéciale. Quant aux espèces, elles ne sont pas décrites; leur 
nom, dans le tableau analytique, est seulement accompagné 
de la dispersion sommaire en Italie, de l’époque de la floraison 





(1) Paraît depuis 1869 par fascicules grand in-8° de 20 à 24 pages, 
accompagnés chacun de 3 planches avec texte explicatif. Prix 2 fr. 50 le 
fascicule. Vingt fascicules sont en vente. 


(152) 


et, lorsqu'il y a lieu, des synonymes les plus indispensables. 


Les planches, dessinées avec beaucoup de talent par M. Gibelli, 
sont entièrement composées de nombreuses figures analytiques 
destinées à montrer les caractères de chaque genre; ces figures 
sont toutes exécutées d’après nature et elles paraissent d’une 
grande exactitude. Une collection de dessins, aussi complète 
et aussi soignée, a une importance considérable, non-seule- 
ment au point de vue de l'étude des plantes de l'Italie, mais 
même pour la phytographie en général. 

Les auteurs ayant avant tout pour but de faire un ouvrage 
pratique, on conçoit quil ne faut pas chercher dans leur livre 
un grand nombre de faits nouveaux; cependant on y trouvera 
encore une certaine quantité de notes critiques intéressantes, 
ainsi que la description d’un bon nombre de variétés nouvelles. 
Nous avons même noté plusieurs espèces inédites : le Vephro- 
dium distans(1), voisin du MW. Filix-mas Presl; le Scirpus 
Rosellinii, voisin du S. Duvalii Hoppe; le Muscari Gussonü, 
que Gussone avait nommé #. maritimuim , mais qui n'est pas 
l'espèce de Desfontaines; le Verbascum sinuato-Boerhavu, 
hybride distingué par M. Cesati ; l'Utricularia dubia Rosellini 
in sch., séparé de l'U. vulgaris L.; le Xanthium Nigri, qui à 
des rapports avec le X. macrocarpum DC.; enfin le Picris 
setulosa Guss. ined. in herb., qui, pour les auteurs, n’est peut- 
être qu’une variété du P. hieracioides L. 

Parmi les autres particularités les plus saillantes que nous 
avons relevées dans cet ouvrage, nous citerons : le genre 
Aegilops L. est réuni au genre Triticum L.; au Carex inter- 
media Good., le synonyme C. disticha Huds. est rapporté 
avec doute; les Carex rupestris, C. bicolor et C. nigra sont 
attribués, non à Allioni, comme on le fait habituellement, 





(1) Il existe déjà un Nephrodium distans Hook., antérieur à celui-ci 
et originaire de Madagascar. 


(0153) 
mais à Bellardi; le genre Narthecium est placé dans les 
Joncées; notre Veronica Buxbuumii Ten. (V. persica Poir.) 
est nommé V. Tournefortii Gm., avec le synonyme V. persica 
Savi; enfin, pour le V. polita Fries, que l’on considère généra- 
lement comme n'étant pas le V. didyma Ten.,le nom de 
Tenore est admis. 

Quelques noms spécifiques habituellement employés ont été 
rejetés pour des noms antérieurs, conformément à la loi de 
priorité; mais nous avons remarqué que dans plusieurs 
autres cas, ce n’est pas le nom princeps qui est admis. 

En ce qui concerne les espèces halophiles du genre Glyceria, 
il est à regretter que les auteurs n’aient pas tenu compte des 
savantes et minutieuses recherches de M. Crépin, consignées 
dans son cinquième faseicule de Votes. S'ils avaient consulté 
cet ouvrage, peut-être n’auraient-ils pas compris dans leur 
Flore certaines espèces, telles que les G. maritima et G. dis- 
tans, tandis qu'ils auraient pu en citer d’autres, comme le 
G. pseudo-distans Crép., qui est d'Italie et qu’ils omettent. 

Les auteurs ont généralement compris l'espèce dans un 
sens assez large, ce qui les a conduits à ramener au rang de 
variétés, beaucoup de plantes considérées par plusieurs 
botanistes comme des espèces distinctes; mais nous nous 
demandons si, dans ces réductions, ils ont toujours observé 
une égale mesure, ce qui est d’ailleurs un des points les plus 
difficiles de la phytographie. Ainsi, parmi les espèces qui nous 
intéressent le plus au point de vue de la flore belge, nous 
signalerons : le Festuca ovina L. est une variété du F. durius- 
cula Bcrtol.; le Vulpia bromoides Rchb. est une variété du 
V. Myuros Gm.; le Bromus velutinus Schrad. est rapporté 
au B. (Serrafalcus) secalinus Bab. ; les Epipactis atrorubens 
Hoffm. et E. microphylla Sw. sont des variétés de l'E. lati- 
folia Sw.; le Potamogeton fluitans Roth est une des variétés 
du P. natans L.; les Quercus pedunculata Ehrh. et Q. sessi- 


(134) 


liflora Sm. (avec Q. pubescens Willd. etc. comme synonymes) 
sont deux variétés constituant le Q. Robur L.; les Mentha 
sativa L. et M. gentilis Sm. (avec le A. gracilis Sole comme 
synonyme) sont des variétés du HZ. arvensis L.; le Galeopsis 
intermedia Vill. est une variété du G. Ladanum L.; les G. 
bifida Bünning , G. pubescens Bess. et G. versicolor Curt. sont 
des variétés du G. Tetrahit L.; les Veronica latifolia L., V. 
Teucrium L. et V. austriaca L. sont réunis sous le nom de 
V. polymorpha Willd.; le Gentiana germanica Willd. n’est 
qu'un synonyme du G. Amarella L.; le Sonchus asper Vill. 
est une variété du S. oleraceus L. À côté de ces réductions, on 
peut éprouver quelque surprise à voir maintenus comme 
espèces distinctes les Lolium italicum Al. Br. et L. multiflorum 
Gaud., Orchis latifolia L. et O. incarnata L., O. palustris 
Jacq. et O. laxiflora Lmk, Odontites serotina Rchb. et O0. 
verna Rchb., Rhinanthus major Ehrh. et R. Alectorolophus 
Poll., Cynanchum Vincetoxicum Brn., C. laxum Bartl. et 
C. contiguum Koch, Taraxacum vulgare Lmk et T. palus- 
tre DC. 

L'ouvrage commence par les cryptogames vasculaires, en 
passant ensuite aux monocotylédones, puis aux dicotylédones; 
le dernier fascicule paru comprend une partie de la famille 
des Composées. Espérons qu'il continuera à paraître régulière- 
ment, de manière à être complet sans trop tarder. 

La Flore de MM. Cesati, Passerini et Gibelli n’est pas un 
travail isolé; elle fait partie d’un vaste recueil sur l'Italie ana- 
logue au Patria Belgica publié il y a quelques années, mais 
sur une échelle beaucoup plus large, comme on peut en juger 
par ce fragment. AC: 


( 155 


MÉLANGES. 
L'Expédition belge dans l'Afrique centrale. 


Sous ce titre, nous nous proposons de donner à nos Con- 
frères des renseignements sur l’Expédition belge. Celle-ci, on 
le sait, se compose de deux officiers de l’armée belge, M. le 
capitaine Crespel et M. le lieutenant Cambier, et de M. Arnold 
Maes, docteur en sciences naturelles. Ce dernier, qui fait 
partie de notre Société, nous a promis, avant son départ, de 
nous donner de temps en temps connaissance des progrès de 
l'expédition et des faits botaniques qu’il pourrait observer dans 
son voyage. Depuis son départ, il nous a déjà écrit deux fois. 
Comme ses deux lettres renferment des faits botaniques inté- 
ressants, nous croyons devoir en donner quelques extraits. 


Port-Élisabeth, le 16 novembre 1877. 
Monsieur, 

« Hier en me rendant chez M. Roth, botaniste-voyageur, je 
« remarquai la différence d’aspect des pelouses de Port- 
« Élisabeth avec les nôtres. Je profitai de ma visite chez 
« M. Roth pour connaître le nom de la Graminée qui forme 
« la verdure de la plage. Celui-ci me dit que cette Graminée 
« s'appelle Chiendent-Écrevisse et qu'on avait fait des essais 
«en Égypte pour l’introduire dans un sol sablonneux et 
« que les essais avaient réussi. M. Roth ajouta que non- 
« seulement ce Chiendent croit parfaitement dans le sable, 
« mais qu'il résiste, en outre, aussi bien à la chaleur qu’au 

« froid et à l’eau de mer... » 


« Durban (Port-Natal), le 21 novembre 1877. 
« Monsieur, 
« J'ai dû vous écrire la semaine dernière avec beaucoup de 


« précipitation; car à peine avais-je commencé ma lettre 
« qu'on est venu me dire que la poste était au départ. Je ne 


AR 


(156) 


sais si je me suis bien expliqué au sujet de la Graminée 
dont M. Roth m'avait dit tant de bien. Je vous adresse done 
une seconde lettre avec un fragment de la plante qui me 
semble répondre à la description que M. Roth m’a donnée 
en passant et j'y ajoute un spécimen de celle qui forme avec 
elle le fond des pelouses de Port-Élisabeth. Ces graminées 
sont également très-abondantes à Durban et sur sa plage... 
« Je n'ai pas eu le temps à Algoa-Bay de recueillir les quel- 
ques plantes que j'ai observées dans ce sol stérile. J'espère 
pouvoir envoyer une assez bonne récolte de Natal où nous 
nous arrêterons au moins jusqu'au milieu de la semaine 


prochaine. 
« J'ai trouvé à Port-Elisabeth un commencement de Musée 


contenant des échantillons de zoologie et de géologie et un 
herbier qui promet de s'enrichir rapidement, grâce aux 
soins de MM. Roth et Mosenthal qui s’en occupent on ne 
peut plus activement. Il existe également une Société qui 
compte 150 membres et qui, outre la littérature et l’art 
dramatique, cultive les sciences. Il paraît que la section 
scientifique travaille avec succès et elle projette la publica- 
tion d’un Bulletin... 

« Port-Élisabeth possède un pare bien planté et quelques 
parterres où les espèces sont classées et étiquetées..…. 

« À mesure que nous nous sommes éloignés d'Algoa-Bay, les 
côtes sont devenues de plus en plus riches, et Durban est un 
grand parc parsemé de maisons. Nous n’avons pu encore 
jeter qu’un coup d’œil sur ces magnificences, mais comme 
nous faisons ici un séjour assez long, j'espère pouvoir her- 
boriser un peu dans les environs... » 

La Graminée dont parle M. le D' Macs sous le nom de 


Chiendent-Écrevisse est le Cynodon Dactylon Pers.. espèce 


croissant à l’état indigène dans les diverses régions du globe. 
On pourrait, pensons-nous, l'utiliser avec grand avantage 


(157) 


dans les sables mouvants que l’on veut fixer, sur les berges des 
canaux, sur les talus des voies ferrées et dans les dunes au bord 
de la mer. Quant à l’autre graminée, c’est le Æemarthria 
compressa R. Br., espèce de la Nouvelle-Hollande, des Indes- 
Orientales et du Cap de Bonne Espérance. 


LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL. 











NOUVELLES. 


— Le Gouvernement a décidé de faire placer le buste de M. Du Mortier 
dans la galerie des herbiers du Jardin botanique de l’État. A la suite de 
cette décision, le Conseil de surveillance et le personnel du Jardin 
botanique et le Conseil d’administration de la Société royale de botanique 
de Belgique se sont constitués en comité pour organiser une fête à l’occa- 
sion de l’inauguration du buste de leur vénérable Président. Cette inau- 
guration, qui aura probablement lieu vers la fin du mois d’avril, sera faite 
avec solennité ; elle sera suivie d’un banquet offert par souseription au 
héros de la fête. Une médaille sera frappée en souvenir de celle-ci. 

— M. le Dr Eichler vient d’être nommé professeur de botanique descrip- 
tive à l’Université de Berlin et Directeur du Jardin botanique, en 
remplacement de feu Alexandre Braun. 

— Un cours de botanique cryptogamique vient d’être institué près de 
l'École supérieure de pharmacie, à Paris. Ce cours a été confié à 

M. Marchand. 

— Le 49e fascicule de la Flora Danica a paru récemment. Il comprend 
les planches 2,881 à 2,940. Voilà 117 ans que ce célèbre ouvrage est en 
publication. 

— M. Donckier de Donceel a découvert année dernière le Rudbeckia 
digitata, croissant en grande abondance le long des fossés à Grobben- 
donck, près d’Herenthals. 

— M. Van Heurck est nommé directeur-professeur du Jardin botanique 
d'Anvers. 

— M. Heckel, nommé l’année dernière professeur de botanique à la 
Faculté des sciences de Grenoble, vient de passer avec la même qualité à 
Marseille, en remplacement de M. Derbès, admis à la retraite. 


( 158 ) 


— Le 7e volume, qui doit compléter l’importante Flora Australiensis de 
M. Bentham, est aujourd’hui terminé et il paraîtra sous peu. 

— M. Élisée Reverchon, à Olargues (Hérault), dont notre Bulletin a déjà 
signalé les exsiccata de plantes des Alpes, se propose d’entreprendre, au 
printemps de cette année, une exploration botanique de la Corse qui aura 
une durée de deux ans au moins. La souscription à ses collections de 
plantes sèches est fixée à 25 fr. la centurie; elle doit comprendre au moins 
deux centuries, et la moitié du prix doit être versé avant le {er mars 1878. 

— M. Jones, botaniste américain, se propose de publier une collection 
de plantes du Colorado, qui comprendra de 5 à 10 centuries, à 50 fr. 
chacune. Les souscriptions sont recues chez M. le Dr K. Keck, à Aisters- 
heim (Haute-Autriche). 

— M. le professeur Saccardo, de Padoue, a entrepris la publication d’une 
suite de figures de Champignons d’Italie, sous le titre de Fungi itulici 
autographice delinrati. Chaque fascicule, composé de 40 petites planches, 
est du prix de 5 fr. avec planches noires et de 4 fr. avec planches coloriées. 
Le texte correspondant portera le titre de Michelia et coûtera { fr. par 
feuille d'impression. 

— M. le Dr Braithwaite, qui vient de publier une monographie des 
Sphagnum de la Grande-Bretagne, va publier sur ce genre un exsiceata qui 
comprendra environ 50 formes, avec des préparations microscopiques. Il 
n’en sera mis en vente que 50 exemplaires, au prix de 51 fr. 25 chacun. 

— La Société cryptogamique d’Ecosse se dispose à publier un exsiccata 
dont la centurie coûtera 26 fr. 25. La première doit comprendre piusieurs 
espèces nouvelles et des raretés récemment découvertes. 

— L’Athénée illustre d'Amsterdam vient d'être élevé au rang d’univer- 
sité. La chaire de botanique continue à être occupée par M. Oudemans. 
De plus, M. Hugo de Vries a été attaché à la nouvelle université en 
qualité de professeur de physiologie végétale expérimentale. 

— Louis Pfeiffer vient de mourir à Cassel dans sa 75e année. Les 
principaux travaux de ce botaniste ont trait à la famille des Cactées; 
mais il est surtout connu pour son grand recueil intitulé Nomenclator 
botanicus, qui parut en 1875-1874 en deux énormes volumes in-89, et qui 
est souvent consulté par les botanistes, ainsi que pour l’abrégé de cet 
ouvrage, qui porte le titre de Synonymia bolanica et qui est des 
plus utiles pour le classement des herbiers. Le prince de Salm-Dyck lui 
avait dédié, sous le nom de Pfeiffera, un genre de Cactées, qui, pour 
MM. Bentham et Hooker, forme une section du genre Rhipsalis. 

— Dans les premiers jours de janvier, est mort à Arcueil, près de Paris, 


(159 ) 


F.-V. Raspail, né à Carpentras (Vaucluse), le 29 janvier 1791. Ce savant 
s’était fait un nom à la fois dans les diverses branches des sciences 
naturelles, la médecine et la politique. Ses travaux botaniques sont 
nombreux et ils ont trait à presque toutes les subdivisions de cette 
science. Les principaux ont rapport à la famille des Graminées, sur laquelle 
son premier mémoire parut en 1824. Presl lui dédia un genre de cette 
famille, sous le nom de Raspailia, en 1850 ; mais ce nom dut être aban- 
donné parce que, dès 1826, Brongniart avait dédié à son compatriote le 
genre Raspalia, dans la famille des Bruniacées. Son Nouveau système de 
physiologie végétale et de botanique, qui parut en 1857, est curieux à plus 
d’un titre. 

— Nous avons énuméré précédemment (Zulletin, XV, p. 622), huit 
exemplaires de la célèbre édition de 1554 du Cruydeboeck de Dodoens ; 
notre confrère M. Éd. Martens nous en signale un neuvième, qu’il 
possède dans sa bibliothèque. 

— Le 75° fascicule de la Flora Brasiliensis, récemment paru, contient 
les Lythrariées (avec 29 pl. ), par M. Koenhe. 

— La seconde partie du 15e volume des Zcones plantarum de Hooker 
vient de paraître ; elle se compose des planches 1226 à 1250. 

_- Le Guide du Botaniste en Belgique (plantes vivantes et fossiles), par 
Francois Crépin, qui vient de paraître à la librairie Mayolez à Bruxelles et 
chez Bäillière à Paris, forme un volume in-18 de 495 pages. Voici 
l’énuméretion des chapitres de cet ouvrage. 

PREMIÈRE PARTIE. Ï. Plantes vivantes. Considérations sur l’étude de la 
botanique; — Botanique systématique; — Herborisations; — Récolte et 
préparation des plantes. Herbiers. Échanges de plantes ; — Ouvrages de 
botanique systématique ; — Anatomie, organogénie, physiologie et crypto- 
gamie; — Géographie botanique; — Bibliothèque du botaniste. — 
II. Plantes fossiles. L'étude de la paléontologie végétale; — Recherches et 
récoltes. Préparations. Collections ; — Bibliothèque de paléontologie végé- 
tale. — SEcoNDE parie. Aperçu de l’histoire de la botanique en Belgique ; 
— Enseignement de la botanique en Belgique ; — Jardins botaniques. 
Musées. Sociétés scientifiques. Bibliothèques. Collections botaniques par- 


ticulières. Collections de plantes vivantes; — Géographie botanique de la 
Belgique ; — Catalogue de la flore fossile de la Belgique ; — Herborisations 
dans les diverses régions de la Belgique; — Indication des principaux 
gites de plantes fossiles en Belgique; — Bibliographie générale de la 


botanique en Belgique. 
— Le gouvernement Suédois vient d’accorder 30,000 couronnes 


( 160 ) 


(42,900 fr.), pour l'érection d’une statue à Linné. Il est à remarquer à 
cette oceasion que nous venons d’atteindre le centième anniversaire de la 
mort du célèbre botaniste suédois (10 janvier 1778). 

— La Suisse aura aussi son centenaire à célébrer cette année ; c’est celui 
de la naissance d’Auguste-Pyrame De Candolle (Genève, 4 février 1778). 

— Le gouvernement prussien vient d'acquérir les collections botaniques 
délaissées par Alexandre Braun au prix de 21,000 marks (26,250 fr.). 

— Le Dr Jäger, bryologue suisse bien connu, est mort récemment, 
d’après une annonce que nous trouvons dans le dernier numéro du 
Botanische Zeitung. Ses travaux sur les Mousses sont nombreux et impor- 
tants. Son principal ouvrage, qui a pour titre Genera el species Muscorum 
systematice disposita et adumbratio florae muscorum totius orbis terrarum, 
n’a pas encore paru complètement, mais nous croyons que le manuscrit en 
est terminé et que la fin sera publiée cette année. Son herbier bryologique 
est très-précieux; il ne forme pas moins de 66 cartons grand in-folio, 
comprenant 502 genres et 5160 espèces, outre un grand nombre de 
variétés ; les principales collections distribuées par les botanistes-voya- 
geurs de toutes les parties du monde y sont comprises. Il est mis en vente 
au prix de 2000 marks (2,500 fr.). S'adresser à sa veuve, Hebelstrasse, 54, 
à Fribourg-en-Brisgau. 

— Pendant l’été dernier, M. Jean Chalon a fait un voyage botanique en 
Tunisie. Ce botaniste-voyageur se propose d'entreprendre cet été un 
voyage à l’île de Madère. 

— L'an dernier, l'administration da Jardin botanique de l’État a envoyé 
M. le conservateur Bommer en Angleterre, pour y étudier principalement 
le mode d’installation des produits végétaux dans les grands établissements 
de Londres et de Kew. Pendant son séjour à Londres, du 19 août au 
2 septembre, il a surtout visité le British Museum, les collections de la 
Société pharmaceutique et les Jardins de Kew. A la suite de démarches 
qu'il a faites, il a pu établir des relations d'échange entre ces établissements 
et le Jardin botanique de l’État. 

— M. Léo Errera nous communique la note suivante : 

« Le 14 avril 1876, j’ai exploré les bas-fonds du Pare de Bruxelles et, 
outre quelques plantes communes, — Bellis perennis, Anemone nemorosa, 
Sisymbrium Alliaria, Taraxacum officinale, Cardamine pratensis, Ficaria 
ranunculoides, À Egopodium Podagraria, Viola odorata, Lemna minor, un 
Epilobium indéterminable à cette époque de l’année, et trois Æibes sub- 
spontanés, plus ou moins naturalisés, R. Uva-crispa, R. rubrum, R. alpi- 


num, — j'y ai découvert deux espèces peu répandues dans nos environs : 


(161 ) 

l’Anemone ranunculoides L. (très-abondant) et le Corydalis solida Sm. (trois 
pieds). — Un rapprochement curieux, e’est que plusieurs botanistes 
signalent aussi ces deux plantes comme croissant, côte à côte, dans les 
mêmes localités; par exemple, MM. Ardoino (F1. anal. du dép. des Alpes- 
Marit.), Determe (in Bull. Soc. Bot. Belg., I, 2), Strail (ibid., Il, 5) et 
Cogniaux (ibid. , III, 1). D’après le Sylloge de Nyman, ces deux espèces ont 
également à peu près la même dispersion dans toute Europe. » 

— On nous annonce la mort de notre ancien confrère M. Armand 
Thielens, décédé subitement à Paris il y a quelques jours. 

— Vient de paraitre : Flore de la Suisse et de la Savoie, par le Dr Louis 
Bouvier ; Paris, librairie Picard, 1 vol. in 12 de 800 p. — Prix 10 fr. 











BIBLIOTHÈQUE. 


Guide du botaniste en Belgique (plantes vivantes et fos- 
siles), par Francois Crépin; 4 vol. in-18; Bruxelles, 1878. 
(Don de l'auteur.) 

Fungi Neerlandici exsiccati, a C.-A.-J.-A. Oudemans col- 
lecti. (Don de l’auteur.) 

Introductory remarks, on opening section D of the British 
association at Newcastle-upon-Tyne, on wednesday 26 
august 1863; broch. in-8; — Address to the Edinburgh medi- 
cal graduates, august 2, 1869 ; broch. in-8°; — On the Frui- 
ting of the Ipecacuan plant in the royal botanic Garden ; 
broch. in-8°; — On the formation of Buds and Roots by the 
Leaves of the Ipecacuan plant ; broch. in-8°; — On dimor- 
phic Flowers of Cephaelis Ipecacuanha; broch. in-8° ; — 
University of Edinburgh. Botanical class ; broch. in-8°; — 
Royal botanic Garden of Edinburgh founded in 1670 ; Report 
for the year 1876; broch. in-8°; — Guide to the royal 
botanic Garden of Edinburgh ; Broch. in-18. (De la part 
de l’auteur, M. le professeur Balfour..) 

Le Floridee [taliche descritte ed illustrate da F. Ardissone ; 


(162) 


fase. I; Milan, 1874; broch. in-8° avec 5 pl. col. (Don de 
l’auteur.) 

Les Diatomées de Belgique, var L.-M. Bauwens; broch. 
in-8°. (Don de l’auteur.) 

Notes et observations sur quelques plantes de France et de 
Suisse; broch. in-8°. (Don de l’auteur, M. A. Déséglise.) 

Variations ou anomalies des feuilles composées ; broch. in-8° 
avec 5 pl.; — La feuille florale et le filet staminal ; broch. 
in-8°. (De la part de l’auteur, M. D. Clos.) 

Descriptive Notes on Papuan plants, by baron Ferd. von 
Müller; fase. V and appendix; 2 broch. in-8°. (De la part de 
l'auteur.) 

Bidrag till kannedomen om sydligare Norges Desmidiéer ; 
Beskrifning üfver en ny art af slägtet Spirogyra ; broch. in-4° ; 
— Alqae aquae dulcis exsiccatae ; broch. in-8°; — Desmidieae 
arctoue ; broch. in-8° avec 5 pl. ; — Desmidieae et Oedogonieue 
ab O. Nordstedt in Italia et Tyrolia collectae ; broch. in-8° 
avec 2 pl.; — Bohuslüns Oedogonieer ; broch. in-8° avec 1 pl. 
(Don de l’auteur, M. 0. Nordstedt.) 

Etudes sur le genre Mentha, par Ernest Malinvaud, fase. ] ; 
broch. in-8°. (Don de l’auteur.) 


Sommaire des articles de botanique contenus dans les 
publications périodiques recues par la Société. 


ALLEMAGNE. 


BERLIN. — Verhandlungen des botanischen Vereins der Pro- 
vinz Brandenburg ; XVII Jahrg. 1876. 
Prahl : Beiträge zur Flora von Schleswig. — Naumann : Bericht über 


die botanischen Sammlungen und Beobachtungen, welche auf der Reise 
S. M. S. Gazelle bis Kerguelensland gemacht worden sind ; — Briefe an 


(163) 


P. Prahl, a) vor Mauritius, 25 Febr. 1875 ; b) Auckland, 10 Nov. 1875. — 
Ascherson : Beitrag zur Kenntniss der Seegräser des Indischen und Stillen 
Oceans. — Ludwig : Cantharellus aurantiacus 8. lacteus Fr., der Jugend- 
zustand des €. aurantiacus Fr.; — Mykologische Beobachtungen. — 
Warnstorf : Potentilla procumbens X sylvestris, ein neuer Pflanzenbas- 
tard der Mark ; — Bericht über die im Auftrage des botanischen Vereins 
im Juli 1875 unternommene Reise nach dem nordôstlichen Theile der 
Mark. — Paeske : Weitere Nachträge zur Arnswalder Flora. — Magnus : 
Ueber das Auftreten von Einfaltungen der Zellmembran bei den Pflanzen ; 
— Beiträge zur Kenntniss des anatomischen Baues der Blätter.—W inkler : 
Kleinere morphologische Mittheilungen ; — Nachträge und Berichtigungen 
zur Uebersicht über die Keimblätter der deutschen Dikotylen. 


BuDapesr. — Természetrajzi Füzetek; 1877, n°° 2 à 4. 


Athamanta Haynaldi Borb. et Uechtr. — V. Janka : Avenaceae Euro- 
peae. — L. Simkovits : Descriptiones plantarum novarum. — Staub : A 
Monte-Maggiore vegetatioja. — V. Janka : Generis Jris species novae. 


LerpziG. — Botanische Zeitung ; 1877, n° 40 à 52. 


Baranetzky : Die selbständige tägliche Periodicität im Längenwachsthum 
der Internodien. — Oudemans : Notiz über Boletus Oudemansii Harsten, 
B. fusipes Heufler und B. placidus Bonorden. — Rostafinski und Woro- 
nin: Ueber Botrydium granulatum. — Goebel : Entwickelungsgeschichte 
des Prothalliums von Gymnoyramme leptophylla. — De Bary und Stras- 
burger : Acetabularia mediterranea. — Kamienski : Vergleichende Unter- 
suchungen über die Entwickelungsgeschichte der Utricularien. — 
Weidemann : Salvia Aethiopis L. — Ludwig : Ueber die Kleistogamie von 
Collomia grandiflora. — Poulsen : Das extraflorale Nectarium bei Batatas 
edulis. — Askenasy : Ueber die jährliche Periode der Knospen. 


ANGLETERRE. 


EnimBourc. — Transactions and Proceedings of the Bota- 
nical Society; vol. XII, part III ; 4876. 

Opening Address by the President. — Robb : Note on the Discovery 
of Vaias flexilis in Perthshire. — M’Nab : The Autumn Tints of Trees.— 
Wilson : Observations and Experiments on Ergot. — Dickson : Notes on 
Monstrosities of Primula vulgaris and Saxifraga stellaris. — Masters : 


On the Hungarian Oak (Quercus conferta) as Cultivated in the Royal 
13 


(164) 


Botanic Garden, Edinburgh. — Buchan : On the Flowering of Spring 
Plants. — Wilson : An experiment with Turnip Seeds. — Balfour : 
Notice of Botanical Excursions made to different parts of Scotland in 
1875; — Observations on M. Darwin’s Views of Climbing Plants. — 
Christison : Observations on the Effects of Cuca or Coca, the Leaves of 
Erythroxylon Coca. — Landsborough : Notes on the Growth of some 
Australian Plants in Arran. — Christison : Notice of a Tree Struck by 
Lightning. — M’Nab : Notes on the Synonymy of certain Species of 
Abies ; — Open-Air Vegetation at the Royal Botanic Garden. 


Lonpres. — The Journal of Botany, edited by H. Trimen; 
1877, novembre-décembre ; 1878, janvier. 

AL. Braun. — Hance : Corrolla Pierreana ; — On Pierrea, a new genus 
of Samydaceae. — Me Nab : On the Classification of the Vegetable King- 
dom. — F. von Mueller : List of the Plants obtained during Mr. Giles’s 
Travels in Australia in 1875 and 1876. — Trimen : Chara fragifera. — 
Hance : Two New Species of Lysimachia. — Ball : On some questions of 
Botanical Nomenclature. — Church : Some Contributions to Plant- 
Chemistry. — Rogers : Notes on a few North Devon Plants. — Baker : 
Two Ferns from Japon. — Hunter : Bermudian Ferns. — Focke : On some 
Hybrid Brambles., — Dickson : On the Structure of the Pitcher of Cepha- 
lotus follicularis. — Hance : Spicilegia Florae Sinensis. — Rogers : Notes 


on some South-East Devon Plants. 
BELGIQUE. 


BruxeLces. — Bulletin de la Société belge de Microscopie; 
3° année, n°’ 8 à 14 ; 4° année, n° 1 et 2. 

J. Deby : Ce que c’est qu’une Diatomée. — H.-L. Smith : Observations 
sur la vie des Diatomées. — Piré et Miller : Liste des Algues recueillies 
aux environs de Bruxelles. 

— Bulletin de la Fédération des Sociétés d'horticulture de 
Belgique ; 1876. 

Floralies de 1876. — Éd. Morren : Actes du Congrès de botanique hor- 
ticole réuni à Bruxelles le {er mai 1876; — Principes élémentaires de 
physiologie végétale ; conférence populaire ; — Correspondance botanique, 
ÿe édition. 


( 165 ) 


CANADA. 


Toronto. — The Canadian Journal of Science, Literature 
and History ; vol. XV, n° 5 et 6. 


Macoun : Synopsis of the Flora of the valley of the St. Lawrence and 
Great Lakes. 


FRANCE. 


Borpeaux. — Actes de la Société Linnéenne ; vol. XXXI, n° 5. 


Clavaud : Les Salix alba, fragilis et Russelliana; — Sur une particu- 
larité du Lemna trisulca. 


Lyon. — Bulletin de la Société d’études scientifiques ; tome 
IE nel: 
A. Magnin : Les Lichens utiles. 


Paris. — Feuille des jeunes naturalistes; n°° 85 à 87. 


A. Déséglise : Notes et observations sur quelques plantes de France et 
de Suisse. — Méline : Petits apercus sur la flore du Hohneck et des 
environs. | 

— Bulletin mensuel de la Société Linnéenne; n°* 15 à 17. 


Baillon : Sur des racines à direction anormale. — Dutailly : Sur le 
Nuphar luteum. — De Lanessan : Sur la structure et le développement 
des Pareira-Brava vrai et faux. — Dutailly : Ascidies par monstruosité 
dans le Fraisier. — Baillon : Sur les genres Eulobus, Cienkowskia et Dra- 
contomelon. — Nylander : Liste des Lichens recueillis à Fontainebleau le 
29 avril 1877. — Baillon : Encore sur le Reana luxurians ; — Sur l’organi- 
sation et les affinités des Axinandra ; — Sur le Zurloa. — De Lanessan : 
Observations sur la structure et le développement des canaux à Kino dans 
le Pterocarpus Marsupium et le Butea frondosa. — Baillon : Sur les côtes 
réceptaculaires du fruit des Bertolonia. — De Lanessan : Sur une forma- 
tion particulière de phellogène et de liége ; — Sur la structure des graines 
du Trigonella Foenum-graecum et la présence d’un albumen dans ces 
graines. — Baillon : Sur la symétrie florale du Lagoecia. 


( 166) 


ITALIE. 


Venise. — Memortie del Reale Instituto Veneto di Scienze, 
Lettere ed Art; vol. XX, part I. 


De Visiani : Florae Dalmaticae supplementum alterum. 


RUSSIE. 


Moscou. — Bulletin de la Société impériale des Naturalistes ; 
187%, n°2. 


Fischer von Waldheim : Zur Kenntniss der Entyloma-Arten ; — Revue 
des plantes nourricières des Ustilaginées. 


BULLETIN 


DE LA 


SOCIÉTÉ ROYALE DE BOTANIQUE 


DE BELGIQUE. 


1877. — N°5. 


Séance du 2? décembre 1877. 


(Extrait du procès-verbal.) 


M. B.-C. Dc Mortier, président. 

M. F. Crépin, secrétaire général. 

Sont présents : MM. L. Bauwens, C. Bernard, Bertrand, 
G. Carron, A. Cogniaux, L. Coomans, V. Coomans, 
L. Couturier, C. Delogne, H. Donckier de Donceel, Léo 
Errera, G. Gevaert, P. Gevaert, Ch. Gilbert, Gillekens, 
A. Gravis, L. Hartman, Osc. Hecking, Ch. Heyman, 
A. Joly, J. Langlois, J. Lecoyer, C. Le Lorrain, L. Lub- 
bers, É. Marchal, Éd. Martens, F. Muller, F. Noefnet, 
L. Piré, Plôn, E. Sonnet, A. Struelens, H. Vanden 
Broeck, H. Vanderhaeghe, J.-J. Vanpé, F. Vindevogel, 
A. Wesmael. 


( 168 ) 


MM. Ch. Baguet et J.-J. Kickx font excuser leur 
absence. 


— 


Le Secrétaire général donne lecture du procès-verbal de 
la séance du 25 juin 1877. Ce procès-verbal est adopté. 

Il donne ensuite lecture de lettres de MM. Asa Gray, 
professeur de botanique et directeur du Jardin botanique 
de Cambridge (Amérique), et de M. Hance, botaniste 
anglais résidant à Wampoa (Chine), qui remercient la 
Société de les avoir nommés membres associés. 


M. L. Coomans, trésorier, ayant rendu compte au Con- 
seil de sa gestion financière pour l'exercice écoulé, le 
résultat de l'examen fait par le Conseil est communiqué à 
l'assemblée par M. Gilbert. Ce résultat témoigne de la 
situation prospère des finances de la Société. Des remer- 
ciments sont adressés à M. le Trésorier, pour Îles soins 
diligents qu’ils a apportés dans la tâche que lui a confiée 
la Société. 

M. le Président, au nom du Conseil, propose la nomi- 
nation de M. J.-B. Balfour, professeur à l'Université et 
directeur du Jardin botanique d'Édimbourg et de M. le 
Docteur Ernst, directeur du Jardin botanique de Caracas 
(Venezuela), comme membres associés, en remplacement 
de feu les professeurs De Notaris et Parlatore. L'assemblée 
accepte la proposition du Conseil et MM. Balfour et Ernst 
sont proclamés membres associés. 

La parole est accordée à M. A. Wesmael pour lire le 
compte-rendu de l’herborisation que la Société a faite aux 
environs de Mons les 25, 24, 25 et 26 juin. Cette lecture 


( 169 } 


intéresse vivement l’assemblée, qui applaudit l’auteur du 
compte-rendu. 


M. A. Gravis demande la parole pour exposer des 
considérations sur la nature de l'ovaire infère. L'orateur 
développe avec beaucoup de méthode et de clarté ses vues 
sur ce point d'organographie, qui sont d'autant mieux 
saisies par l'assemblée qu'elles sont expliquées au moyen 
de figures fortement agrandies. Ces considérations font 
l'objet d’une notice que l’auteur dépose sur le bureau pour 
être soumise à des commissaires. Sont nommés commis- 
saires : MM. Martens, Wesmael et Piré. 

M. A. Cogniaux signale à l'assemblée un fait intéressant 
concernant la flore du pays. Il s'agit de la découverte du 
Sibthorpia europaea L. faite à Bouillon, par M. Briard, 
de Nancy. D'après la Feuille des jeunes naturalistes 
(n° 86, 1° décembre 1877), ce dernier botaniste aurait 
découvert sur les bords de la Semois, à Bouillon, une 
touffe déracinée de l'espèce en question. Supposant que 
la plante n’est pas cultivée, M. Briard est porté à croire 
qu’elle existe à l’état spontané dans la vallée de la Semois. 
Une discussion s'engage au sujet de cette découverte. M. le 
Président demande si l’un ou l’autre membre de l'assem- 
blée à déjà observé le Sibthorpia europaea, soit spontané, 
soit cultivé aux environs de Bouillon. Des réponses néga- 
tives sont données sur ces deux points. Le Secrétaire 
général fait remarquer que M. Delogne a découvert à 
Bouillon le Lepidium Smithii Hook., qui est, comme le 
Sibthorpia, une espèce occidentale et qu'ainsi il n’y aurait 
rien d’extraordinaire de voir ce dernier croître spontané- 
ment dans la vallée de la Semois. Il aurait pu ajouter 
qu'un autre type occidental, l’Hypericum linearifolium 


(170 ) 


Vahl, a été observé à Revin, dans la vallée de la Meuse. 
à quelques lieues de Bouillon, et que l’Hymenophyllum 
tunbridgense, autre espèce occidentale, a été autrefois 
observé aux environs de Laroche. Le Sibthorpia étant 
assez fréquemment cultivé en Belgique comme plante 
d'appartements, on soupçonne fortement que la touffe 
trouvée par M. Briard, avait été cultivée. 


MM. Du Mortier, Crépin et Gilbert, membres du Con- 
seil sortants, sont réélus par acclamation, le premier 
comme président, le deuxième comme secrétaire général 
et le troisième comme conseiller. 

M. Du Mortier, tant en son nom qu'au nom de ces deux 
collègues, remercie l'assemblée de cette nouvelle marque 
de confiance. 


Les membres effectifs suivants ont été admis par le 
Conseil, et leur admission est ratifiée par l'assemblée : 
MM. Pierry (Louis), rue Vivegnis, 258, à Liége; pré- 
senté par MM. E. Durand et V. Mouton. 
Stasse (Nestor), pharmacien, à Ougrée; présenté 
par MM. Baguet et Crépin. 
Mie Véro (J.), chaussée d'Etterbeek, 71, à Bruxelles; 
présentée par MM. Crépin et Marchal. 


— 


Avant de clore la séance, M. le Président signale à 
l'assemblée un projet d’herborisation pour 1878. IL s’agit 
du plateau élevé de la Baraque de Fraiture dont l'altitude 
atteint presque celle du plateau de la Baraque Michel et 
dont la flore présente un cachet plus ou moins subalpin. 
La plante la plus remarquable de ce plateau est le Lyco- 


CATA > 
podium alpinum L. Il est probable, dit M. le Président, 
qu'une herborisation dans ces montagnes situées entre 
l'Ourthe et lAmblève amènera la découverte d’espèces 
intéressantes et peut-être nouvelles pour notre flore. 


La séance est levée à 3 heures. 











COMMUNICATIONS ET LECTURES. 


Compte-rendu de la XVI° herborisation générale de la Société 
royale de botanique de Belgique (1877), par Alfred 
Wesmael. 


MESSIEURS ET CHERS CONFRÈRES, 


Dans sa séance du 6 mai dernier, la Société avait 
décidé que l’herborisation générale de cette année aurait 
lieu aux environs de Mons, du 25 au 26 juin. 

Les deux Commissaires, M. Houzeau et moi, à qui vous 
aviez confié le soin d’organiser l'excursion, avaient une 
tâche des plus faciles à remplir ; car Mons devant être le 
point central d’où nous devions rayonner, il ne pouvait 
se présenter aucune difficulté sérieuse pour loger les her- 
borisateurs et les transporter dans toutes les directions. 

Le samedi, 25 juin, nous souhaitions la bienvenue à 
MM. Baguet, L. Coomans, Crépin, Daron, Hecking, 
Schamberger, Vanden Broeck et Vanderhaeghe, qui arri- 
valent de Bruxelles par le train de 9 h. 50 du matin. 


(172 ) 


Après que nous eùmes déjeuné à l'Hôtel d'Allemagne, 
où nos confrères étaient descendus, nous primes place 
dans deux voitures qui devaient nous transporter jusque 
près de Ciply. MM. Petit, Maubert et Willemart étaient 
venus nous rejoindre. 

A peine avions-nous dépassé les boulevards de la ville 
que le temps, nuageux depuis le matin, se mit à la pluie. 
Heureusement que plusieurs de nous s'étaient munis 
de parapluies ; et grâce à ceux-ci, nous pûmes, dans nos 
voitures découvertes, arriver à Ciply sans être trop trempés. 

Notre premier champ d’exploration fut la vallée crétacée 
de Ciply, creusée dans un tuffeau fort intéressant au 
double point de vue stratigraphique et paléontologique. 

Tout en herborisant, M. Houzeau nous donna des expli- 
cations extrêmement intéressantes sur la constitution géolo- 
gique du sol. Du reste, pendant les Journées des 25 et 
25 juin qu'il nous accompagna, notre savant confrère ne 
négligea aucune occasion pour nous faire profiter des 
connaissances géologiques étendues qu'il possède sur le 
sol si varié et si curieux du Hainaut. 

Les petits escarpements de la vallée que nous traversons 
avant d'arriver à Ciply, dans les pelouses et les rocailles, 
nous offrent quelques plantes intéressantes : 


Asperula cynanchica, Centaurea Scabiosa, 
Anthyllis Vulneraria, Inula Conyza, 
Reseda lutea, Calamintha Acynos, 
Echium Wierzbickii, Koeleria cristata, 
Festuca rigida, Specularia hybrida, 
Phleum Boehmeri, Ligustrum vulgare. 


Comme on peut le voir, c’est là une végétation plus ou 
moins caractéristique du terrain calcaire. 
Après avoir traversé le ruisseau d’Asquillies, nous nous 


(175 ) 


engageons dans le petit bois montueux de Ciply, où nous 
remarquons les espèces suivantes : 


Myosotis sylvatica, Neottia ovata, 
Carex divulsa, Vinca minor, 
Bromus asper, Arum maculatum, 
Viola odorata, Rosa rubiginosa, 
Mercurialis perennis, — micrantha. 


En sortant du bois, nous nous comptons et nous recon- 
naissons que deux de nos amis sont restés en arrière. 
Après les avoir attendus quelque temps et nos appels 
n'ayant pas recu de réponse, nous nous décidons à les 
abandonner. Cette légère contrariété fut compensée par 
une découverte qu'ont pu faire nos deux confrères en 
nous perdant de vue et en s’éloignant de nous pendant 
une heure : ils découvrirent le Lepidium Draba dans le 
voisinage de Ciply. 

Nous recherchons en vain les Adonis auctumnalis et 
À. flammeus dans les moissons entre Ciply et Asquillies (1). 

Le bois d’Asquillies était la limite extrème de notre 
herborisation. Ce bois est assez intéressant au point de vue 
de la flore, mais la pluie qui avait détrempé les hautes 
herbes et le feuillage des arbres nous empêcha de visiter 
avec soin le taillis où croit en abondance l’Helleborus 
viridis. La seule espèce intéressante que nous y avons 
remarquée est le Sedum aureum. 

Nous revenons sur nos pas et d’Asquillies nous allons 
vers le village de Nouvelles. Aux alentours de cette 
localité, la craie mélangée à l'argile nourrit quelques 





(1) Depuis l’herborisation, j'ai pu enfin mettre la main sur deux échan- 
tillons du rare Adonis flammeus, 


CAT) 


espèces calcicoles, et entre autres les Lactuca perennis et 
Carum Bulbocastanum. 

Les autres espèces intéressantes observées dans cette 
localité sont : 


Centaurea Calcitrapa, Orobanche minor, 
Silene inflata, Barkhausia foetida. 


De Nouvelles, nous nous dirigeons vers Spiennes. 
Bientôt nous arrivons à la fameuse source de Lavallière 
dont le débit est tellement considérable, qu’elle forme, à 
elle seule, une petite rivière. Nous remarquons aux bords 
de ceile-ci une abondance extrême de Sium angusti- 
folium. Le Catabrosa aquatica s'y montre cà et là. 

En nous rapprochant de la voie ferrée qui traverse le 
ruisseau de Spiennes, nous apercevons, herborisant sur 
les hauts talus du chemin de fer, les deux confrères que 
nous avions perdus à CGiply. Au moment où nous les 
reJoignions, ils récoltaient le Lathyrus Aphaca. 

Pour terminer notre herborisation, il nous reste à 
explorer les marais de Spiennes. Ceux-ci sont situés dans 
une propriété clôturée ; mais grâce à la permission qui 
nous avait été accordée à la suite d’une démarche faite 
par M. Houzeau, nous pouvons les visiter à notre aise. 
Les marais, qui se composent de bas-fonds tourbeux boisés 
entrecoupés de fossés, sont loin d’avoir la végétation riche 
et variée des marais de la zone campinienne. On y trouve 
cependant quelques espèces très-rares dans le Hainaut : 


Hydrocharis Morsus-ranae, Cicuta virosa, 
Nymphaea alba, Ranunculus Lingua. 


Le Cirsium oleraceum y est très-abondant. 


La visite de ces marais ayant réclamé près d’une heure, 
nous n'avons pas de temps à perdre pour arriver à Mons 


( 175 


à l'heure fixée pour le diner. Aussi, c’est au pas gymnas- 
tique que nous nous remettons en route. Nous traversons 
Hyon sans nous arrêter et nous rentrons à Mons en suivant 
les bords de la Trouille. 

A notre retour, nous avons le plaisir de serrer la main 
à notre vénérable Président, M. Du Mortier, qui venait 
d'arriver de Tournai et à notre excellentconfrère M.Bodson. 

À huit heures, nous nous rendons à l'Hôtel de ville 
pour y tenir notre séance, à laquelle assistent un grand 
nombre de personnes de la ville et des environs. 

Le lendemain, dimanche, nous prenons le tram de 
7 h. 45 du matin qui nous dépose à Élouges. A notre 
arrivée dans cette station, nous trouvons M. Lelièvre, de 
Valenciennes, botaniste bien connu de nous tous par les 
belles découvertes qu'il a faites dans le bois d’Angres. Il 
est accompagné de M. d’Arbois de Jubainville, inspecteur 
des forêts, à Valenciennes. Ces botanistes avaient bien 
voulu répondre à notre invitation etse mettaient, avec la 
plus gracieuse obligeance, à notre disposition pour nous 
guider dans l'herborisation aux environs de Montignies- 
sur-Roc et d’Angres. 

Notre Président, craignant de ne pouvoir nous suivre 
à pied dans notre longue excursion, avait chargé l’un des 
commissaires de lui procurer une voiture à Élouges. La 
chose n’était pas facile ; elle eùt même été impossible sans 
M. Debove, d'Élouges, qui, à notre demande, voulut bien 
mettre sa voiture à la disposition de M. Du Mortier. Il 
poussa l’amabilité jusqu'à vouloir être le conducteur de 
celui-ci, Ajoutons que notre excellent Président, qui 
aime à causer, trouva, en M. Debove, un compagnon 
avec lequel il put discuter, pendant toute la route, sur 
des questions intéressantes d'archéologie. Il faut savoir 


(176) 


que M. Debove a découvert près d'Élouges des antiquités 
franco-romaines dont il a formé un riche musée et qui 
lui ont fourni matière à un mémoire descriptif des plus 
savants et des plus curieux. 

Comme la veille, le ciel nous réservait une fameuse 
ondée qui nous prit en pleins champs après avoir quitté 
Élouges. Nous nous hâtons de gagner un Cabaret qui est 
en vue, Où nous arrivons tout trempés. Un grand feu est 
allumé pour nous sécher et pour nous réchauffer. Le ciel 
s'étant rasséréné, nous continuons notre route vers Mon- 
tignies-sur-Roc. En passant près du bois d’Audregnies, 
quelques-uns de nous proposent de l’explorer, mais le 
gros de la troupe hésite à cause de l'humidité et on se 
décide à passer outre. 

Avant d'arriver à Montignies-sur-Roc, nous observons 
sur les talus du chemin le Medicago denticulata, qui s’y 
trouve en abondance. 

Après avoir traversé le village, nous descendons dans la 
vallée accidentée qui se prolonge jusqu'à Angres et dans 
laquelle nous pouvons enfin herboriser avec plaisir. 
Jusque-là, nous n'avions fait que traverser des champs 
cultivés, fort peu intéressants pour des botanistes. 

La pittoresque vallée de Montignies-sur-Roc est bien 
connue de notre excellent confrère M. Lelièvre, qui 
s'empresse de nous faire recueillir les espèces rares de 
cette localité : 


Sedum sexangulare, Cerastium erectum, 
Trifolium filiforme, Asplenium Adianthum-nigrum. 
—  striatum, 


Quelques pieds de Buxus sempervirens existent non 
loin du village, mais il est probable que cette espèce n'y 
est pas véritablement indigène. 


(177) 


Après avoir passé le pont jeté sur le ruisseau, nous 
remontons la vallée pour explorer le bois de Montignies- 
sur-Roc. Ce bois, sans être remarquable par sa florule, 
offre néanmoins quelques espèces dignes d'être citées et 


entre autres : 


Rosa arvensis, Polygonum Bistorta, 

— tomentosa, Vinca minor, 
Ligustrum vulgare, Aquilégia vulgaris, 
Triglochin palustris, Orobanche Rapum, 
Veronica montana, Stellaria nemorum, 
Lysimachia nemorum, : Endymion non-seriptus, 


De Montignies-sur-Roc et après un trajet assez long, 
nous arrivons au bois de Rampemont. Le sol argileux est 
tellement détrempé, que nous ne nous arrêtons pas et 
nous poursuivons dans la direction d’Autreppe, village 
où nous passons vers une heure. [ei la vallée est creusée 
dans des calcaires bleus du dévonien moyen surmontés de 
marnes crétacées. 

Dans les carrières et les taillis qui longent la route, 
nous observons les espèces suivantes : 


Picris hieracioides, Malva moschata, 
Euphorbia amygdaloides, Inula Conyza, 
Potentilla verna, Parietaria erecta. 


Hypericum hirsutum, 


Partis d'assez bonne heure de Mons, nous commençons 
à sentir l’aiguillon de la faim et nous avons hâte d'arriver 
à l'auberge du Lapin blanc, où notre savant archéologue 
M. Debove nous a fait préparer un déjeuner. Celui-ci, 
abondant et bien composé, est trouvé excellent. 

Admirablement réconfortés et reposés de nos fatigues 
de la matinée, nous reprenons notre herborisation, qui va 


(178) 


offrir un grand intérêt à cause de deux espèces extrème- 
ment rares qui se trouvent dans le bois d’Angres. Ce 
bois, situé dans une profonde vallée, est très-connu par le 
fameux Caillou qui bique, énorme bloc de poudingue de 
Burnoz dont l'aspect est très-original. 

Sous la conduite de M. Lelièvre, nous récoltons le 
Luzula Forsteri et le Carex depauperata, très-rares 
espèces dont il a enrichi notre flore nationale. En Bel- 
gique, la première de ces espèces n'est connue que dans 
le bois d'Angres et la seconde n'y possède qu'une seule 
autre habitation. 

Dans ce même bois, nous avons encore observé : 


Tamus communis, Ligustrum vulgare, 
Geranium phaeum, Lithospermum offcinale. 
Dipsacus pilosus, 


En quittant le bois d'Angres, nous n'avons plus à traver- 
ser que des campagnes cultivées pour regagner la gare 
d'Elouges. Plus rien de remarquable n'est observé, à 
part un magnifique pied du Carduus nutanti-crispus qui 
croissait en compagnie d'un grand nombre de pieds de 
ses espèces ascendantes. 

Nous faisons nos adieux à nos excellents confrères de 
Valenciennes, MM. Lelièvre et d’Arbois de Jubainville, en 
les remerciant chaleureusement de nous avoir si bien 
guidés dans notre herborisation ; puis nous prenons place 
dans un train qui nous ramène à Mons. 

Au diner, notre vénérable Président nous annonce avec 
regret qu'il ne pourra pas nous accompagner dans notre 
herborisation du lendemain : le voyage qu'il vient de faire 
en voiture par des chemins montueux et très-mauvais l'a 
beaucoup fatigué et il sent le besoin de rentrer à Tournai 


(179 ) 


pour se reposer. On le conçoit aisément, cette nouvelle 
nous attriste véritablement, car notre Président, malgré 
son grand àge, est la Joie et lâme de nos excursions 
botaniques. Nous lui manifestons nos regrets sincères; 
nous buvons à sa santé et nous lui souhaitons de pouvoir 
encore nous accompagner dans nos prochaines herbori- 
sations. 

Le lendemain, un train matinal nous amène dès 
8 heures à Obourg, où doit commencer notre herbori- 
sation. 

Nous avons à explorer un sol bien différent de celui que 
nous avions parcouru le jour précédent. A Obourg mème 
et dans les environs, nous foulons le terrain crétacé dont 
la florule est essentiellement calcicole et bien différente 
de celle que nous observerons dans les sables du Camp de 
Casteau. 

Les carrières ouvertes dans la craie d'Obourg, où 
M. Houzeau nous fait remarquer le caractère particulier 
des silex, offrent en abondance le Phleum Boehmeri, et 
cà et là les Medicago minima et Reseda lutea. 

En commencant nos recherches, tous, nous nous som- 
mes rappelé le souvenir d’Arthur Martinis, auquel la 
flore du Hainaut doit de si belles découvertes. Martinis, 
enlevé à la fleur de l’âge, avait étudié à fond les environs 
d'Obourg, où il avait habité plusieurs années. Si nous 
avions eu le bonbeur de l'avoir pour guide, nous eussions 
assurénient fait plus de découvertes; cependant les ren- 
seignements qu'il a Consignés dans ses publications nous 
ont permis de retrouver un grand nombre des rares 
espèces de [a localité. 

En quittant les carrières, nous nous dirigeons vers le 
bois de Saint-Macaire. 


( 180 ) 


La florule de ce bois est extrèmement curieuse à étudier 
au point de vue de la distribution des espèces caleicoles et 
silicicoles. Vers l’est, le sol est formé de sable, tandis que 
vers l’ouest il est formé par le terrain crayeux. A la limite 
du sable et de la craie, on observe un changement brusque 
dans le caractère de la végétation. Ce changement est 
tellement marqué que l'œil le plus indifférent en est 
frappé. 


Les espèces les plus remarquables de ce bois sont : 


Majanthemum bifolium, Phalangium ramosum, 
Geranium sylvaticum, Polygala comosa, 
Pulmonaria tuberosa, Mercurialis perennis, 
Myosotis sylvatica, Koeleria cristata, 
Melica uniflora, Galium sylvestre, 
Paris quadrifolia, Anthyllis Vulneraria, 
Sanicula europaea, Gymnadenia conopsea, 
Hypericum montanum, Carex arenaria, 
Tamus communis, Silene nutans, 
Rhamnus cathartica, Gymnadenia viridis, 
Endymion non-seriptus, Vincetoxicum album, 
Viola hirta, Veronica Teucrium, 
Campanula persicaefolia, Asperula cynanchica. 


Les Orchis fusca et O. militaris, d'ordinaire si abondants 
dans un certain endroit, avaient été fauchés avec l'herbe. 

Le Pulmonaria tuberosa, qui est abondant, nous a 
offert une variété à feuilles maculées de blane, chose qui 
parait être très-rare. 

En prenant à travers champs, nous descendons bientôt 
dans le ravin boisé de Saint-Denis, où nous observons : 


Pulmonaria tuberosa, Veronica montana, 
Saxifraga granulata, Blechnum Spicant. 


Nous arrivons à midi et demi à Saint-Denis, où un 
déjeuner substantiel nous attend. C’est notre excellent 


(181) 


confrère M. Édouard Petit qui a bien voulu se charger 
de nous faire préparer ce repas et nous nous plaisons à 
reconnaitre qu'il avait rempli sa tâche de commissaire à 
notre entière satisfaction. 

Vers deux heures, nous nous remettons en route en nous 
dirigeant vers les grands étangs de Saint-Denis. Ceux-ci, 
avec les prairies et les bois qui les environnent, nous 
offrent les espèces suivantes : 


Saxifraga granulata, Teesdalia nudicaulis, 
Equisetum maximum, Juncus squarrosus, 
Hippuris vulgaris, Carex arenaria, 
Potamogeton pectinatus, Drosera rotundifolia, 
Carex paniculata, Nardus stricta, 

Cirsium oleraceum, Salix repens, 

Myosotis sylvatica, Erica Tetralix, 

Senecio sylvaticus, Bryonia dioeca, 
Spergularia campestris, Illecebrum verticillatum. 


Rosa tomentosa, 


Le Camp de Casteau, où nous ne tardons pas à arriver, 
est une immense plaine qui rappelle à s’y méprendre 
les landes de la Campine. Au surplus, on y retrouve la 


végétation campinienne. Voici les espèces que nous y 
observons : 


Scirpus caespitosus, Montia minor, 
Gentiana Pneumonanthe, Drosera rotundifolia, 
Erica Tetralix, Carex pilulifera, 
Genista anglica, Veronica scutellata, 
Juncus squarrosus, Elodes palustris, 
Polygala depressa, Montia rivularis, 
Viola palustris, Carex OEderi, 
Galium saxatile, Scleranthus perennis. 


Comme on le voit, la florule du Camp de Casteau est 
essentiellement silicicole. 


(18 ) 


Arrivés à l'extrémité de la plaine vers Mons, M. Houzeau 
attire notre attention sur un banc de phtanite qui affleure 
sur une assez grande étendue. Il nous fait remarquer sur 
les feuillets de cette roche des empreintes de Posido- 
nomya Becheri, fossile caractéristique de cette assise géolo- 
gique et d'autres empreintes que M. Crépin, notre 
secrétaire général, rapporte à une Calamariée, au Bornia 
transitionis. 

Nous repassons dans le voisinage d'Obourg pour y 
rechercher le Festuca bromoides, mais sans pouvoir le 
trouver (1). 

Pour regagner Mons, nous passons à Maisières, puis à 
Nimy, où nous nous arrêtons quelques instants chez votre 
rapporteur et chez son voisin, notre confrère M. Petit (2). 





(1) M. Wesmael a bien voulu, plus tard, retourner à Obourg pour 
recueillir une nombreuse provision de cette rare espèce, qu’il nous a 
distribuée à la séance du 2 décembre. 

LE SECRÉTAIRE GÉNÉRAL. 

(2) 11 est de notre devoir d’ajouter ici quelques mots au rapport de 
notre honorable confrère M. Wesmael. En arrivant à Nimy, celui-ci pré- 
textant qu’il avait besoin de changer de chaussure, nous pria d’entrer 
chez lui pour l’attendre quelques minutes. À notre grande surprise, 
Madame W esmael était prévenue de notre arrivée et nous attendait; elle 
nous fit immédiatement servir des rafraichissements. Nous fimes là une 
halte délicieuse, qui nous a laissé à tous les souvenirs les plus agréables. 
Notre aimable commissaire ne se contenta pas de nous faire goûter de son 
excellent vin; avant de partir, il nous distribua gracieusement des 
exemplaires de ses principales publications botaniques. Mais à peine 
avions-nous fait quelques pas, que M. Petit voulut, à son tour, nous faire 
entrer chez lui. Force nous fut d’accepter son invitation. Sa digne mère 
nous fit, comme Madame Wesmael, un accueil charmant ; seulement nous 
devons confesser que le vieux Bourgogne des caves de Nimy est quelque 
peu capiteux et que nous avions peut-être l’air, en arrivant à Mons, de 
revenir d’une kermesse. 

SECR. GÉN. 


(185 ) 


L’herborisation officielle se terminait le lundi soir; 
mais nous nous étions décidés à plusieurs de consacrer 
encore un jour à l'exploration des environs de Mons et de 
visiter les bois de Baudour. 

Le lendemain, nous partions au nombre de huit. Descen- 
dus à la gare de Jemmapes, nous Jetons un coup d'œil 
dans un enclos situé derrière un moulin à farine, dans 
lequel nous apercevons quelques plantes fort curieuses et 
qui provenaient, sans aucun doute, de graines étrangères. 
C'est d'abord le Sisymbrium Loeselii dont la floraison est 
assez avancée pour le reconnaitre à première vue, puis 
une autre Crucifère à fleurs jaunes, mais qui commence 
seulement à fleurir. Elle parait appartenir au genre 
Rapistrum. En leur compagnie, croissaient plusieurs pieds 
de Stachys recta. | 

Après avoir traversé la voie ferrée, nous nous dirigeons 
vers les marais de Douvrain. Depuis le temps où Hocquart, 
l’auteur de la Flore du département de Jemmape, her- 
borisait aux environs de Mons, ces marais ont perdu 
plusieurs de leurs plantes rares. 

Nos recherches, quoique faites avec soin, n'ont pas été 
bien fructueuses. Voici les espèces que nous avons 
observées dans les prairies tourbeuses de Douvrain, dans 
leurs mares et leurs fossés : 


Hottonia palustris, Chara foetida, 
Elodea canadensis, Carex rostrata, 
Sium angustifolium, Juncus obtusiflorus, 
Senecio aquaticus, Triglochin palustris, 
Galium elongatum, Sagina nodosa, 


Veronica Anagallis, Typha angustifolia, 


Catabrosa aquatica, | Galium uliginosum. 
Utricularia minor, | 


Au pied des haies, dans le village de Douvrain, nous 


16 


(184 ) 


remarquons les Anthriscus vulgaris, Onopordon Acanthium 
et Parietaria erecta. 

Avant d'arriver au bois de Baudour, nous observons 
aux bords des chemins : Eryngium campestre, Reseda 
lutea, Teucrium Botrys et Polygala comosa. Dans les 
moissons, on aperçoit les Bromus arvensis et Torilis 
infesta. 

La portion du bois de Baudour que nous avons tra- 
versée avant d'arriver au village, n'offre qu'une végétation 
monotone et dépourvue de tout intérêt. 

Après avoir fait un déjeuner frugal dans une petite 
auberge, nous visitons une autre partie du bois qui est 
aussi insignifiante que la première. Considérant la nature 
du sol et désespérant de découvrir les petits affleurements 
crétacés où l’on a signalé quelques rares Orchidées, nous 
revenons sur nos pas pour retourner à Mons. 

Entre Baudour et Ghlin, nous observons les espèces 
suivantes : 

Hypochoeris glabra, | Lactuca perennis, 


Ajuga genevensis, Avena fatua. 
Herniaria glabra, | 


Telle a été la dernière journée de l'herborisation 
générale de cette année; elle fut peu fructueuse, comme 
on le voit, mais nous pouvions nous en consoler en pensant 
aux deux journées précédentes, aux excursions si intéres- 
santes à Angres et à Obourg. 


( 185 ) 
Notice sur quelques faits tératologiques, par A. Gravis. 


Il y a quelques années, dans un remarquable discours(1), 
M. Germain de Saint-Pierre faisait ressortir l'importance 
des études tératologiques, pour l'interprétation exacte de 
la structure des organes à l'état normal. Les anomalies 
que le règne végétal nous offre en si grande abondance ne 
sont pas, en effet, des désordres aveugles et par suite 
sans valeur. Les écarts auxquels la nature se livre acel- 
dentellement, peuvent être ramenés aux lois générales de 
l'organisation, et ce qui le prouve, c'est que tel état qui 
est anomal pour une espèce, est au contraire souvent 
normal pour une autre. 

Les anomalies ne sont done pas seulement des faits 
curieux et intéressants à signaler, mais ce sont surtout 
d’utiles révélations que nous pouvons mettre à profit, pour 
la solution des problèmes les plus difliciles. C'est ainsi 
qu'une simple prolification médiane de l’axe floral, dans 
une Rose, prouve que la fleur n'est qu’un rameau arrêté 
dans son développement, et les virescences plus ou moins 
complètes des sépales, pétales, ete., que ces appendices 
ne sont que les feuilles métamorphosées de ce rameau. 

Cette grande utilité des faits tératologiques nous à 
engagé à ne pas laisser dans l'oubli, quelques anomalies 
que nous avons eu l’occasion d'observer cette année. Outre 
des cas de prolification médiane et de virescence semblables 
à ceux rappelés plus haut, nous avons observé des faits qui 
se rattachent à la question si intéressante de la structure 


(1) De l’utililé des études tératologiques pour la solution des problèmes 
de lu biologie végétale. Bull., année 1875, p. 159. 


( 186 ) 

de l'ovaire supère et de l'ovaire infère. La famille des 
Pomacées et celle des Ombellifères nous ont fourni, dans 
une nombreuse série de cas tératologiques, toutes les tran- 
sitions désirables entre ces deux modifications du gynécée. 

La nature morphologique de l'ovaire en général nous a 
été démontrée par les cas de virescence du pistil, et celle 
de l'ovaire infère en particulier, par les divers modes 
d'insertion des feuilles carpellaires sur l’axe floral. Enfin 
d'autres anomalies nous ont convaincu que la partie 
charnue de la Poire est due à un développement parti- 
culier de l'axe mênue. 

Tels sont les faits que nous allons développer; nous 
serions heureux si nos premiers efforts pouvaient être de 
quelque utilité pour la science. 


I. — Pyrus communis L. 


Les faits dont l’exposé va suivre, ont été observés vers 
la fin du mois de mai dernier, sur un Poirier vigoureux 
cultivé en espalier. La floraison régulière de l'arbre était 
terminée depuis plusieurs jours, lorsqu'une quinzaine de 
boutons à fleur présentèrent des anomalies que nous 
groupons en trois séries. 

Dans la première série, trois boutons offrent à des 
degrés différents la virescence du calice ou de la corolle. 
Ainsi, dans le premier, la virescence des sépales est com- 
plète (pl. E, fig. 1), à leur place se montre un verticille de 
cinq feuilles ; le reste de la fleur est rudimentaire (loi de 
balancement organique). 

Dans le second bouton, dont deux sépales seulement 
sont foliacés, l’atrophie des autres organes floraux est 
moindre (fig. 2). 


( 187 


Enfin, dans le troisième (fig. 5), nous trouvons la 
virescence des sépales moins prononcée encore, la méta- 
morphose des pétales en cinq petites feuilles, " celle des 
étamines en sépales. Nous qualifions de ce nom de 
sépales, de petites lamelles verdâtres qui par leur gran- 
deur, leur forme et leur consistance, ressemblent aux 
divisions du calice. 

La deuxième série, composée de neuf boutons, offre des 
cas plus importants : ce sont surtout des déplacements 
notables dans la disposition des organes floraux. Le calice 
est à l’état normal; les pétales sont normaux aussi, ou 
bien transformés en sépales; une partie des étamines est 
également métamorphosée en sépales, tandis qu'une autre 
l’est en pétales (fig. 4). Ces pétales sont tantôt bien déve- 
loppés et ressemblent en tout aux pétales ordinaires, tantôt 
ils sont plus petits et portent des rudiments d’anthère 
rouges. Quelquefois même un certain nombre d’étamines 
n'ont subi aucune altération. Tous ces organes, modifiés 
ou non, sont insérés sur une sorte de réceptacle ou d'émi- 
nence conique qui s'élève à l'extrémité du pédoncule, au- 
dessus de l'insertion des sépales (fig. 5). C'est une sorte 
de gynophore, semblable à celui du Fraisier, mais qui, 
dans le cas qui nous occupe, porte, outre le gynécée, 
l’androcée et les pétales. 

Quant aux pistils, ils occupent diverses positions que 
nous allons maintenant étudier. Dans les fleurs normales, 
les cinq loges qui consituent l'ovaire infère des Pomacées 
se trouvent dans la partie extrème du pédonceule et un 
peu en dessous du niveau des sépales. Mais ici les choses 
sont bien différentes : toute la partie de l'axe située sous 
le calice est entièrement pleine ; dans deux cas, une coupe 
transversale, pratiquée dans la partie moyenne du récep- 


( 188 ) 


tacle conique dont nous avons parlé plus haut, nous fait 
retrouver les cinq loges avec leur disposition ordinaire 
(fig. 7). Dans d'autres cas, les loges se rencontrent plus 
haut encore, tout à fait sous le sommet du cône. D’autres 
fois, enfin, les carpelles se dégagent entièrement et devien- 
nent libres (fig. 5). Ces carpelles ont alors la forme de 
petits pistils distinets, ayant une partie inférieure (ovaire) 
renflée et munie d'un sillon longitudinal, et une partie 
eflilée (style) qui les termine (fig. 6). 

Mais ces pisuüls sont fort petits et plus ou moins 
rudimentaires; aussi sommes-nous heureux d’avoir 
trouvé un autre exemplaire présentant le même phé- 
nomène, mais d'une manière plus frappante. Le voie : 
les sépales, pétales, étamines sont restés normaux, 
l’'anomalie n'ayant atteint que le gynécée. Les cinq 
pistils sont supères, libres entre eux, et directement portés 
par le torus. Ils mesurent 10 à 12 millimètres, leur 
couleur est verte et ils ressemblent à de petites feuilles 
pliées suivant leur nervure médiane et soudées par leurs 
bords; leur aspect rappelle assez bien les follicules de 
l'Aconit (fig. 8). 

Enfin nous arrivons à la troisième série qui renferme 
deux cas de prolification médiane de l’axe floral. Un des 
cinq sépales est remplacé par une grande feuille munie 
d'un petit pétiole; les autres sépales ont seulement pris un 
peu plus d’accroissement que de coutume (fig. 9). A l’inté- 
rieur de ce premier verticille, se dresse une sorte de 
colonne qui porte un second verticille de sépales, puis une 
série de petites écailles rudimentaires. Par la coupe verti- 
cale, on peut se convaincre que la colonne au-dessus 
des sépales est bien le prolongement du pédoncule et que 
tous les tissus s'y continuent sans interruption. De plus, 


(189) 


à l’aisselle du pétiole de la feuille représentant l’un des 
sépales, on aperçoit distinetement un petit corps conique, 
formé d'écailles imbriquées : c'est un bourgeon axillaire 
comme on peut en trouver à Paisselle de toute feuille 
normale. Nous devons done considérer notre pédoncule 
et la colonne qui le termine comme un axe, comme une 
branche garnie de feuilles ; cette branche n'aurait subi 
qu'une partie des modifications qui devaient en faire une 
fleur : ainsi le premier verticille a vu quatre seulement 
de ses feuilles se métamorphoser en sépales. tandis que la 
cinquième conservait ses caractères ordinaires et son 
bourgeon axillaire. Plus haut, l’axe porte un second verti- 
cille de einq feuilles qui ont été métamorphosées en sépales 
également. Enfin, faute de vigueur suffisante, l'axe s’est 
arrèté dans son développement, et ses appendices ne sont 
plus que des écailles rudimentaires. 

La seconde prolification avait échappé à nos investiga- 
üons du printemps, et ne fut trouvée sur notre poirier 
qu'au mois d'octobre. C’est un petit rameau feuillé qui 
provient de Ia dégradation d’une fleur. Sa position ne 
laisse aucun doute à cet égard : ce rameau, en effet, prend 
naissance sur une lambourde au milieu des cicatrices 
laissées par la chute d’autres fleurs, ayant appartenu au 
même bouquet. Mais les modifications qui ont altéré cette 
seule fleur persistante l'ont rendue presque méconnais- 
sable. Ainsi au sommet du pédoncule se trouvent, à la 
même hauteur, trois véritables feuilles disposées en demi- 
verticille ; les deux autres, qui devaient compléter ce ver- 
üicille, ont avorté. De l’aisselle de chacune de ces trois 
feuilles, sort un fort bourgeon (fig. 10). Ce développement 
unilatéral des feuilles et des bourgeons a produit une 
légère déviation, en sens contraire, de l’axe qui se continue 


( 190 ) 


plus haut et se termine par un groupe de petites feuilles. 
Mais, comme il arrive fréquemment, une anomalie secon- 
daire est venue compliquer un peu les choses. Deux des 
trois feuilles du demi-verticille ont leur pétiole complète- 
ment soudé l’un à l’autre dans toute leur longueur, de 
sorte qu'on croirait voir deux limbes distinets à l'extrémité 
d'un pétiole unique. Nous avons donc ici virescence des 
appendices, prolification médiane de l'axe et soudure de 
deux feuilles par leur pétiole. Nous avons employé le 
terme soudure et non pas dédoublement (d'après la théorie 
de M. E. Germain), parce que, dans le cas actuel, la 
présence des deux bourgeons à l’aisselle du pétiole com- 
mun semble prouver qu'il y a là deux feuilles restées par- 
tiellement soudées et non pas une seule feuille dédoublee. 

Ces faits exposés, jetons maintenant un coup d'œil 
d'ensemble et généralisons : 

1° Métamorphoses des appendices : Nous avons vu des 
sépales se métamorphoser en feuilles, des pétales en 
sépales ou en feuilles, des étamines enfin en pétales ou en 
sépales ; done toutes métamorphoses descendantes; nous 
n’en avons observé aucune ascendante. Malgré ces trans- 
formations diverses, la succession des verticilles floraux 
est ordinairement restée régulière : sépales, pétales, éta- 
mines. Quelquefois, cependant, il s'est présenté des 
répétitions telles que celles-ci : sépales, sépales, pétales, 
étamines; ou bien même, trois ou quatre verticilles de 
sépales suivis d'étamines ; ou enfin, sépales, pétales, 
sépales, pétales, étamines. 

2° Déplacements des feuilles carpellaires par rapport aux : 
autres parties de la fleur : Ces déplacements sont dus à un 
développement inégal de l’axe floral : ainsi lorsque cet axe 
s'arrête de bonne heure dans son développement, l'ovaire 


(191 ) 


est normalement infère. Vient-il, au contraire, à se conti- 
nuer au-dessus de l'insertion des sépales (par une sorte de 
prolification), il y a formation du réceptacle conique, sorte 
de gynophore. Celui-ci peut renfermer l'ovaire ou bien se 
terminer simplement par des pistils libres. Ce sont là 
toutes les transitions désirables entre l’ovaire normale- 
ment infère et le pistil supère. 

9° Prolifications médianes de l’axe floral : Ces prolifica- 
tions sont accompagnées de la virescence plus ou moins 
complète des appendices ; elles peuvent servir à prouver 
que l'axe floral n'est qu'un rameau transformé, de même 
que la virescence des différentes pièces florales démontre 
que ces appendices ne sont que les feuilles métamor- 
phosées de ce rameau. 

Ces faits, que nous venons de résumer, n’apporteraient- 
ils pas quelque lumière sur une question souvent contro- 
versée? Dans la Pomme et la Poire et les autres ovaires 
infères, à quoi faut-il attribuer la partie charnue du fruit ? 
Est-ce le tube du calice soudé à l'ovaire, ou bien l’extré- 
mité du pédoncule ? Il nous semble que les faits tératolo- 
giques énoncés plus haut, tendent à faire admettre, dans 
la famille des Pomacées, un calice dialysépale libre, plutôt 
qu'un calice gamosépale dont le tube serait soudé à l’ovaire. 
Dès lors il suffit de rappeler comment les auteurs expli- 
quent l'ovaire infère avec un calice dialysépale libre : l'axe 
floral se creuse en coupe, de facon que son sommet occupe 
le point le plus profond de l’excavation, et c’est en ce point 
même que naissent les feuilles carpellaires. La coupe con- 
tribue à former les parois de l'ovaire en se soudant à 
lui, tandis que le bord circulaire de cette coupe, qui est 
l'extrémité de l’axe même, porte tous les autres appendices 
(sépales, pétales, étamines). 


( 192 ) 


Dans les cas tératologiques de notre poirier, et plus 
spécialement lorsqu'il y a eu formation du réceptacle 
conique, l'axe floral ne s’est creusé en coupe que faible- 
ment, et après s'être déjà prolongé au-dessus de l'insertion 
des sépales, ou même ne s’est point creusé du tout et 
les pistils sont restés libres. 

La partie charnue de la Poire serait donc l'extrémité 
renflée du pédoneule. — D'ailleurs, comme preuve de 
la possibilité de la chose, il suffit de citer la Pomme 
d’Acajou : quoique ce fruit soit sec et libre, le pédoncule 
qui le porte est renflé et possède la forme ainsi que la 
saveur d’un véritable fruit charnu. 


Notre travail était terminé, lorsqu'un de nos amis nous 
communiqua une dernière anomalie recueillie en automne 
sur un autre poirier. Nous ne pouvons nous empêcher .de 
décrire encore ce cas, parce qu'il confirme nos conclusions 
précédentes. 

Les sépales sont remplacés par cinq feuilles, dont quatre 
sont soudées deux à deux par leur pétiole et la moitié de 
leur limbe ; la cinquième est plus petite et libre. Lei encore 
il ne peut être question de dédoublement, car le verticille 
étant complet doit se composer de cinq feuilles, qui dès 
lors ne peuvent être que soudées. 

Au-dessous de cet unique verticille, se trouve un 
renflement pyriforme qui ne se montre que d’un côté 
seulement du pédoneule; l’autre côté conservant son aspect 
habituel (fig. 11). Cette circonstance, nous semble-t-il, 
ne permet plus le moindre doute sur la nature morpho- 
logique de la Poire. En effet, nous voyons la partie 
charnue complètement indépendante du calice, puisque les 
feuilles calicinales ne sont insérées qu’au sommet même 


( 195 ) 


du renflement, et uniquement dépendante au contraire du 
pédoncule, puisque celui-ei donne naissance latéralement 
à la partie charnue. 


IT. — Selinum carvifolia L. 


Dans une herborisation que nous fimes au mois d'août 
dernier, dans les prairies humides de Bergh, une inflo- 
rescence de l'ombellifère précitée attira notre attention. 
Sa couleur était d’un vert foncé, brunâtre même, tandis 
que celle des autres était blanche ou un peu rosée. Cette 
ombelle, qui était la terminale, était très-fournie et toutes 
les fleurs qui la composaient présentaient des anomalies 
diverses. D'une manière générale, ces anomalies n’affec- 
taient que l'organe femelle, tandis que les autres parties 
de la fleur restaient à peu près normales. 

La plus fréquente de ces monstruosités est la métamor- 
phose des deux akènes en deux feuilles longues, étroites, 
pliées longitudinalement (pl. IE, fig. 1 à 5). Quelquefois 
ces feuilles carpellaires entr'ouvertes portent, sur un de 
leurs bords, un petit appendice représentant l’ovule 
(fig. # à 7). Cet appendice n’est tantôt qu'un petit mame- 
lon, tantôt un petit organe foliacé, tel qu’une foliole ou 
que le lobe d’une feuille. Quant à son insertion, elle se 
trouve plus ou moins haut sur le bord carpellaire. 

Dans les exemples que nous venons de passer en revue, 
nous voyons déjà notablement réduite la partie extrème 
du pédoncule, celle qui porte encore les traces des dix 
côtes primaires qui devaient entourer le diakène. On peut 
s'en convaincre par la comparaison des figures précédentes 
avec la fig. 8, qui représente une fleur dans un état à peu 
près normal. Mais une autre fleur (fig. 9) nous montre 


(194 ) 


cette même partie du pédoncule bien amoindrie encore ; 
elle n'y atteint que le développement d’un torus ordinaire. 

Jusqu'ici toutes les feuilles carpellaires que nous avons 
vues étaient entr’ouvertes, et le réceptacle entouré des 
dix côtes primaires était entièrement plein (fig. 4, 5, 6). 
Dans les cas qui vont suivre, au contraire, les bords ear- 
pellaires vont se souder en une suture ventrale et former 
ainsi de véritables carpelles, tandis que le réceptacle va se 
creuser de plus en plus pour les recevoir. 

La première modification apparaît (fig. 10) : les bords 
s’accolent l'un à l’autre, l’akène est constitué, mais il est 
encore libre. Puis la forme des carpelles se modifie (fig. 11): 
nous avons deux ovaires libres terminés par des prolon- 
gements obliques qui deviendront des styles. Chacun de 
ces ovaires renferme un ovule inséré à la partie supé- 
rieure; le réceptacle présente déjà une légère excava- 
tion (fig. 12). 

Dans un troisième cas, les modifications précédentes 
s'accentuent davantage (fig. 15) : les deux styles se ter- 
minent par des stigmates ; les akènes sont déjà aux deux 
tiers enfoncés dans le réceptacle et les ovules s’accroissant 
deviennent pendants (fig. 14). Enfin les styles s’allon- 
sent et les sommets des deux carpelles apparaissent seuls 
au-dessus du bord de la coupe réceptaculaire (fig. 15). 
De là à l’état normal (fig. 16), il n°y a pas loin. 

Tous ces cas peuvent être très-simplement résumés 
comme suit : 

1° Feuilles carpellaires ouvertes avec ou sans ovule sur 
un de leurs bords ; 

2° Feuilles carpellaires fermées et fertiles, libres ou 
s’enfonçant de plus en plus dans le réceptacle. 

Ces faits tératologiques montrent la plus grande analogie 


(195 ) 


avec les faits tératologiques que nous avons observés sur 
le Poirier. Ils tendent à nous faire admettre que l'ovaire 
infère des Ombellifères peut s'expliquer, comme celui des 
Pomacées, par le développement cireulaire de l'axe autour 
des carpelles, de facon à former une coupe dont les parois 
se soudent à l'ovaire qui devient ainsi infère. 


III. — Iris Pseudo-Acorus L. 


Un fruit de cette plante, recueilli au mois d'août à 
Rouge-Cloitre, avait extérieurement une forme des plus 
singulières. La coupe transversale, à la partie moyenne, 
présente trois loges (pl. I, fig. 12) : une très-grande au 
milieu et de chaque côté une plus petite mais de grandeur 
normale. Ces deux dernières loges n’ont chacune qu'un 
placenta axile, tandis que la grande possède deux placentas 
pariétaux en face l’un de l'autre. 

Une coupe transversale faite près de la base du fruit 
(fig. 14) montre une disposition toute différente : quatre 
loges, à peu près égales et régulièrement disposées, ont 
chacune leur placenta axile. 

Un peu plus haut, une troisième coupe (fig. 15) indique 
la transition entre les deux premières : il y a quatre loges, 
mais imparfaitement séparées ; les deux du milieu com- 
mencent à se confondre, par suite du retrait de la cloison 
qui les séparait. Enfin, ajoutons que le pédoncule, nor- 
malement triangulaire, est ici quadrangulaire. 

La fig. 15 représente la partie inférieure du même 
fruit : la loge centrale seule est ouverte pour montrer 
comment les placentas axiles des deux loges A et B de la 
fig. 14 se bifurquent de manière à devenir pariétaux dans 
l'unique loge centrale de la fig. 12. Chacun de ces deux 


(196 ) 


placentas pariétaux est donc formé par la réunion de deux 
moitiés accolées de placentas axiles divisés longitudinale- 
ment. Les lettres a, b, c indiquent les hauteurs respectives 
auxquelles ont été faites les coupes 12, 15 et 14. 

Ce cas tératologique est donc une multiplication dans 
le nombre des feuilles carpellaires, et un déplacement des 
placentas ayant pour résultat de transformer la placentation 
axile normale en placentation pariétale. 


EXPLICATION DES FIGURES. 


EE 


Ï. Pyrus communis L. 

Fig. 1. Virescence complète des sépales. 

2. Id. moins prononcée. 

— 9. Id. des pétales. 

4, Métamorphose des pétales en sépales, des étamines en sépales et 
en pétales. 

— 5. Coupe longitudinale du réceptacle conique ; il porte les pétales et 
les étamines transformés, ainsi que cinq petits pistils libres. 

— 6. Deux des pistils du précédent, grossis. 

— 7. Coupe transversale d’un réceptacle conique, renfermant encore 
les cinq loges. 

— 8. Coupe longitudinale d’une fleur, montrant cinq pistils entièrement 
supères ; les pétales sont déjà tombés. 

— 9, Prolification médiane de l’axe floral. 

— 10, Prolification médiane de l’axe, virescence des appendices et sou- 
dure de deux feuilles par leur pétiole. Le pointillé indique 
deux feuilles avortées du verticille calicinal. 

— 11, Renflement unilatéral du pédoncule, virescence du calice, soudure 
de quatre feuilles deux à deux. 


(1497) 


III. zris Pseudo-Acorus L. 


Fig. 12. Coupe transversale faite dans la partie moyenne du fruit. 
— 15. Id. pratiquée plus bas. 
— 14. Id. tout à fait près de la base. 
— 15. Partie inférieure du fruit; la loge centrale seule a été ouverte 


pour montrer la bifurcation du placenta. Les lettres a, b, c 
indiquent les niveaux respectifs des coupes 12, 13 et 14. 


N. B. Les figures 1, 9 et 10 sont réduites; la fig. 6 est grossie ; les autres 
sont à peu près de grandeur naturelle. 


L.1 


Fig. 


— 9 


PISSNTe 


II. Selinum carvifolia L,. 


et 2. Pistils métamorphosés en deux feuilles libres, pliées longi- 
tudinalement. 
. Coupe transversale d’une des feuilles carpellaires grossie. 


— et 5. Coupes longitudinales entre les feuilles carpellaires ; un des 


bords de ces feuilles carpellaires présente un rudiment 
d’ovule. 


. Coupe longitudinale à travers les deux feuilles carpellaires, mon- 


trant le même phénomène. 


. Feuilles carpellaires entr’ouvertes avec appendices foliacés, repré- 


sentant les ovules. 
Fleur à peu près normale pour la comparer à la suivante. 


. Fleur dont la partie réceptaculaire du pédoncule est très-peu 


développée. 


. Deux feuilles carpellaires fermées. 


Id. dont la forme est modifiée : les deux ovaires libres 
sont terminés par des styles obliques. 


. Coupe longitudinale du précédent, montrant deux ovules insérés 


à la partie supérieure. 
. Deux pistils enfoncés aux deux tiers dans la coupe réceptaculaire. 


. Coupe longitudinale du précédent, montrant deux ovules pendants. 
. Deux pistils, dont les sommets seuls apparaissent au-dessus du 


réceptacle. 


. Fruit mur à l’état normal, 


(198 ) 


Étude morphologique sur les Taaricrrum, par G. Lecoyer. 


Le genre Thalictrum se compose d'espèces vivaces, à 
souche seule pérennante et à tiges annuelles. 

La souche se présente sous deux états principaux : elle 
est tantôt déterminée, pourvue d’une racine pivotante 
ramifiée, à ramifications fusiformes ou tubéreuses. Ainsi 
constituée, elle caractérise un groupe de Thalictrum très- 
restreint, entre autres : les T°. rutaefolium Hook. f. 
et Thoms., 7. anemonoides Michx, T. debile Buckl., 
T. macrocarpum Gren., T'. foeniculaceum Bunge, T. fila- 
mentosum Maxim., 1”. tuberiferum Maxim., T. orientale ? 
Boiss., T. virgatum ? Hook. f. et Thoms., et probablement 
toute la série se rattachant au 7°. podocarpum H. B. K. 
Tantôt la souche comprend un rhizome déterminé, 
écailleux, horizontal ou oblique pendant la période végé- 
tative, qui sort ensuite de terre pour s'épanouir d'abord en 
rosette foliaire et s’allonger après en tige ou simplement en 
panicule florifère. Pendant le développement de la tige, le 
rhizome émet des racines adventives cylindriques, brunes, 
grises ou jaunâtres, descendantes, garnies de fibrilles et 
pourvues les unes et les autres de poils radicaux très- 
courts. 

Si Le rhizome se développe accidentellement hors du sol, 
il n’en conserve pas moins son caractère essentiel et 
n'offre aucune analogie avec les stolons épigés du Fragaria 
vesca L. ou de l’Ajuga reptans L. Les productions 
aériennes que l’on observe sur certaines formes de Thalic- 
trum de loolithe inférieur des terrains jurassiques ne 
constituent sans doute qu'une anomalie fortuite, de même 
que celles de quelques spécimens du T. pedunculatum 


C9) 


Edgew., qui sont verticales et atteignent quelquefois plus 
de vingt centimètres de hauteur. Les racines adventives 
des rhizomes peuvent aussi se tubériser et, sous la forme 
grumeuse, caractérisent le T°. tuberosum L. des Pyrénées. 

Lesfibres radicales jaunâtres distinguent particulièrement 
les espèces se rattachant aux T°. flavum L. et T. glaucum 
Desf., mais les matériaux font défaut dans les herbiers 
pour utiliser toutes les ressources précieuses que ces 
organes semblent offrir; cette partie des Thalictrum est 
peu ou point connue, soit à cause de la difficulté d’extrac- 
tion, soit par suite de son volume embarrassant, et 1l 
serait désirable, dans l'intérêt de la botanique descrip- 
tive, que cette lacune fût comblée. 

La tige des Thalictrum est annuelle, pleine ou fistu- 
leuse, herbacée, généralement dressée ou flexueuse, 
sillonnée, striée ou lisse, arrondie, nue ou feuillée, 
simple ou rameuse, glabre, pubescente ou glanduleuse. 
Présque nulle dans le T. alpinum L. et se réduisant à une 
hampe florale pourvue d'un involucre dans le T. anemo- 
noides Michx, la tige passe, dans les autres espèces, par 
tous les états de grandeur, depuis quelques centimètres 
jusqu’à trois ou quatre mètres sur les Andes de l'Équateur. 
Cette partie des Thalictrum, hormis la taille, présente en 
elle-même peu d'intérèt pour caractériser les subdivisions 
du genre et n'offre que des éléments secondaires pour 
la distinction des espèces. 

Les feuilles des Thalictrum sont simples ou composées ; 
une seule espèce connue, le T. rotundifolium DC., appar- 
tient à la première catégorie. 

Les feuilles composées sont ternées ou pennées. Parmi 
les espèces à feuilles ternées, on remarque les T. foenicu- 
laceum Bunge, T. dioicum L., T. anemonoides Michx, 


( 200 ) 


T. clavatum DC., T. filamentosum Maxim., T. tuberi- 
ferum Maxim., T. saniculaeforme DC., T. punduanum 
Wall., T. Dalzellii Hook., T. rostellatum Hook. f. et 
Thoms., T. pedunculatum Edgew., T. orientale Boiss., 
T. pauciflorum Royle, etc. Dans le T. foeniculaceum 
Bunge, les divisions de la feuille sont toutes filiformes 
avec trois ou cinq côtes longitudinales, et les subdi- 
visions terminales sont pourvues aux deux tiers de 
leur longueur d'une articulation bien caractérisée. Une 
section transversale fait, en outre, distinguer, dans le 
tissu fibreux, trois faisceaux de cellules plus compactes 
placés symétriquement, qui constituent sans doute les 
éléments des divisions de la feuille ; mais le limbe propre- 
ment dit faisant défaut, le T. foeniculaceum pourrait être 
considéré comme aphylle ou du moins comme ne possé- 
dant vraisemblablement que des phyllodes. 

Les feuilles des Thalictrum sont alternes et générale- 
ment disposées selon le cycle quinconcial à spirale dextre 
ou sénestre,. 

Deux exceptions remarquables sont à mentionner : les 
T. filamentosum et T. tuberiferum Maxim., de l'Asie 
orientale, n’ont chacun que deux feuilles caulinaires ; ces 
deux feuilles sont sessiles, opposées et rappellent vague- 
ment l’involucre du T7. anemonoides Michx, caractère 
commun qui pourrait justifier le classement de ces trois 
espèces à proximité des Anémones. 

Le eyele foliaire doit peu varier dans le genre Thalic- 
trum, et il serait intéressant de voir si la corrélation qui 
semble exister entre cette disposition des feuilles et les 
sillons ou stries de la tige, des gaines et la nervation des 
akènes ne rencontre pas d'exceptions. 

Les feuilles des Thalictrum sont généralement pétiolées 


( 201 ) 


et engainantes. La gaine, allongée, entière, étroite, dans 
les feuilles radicales, devient de plus en plus ample selon 
le progrès de la puissance végétative, qui parait atteindre 
son maximum d'intensité vers le milieu de la tige. Les 
bords de la gaine prennent en même temps plus d’exten- 
sion et s'étalent en oreillettes aiguës ou obtuses, à 
contours entiers, rongés, laciniés, frangés ou denticulés. 
En se rapprochant de la panicule, la gaine s’'amoindrit peu 
à peu, se réduit ensuite aux oreillettes et finit par dispa- 
raitre totalement en même temps que les feuilles, qui se 
métamorphosent le plus souvent en bractées scarieuses. 

Cet organe peut fournir un élément distinctif pour 
caractériser le T°. longistylum DC., de l'Amérique méri- 
dionale, sur lequel il prend un développement con- 
sidérable et présente un aspect vésiculeux qui a quelque 
analogie avec celui de la gaine de l'Angelica sylvestris L. ; 
les oreillettes elles-mêmes, arrondies, entières, atteignent 
vers la panicule près d'un centimètre de longueur. C'est 
probablement ce développement extraordinaire de Ja 
gaine et la grandeur des fleurs qui ont fait écrire à 
De Candolle que le T. longistylum a une certaine affinité 
avec le T°. aquilegifolium L., et qui expliquent la raison 
pour laquelle on voit quelquefois cette plante figurer dans 
les herbiers sous ce dernier nom. 

La gaine du T. Chelidonii DC. est aussi très-déve- 
loppée, mais elle se distingue de la précédente en ce 
qu'elle abrite communément une agglomération de bul- 
billes dont l'existence, concurremment avec d’autres 
caractères, peut permettre de reconnaitre cette espèce 
parmi les autres formes affines de l'Himalaya. Une 
modification inverse, quant à la dimension, se remarque 
dans le groupe asiatique à feuilles orbiculaires. Dans 


( 202 ) 


ces Thalictrum, la gaine disparait presque entièrement, les 
oreillettes restent seules à la base des pétioles et sont 
décrites par les auteurs comme des stipules libres, tandis 
que, dans les autres espèces, elles sont considérées comme 
des stipules adnées; mais les botanistes ne s'accordent 
pas sur lidentité ou le sens de ces deux termes (oreil- 
lettes, stipules); de plus, linsertion de ces appendices 
semble différer essentiellement de celle des organes 
analogues que l’on observe généralement à la base des 
subdivisions du pétiole. 

Les stipelles et les stipellules se rencontrent conjoin- 
tement ou séparément à la base des pétiolules, mais 
souvent réduites à de simples rudiments verdâtres ou 
brunâtres et scarieux. Elles sont souvent peu distinctes, 
fugaces ou n'apparaissent qu'aux premières subdivisions 
du pétiole. 

Les stipelles ne deviennent réellement caractéristiques 
que dans le 7. Chelidonii DC. et surtout dans le T. aqui- 
legifolium L., où elles sont grandes, constantes et d’une 
teinte blanchâtre. 

Le pétiole n'offre rien d'intéressant au point de vue 
descriptif; il passe par tous les états de grandeur, depuis 
la base de la tige jusqu'au sommet; très-développé dans 
les feuilles radicales, il diminue graduellement de lon- 
gueur dans les feuilles caulinaires, qui finissent par être 
sessiles vers la panicule, à moins que la panicule elle- 
mème ne soit feuillée. Dans ce dernier cas, la décroissance 
se produit moins brusquement pour ne se terminer qu à 
l'extrémité de l’inflorescence. 

Les folioles sont pétiolulées ou sessiles, sinuées, cré- 
nelées, dentées, lobées ou partites, et accidentellement 
entières ; elles peuvent être minces ou épaisses, lisses ou 


( 205 ) 


réticulées, glauques, ternes ou luisantes, papilleuses, 
glabres, glanduleuses, pubescentes ou laineuses, et varient 
singulièrement de nombre, de forme, de grandeur et de 
consistance, non-seulement selon la diversité des groupes 
spécifiques auxquels elles appartiennent, mais encore 
selon les milieux où les Thalictrum végètent, et aussi 
selon la situation qu'elles occupent sur tout spécimen 
considéré isolément. Généralement de grandeur moyenne 
et à divisions obtuses dans les premières feuilles, 
les diverses dimensions des folioles s’accroissent suivant 
l'augmentation d'intensité de la puissance végétative, 
tandis que les divisions elles-mêmes deviennent moins 
obtuses. Dans la partie supérieure de la tige, les 
folioles s'amoindrissent et se rétrécissent progressivement, 
et leurs divisions deviennent de plus en plus aiguës au fur 
et à mesure que l’on se rapproche du sommet de la 
plante. 

Les folioles des Thalictrum peuvent être orbiculaires, 
arrondies, ovales, obovales, oblongues, lancéolées, liné- 
aires, aciculaires, cunéiformes ou cordées. 

Les feuilles à folioles orbiculaires sont propres à 
quelques Thalictrum du sud de l'Himalaya, tels que les 
T. rotundifolium DC., T. Dalzellii Hook. et T. pundua- 
num Wall. Les folioles lancéolées se rencontrent dans les 
espèces des groupes angustifolium, flavum et simplex ; les 
folioles linéaires appartiennent au groupe galioides, et 
aucune de ces trois formes caractéristiques ne se remarque 
dans les espèces connues du Nouveau-Monde. 

Les caractères distinctifs des Thalictrum ont été pris 
dans toutes les parties de la plante, mais la plupart 
varient d'importance selon les lieux où l’on en constate 
l'existence. La monœcie et la diœcie, qui offrent, par exem- 


( 204 ) 


ple, un grand intérêt dans l’ancien monde, ne présentent 
plus qu’un intérètsecondaire dans le Nouveau-Continent, où 
ces divers états de la fleur semblent se produire indiffé- 
remment dans toute une section du genre. La nervation 
sinueuse et anastomosée de l’akène et le développement 
considérable du stigmate qui caractérisent si nettement 
le T. macrocarpum Gren. des Pyrénées, ne présentent 
déjà plus la même précision distinctive pour certaines 
formes de l'Himalaya et ne sont plus que des caractères 
accessoires pour servir à la distinction spécifique des 
Thalictrum de l'Amérique méridionale. 

Il serait peut-être téméraire de formuler une conclusion 
absolue relativement à la stabilité ou à l'importance d'un 
caractère quelconque, si l’on considère les modifications 
nombreuses qu’il peut subir sans altérer néanmoins l'unité 
spécifique. Soit, par exemple, le T. alpinum L., l'espèce 
du genre la plus ubiquiste ou cosmopolite, que l'on ren- 
contre dansles Montagnes Rocheuses, en Laponie, dans les 
Pyrénées, les Alpes, le Thibet, l'Himalaya et dans la 
Sibérie arctique, l’un des types linnéens qui ont été le 
moins démembrés par les botanistes modernes ; eh bien, 
l’anthère, comme on peut le constater (pl. TE, fig. 28 a, b, 
c,d,e, f,g, h, t, j), varie considérablement, sans que la 
nécessité d’un démembrement soit bien démontrée. Des 
variations analogues ou des altérations plus profondes en- 
core peuvent évidemment se rencontrer dans d’autres 
organes et dans toutes les espèces, et imposent la nécessité 
d’un examen sérieux et minutieux des diverses formes que 
peut revêtir un type quelconque dans toutes ses parties, 
avant de prononcer un jugement définitif sur la limite où 
l'espèce doit s'arrêter. 

Parmi les caractères distinctifs utilisés par les auteurs, il 


( 205 ) 


en est deux, la pubescence et la glandulosité, qui ont 
particulièrement servi à distinguer quelques espèces, entre 
autres, les T. pubigerum Benth. et T. dasycarpum Fisch. 
Mey. et Lallem., mais d’une manière vague, incomplète, 
qui puise sa raison dans la nature microscopique de ces 
organes. 

L'étude particulière de ces caractères pour leur emploi 
dans la diagnose des plantes, quoique fréquemment 
négligée, n’est pas cependant sans intérêt ni sans utilité, 
car elle démontre immédiatement que la pubescence et la 
glandulosité ne sont pas des accidents génériques uni- 
formes, indifférents, mais qu'elles constituent, au con- 
traire, des caractères spécifiques sérieux, variés, dont la 
constance et l’abondance peuvent concourir efficacement, 
au même titre que les autres éléments distinctifs en 
usage, à grouper où à séparer les formes litigieuses 
affines. 

En effet, si l’on observe au microscope la face dorsale 
des folioles, partie sur laquelle la pubescence et la glan- 
dulosité existent toujours avec le plus d'intensité, on est 
surpris des différences radicales que l'on rencontre 
entre les diverses formes que ces organes revêtent. 
Les espèces pubescentes ou glanduleuses ont chacune 
des organes microscopiques de structure distincte, et 
invariables dans toute l'étendue de l'aire de dispersion. 
La seule variation qu’on observe réside dans l'abondance 
ou la rareté des poils ou des glandes, et dès qu'une 
modification de structure se manifeste, elle concorde 
généralement avec d’autres changements morphologiques 
dans les diverses parties de la plante. Loin d'être iden- 
tiques dans un même groupe végétal, les poils et les 
glandes, par leur diversité, permettent donc d'établir des 


( 206 ) 


subdivisions dans les séries de formes affines ou de 
confirmer la synonymie dont d’autres caractères laissaient 
déjà soupçonner l'existence. Une circonstance remar- 
quable, c’est la présence simultanée de plusieurs de ces 
organes microscopiques distincts sur une même espèce ; 
communément très-abondants sur les nervures dorsales 
des folioles, ils peuvent encore s’observer sur presque 
toutes les parties de la plante et principalement sur les 
pétioles, les pédoncules, le calice et les akènes; enfin la 
culture, qui modifie souvent la physionomie des végétaux, 
semble n’avoir qu'une action inappréciable sur les poils 
et les glandes qui les recouvrent. 

Nous avons déjà eu l’occasion d'attirer l'attention des 
phytographes d'une façon spéciale sur la glandulosité du 
T. foetidum L.(1). La glande pédiculée qui caractérise 
cette espèce ne s'observe pas seule sur les faces des folioles ; 
elle est accompagnée d'un poil pluricellulé, pédiculé et 
comprimé en apparence, comme l'indique la fig. 4, pl. E. 

Dans les Alpes de La Grave, où ce double caractère 
parait se produire avec le plus d'intensité dans des 
proportions égales, on pourrait être tenté d’y voir le centre 
idéal de dispersion du T. foetidum L., dont l'aire se con- 
tinuerait ainsi à travers l'Europe et l'Asie jusqu'aux bords 
de l'Amur. 

Mais en avançant vers l’est, le rapport primitif existant 
entre ces deux organes microscopiques ne se montre pas 
invariable; dans les Alpes du Tyrol, la glande pédiculée 
semble avoir la prépondérance, tandis que dans l'Himalaya 
le contraire paraît se produire. Vers la région du Caucase 





(1) Bulletin de la Société royale de Botanique de Belgique, t. XV. 


( 207 ) 


l'intensité du phénomène diminue considérablement, et, 
sur les bords de l'Uba, le dos de la foliole est encore pubes- 
cent et glanduleux, tandis que la face reste absolument 
glabre. Le T. acutilobum DC., récolté par Ledebour dans 
l’Altaï, quoique ayant une grande analogie avec le T.. foe- 
tidum L., ne possède sur ses folioles aucun des caractères 
microscopiques de ce dernier; cependant on trouve entre 
les dents des sépales une série de poils pluricellulaires 
non pédieulés qui pourraient, au besoin, établir une 
certaine affinité entre cette forme et le T. foetitdum L. 

En examinant des Thalictrum à feuilles étroites récoltés 
dans la vallée du Danube, le microscope nous a permis 
d'observer sur la nervure médiane du dos des folioles un 
poil uni- ou pluricellulaire, non pédieulé, reproduit par la 
fig. 5, pl.Il. Ce Thalictrum est assez bien représenté par la 
planche 43 de Jacquin, que l’on prend ordinairement 
comme type du T°. angustifolium. Le mème caractère se 
trouvesur le T. angustifolium croissant près des bords de 
la Vistule, aux environs de Saint-Pétersbourg et vers la mer 
Caspienne. L’insuflisance des matériaux ne nous permet 
pas encore d'exposer d’une manière précise les limites de 
la dispersion de cette espèce, qui, non-seulement semble 
s'éloigner du T. flavum L., mais encore du T. princeps 
Dmrt. qui croit à Eyndhout, et des formes à feuilles 
étroites que l’on signale près du Doubs, à la Tête d'Or, 
aux environs de Montpellier et dans l’île de Corse. 

On rencontre dans l'Amérique septentrionale, depuis 
l'Orégon jusqu'à l'embouchure du Saint-Laurent, et 
notamment sur les bords du Pend d'Oreille River, près 
des forts Colleville et Ellice, aux environs de Slave Lake et 
de Douglas, un Thalictrum à feuilles épaisses, à anthères 
linéaires, pl. IT, fig. 29, 7, dont toutes les parties sont 


17 


( 208 ) 


chargées de poils non pédiculés pluricellulaires.Ce caractère 
est extrêmement marqué dans les akènes, qui paraissent 
sous une loupe ordinaire recouverts de soies brillantes, 
pl. IL, fig. 7. Cette plante semble identique avec celle 
que l’on rencontre dans les herbiers sous le nom de 
T. dasycarpum Fisch. Mey. et Lallem., dont le nom 
rappelle très-heureusement ce caractère capital. 

C'est un organe microscopique de cette forme, pl. IH, 
fig. 7, qui caractérise le T. pubigerum Benth., mais avec 
une modification qui est peut-être générale : le poil est 
non pédiculé, pluricellulaire, et, dans la série des cellules 
superposées, 1l s'en trouve presque toujours qui sont 
réduites à un filament capillaire, ce qui donne à la pubes- 
cence une physionomie spéciale qui la fait promptement 
distinguer de celle du 7. dasycarpum Fisch. Mey. et 
Lallem. On conçoit que des organes aussi délicats se 
brisent facilement et que des observations répétées soient 
indispensables pour être fixé définitivement sur la 
constance du caractère microscopique de ce Thalictrum. 
Il existe sur le mont Pichincha une forme comprise dans 
le groupe du T.podocarpum H. B. K., qui est aussi pourvue 
sur les nervures dorsales des folioles de poils pluricellu- 
laires dont la structure est très-remarquable. Ces poils sont 
pédiculés et le support a lui-même une forme capillaire 
avec un diamètre presque égal à celui de la partie 
supérieure ; il est très-allongé, simple, flexible et faible- 
ment strié dans toute sa longueur, pl. IE, fig. 4. 

On trouve aussi aux environs de Lexington (Kentucky), 
un J'halictrum dont les folioles sont pourvues de l'organe 
microscopique représenté par la fig. 7, pl. IT, mais la 
forme générale de cette espèce semble distincte de celle 
du T. dasycarpum Fisch. Mey. et Lallem. ; les anthères 


( 209 ) 


entre autres, pl. IL, 29, a, sont très-petites et ovoides, au 
lieu d’être grandes et linéaires. 

La collection de H. Galeotti contient, sous le n° 4575, 
un Thalictrum indéterminé récolté à Talea, province 
d'Oaxaca (Mexique), que nous nous permettrons de pro- 
poser plus loin comme espèce inédite se rattachant au 
groupe du T. podocarpum H.B.K., et dont la marque 
disunctive repose dans la glandulosité spéciale qui recou- 
vre toute la plante. 

Le dos des folioles disparait totalement sous les glandes 
pédiculées dont il est chargé. L’abondance de ces glandes 
et la longueur extrème du pédicule forment une sorte de 
feutre laineux, roussâtre, très-épais, qui donne à ce Tha- 
lictrum sa physionomie caractéristique, et à la tige, où les 
pédicules glandulifères deviennent raides, un aspect 
fortement hérissé. 

Le pédicule, pl. [, fig. 6, rappelle vaguement celui du 
Thalictrum du mont Pichincha; il est faiblement strié 
comme celui-là, mais il en diffère en ce qu'il peut se 
bifurquer et qu'il prend ordinairement un développement 
considérable. Sous le grossissement de 150 diamètres, la 
plupart de ces organes atteindraient plus d’un mètre de 
longueur. La glande qui surmonte le pédicule présente 
ici un détail nouveau : au lieu de se prolonger inférieu- 
rement en un pied très-court, comme l'indique la fig. 4, 
pl. 1, elle se réduit à un simple renflement sessile avec 
une base faiblement conique. 

Le Thalictrum recueilli à Zapan (vallée de Mexico), par 
Bourgeau, sous le n° 276, et distribué par le Muséum de 
Paris avec le nom de 7. rutidocarpum DC. et celui 
récolté sur les rochers calcaires de Sola (province d'Oaxaca), 
par H. Galeotti sous le n° 4548, présentent une glande 


(210) 


pédiculée, pl. [, fig. 5, qui a beaucoup d’analogie avec 
celle du Thalictrum précédent; cependant le pédicule, au 
lieu d'être extrèmement développé, flexible, parfois 
bifurqué, se montre dans le dernier très-court, raide, 
dressé, simple; il ne s’écarte guère des nervures et ne 
forme rien de semblable au feutre qui dissimule entière- 
ment le limbe des folioles du premier. 

En étudiant la série des formes extrêmement variées 
qui peuplent le littoral de la mer du Nord et de la Manche, 
le microscope permet de distinguer la structure spéciale 
que revêtent les organes secréteurs ou excréteurs des 
folioles. Dans la généralité de ces Thalictrum, appartenant 
au groupe du 7. minus, on ne remarque sur les nervures 
qu'une simple glande non pédiculée; mais si les cellules 
voisines ne se relèvent pas pour lui servir de support, 
elle possède une sorte de prolongement propre qui lunit 
à la foliole, de sorte que la glandulosité est constituée 
dans ce cas par un organe stipité. Cette glande stipitée 
se produit indifféremment sur les nervures ou sur le 
parenchyme des folioles, pl. F, fig. 1; ce parenchyme 
est composé dans tous les spécimens de cellules uniformes, 
grandes, arrondies, presque papilleuses et toujours glau- 
cescentes. Une organisation identique se révèle sur les 
Thalictrum du mème groupe qu'on rencontre aux envi- 
rons de Rémich, d'Épinal, sur les bords de l'Arriége, 
dans les Hautes-Alpes et en Bavière. 

La constitution des cellules semble se modifier et la 
papillosité disparaitre dans les plantes du même groupe 
croissant près des Apennins, aux environs de Pise. Là, 
pl. 1, fig. 5, les cellules des nervures se relèvent en 
protubérances coniques pour servir de pédicules aux 
glandes, et, en Abyssinie, pl. IF, fig. 1, les pédicules sont 


(244.9 


tellement développés que les nervures paraissent forte- 
ment spinescentes. 

Une forme très-intéressante de l'Himalaya, que l’on 
range ordinairement dans le groupe du T. minus, semble, 
au point de vue anatomique, servir d'intermédiaire entre le 
T.minus L. et le T. foetidum L. Les nervures, pl. IE fig. 2, 
sont pourvues de glandes pédiculées, mais le pédicule 
est fortement cannelé, comme celui du T. foetidum ; les 
nervures, sont en outre, extrémement protubérifères, et le 
sommet des cellules du parenchyme, terminé en cône 
obtus, donne à la papillosité un caractère particulier qui 
permet de distinguer cette forme du T. minus. C'est 
très-probablement à ce type que se rapporte le T°. vagi- 
natum Royle. 

Une glande pédiculée identique recouvre le dos et la 
face des folioles du T. rotundifolium DC., le dos des 
folioles et les akènes d'une forme affine du mème groupe 
que M. D. Hooker, dans le Flora of British India, 
considère comme une variété glanduleuse du T. pundua- 
num Wall. Mais la glandulosité n'étant pas le seul 
caractère dissemblable entre ce Thalictrum et le T. pun- 
duanum, nous nous permettrons de décrire plus loin 
cette plante en la plaçant au même rang spécifique que 
toutes celles de la même section. 

Une forme américaine, des monts Alléghanis, à anthères 
linéaires mucronées, pl. IT, fig. 29, /, se rattachant à la 
section du 7. Cornuti L., se distingue des formes voisines 
par une glande pédiculée de structure analogue à celle 
des mêmes organes qui garnissent les nervures des 
espèces précédentes; les protubérances arrondies des ner- 
vures et la papillosité du limbe, pl. IT, fig. 5, s'ajoutent 
de plus au premier caractère microscopique, pour per- 


(219) 


mettre d'éviter toute confusion de ce type avec le T°. dasy- 
carpum Fiseh. Mey. et Lallem. et les autres Thalictrum du 
même groupe. 

On trouve à Montserrat, en Catalogne, un Thalictrum 
extrèmement glanduleux, appartenant au groupe du 
T. minus et que plusieurs collecteurs ont distribué 
sous le nom de 7°. pubescens Schleich., dont la glandu- 
sosité comprend plusieurs éléments, pl. L, fig. 2. Elle se 
compose de la glande stipitée du T. minus, d’une seconde 
grande stipitée à gros capitule sphérique seintillant à la 
lumière, d'une glande ordinaire brièvement pédiculée, 
d'une glande anomale stipitée dont la tête comprend une 
sorte d'agglomération irrégulière de plusieurs capitules, et 
enfin d'un poil stipité ramifié dans sa partie supérieure 
en plusieurs branches égales rayonnant horizontalement; 
ces éléments sont représentés chacun dans des proportions 
variables sur les nervures et le limbe des folioles et 
donnent, par leur abondance et leur variété, une physio- 
nomie exceptionnellement étrange à la glandulosité de 
ce T'halictrum. 

Nos recherches préparatoires concernant les caractères 
microscopiques de ces plantes sont trop insuflisantes 
pour indiquer la dispersion de cette dernière forme, 
qui doit se rencontrer aussi dans le midi de la France, 
au mont Ventoux, et jusque sur les Alpes; mais un 
dernier fait qui s'y rapporte mérite une mention spéciale. 
Les environs de Knoxville, dans les Alléghanis, produi- 
sent un Thalictrum appartenant au groupe du T. Cor- 
nuti L., à anthères linéaires brièvement mucronées, pl. HE, 
fig. 29, à, dont la glandulosité comprend presque identi- 
quement les mêmes éléments que celle du Thalictrum de 
Montserrat, ce qui semble indiquer que les causes incon- 


(215) 


nues qui localisent les espèces végétales dans les diverses 
régions du globe sont sans effets appréciables sur les 
organes microscopiques qui recouvrent l’épiderme d'un 
grand nombre d'entre elles. 

Enfin, pour terminer ces quelques observations de 
botanique descriptive, nous ferons remarquer qu'une 
espèce de l'Himalaya, du groupe du T. Chelidonii DC., se 
rapportant sans doute au T.reniforme Wall., produit 
des akènes abondammert pourvus de glandes stipitées à 
base conique, pl. IT, fig. 6, et que l'on trouve encore sur 
quelques formes du groupe du T. flavum un poil aranéeux, 
pl. IL, fig. 8, dont les filaments supportent des appendices 
uni- ou pluricellulés d'une grande exiguité, qui en rend 
l'étude très-difficile. 

De l’examen rapide qui précède, il est permis d'espérer 
qu'un travail anatomique complet pourra produire des 
éléments utiles à joindre aux caractères généraux adoptés 
pour la distinction des espèces ; mais il est regrettable que 
les premières recherches de cette nature exigent toujours 
une perte de temps considérable pour familiariser l'œil 
avec les formes variées de ces organes très-petits, qui 
tapissent parfois tout l'épiderme des Thalictrum, afin 
de ne pas les confondre avec le mycelium de plusieurs 
cryptogames et avec les débris de toutes sortes qui y 
fourmillent. 

L'inflorescence des Thalictrum se présente sous divers 
états; elle est le plus souvent terminale, en grappe 
corymbiforme ou pyramidale ou plus rarement spiciforme, 
avec de nombreux intermédiaires très-variables établis- 
sant une transition insensible de lun à l’autre; elle peut 
aussi être ombelliforme, comme dans le 7. anemonoides 
Michx, ou axillaire et formée de pédoncules ordinaire- 


U1772 


ment simples, uniflores, naissant à l’aisselle des bractées, 
comme dans le T°. alpinum L., ou à l'aisselle des feuilles, 
comme dans les T°. elegans Wall., T. pauciflorum Royle, 
T. rutaefolium Hook. f. et Thoms. et une autre espèce 
du Thibet voisine du T'. isopyroides C. A. M., que nous 
nous proposons de décrire comme espèce inédite à la fin de 
cette étude, à cause de sa panicule feuillée et de quelques 
autres caractères qui la distinguent du T°. isopyroides. 
Dans l'inflorescence terminale, le pédoncule se subdivise 
deux ou plusieurs fois et produit, selon la quantité de 
ramifications, une grappe pauvre ou puissante, compacte 
quand les pédicelles terminaux sont très-courts, comme 
dans les groupes des T7. flavum, T. angustifolium et 
T. glaucum ; ou lèche, divariquée, comme dans les 
groupes des 7°. minus, T. podocarpum, T. Cornuti, si les 
subdivisions terminales sont allongées et plus ou moins 
flexibles. Parmi les espèces de cette dernière catégorie, 
le T. isopyroides C. A. M. se distingue par ses pédicelles 
terminaux allongés, épais, raides, réfléchis, et le T. rhyn- 
chocarpum Dill. et Rich., par leur extrême longueur 
qui atteint jusqu'à dix centimètres, leur grande ténuité 
et leur grande flexibilité qui justifient le synonyme de 
T. longepedunculatum, créé par Hochstetter et Steudel. 
Les fleurs des Thalictrum sont hermaphrodites, dioïques, 
monoïques ou polygames, dressées ou penchées, rarement 
grandes et blanches ou rougeàtres, ordinairement petites et 
verdâtres ou jJaunâtres, sans corolle distincte, à calice 
caduc, pétaloïde, comprenant 4, 5, 6 sépales à estivation 
imbricative. Les sépales sont généralement de forme 
ovale, plurinerviés, à bords entiers ou denticulés, à 
épiderme lisse où rugueux, papilleux, glanduleux ou 
pubescent. Les Thalictrum à petites fleurs sont pourvus 


(215) 


de sépales variant de 2 à # millimètres de longueur et 
forment la majorité des espèces admises dans le genre. 
Les espèces à grandes fleurs ont des sépales variant de 
5 à 10 millimètres; la plupart habitent la partie orien- 
tale de l'ancien monde, et parmi les principales on 
distingue les T. Chelidonii DC., T. reniforme Wall., 
T. punduanum Wall, T. Dalzellii Hook., T. foenicu- 
laceum Bunge, T. orientale Boiss., T. virgatum Hook. f. 
et Thoms., 7. petaloideum L., T. saniculaeforme DC., 
T. aquilegifolium L., T. tuberosum L., T. macrocarpum 
Gren., T. calabricum Spreng., et en Amérique : Île 
T. anemonoides Michx et quelques formes appartenant 
au groupe du T°. podocarpum, croissant dans les Andes. 

Les étamines forment un des caractères les plus saillants 
des Thalictrum ; elles sont indéfinies, pédicellées, égales, 
hypogynes, dressées ou pendantes, d'abord incluses, puis 
exsertes au moment de l’anthèse, biloculaires et extrorses, 
à déhiscence marginale ; les anthères peuvent être globu- 
leuses, ovoïdes ou linéaires, mucronées ou mutiques, et 
elles varient en longueur depuis moins d’un millimètre jus- 
qu'à près d'un centimètre. Le filet, blanchàtre ou rouge, 
très-court avant l’anthèse, acquiert un développement 
considérable au moment de l'épanouissement de la fleur ; 
il est ordinairement filiforme dans sa partie inférieure, 
uninervié et un peu élargi vers le sommet; pourvu d'un 
épiderme tantôt lisse, tantôt mamelonné, rugueux, pa- 
pilleux ou alvéolé; l'élargissement du filet qui, dans la 
plupart des cas, est à peine sensible à la vue simple, 
atteint la largeur des anthères dans un certain nombre 
d'espèces et la dépasse même considérablement dans les 
T.. filamentosum et T. tuberiferum Maxim., pl. IV, fig. 15, 
16; et surtout dans le T. petaloideum L., pl. IV, fig. 14. 


( 216 ) 


Les anthères offrent un inconvénient sérieux au point 
de vue phytographique, celui d'être très-polymorphes, 
non-seulement dans les divers échantillons constituant 
la même espèce, mais encore dans chaque fleur en 
particulier. selon l'époque où on les observe. Dans le 
bouton, la forme est encore rudimentaire et le filet 
presque nul, tandis qu'après l'émission du pollen, les loges 
se tordent, le connectif s'allonge et les filets se dessè- 
chent promptement; le moment le plus propice pour 
observer la vraie forme de ces organes semble être celui 
qui précède leur déhiscence. 

Nous avons déjà attiré plus haut l’attention des bota- 
nistes sur les variétés de formes et de dimensions des 
anthères du T. alpinum L., pl. III, fig. 28, a-7; les 
formes se rattachant au T. Cornuti L., pl. IE, fig. 29, a-n, 
ne sont pas moins curieuses à remarquer; celles qui 
se rapportent au 7. dioicum L., pl. IV, fig. 1, a-g, 
sont moins variées, ainsi que celles qui se groupent 
autour du T. minus L., pl. IV, fig. 2, a-p. Les modi- 
fications sont moins tranchées encore dans le T. simplex 
L., pl. IV, fig. 5, a-d, le T. angustifolium Jacq., pl. IV, 
fig. 6, a-d et le T. flavum L., pl. IV, fig. 8, a-f. On 
trouve à Middle Park, Colorado Territory, un Thalictrum 
à anthères globuleuses, pl. IL, fig. 8, b, que l'on rattache 
au T. Fendleri Engelm., mais qu'un examen approfondi 
permettra probablement d'élever au rang d'espèce, tant il 
s'écarte déjà du premier par la forme caractéristique de ce 
seul organe. Une division semblable pourra également se 
pratiquer dans les groupes rappelés précédemment, si une 
étude sérieuse permet de l’asseoir sur une base formée 
d'un ensemble de caractères précis et invariables. 

Relativement aux subdivisions complexes du genre, on 


(217) 


peut reconnaitre immédiatement qu'un nombre considé- 
rable d'espèces sont pourvues d’anthères linéaires, mucro- 
nées ou mutiques, que Îles espèces connues à anthères 
globuleuses se réduisent à un très-petit nombre, com- 
prenant les T7. anemonoides Michx, T. clavatum DC., 
T. filamentosum Maxim., et celui de Middle Park. 

Les Thalictrum à anthères ovoides ou subovoïdes sont 
plus nombreux et comprennent, entre autres, plusieurs 
formes des 7. Cornuti L., T. alpinum L., T. flavum L., 
T. angustifolium Jacq., T. simplex L., et les T. aquile- 
gifolium L., T.elegans Wall., T. virgatum Hook. f. et 
Thoms., 7. Dalzellii Hook., T. punduanum Wall., 
T. javanicum Blume, T. calabricum Spreng., T. petaloi- 
deum L. et T. tuberosum L. 

Le groupe des espèces à filet approximativement de 
la même largeur que celle des anthères, est formé des 
T. aquilegifolium L., T. rubellum Sieb. et Zucc., 
T. sparsiflorum Turez., T. javanicum Blume, T. baica- 
lense Turez. et de quelques formes du T. Cornuti L. 

Le nombre des étamines ne fournit pas de caractères 
distinetifs d’une fixité suffisante pour être utilisés ; rédui- 
tes à cinq ou six dans le T°. rhynchocarpum Düll. et Rich., 
leur nombre s'accroit en apparence d’une facon irrégu- 
lière, et dépasse vingt dans plusieurs espèces. Si la forma- 
tion des verticilles de l’androcée se trouve soumise à la 
même loi que celle du cycle calicinal, il est probable que, 
dans le plus grand nombre des cas, la quantité normale 
des étamines doit être quatre ou l’un de ses multiples, en 
excluant, bien entendu, toute hypothèse d'avortement. 

Le pollen est généralement sphérique, blanchâtre ou 
Jjaunâtre, pourvu de plusieurs pores ; il formera, avec la 
papillosité et l’aréolation des étamines, l’objet d’une étude 


(218 ) 


spéciale que nous nous proposons d'exposer ultérieu- 
rement. 

Le gynécée des Thalictrum est composé d'un ou de 
plusieurs pistils portés sur un réceptacle disciforme ou 
conique; chaque pistil est formé d’un ovaire uniovulé, 
sessile ou stipité et surmonté d'un style, soit presque nul, 
soit très-court ou allongé, portant un stigmate latéral. 

Les ovaires sont solitaires ou géminés dans le T. rhyn- 
chocarpum Dill. et Rich.; au nombre de deux ou trois 
dans le T. trigynum Fisch.; de trois à einq dans les 
T. alpinum L., T. rostellatum MHook. f. et Thoms., 
T. pedunculatum Edgew. et T. rutaefolinm Hook. f. et 
Thoms.; de cinq à sept dans une série considérable 
d'espèces ; et ils s'élèvent de quinze à plus de quarante, 
dans le groupe densicarpum comprenant les T. pundua- 
num Wall., T. saniculaeforme DC., T. Dalzellii Hook., 
T. javanicum Blume et T. rotundifolium DC. 

L'ovaire n'étant que l’akène en voie de formation, la 
série des autres caractères généraux de cet organe sera 
exposée plus loin. 

Le style est terminal, droit, court ou allongé, persistant, 
filiforme, et sert de nervure médiane au stigmate, soit dans 
toute son étendue, soit seulement dans sa partie supé- 
rieure, selon que ce dernier descend jusque sur l'ovaire 
ou quil se développe simplement vers l'extrémité du pistil. 
La direction rectiligne n'est pas sans exceptions, car on 
trouve le style enroulé dans les T. rostellatum Hook. f. et 
Thoms., T. pedunculatum Edgew., T. javanicum Blume 
ct T. saniculaeforme DC., avant ou après l'anthèse ; mais 
de nouvelles observations sont encore nécessaires pour 
déterminer avec quelque certitude la stabilité et la valeur 
de ce caractère. 


( 219 ) 


La longueur du style est inférieure ou supérieure à celle 
de l'ovaire, et l'ensemble des espèces du genre se 
répartit à peu près également dans chaque catégorie ; 
malheureusement l’extrème délicatesse de cette partie du 
pistil etson prompt dessèchement après la fécondation la 
rendent extrêmement fragile et permettent rarement de 
l'observer dans son état intaet. 

La plupart des espèces américaines, ainsi que le T. ma- 
crocarpum Gren. et le T. rhynchocarpum Düll. et Rich., 
se distinguent par la longueur du style; tandis qu'un 
grand nombre de celles de l’ancien monde se distinguent 
par la forme contraire. 

Le stigmate constitue l’un des éléments les plus préeieux 
pour la délimitation des espèces et des subdivisions du 
genre, mais il est aussi d’une observation difficile par ses 
dimensions microscopiques et sa nature membraneuse. 
Il est généralement latéral, sauf dans un cas, chez le 
T. anemonoides Michx, où on le trouve terminal et 
disciforme. On le remarque dans quelques espèces sous 
une forme ovale ou elliptique, très-étroit, à peine mem- 
braneux, peu papilleux, ne dépassant guëre dans sa largeur 
le diamètre du style; dans d’autres espèces, on le voit 
s'élargir et s’allonger faiblement en pointe au sommet du 
style ; les bords latéraux deviennent ainsi ailés, membra- 
neux, mais restent toujours entiers. 

Les membranes ailées se développent quelquefois d'une 
facon spéciale vers l'ovaire et rendent alors le stigmate 
cordiforme, sagitté ou hasté ; enfin, dans une section des 
Thalictrum longistylés, les ailes s'accroissent encore et 
leurs bords se montrent communément rongés, sinués ou 
denticulés. 

Les akènes des Thalictrum ont servi de base caracté- 


(220 ) 


ristique à la plupart des sections du genre qui subsistent 
aujourd'hui et à un nombre considérable d'espèces répar- 
ties dans ces différentes sections, soit par leurs formes 
diverses, soit par la nature de leur nervation. Peu d'organes 
offrent à la botanique descriptive des ressources aussi 
précieuses, aussi variées et aussi stables que celui-là; 
néanmoins plusieurs causes peuvent altérer les akènes et 
leur donner une forme anomale qui s'écarte sensiblement 
de la forme régulière, et celle qui produit le plus fréquem- 
ment ce phénomène tératologique, surtout dans les Eutha- 
lictrum, est l'atrophie de l'ovule. | 

Dans l'état régulier, les akènes forment des fruits assez 
résistants ; le péricarpe à une certaine épaisseur ; l'épi- 
carpe, le mésocarpe, l'endocarpe y sont nettement accusés, 
et l'ovule occupe ordinairement toute la cavité de la loge 
ovarienne. Quand, sous une influence quelconque, l’ovule 
reste à l’état rudimentaire, deux changements, l’élongation 
et la vésiculation, se produisent dans les akènes ; l'épicarpe 
prend alors un développement extraordinaire, le méso- 
carpe disparait presque totalement et l'endocarpe devient 
libre ou reste très-peu adhérent à la première membrane. 
Le péricarpe ne forme plus dans cette métamorphose 
qu'une enveloppe vésiculeuse cédant à la pression des doigts, 
et, lorsque cette circonstance se présente, principalement 
dans le groupe des Euthalictrum, on peut en inférer 
avec vraisemblance que les akènes ne possèdent plus leur 
forme normale. 

Les akènes des Thalictrum sont, en général, indéhis- 
cents, sessiles ou stipités, subsphériques, ovoides, fusi- 
formes, comprimés, ancipités, faleiformes, cultriformes 
ou dolabriformes, rostellés, ailés ou nerviés. 

Les nervures peuvent être longitudinales, simples, 


(221 ) 


arrondies ou anguleuses, ou bien réticulées, sinueuses ou 
anastomosées. Peu d'espèces ont des akènes parfaitement 
réguliers ; dans la majeure partie du genre, les fruits sont 
légèrement ou fortement aplatis et l'on y distingue nette- 
ment la suture ventrale et Ia suture dorsale; cette 
dernière forme une ligne presque droite ou peu arquée, 
tandis que la première présente une courbe généralement 
très-prononcée. La suture ventrale se trouve du côté de 
la face du stigmate, et l’autre lui est directement opposée. 

En conservant cette dernière appellation pour désigner 
constamment la suture la plus arquée de l’akène, il est à 
remarquer que la face du stigmate ne lui correspond pas 
toujours; dans les T°. aquilegifolium L. et T. elegans Wall., 
par exemple, le contraire semble être la constitution nor- 
male. Des observations ultérieures nous permettront 
peut-être de tirer du rapport de situation entre ces deux 
parties de l’akène un bon caractère pour la détermination 
des espèces. 

Le nombre régulier des côtes ou nervures qui silonnent 
la surface de l’akène et qui sont produites par les faisceaux 
fibro-vasculaires du mésocarpe paraît être huit dans la 
majeure partie des espèces. Si l’on considère le péricarpe 
comme formé par la soudure des diverses parties d’une 
feuille initiale, ordinairement ternée, alors les côtes déter- 
minant la suture ventrale et la suture dorsale, qui sont les 
plus proéminentes dans la plupart des akènes, pourraient 
constituer les nervures primaires; les deux côtes latérales 
correspondant à la nervure médiane des lobes latéraux de 
la feuille, toujours plus évidentes ou plus persistantes que 
celles immédiatement voisines, constitueraient les nervures 
secondaires; etles quatre intermédiaires, qui correspondent, 
dans cette hypothèse, aux nervures tertiaires de la feuille 


( 222 ) 


génératrice, formeraient les nervures du troisième degré. 
Sous l'influence d’une cause quelconque, un dédoublement 
se produit quelquefois près de la suture ventrale ou de la 
suture dorsale des akènes, et élève en conséquence le nom- 
bre total des nervures à dix ou douze. Ce dédoublement 
peut, en outre, se manifester dans les autres intervalles qui 
séparent les côtes de deuxième et de troisième degrés, et 
constituer de cette facon un akène à seize nervures. 

Les caractères distinetifs des espèces établis sur le nom- 
bre des nervures supérieur au nombre normal n'offrent 
donc rien de stable, et il n'est pas rare de rencontrer des 
spécimens d'Euthalictrum reproduisant les divers cas de 
dédoublement indiqués ci-dessus. 

Ce qui précède s'applique spécialement aux Euthalictrum 
et ne concerne déjà plus les espèces qui marquent la tran- 
sition entre ce groupe et celui des Physocarpum. 

Dans ces derniers, les lois qui règlent l’anastomose 
des nervures ne sont pas encore connues. Ce caractère 
étrange, peu sensible dans les Physocarpum asiatiques, 
s'accentue fortement dans le 7. macrocarpum Gren., et 
acquiert une intensité extrème dans les espèces du groupe 
du T. podocarpum où, de plus, la nervation se relève parfois 
en protubérances arrondies qui donnent aux akènes de ces 
Thalictrum une physionomie très-caractéristique, pl. V, 
fig. 28-52. 

Dans les Tripterium, on ne remarque sur les akènes 
que les nervures primaires et secondaires, mais cette 
section nest en réalité composée que d'une espèce : le 
T. aquilegifolium L., qui ne paraît se rattacher aux autres 
sections du genre par aucune forme intermédiaire, à 
moins que le 7. contortum L. ne constitue un type réel, 
ce qui devient de plus en plus douteux, à la suite des 


( 295 ) 


explorations nombreuses et infructueuses qui ont été faites 
en Sibérie par les botanistes de cette contrée, entre 
autres par Krühse et Turezaninoff. 

Le T. aquilegifolium L. semble devoir naturellement 
précéder les Physocarpum ou plutôt les Compressicärpum, 
qui pourraient le suivre dans l'ordre suivant : T. elegans 
Wall., T. platycarpum Hook. f. et Thoms., T. Wrightii 
Gray, T. Fendleri Engelm., T. sparsiflorum Turez., T. 
Richardsonii A. Gray, T. clavatum Hook., T. filipes 
Torr. et Gray, T. Przewalskii Maxim., T. cultratum 
Wall., T. pauciflorum Royle, T. foetidum L., T. Cheli- 
donii DC., avec les formes affines, T. macrocarpum Gren., 
T. podocarpum H. B. K., avec toutes les espèces qui s’y 
rattachent. 

Les akènes sont stipités ou sessiles, mais ce caractère 
n'est que de second ordre dans plusieurs groupes de 
Thalicirum, où l’on trouve de nombreux intermédiaires 
d'un état à l’autre, notamment dans les T. alpinum L., 
T. dioicum L., T. Cornuti L. et T. filamentosum Maxim. 
Le stipe est très-long dans les T. rhynchocarpum Dill. et 
Rich., T. elegans Wall., T. Chelidonii DC., et plusieurs 
formes du groupe du T°. podocarpum ; 1l est brusquement 
réfléchi dans les T. rutaefolium Hook. f. et Thoms., T. 
pedunculatum Edgew., T'. aquilegifolium L. et quelques 
espèces du Mexique. 

Le bec qui couronne les akènes est formé par le style et 
le stigmate persistants, mais non accrescents comme dans 
les Anémones et les Clématides. Il est généralement très- 
court dans les ÆEuwthalictrum, recourbé en crochet ou 
enroulé dans les T. pedunculatum Edgew., T. rostellatum 
Hook. f. et Thoms., T. rutaefolium Hook. f. et Thoms., 
T. saniculaeforme DC. T. alpinum L., T. javanicum 


18 


(22% ) 


Blume, T7. Dalzellii Hook. et quelques autres, mais de 
nouvelles observations sont encore nécessaires pour établir 
la valeur réelle de ce caractère. 

Dans les espèces pourvues d'un bec très-long, ce 
dernier est ordinairement droit ou faiblement courbé, et 
sa grande fragilité permet rarement d'étudier les akènes 
avec le style intact. 

L'ovule des Thalictrum est anatrope, suspendu, péri- 
spermé, pourvu d'un simple tégument, à embryon très- 
petit et à radicule supère. Il ne fournit que des éléments 
propres à la distinction du genre. 

Il résulte des observations qui précèdent que toutes les 
parties des Thalictrum peuvent fournir des éléments 
propres à caractériser les espèces ou les sections du genre; 
que ceux de premier ordre peuvent se rencontrer dans 
la forme de la souche, la couleur et la constitution ana- 
tomique des racines, la forme des folioles, des anthères et 
des filets, de l'inflorescence et de la fleur, la grandeur 
et la couleur des sépales, la forme et le nombre des 
akènes, la grandeur du stipe, du style et du stigmate, la 
glandulosité ou la pubescence de chacun des organes de 
la plante, mais principalement de la face dorsale des 
folioles et de l’épiderme des akènes. 

Il résulte encore de ce rapide examen que les caractères 
distinctifs reposant sur la direction des rhizomes, la 
couleur ou la taille de la tige, le nombre et la direction 
des feuilles, la grandeur et l’altération des folioles, l’exis- 
tence des stipelles, le nombre des étamines, la grandeur 
ou la flexibilité des filets, l'époque de l'anthèse, le nombre 
des nervures de l’akène, présentent une trop grande 
variabilité ou une trop grande instabilité pour leur attri- 
buer une valeur égale à celle de la plupart des caractères 


(295 ) 


énoncés en premier lieu. Quand ils sont nettement définis, 
ils peuvent aussi, mais subsidiairement, concourir à la 
formation des groupes ou à la distinction des espèces. 

Pour caractériser la forme des folioles, il serait utile de 
ne considérer que les feuilles de la plante au maximum 
de sa puissance végétalive, puisque généralement, au- 
dessus et en dessous de ce point, la foliole parait varier 
constamment selon la marche croissante ou décroissante 
de la force vitale des Thalictrum ; entre toutes les folioles, 
la terminale est celle qui revêt le plus de caractères spé- 
cifiques, et elle mérite à ce titre la préférence dans le 
choix des éléments destinés à la description des formes 
typiques. 

Le choix des akènes exige des soins spéciaux pour en 
déterminer la forme normale; la stérilité les altère consi- 
dérablement, et le nombre de ceux qui, dans leur dévelop- 
pement régulier, arrivent à maturité, est extrêmement 
restreint. Dans les groupes de formes affines, les carac- 
tères anatomiques constitueront probablement la base la 
plus solide pour établir leur enchainement naturel; ces 
caractères ont été fort négligés Jusqu'à ce jour, mais l’im- 
portance majeure qu'ils ont déjà acquise dans d’autres 
parties des sciences naturelles, permet de supposer que 
leur valeur relative pour la détermination des espèces végé- 
tales atteindra celle des caractères organographiques les 
plus usités. 

Qu'il nous soit permis, en terminant cette étude, de prier 
les botanistes qui se sont empressés de nous fournir les 
matériaux propres à l'élaborer, de bien vouloir agréer nos 
plus sincères remerciements. Nous les offrons tout spéciale- 
ment, avec la plus vive gratitude, en témoignage de leur 
extrème obligeance, à MM. B.-C. Du Mortier, F. Crépin, 


( 226 ) 


directeur, E. Marchal, A. Cogniaux, conservateurs du 
Jardin botanique de Bruxelles ; Éd. Martens, professeur 
à l’Université de Louvain; Éd. Morren, professeur à 
l'Université de Liége ; J.-J. Kickx, professeur à l'Université 
de Gand; H. Van Heurek, directeur du Jardin botanique 
d'Anvers ; E. Bureau, professeur, D. Poisson, B. Verlot, 
conservateurs au Muséum d'histoire naturelle de Paris ; 
D. Clos, directeur du Jardin botanique de Toulouse; 
A. Méhu, H. Loret, E. Timbal-Lagrave, Ern. Cosson, 
membres de la Société botanique de France ; A. Todaro, 
directeur du Jardin botanique de Palerme ; V. de Cesati, 
directeur du Jardin botanique de Naples; T. de Heldreich, 
directeur du Jardin botanique d'Athènes; A. Wigand, 
directeur du Jardin botanique de Marbourg; H.-R. 
Gôppert, directeur du Jardin botanique de Breslau ; 
J. Lange, directeur du Jardin botanique de Copenhague ; 
A. de Bunge, directeur du Jardin botanique de Dorpat; 
J.-D. Hooker, directeur, D. Oliver, E. Smith, conser- 
vateurs du Jardin royal de Kew ; W. Carruthers, direc- 
teur, H. Trimen, conservateur au British Museum ; 
A. Gray, directeur du Jardin botanique de Cambridge, 
Massachusetts ; G. Engelmann, professeur de botanique 
à St-Louis, Missouri; et T.-C. Porter, professeur au 
Collège Lafayette, Easton, Pensylvanie. 
Description d'espèces inédites. 

4. Thalictrum lanatum. 

Originaire des Cordillères de Talea, province d'Oaxaca (Mexique), à 


l'altitude d’environ 1000 m. Collect. H. Galeotti, n° 4575. Herbier du 
Jardin botanique de Bruxelles. 


Souche inconnue, mais elle doit être déterminée, avec des racines fusifor- 
mes, s’il est permis d’en préjuger la nature au moyen de fragments d’une 
espèce voisine du T. pubigerum Benth., de Lagos, récoltée par H. Galeotti, 
dans les Cordillères de Guadalaxara, sous le n° 4562. La base de la tige de 


(227 ) 


ce spécimen parait pourvue d’un renflement solide garni de racines 
fibreuses, fusiformes, ramifiées, et il est très-probable que toutes les 
espèces de ce groupe ont une souche de forme semblable. 

Tige haute de 4-8 décimètres, pleine, dressée, simple ou rameuse, 
arrondie, légèrement striée, hispide et feuillée. 

Feuilles alternes, pétiolées ou sessiles, bi- ou tripennées ; pétiole 
engainant, à gaine étroite, à oreillettes nulles ou indistinctes ; pétiolules 
très-hispides, exstipellés. 

Folioles de 10-50 millim., épaisses, presque toujours pétiolulées, 
subarrondies, cordées, tri- ou pluridentées, à dents aiguës ou obtuses, 
entières ou denticulées; face supérieure très-glabre, verdâtre ; face 
inférieure totalement recouverte d’un feutre laineux, roussâtre, épais, 
formé de glandes pédiculées, à pédicules simples ou bifurqués, flexibles et 
couchés (PI. I, fig. 6). 

Inflorescence terminale presque nue, en grappe pyramidale multiflore ; 
pédoncule hispide, arrondi, 5-4 fois divisé, à subdivisions divariquées et 
pourvues de bractéoles linéaires. 

Fleurs monoïques ou polygames, blanchâtres, petites, larges de 2-53 mill., 
portées sur des pédicelles de 10-20 millim.; calice à 4 sépales ovales, glandu- 
leux ; corolle nulle; étamines 10-15 ; anthères linéaires, longues de 5-4 mill. 
(pl. I, fig. 15, 2); filet filiforme, un peu épaissi vers le sommet; style 
allongé; stigmate ailé, latéral, de 2-5 mill., plus long que l’ovaire, dépas- 
sant la fleur de la longueur des sépales au moment de l’anthèse. 

Akènes 5-5, brièvement stipités, glanduleux, falciformes (PI. V, fig. 26), 
vésiculeux, longs de 5-5 mill., à nervation réticulée, anastomosée, dépour-- 
vus de nodosités, prolongés en bec droit par le style persistant. 


Espèce voisine du T.rutidocarpum DC., de Zapan, dont 
elle diffère par le feutre des folioles, l'hispidité de toutes 
les parties, l’absence de nodosités carpellaires, sa grande 
taille, l'inflorescence puissante et le développement des 


gaines. 


2. Thalictrum rufam. 

Khasia, région tempérée; altit. 1500 m. — T. punduanum Wall., 
Herb. Ind. Orient., Hook. f. et Thoms. — T. reniforme Wall., comm. par 
Griffith en 1840. — T. punduanum Wall., var. 2. glandulosum Hook. f. 
The Flora of British India, p.15. « Leaves coriaceous viscidly pubescent 
beneath, achenes more or less stalked glandular-hairy. » 


(298 ) 


Souche inconnue, mais probablement formée par un rhizome déterminé, 
garni de racines adventives.Tige moyenne, haute de 50-50 centim., dressée, 
raide, grêle, dure, lisse, peu ou point glanduleuse, simple ou ramifiée, 
fistuleuse, feuillée, 

Feuilles alternes, ternées ou biternées, engainantes, les inférieures 
longuement pétiolées, les supérieures subsessiles; gaines presque nulles, se 
réduisant aux oreillettes ; oreillettes grandes, longues de 5 millim., appri- 
mées, aiguës, à bords frangés ; stipelles nulles. 

Folioles caulinaires (pl. VI, fig. 57, 59) ovales ou arrondies, longues de 
1-5 cent., pétiolulées, cordées, tri- ou pluridentées, à dents aiguës ou obtuses, 
denticulées, épaisses, coriaces, à facesupérieure glabre, nerviée, réticulée, à 
face inférieure pourvue de nervures proéminentes, recouvertes, ainsi que le 
parenchyme, de glandes longuement pédiculées qui donnent à cette partie, 
par le liquide qu’elles contiennent, une couleur roussâtre très-prononcée. 

Inflorescence terminale, en grappe corymbiforme peu fournie, à ramifi- 
cations pourvues de bractéoles étroites. Pédoncule 5-4 fois divisé, à sub- 
divisions divariquées. 

Fleurs hermaphrodites, blanchâtres, grandes, portées sur des pédicelles 
glanduleux, terminaux, longs de 5-10 millim. Sépales 4, longs de 5-6 mill., 
ovales, nerviés etobscurément dentés. Corolle nulle. Étamines nombreuses: 
anthères linéaires, longues de 2-5 millim., à sommet conique; filet un 
peu élargi vers la base de l’anthère (PI. III, fig 24). Ovaire ovoïde, long 
de 1-2 millim.; style égalant l’ovaire, inclus au moment de l’anthèse, un 
peu recourbé en arrière; stigmate microscopique, ovale, latéral, situé 
vers le sommet du style, dont il ne dépasse pas le diamètre. 

Akènes nombreux, 15 ou plus, ovales (pl. VI, fig. 12), glanduleux, à huit 
nervures longitudinales, sessiles ou subsessiles, longs de 1-5 millim., 
réunis en capitules globuleux compactes, prolongés en bec crochu formé 
par le style persistant. 


Cette espèce se rapproche du T. rotundifolium DC. par 
la nature de la glandulosité et la forme de l’inflorescence ; 
elle s’écarte du T°. punduanum Wall. par la consistance 
coriace et la forme le plus souvent ovale des folioles, par 
les dents nombreuses, aiguës, qui en garnissent les bords, 
par la glandulosité de toutes ses parties, le développement 
des gaines, la constitution de linflorescence pauciflore, 
divariquée, et la longueur des anthères. 


( 229 ) 


La forme ordinairedesfolioles, pl. VE, fig. 37 et 39, suffit 
pour distinguer immédiatement ce Thalictrum de l'espèce 
croissant en Kumaon, dont les fig. 58 et 41, pl. VI, repro- 
duisent fidèlement la physionomie normale, la plus grande 
pour les feuilles médianes, et la plus petite pour les feuilles 
supérieures ; tandis que celles du T°. rufum sont 5-dentées, 
à dents aiguës, denticulées, ces dernières sont faiblement 
sinuées et à peine crénelées. La forme se rattachant à ce 
type que l’on trouve dans le Khasia, en compagnie du 
T. rufum, possède encore les folioles glabres, minces, du 
T.punduanum Wall., mais la forme en est singulièrement 
modifiée ; elles sont en général plus petites(pl. VE, fig. 40), 
cunéiformes, profondément sinuées, dentées, à dents 
entières et arrondies. 


3. Thalictrum squamiferum. 


T. vaginatum Royle. Himalayan Herbarium. N° 15 ; comm. par Stra- 
chey et Winterbottom. — T. isopyroides C. À. M.? comm. par D. Han- 
bury, 1864. 


Habit. Kyungar Pass, Thibet. Altitude : 5000 m. environ. 


Souche inconnue, Tige petite, haute de 10-15 centimètres, dressée, grêle, 
glabre, fistuleuse, compressible, un peu flexueuse, faiblement striée, 
simple ou rameuse, aphylle inférieurement, garnie seulement de quelques 
écailles scarieuses brunâtres, s’aceroissant de plus en plus en s’éloignant de 
la base, se transformant ensuite en gaînes à bords laciniés, terminées par 
des folioles rudimentaires, puis se prolongeant en feuilles régulières à la 
naissance des ramifications. 

Feuilles alternes, bipennées, brièvement pétiolées; pétiole glabre, 
engainant; gaine longue de 3-8 millim., à oreillettes nulles ou indistinctes; 
stipelles nulles ; folioles petites, longues de 2-5 millim., subarrondies, 
épaisses, glabres, d’un vert glauque, faiblement serrulées sur les bords, 
pétiolulées ou subsessiles,5-5-partites, à partitions entières, ovales, aiguës. 

Inflorescence axillaire, en grappe feuillée spiciforme. Pédoncules 
simples, longs de 5-8 millim., glabres, raides, uniflores, solitaires à 
l’aisselle des feuilles. 


( 250 ) 


Fleurs hermaphrodites, petites, blanchâtres; calice à 4 sépales ovales, 
longs de 2 millim., glabres, plus ou moins denticulés; corolle nulle; éta- 
mines 6-10, à anthères linéaires, longues de 2 millim., et à filet filiforme, 
un peu épaissi au sommet (pl. II, fig. 11); ovaires comprimés, glabres, 
sessiles ou subsessiles ; style allongé, de la longueur de l'ovaire; stigmate 
latéral, triangulaire, couvrant tout le styleet le dépassant dans sa largeur, 
ailé, à deux ou trois paires de dents latérales, inclus au moment de 
l’anthèse. 

Akènes 45, comprimés, suborbiculaires (pl. V, fig. 11), à 8 nervures, 
sessiles ou subsessiles, glabres, couronnés par le style droit, persistant. 


Le Thalictrum n° 15 de lHimalayan Herbarium ne 
peut pas se rapporter au T°. vaginatum Royle, dont voici 
la diagnose (Royle {llustrations of the Botany, p. 52) : 

« Caule tereu striato subflexuoso ; foliis semi-amplexi- 
caulibus, tripinnatis; petiolulis articulatis; foliolis ovato- 
cuneatis trifidis subtus glaucis, lobis acutis dentatis ; 
floribus paniculatis cernuis, stigmaubus dilatatis ; earpellis 
ovato-acumipatis. Planta bipedalis T, minori et T. sibirico 
affinis ; T. cultrato Wall, cat. 5715, quoque aflinis sed 
folia obtusiora. 

Hab. Rog in Kunawur. » 

En effet, la plante est loin d'atteindre deux pieds de 
hauteur; ses feuilles ne sont pas semi-amplexicaules, 
tripennées ; les articulations des pétiolules sont indis- 
tinctes; les folioles ne sont pas ovales, trifides, à lobes 
aigus, dentés ; l'inflorescence ne forme pas une panicule 
et les carpelles ne sont pas ovales-acuminés; enfin 
ce Thalictrum n'a rien, dans son facies, qui rappelle soit 
le T. minus L., soit le T. cultratum Wall. Cependant 
le T. vaginatum Royle, évidemment connu de M. J.-D. 
Hooker, n'est considéré par cet auteur, dans The flora of 
British India, p. 14, que comme formant simplement de 
son T. minus la var. 2, foetidum (sp. L.) « glandular 


( 281 ) 


pubeseent especially on the leaves beneath, leaflets as in 
vulgare »; et les quelques fragments sous ce nom, prove- 
nant de l'herbier Royle même, que possède le Jardin 
botanique de Bruxelles, constituent bien une forme 
critique intermédiaire entre le T. minus L. et le T. foeti- 
dum L. La localité classique du T. vaginatum Royle étant 
en Kunawur, il est encore permis d'en conclure que le 
Thalictrum n° 15 de l'Himalayan Herbarium, provenant de 
Thibet, peut constituer un type distinet de celui de Royle. 

Ce Thalictrum est aussi distinct du T. isopyroides 
C. A. M., contrairement à la proposition dubitative de 
D. Hanbury et à ce que nous nous étions imaginé nous- 
même d'après des spécimens très-imparfaits. Le T. isopy- 
roides C. A. M. se distingue de cette espèce affine par sa 
taille, qui atteint ou dépasse deux pieds, par l’existence des 
feuilles radicales et des bractées squamiformes de la pani- 
cule, par l’absence ou l'atrophie des gaines dansles feuilles 
caulinaires, par la panicule terminale en grappe corym- 
biforme, par les pédoncules plusieurs fois divisés, à 
subdivisions terminales épaisses, allongées et réfractées, 
et par les carpelles subeylindriques, obtus aux deux extré- 
mités. 

Enfin ce Thalictrum semble se rapprocher du T. rutae- 
folium Hook. f. et Thoms., croissant dans le Nubra. 
Les folioles de ce dernier ressemblent aussi à celles du 
T. isopyroides C. A. M., et l'inflorescence est en grappe 
spiciforme feuillée, comme dans le T. squamiferum, mais 
la tige simple, les akènes (pl. VE, fig. 5-6) semi-orbicu- 
laires, brusquement réfractés, et les anthères linéaires 
(PL. HE, fig. 18) caractérisent suflisamment cette espèce 
pour ne pas la confondre avec aucune autre forme affine. 


(232 ) 


Explication des figures. 


PLANCHE I. 


Grossissement : eu env. 


1. Fragment de nervure dorsale d’une foliole du Thalictrum minus L., 
des dunes du littoral. — 2. Fragment de nervure dorsale du Thalictrum 
de Monserrat (Catalogne). — 5. Fragment de nervure dorsale du 
T. minus L., des Apennins. — 4. Fragment de nervure dorsale du 
T. foetidum L., de La Grave. — 5. Fragment de nervure dorsale du 
T. rulidocarpum DC , de Zapan (Mexique). — 6. Fragment de nervure 
dorsale du T. lanatum Lec., de Talea, province d’Oaxaca (Mexique). 


PLANCHE II. 


Grossissement : © env. 

1. Fragment de nervure dorsale d’une foliole d’un Thalictrum d’Abys- 
sinie appartenant au groupe du T. minus. — 2. Fragment de nervure 
dorsale d’un Thalictrum du même groupe, croissant dans l’Himalaya. — 
3. Fragment de la nervure dorsale médiane du T. angustifolium Jacq., 
des bords de la Vistule. — 4. Fragment de nervure dorsale du Thalic- 
trum croissant sur le mont Pichincha et appartenant au groupe du 
T. podocarpum. — 5. Fragment de nervure dorsale d’un Thalictrum des 
monts Alleghanis appartenant au groupe du 7. Cornuti. — 6. Fragment 
du bord d’un akène du T. reniforme Wall. — 7. Fragment du bord d’un 
akène du T. dasycarpum Fisch. Mey. et Lallem. — 8. Poil aranéeux 
observé sur la face dorsale d’une foliole du Thalictrum d’Herckenrode. 


PLANCHE III. 


Grossissement : î env. 


1. Anthère et partie supérieure du filet d’une étamine du T. aquilegi- 
folium L. — 2, du T. rubellum Sieb. et Zuce. — 5, du T. elegans Wall. 
— 4, du T. cultratum Wall. — 5, du T. Chelidonii DC. collect. 
Strachey et Winterbottom, n° 10. -— 6, du T. sparsiflorum Turez. — 7, du 
F. clavatum Hook. — 8, a, du T. Fendleri Engelm. — », d’un Thalictrum 


( 255 ) 


de MiddlePark, appartenant au groupe du T. Fendleri. — 9, du T. pauciflo- 
rum Royle. — 10, du T. clavatum DC. — 11, du T. squamiferum Lec. — 
12, a, du T. foetidum L., de La Grave. — b, du T. foetidum, du Caucase. 
— 15, a, d’un Thalictrum d’'Orizaba, collect. H. Galcotti, n° 4541, 
appartenant au groupe du T. podocarpum. — b, du T. lanatum Lec. — c, 
du T. rutidocarpum DC., de Zapan.— d, du T. podocarpum, du Quindiu. — 
e, du 7. podocarpum, du Venezuela. — 14, du T. macrocarpum Gren. — 
15, du T. virgatum Hook. f. et Thoms. — 16, du T. pedunculatum Edgew. 
— 17, du T, rostellatum Hook. f. et Thoms. — 18, du T. rutaefolium Hook. 
f. et Thoms. — 19, du T. saniculaeforme DC. — 20, du T. foliolosum 
DC. — 21, du T. Dalzellit Hook. — 22, du T. rotundifolium DC. — 
25, a, du T. punduanum Wall., de l'Himalaya. — b, du T. punduanum, du 
mont Khasia. — 24, du T. rufum Lec. — 25, du T. javanicum Blume, — 
26, du T. actaefolium Sieb. et Zuce. — 27, du T. rhynchocarpum Dill. et 
Rich. — 98, a, du T. alpinum L., du Guhrwal. — b, du Kishwar.— c, de 
Norwége. — d, du Tyrol. — e, de l’Altaï. — f, d'Amérique. — g, des 
Hautes-Alpes. — h, des Pyrénées. — à, de Laponie. — ÿ, du Thibet, — 
29, a, du T. Cornuti L., de Lexington. — b, de l'Ohio. — c, du T. pubescens 
Pursh. — d, du T. Cornuti, var. Hookerii, de Boston. — e, du T. Cornuti, 
de Slave Lake. — f, d’un T. Cornuti, de Pensylvanie. — 9, du T. revo- 
lutum DC., du Canada. — h, du T. purpurascens L., de l'Illinois. — 
i, d’un T. Cornuti L., de Knoxville. — 7, du T. dasycarpum Fisch. Mey. 
et Lallem. — 4, !, d’un T. purpurascens L. — m, d’un Thalictrum de 
Lexington, appartenant au groupe du T. Cornuti. — n, d'un Thalictrum 
du Texas, appartenant au même groupe. 


PLANCHE IV. 


Grossissement : Ÿ env. 
1, a, Anthère et partie supérieure du filet d’une étamine du T. dioi- 
cum L., du fort Colleville. — b, de Lexington. — c, de la Nouvelle-Calé- 
donie. — d,des bords du Saskatschavan. — e, de Californie. — f, de 


l’Orégon. — g, de l’ile de Van Couver. — 9, a,b, du T. minus L., des 
dunes. — c, du Muschelkalk, Rhin moyen. — d, de Perse. — e, de 
Yokohama. — f, de la Sierra-Névada. — g, des Apennins. — k, à, d’un 


Thalictrum du groupe du T. minus,de Saptel (Himalaya), comm. par Stra- 
chey et Winterbottom, n° 12. — ÿ, du T. minus L., du Ladak. — k, du 


(254 ) 


T. majus Jacq., de Liverdun, exsice. Billot, n° 2402. -— 7, du T. olympicum 
Boiss. et Heldr. — », d’un Thalictrum d’Abyssinie appartenant au groupe 
du T. minus. — n, du T. sylvaticum Koch, de Kaiserslautern. — 0, du T. 
Jacquinianum Koch, de Nancy, exsicc. Billot, n° 2601.— p, du T. collinum 
Wallr., de Sarepta, près du Volga. — 5, du T. trigynum Fisch. — 4, du 
T. isopyroides C. À. M. — 5, a, du T. simplex L., de Scandinavie. — b, 
de Kôünigsberg (Prusse). — ec, de l’Altaï. — d, du T. galioides Nestl., de 
Strasbourg. — 6, a, b, du T. angustifolium Jacq., de Kônigsberg. — c, de 
Sarepta. — d, du T. princeps Dmrt., d'Eyndhout. — 7, du 7, kemense 
Fries.— 8, a, du T. flavum L., des bords de la Semoy.— b, d'Herckenrode. 


— c, d’Ingrie. — d, de Perrache. — e, de Surrey. — f, des bords de la 
Meuse, — 9, du T. glaucum Desf. — 10, du T. calabricum Spreng. — 
11, du T. foeniculaceum Bunge. — 12, du T. baicalense Turez. — 15, du 


T. orientale Boiss. — 14, du T. petaloideum L. — 15, du T. filamentosum 
Maxim. — 16, du T. tuberiferum Maxim. — 17, du T. tuberosum L. — 
18, du T. anemonoïides Michx. 


PLANCHE V. 


environ. 


Grossissement : © 


1, Akène du T. aquilegifolium L. — 2, du T. elegans Wall. — 5, du 
T. platycarpum Mook. f. et Thoms. — 4, du T. sparsiflorum Turez. — 5, 
du T. clavatum Hook. — 6,7, du T. Fendleri Engelm. — 8, du T. foetidum 
L. — 9, du T. Wrightii Gray. — 10, du T. pauciflorum Royle. — 
11, du T. squamiferum Lec. — 12, 15, 14, du T. cultratum Wall. — 
15, 16, du T. Chelidonii DC.— 17, du T. Chelidonii DC. var. neurocarpum. 
— 18, 19, du T. Chelidonii DC., var. cysticarpum. — 20, d’un Thalic- 
trum de Venta del Equilon, près Jalapa, récolté par H. Galeotti, sous le 
n° 4570. — 921, d'un Thalictrum de Cueva del Yemascal, Vera-Crux; 
H. Galeotti, ne 4541. — 99, du T. longistylum DC., comm. par Dombey. — 
25, du T. macrocarpum Gren. — 24, du T. longistylum DC., de Caracas. — 
25, d’un Thalictrum de Quito, appartenant au groupe du T. podocarpum. 
— 926, du T. lanatum Lec., de Talea, prov. d’Oaxaca. — 27, du T. podocar- 
pum H. B.K., du Quindiu. — 98, du T. rutidocarpum DC., de Zapan. — 
29, d’un Thalictrum du Mexique, comm. par Botteri. — 50, du T. lasio- 
stylum Presl. — 51, d’un Thalictrum de la République de l'Équateur, 
Spruce, no 5470. — 52, d'un Thalictrum de Juquila del Sur, prov. 
d’Oaxaca, comm. par H. Galeotti, n° 4549. 


PLANCHE VI. 


Q 
. 


Grossissement : fig. 1-54 : © env.; fig. 55-56 :  env.; fig. 57-40 : grand. nat. 
5 e ; US 1 > NS 5 


1, Akène du T. rhynchocarpum Dill. et Rich. — 2, du T. pedunculatum 
Edgew. — 5, du T. rostellatum Hook. f. et Thoms. — #4, du T. clavatum 
DC. — 5, 6, du T. rulaefolium Hook. f. et Thoms. — 7,8, du T. alpi- 
num L. — 9, du T. foliolosum DC. — 10, du T. actaefolium Sieb. et Zuce. 
— 11, du T. punduanum Wall. — 12, du T. rufum Lec. — 15, du 
T. Dalzellii Hook. — 14, du T. saniculaeforme DC. — 15, du T. javani- 
cum Blume. — 16, 17, 18, du T, Cornuti L. — 19, du T. dioicum L., de 
Van Couver, forme stérile? — 20, des Montagnes Rocheuses. — 21, des 
bords du Saskatschavan. — 22, de Californie. — 25, du T. calabricum 
Spreng. — 24, 25, du T. baicalense Turez. - 26, du T. filamentosum 
Maxim. — 27, du T. trigynum Fisch. — 28, du T. anemonoides Michx. — 
29, du T. debile Buckl. — 50, du T. orientale Boiss. — 51, 52, 55, 54, du 
T. minus ; le n° 51 est une forme stérile. — 55, 56, du T. flavum, des bords 
de la Meuse. — 57, 59, folioles du T. rufum Lec. — 58, 41, du T. pun- 
duanum Wall., du Kumaon. — 40, du T. punduanum Wall., du mont 
Khasia. 











Florula Grenevensis advena, par Alfred Déséglise. 


Généralement, on attribue à trois causes la migration 
des végétaux : 1° les agents physiques, tels que les vents, 
les trombes, les eaux de la mer, les rivières et leurs 
inondations ; 2° les animaux ; 5° l'homme, qui, même à 
son insu, est la cause la plus active des migrations. On peut 
consulter sur ces questions les ouvrages de MM. Grenier (1), 
Godron(?), Alph. de Candolle() et Watson (4. 


(1) Florula Massiliensis advena. Besancon, 1857. 
(2) Florula Juvenalis. Nancy, 1854. 

(5) Géographie botanique. Paris, 1855. 

(4) Cybele Britannica. London, 1852-59. 


( 256 ) 


C'est à l’action de l'homme que j'attribue le nombre 
plus ou moins grand de végétaux étrangers à la flore 
du pays, que J'ai trouvés autour de Genève, depuis 
l'année 1875, jusqu'à l'année 1877. 

Je ne puis pas dire que ces espèces sont naturalisées 
dans le canton ; Je range les plantes de cette nature dans 
celles qui sont appelées adventives. Les stations artifi- 
cielles où elles se trouvent, indiquent des plantes culti- 
vées, que l'homme entretient, sans le vouloir, d'année 
en année. 


RANUNCULACEAE. 


1. Ranunculus muricatus L., Sp., p. 780. — Plante de la région 
méditerranéenne. Steudel dit : Europe, Afrique boréale, Amérique. 
— Lieux incultes aux Päquis, près de l’Hôtel national; 1874. 


CRUCIFERAE. 


2. Alyssum maritimum Lam., Dict., 1, p.98; Lobularia maritima 
Desv., Journ. bot., HI, p. 162. — Région méditerranéenne. Steudel 
dit : Europe australe. Alph. DC., Géogr. bot., II, p. 652, dit : « Trouvé 
« depuis le commencement du siècle actuel sur divers points du 
« littoral de l’Angleterre méridionale et, d’une manière plus adven- 
« tive, en Écosse, près d’Aberdeen, L'espèce manque au littoral de 
« la France occidentale et à l'Irlande ; elle existe en Portugal et aux 
« Acores. » — Sur les décombres à Carouge, près de Genève, 1876. 

3. Euclidium syriacum R. Br., Hort. Kew., éd. 2, vol. IV, p. 74; 
Gren., Florul. Massil., p. 18. — D’après DC., Syst., la patrie de cette 
plante serait : la Syrie, la Crimée, la Géorgie, la Podolie, la Moldavie, 
le Banat, la Transylvanie, Trieste et Vienne, en Autriche. — Genève 
(Ayasse, 1876). 

4. Lepidium sativum L., Sp., p. 899. — Hab. la Perse. — C. C. sur les 

décombres et les immondices autour de Genève. 
8 erispum DC., Syst., IT, p.504; Koch, Syn., p.77.— C. avec le type. 


( 237 ) 


y latifolium DC., I. c.; Koch, I. c.; foliorum lobis latioribus vel 
foliis inferioribus integris. — R.R. avec le type, 1876. 

5. Lepidium ruderale L., Sp., p. 900. — Europe. — Reuter, Catal., 
Genève, 1861, ne fait pas mention de cette plante, que Gaudin, F1. 
Helv., vol. IV, p. 210, indique : Genève à Saint-Gervais. — Sur le 
parapet au bord du Rhône, au moulin Sous-Terre, où elle existe 
depuis longtemps. 

6. Diplotaxis erucoides DC., Syst., II, p. 651. — Région méditerra- 
néenne. — Sur les immondices autour de Genève, 1877. 

7. Eruca stenocarpa Boiss. et Reut., Pugil., p. 8. — Afrique boréale, 
— Lieux incultes aux Päquis, près de l’Hôtel national, 1874. 

8. Eruca hispida DC., Syst., Il, p. 658. — Italie. — Lieux incultes aux 
Pâquis, près de l'Hôtel national, 1874. 

9. Calepina Corvini Desv., Journ. bot., III, p. 158. — Europe. — 
M. Alph. DC., L. c., p. 658, après avoir fait connaître les divers 
points où se trouve cette Crucifère, se résume ainsi : « Ce doit être 
« une plante des bords de la mer Caspienne, qui manquait probable- 
« ment à l’antiquité grecque et latine, et qui s’est répandue dans les 
« temps modernes en Italie, ensuite dans le midi de l’Allemagne et 
« le centre de la France, où elle est tantôt naturalisée, tantôt adven- 
« tive. » Gren. et Godr., F1. de Fr., 1, p. 152, disent : terrains cal- 
caires cullivés, surtout dans le midi. Reuter, dans son Catalogue de 
Genève, ne mentionne pas cette plante. — Talus du chemin de fer de 
Lyon, du côté de Saint-Jean, à Genève, où j’observe cette plante 
depuis 1875. Fauconnet, Herb. dans le Bas-Val. (1872), p. 95, dit : 
« Elle a été trouvée autrefois à Genève, mais elle a disparu. » 

10. Rapistrum orientale DC., Syst., II, p. 455. — Orient. — Lieux 
incultes aux Pâquis, près de l'Hôtel national, 1874. 





SILENEAE. 


11. Silene penduia L., Sp., p. 599. — Sicile, Afrique boréale, d’après 
Steudel. — C. sur tous les immondices autour de la ville de Genève, 
où j'observe cette plante chaque année depuis 1875. 

12. Silene cretica L., Sp., p. 601 ; Gren., I. c., p. 20. — Crète, d’après 
Steudel. Crète, Italie, Corse, bords de l'Océan et de la Méditerranée, 
selon Grenier. — Sur les immondices de la route de Pinchat à 
Veyrier, près de Genève, 1876. 


14. 


16. 


17° 


18. 


19. 


20. 


PAPILIONACEAE. 


. Medicago lappacea Lam., Dict., III, p. 657. — Région méditer- 


ranéenne, — Lieux incultes aux Pâquis, près de l’Hôtel national, 
1874. 
Trifolium purpureum Lois., FI. Gall., Il, p. 125, tab. XIV. — 
France méridionale, Italie, Orient. — Lieux incultes aux Päquis, 
près de l’Hôtel national, 1874. 


. Trifolium resupinatum L., Sp., p. 1086. — Europe australe. — 


Lieux incultes aux Pâquis, près de l’Hôtel national. 





FICOIDEAE. 


Tetragonia expansa Ait., Hort. Kew., II, p. 178. — Nouvelle- 
Zélande, Japon. — Carouge près de Genève (Ayasse, 1872). 


——— 


UMBELLIFERAE. 


Ammi glaucifolium L., Sp., p. 549. — France, Italie, Espagne, 
Grèce. — Sur les décombres, bord de la route de Pinchat à Veyrier, 
près de Genève, 1876. 

Anethum graveolens L., Sp., p. 577. — Europe australe, Afrique. 
— Lieux ineultes aux Pâquis, près de l’Hôtel national, 1874. 

Ceriandrum sativum L., Sp., p. 507. — Europe australe, Orient, 
d’après Steudel. — C. C. sur les immondices et les décombres autour 
de Genève. 


COMPOSITAE. 


Stenactis annua Nees, Ast., p. 275. — Amérique septentrionale. 
— Sa première apparition dans les flores d'Europe date de 1770. 
Oeder, Flora Danica, mentionne cette plante comme venant près 
d’Altona. Roth, Tent. fl. germ, (1788), 1, p. 567, l’indique dans le 
Holstein. Villars, FI. dauph. (1789), HI, p. 222, dit : « Elle vient 
auprès de Grenoble, le long de PIsère, près la Tronche, à la Gallo- 
chère, » localités maintenues par M. Verlot, Catal. des plant. 


( 239 ) 


vaseul. du Dauph. (1872), p. 171. DC., FL. fr., IV (1805), cite cette 
plante en Valais; mais sur quel point du Valais? Gmelin, FI. Bad.- 
Als. (1808), III, p. 448, cite plusieurs localités du duché de Bade. 
Du Mortier, Fl, belg. (1827), l'indique dans le Brabant. Lejeune a 
signalé cette espèce aux environs de Verviers; M. Th. Durand (1) 
l'indique à Sclessin, province de Liége. Grenier et Godron, F1. de 
Fr., 11 (1850), p. 100: « S’est naturalisé complètement en Alsace 
sur les bords du Rhin, à Hagueneau, Strasbourg, Huningue, sur les 
bords de la Moselle près de Rémich. » Cette plante serait répandue 
dans le nord de l'Italie ; elle manquerait à toutes les flores orientales 
de l’Europe. Il y a 89 ans que le Stenactis annua est acclimaté en 
France. — Genève, les décombres du moulin Sous-Terre, 1873; la 
première apparition de cette plante à la localité est plus ancienne. 

21. Xanthium spinosum L., Sp., p. 1400. — Europe australe, d’après 
Steudel. M. Alph. DC., Géogr. bot., Il, p. 729, dit : « Amérique 
méridionale ? Russie méridionale ? » Consulter pour la naturalisation 
de cette plante aux État-Unis: DC., L. e., p. 715 et p. 729. — 
Genève, les décombres du moulin Sous-Terre, 1874. 

22. Xeranthemum inapertum Willd., Spec., II, p. 1902. -- Europe 
australe. — Lieux incultes aux Päquis, près de l’Hôtel national,1874. 

25. Microlonchus Clusii Spach, Ann. sc. nat., sér. II, vol. IV, 
p. 164. — France. — Lieux incultes aux Päquis, près de l'Hôtel 
national, 1874. 

24. Picris pauciflora Willd., Spec., If, p 1557. — Europe australe. 
— Lieux incultes aux Päquis, près de l’Hôtel national, 1874. 





BORRAGINEAE. 


25. Lithospermum apulum Vahl., Symb., If, p. 52. — Europe aus- 
trale. — Lieux incultes aux Päquis, près de l'Hôtel national, 1874. 


SOLANEAE. 


26. Nicandra physaloides Gäürtn., Tab 151. — Pérou. — Sur les 
immondices et les décombres, autour de Genève, 1875, 1875. 

27. Soianum villosum Lam., Dict., IV, p. 289. — Europe. — Sur les 
immondices autour de Genève, 1875, 1876. 








(1) Bulletin de la Société royale de botanique de Belgique, tom. XVI, n° 2 (1878), 
p. 117; tirage à part, p. 16. 


19 


( 240 ) 


LABIATAE. 


28. Sideritis montana L., Sp., p. 802. — Europe australe. Grenier, F1. 
Massil., p.40, dit : « Espagne, ltalie, Dalmatie, Sicile, Syrie, Mésopo- 
tamie, Perse, Crimée, royaume de Caboul, désert de la Soongarie, des 
Kirghis. »— Lieux incultes aux Päquis, près de l’Hôtel national,1874. 





PLANTAGINEAE. 


29. Plantago Lagopus L., Sp., p. 165. — Europe australe. — Lieux 
incultes aux Päquis, près de l'Hôtel national, 1874. 

90. Plantago victorialis Poir., Dict., V, p. 577. — Europe australe. — 
Lieux incultes aux Pâquis, près de l'Hôtel national, 1874. 


AMARANTHACEAE. 


91. Amaranthus patulus Bertol., Comm. it. Neap., p. 19, tab. 2. — 
Italie. — Genève, les anciens fossés, au Stand, 1872. Aujourd’hui, ce 
terrain est couvert de maisons ; sur les immondices de la route de 
Pinchat à Veyrier, 1876. 


92. Amaranthus paniculatus L., Sp., p. 1406. — Amérique septen- 


trionale, d’après Steudel. — Genève, C. sur les immondices et les 
décombres. 
35. Amaranthus sanguineus L., Sp., p. 1407. — Ind. occid., d’après 


Steudel. — Genève, çà et là sur les immondices. 

Boreau (1), relativement à l'orthographe de ce nom, dit ceei : 
« M. Moquin-Tandon écrit Amarantus, se fondant sur cette observa- 
tion de Ray : « Amarantus, male cum th vulgo scribitur Amaranthus, 
«ram græce est &LaoayTOos, quod et florem notat et adjective significat 
« immarcessibilis ab & privativo et Lapaiyw, marceo. » 

« De son côté, Tournefort fait dériver ce nom de « ayBos, flos 
«Lapayw, Mmarcesco, cum parlicula privativa x mirumque posiquam 


« defecere cuncti flores (ait Plinius) madefactus aqua reviviscil el 





(1) Sur la synonymie de deux espèces d’Amaranthes, in Bull. Soc. indust. d'Angers et 
du département de Maine-et-Loire, n° 6, XXVI° année (1835) et extrait, p. 6. 


( 241 ) 


« hybernas coronas facit. Summae ejus naturae in nomine est appel- 
« lalio quoniam non marcescat (1). » 

« Cette observation de Pline peut faire penser que Pawaoayros 
de Dioscoride n’était pas une de nos Amaranthes, mais plutôt, 
comme l’ont cru quelques botanistes anciens, un Æelichrysum. 
Quoiqu'il en soit, si le mot &y0oç entre dans la composition du nom, 
il faut écrire Amaranthus. C’est ce qu'avait admis Linné (2), et ce 
n’est peut-être pas s’égarer beaucoup que de rester fidèle à cette 
tradition. » — Boreau, 15 novembre 1855. 

Moquin-Tandon a répondu à cette note de Boreau, dans le 
Ve volume de la Soc. bot. de France. Boreau, dans son Catalogue 
raison. des plant. phanér. du départ. de Maine-et-Loire (1859), 
p. 159, ajoute en observation à la fin de l’article Amaranthus, le 
passage suivant : « Depuis que j'ai publié une note sur la syno- 
« nymie des Amaranthus sylvestris et ascendens, M. Moquin-Tandon 
« en a donné une sur le même sujet, qui n’infirme en rien les 
« conclusions auxquelles j’avais été conduit. Le savant monographe 
« insiste sur l’orthographe du mot Amaranthus, dont il tient beau- 
« coup à faire supprimer l’, suppression qui me semble toujours 
« peu rationnelle. En effet, Dioscoride (liv. IV, chap. 47) cite une 
« Amarantos qu’il donne comme synonyme de son Helichryson 
« à fleurs jaunes, c’est-à-dire d’une espèce analogue à l’Helichrysum 
« sloechas des modernes. L’Amarantos dont Gallien recommande 
« les corymbes infusés dans du vin, est absolument la même plante. 
« De son côté, Pline (liv. XXI, chap. 8), a un Amarantus (quelques 
« éditions portent Amaranthus (3)), dans lequel on a cru reconnaitre 
« le Celosia cristata L., quoique cette plante n’ait pas la propriété 
qu’il lui attribue de reverdir dans l’eau après qu’elle s’est flétrie, 


2 


« les parties florales seules pouvant conserver leur couleur. C’est 
« pour cela que Gasp. Bauhin, énumérant dans son Pinax (p. 120) 
« les espèces d’Amaranthes, dit : A'Maoaydo$ dicitur, quasi 


« immarcescibilis, eo quod hujus flos decerptus non marcescat. J. 





(4) Institut., I, p. 236. 
(2) Philosoph. botan., p. 181. 
(3) Pline, Hist. natur., vol. XII; Paris, 1771-1782. Dans mon exemplaire, vol. VII, 


p. #18, le titre du chap. 8 est: De vestium aemulatione cum floribus ; & AmaranTmo, 
& chrysocome, sive chrysithi (A. Déségl.). 


(292 ) 


« Bauhin (Hist., II, p. 969) adopte cette étymologie et parle de ceux 
« qui auraient volontiers fait dériver ce nom de Amoranthos, parce 
« qu’on donnait aussi à la plante le nom de /los amoris. La plupart 
« des botanistes contemporains admirent l’opinion de Bauhin, et 
« Tournefort qui, le premier, constitua scientifiquement ce genre, 
« fut donc fondé à dire (Instit., p.256) : « Amaranthus quasi flos non 
« marcescens.… » Linné (Phil. bot., n° 241) cite l’Amarantos Diosc. 
« parmi les noms d’origine grecque, mais il se garde bien de le con- 
« fondre avec l’Amaranthus, dont il accepte l’étymologie, telle que 
« Tournefort l’a donnée, ajoutant même entre parenthèses : (Flos 
« æyBoç) immarcescibilis (Philos. bot., n° 240). Ainsi il est certain 
« que notre Amaranthus ne descend point de l’Amarantos des 
« Grecs, que les pères de la botanique, en créant ce genre, ont 
« entendu lui donner un nom qui rappelât l’attribut de la fleur, et 
« que l’orthographe de ce nom doit en conserver le souvenir. 
« M. Moquin nous apprend que c’est d’après ses avis que le 
« dernier Dictionnaire de l’Académie, corrigeant l’œuvre de ses 
« devanciers, a admis le mot Amarante. Si ce jugement est sans 
« appel, il nous restera du moins la consolation de nous rappeler 
« le fameux sonnet : 


Ne dis plus qu’il est Amaranthe. » 


SALSOLACEAE. 


. Suaeda maritima Du Mort., F1. belg., p. 22. — Bords de la Médi- 
terranée ct de l’Océan. — Genève, sur les immondices à Carouge, 


1876. 


GRAMINEAE. 


. Phalaris quadrivalvis Lagasca, Gen. et Spec., p. 5; P. brachy- 
stachvs Gr. et Godr., FI. de Fr., IT, p. 458. — Portugal, Espagne, 
Sicile. — Lieux incultes aux Pâquis, près de l’Hôtel national, 1874. 

. Phalaris paradoxa L., Sp., p.1665. — Région méditerranéenne. — 
Lieux incultes aux Pâquis, près de l'Hôtel national, 1874. 

. Phalaris canariensis L., Sp., p.79. — Canaries. — C. autour de 
Genève, sur les immondices et les décombres. 


(245 ) 


38. Panicum capillare L., Sp., p.86 — Amérique.— Linné, I. c., dit : 
« la Virginie et la Jamaïque. » DC., FI. fr., IT (1805), p. 15 : « Les 
« échantillons de cette plante, que j’ai sous les yeux, n’ont point été 
« récoltés en France, et je l'indique d’après l’autorité de Balbi, qui 
« dit l’avoir trouvée aux environs de Nice. On la croyait jusqu'ici 
« originaire d'Amérique. » Persoon., Syn. plant. (1805), I, p. 85, la 
signale dans la Virginie, la Pennsylvanie, la Jamaïque; il ne l'indique 
pas en Europe. Host, F1. austr.(1827), 1, p.92: « Occurit in plerisque 
hortis, et ad hortos agri Vindobonensis. » Lejeune et Courtois, 
Comp. f1. belg. (1828), I, p. 55 : « In cultis prov. Leod. passim; et circa 
Bruxellas. Gramen exoticum. » Loiseleur, FI. Gall. (1828), 1, p. 74 : 
« In provincia circa Telonem. » Duby, Bot. gal. (1828), 1, p. 507 : 
« Circa Nicaeam. » Reichenbach, FI. exeurs. (1850), 1,p. 29 : « Origi- 
naire de l’Amérique du Nord, naturalisée à Vienne (Autriche), autour 
de Bruxelles et dans la prov. de Liége (Belgique).» Mutel, F1. fr. (1837), 
IV, p. 20 : «Provence, Toulon, Nice. » Gussone, Syn. Sicul.(1843), ne 
mentionne pas cette plante pour la Sicile; Bertoloni et Parlatore in- 
diquent cette espèce en Italie. Koch, Syn. (1845), p. 892 : « In cultis 
circa Vindobonam nune spontaneum factum, ex America boreali 
allatum.» Gonnet, F1. élém. de la Fr. (1848), p. 110 : « Environs de 
Toulon.» Godron, Florula Juvenalis (1854), p. 106 : « Planta Ameri- 
cana. » Grenier et Godr., F1. de Fr. (1855), IL, p. 459 : « Champs à 
Saint-Laurent-du-Var, à Toulon. » Steudel, Synop. glumac. (1855), 
[, p. 84: « Amérique septentrionale et Brésil. » 

En résumé, la première apparition de cette plante en Europe aurait 
été signalée par DC., en 1805, sur l’autorité de Balbi, et maintenue 
par Duby en 1828; Host, en 1827, l'indique autour de Vienne ; 
Lejeune et Courtois, en 1828, font connaitre cette plante pour la 
Belgique ; Loiseleur, en 1828, donne la localité de Toulon, confirmée 
en 1855 par MM. Grenier et Godron; mais M. Godron, FI. Juven. 
(1854), regarde cette plante comme étant d’origine américaine. — 
Genève, sur les immondices de la route de Pinchat à Veyrier, 1876. 

59, Polypogon monspeliensis Desfont., FI. Atl., I, p. 67. — Europe, 
Asie, Afrique, Amérique, d’après Steudel. — Genève, sur les im- 
mondices de la route de Pinchat à Veyrier, 1876. 

40. Koelerla phleoides Pers., Syn., 1, p. 97. — Europe australe, Tau- 
rie, Syrie, d’après Steudel, Synop. glum. — Genève, lieux incultes 
aux Pâquis, près de l’Hôtel national, 1874; sur les immondices de 
la route de Pinchat à Veyrier, 1876. 


(244 ) 


41. Cynosurus echinatus L., Sp., p. 105. -— Europe, Asie, Amérique, 
d’après Steudel. — Genève, lieux incultes aux Pâquis, près de 
l’Hôtel national, 1874. Sur les immondices à Carouge, 1876. 

42. Vulpia incrassata Parl., F1. Ital., 1, p. 429. — Corse, Algérie. — 
Genève, lieux incultes aux Pâquis, près de l’Hôtel national, 1874. 

45. Bromus macrostachys Desfont., FI. Atl., 1, p. 96, tab. 18. — 
Espagne, Italie, Sicile, Sardaigne, Barbarie, Caucase. — Genève, 
lieux incultes aux Päquis, près de l'Hôtel national, 1874. 

44. Bromus maximus Desfont., FI. AUl., 1, p. 95, tab. 26; B. ambigens 
Jord ! in Billot., Annot. F1. de Fr. et d’Allem., p. 229 ; Billot, Exs., 
no 5941. — Espagne, France, Afrique boréale. — Genève, lieux 
incultes aux Päquis, près de l'Hôtel national, 1874. 

45. Bromus rubens L., Sp., p.114. — Italie, France, Espagne, Algérie. 
— Genève, lieux incultes aux Pâquis, près de l'Hôtel national, 1874. 

46. Hordeum leporinum Link, in Linn., IX, p. 155 et XVII, p. 591. 
Grèce et Russie, d’après Steudel. — Genève, lieux incultes aux 
Pâquis, près de l'Hôtel national, 1874, 1875. 

47. Hordeum maritimum Wither., Arrang., p.172. — Europe, Asie, 
Amérique, d'après Steudel. — Genève, lieux incultes aux Pâquis, 
près de l’Hôtel national, 1874-75-76. 

48. AEgilops ovata L., Sp., p. 1489. — Europe australe. — Genève, 
lieux incultes aux Pâquis, près de l'Hôtel national, 1874. 

49. AEgilops squarrosa Roth., Beitr., I, p. 128. — Égypte. — Genève, 
aux Pâquis, près de l’Hôtel national, 1876. 





BIBLIOGRAPHIE. 


Le Microscope, sa construction, son maniement et son 
application à l'anatomie végétale et aux Diatomees, par 
le D' Henri van Heurck; 5° édition, entièrement refondue 
et considérablement augmentée, avec 12 planches et 
170 figures dans le texte; Bruxelles, E. Ramlot, 1878 
(un vol. in-8° de 546 pages). 


La troisième édition du Traité du Microscope de M. le D° 
Henri Van Heurck vient de paraitre. Elle est beaucoup supé- 


( 245 ) 


rieure aux deux premières et on peut la considérer comme un 
ouvrage tout à fait nouveau. Elle comprend trois parties, pré- 
cédées d’une introduction où sont exposées les principales 
notions d'optique appliquée aux microscopes. Cette introduc- 
tion comprend en 28 pages tout ce qui est nécessaire pour 
comprendre la marche des rayons lumineux dans l'instrument, 

La première partie est consacrée à l'instrument lui-même. 
C’est la partie essentielle de l'ouvrage. Elle contient la descrip- 
tion des microscopes et des objectifs de presque tous les 
constructeurs du Continent, de l'Angleterre et de l'Amérique. 
Tous les modèles les plus en vogue sont figurés. Les accessoires 
utiles des microscopes anglais et les tests les plus employés 
sont aussi décrits et figurés. Dans un chapitre spécial, ayant 
pour titre Choix du microscope, l'auteur examine la valeur 
des principaux objectifs et les apprécie d’après ses observa- 
tions personnelles. Ce chapitre, l’un des plus importants de 
l'ouvrage, permettra à l'amateur de faire un choix raisonné 
suivant le genre d’études dont il s'occupe. 

Comme la première partie, la seconde a recu de notables 
développements. L'auteur aurait pu donner à cette partie plus 
d'intérêt encore, en ajoutant un chapitre spécial sur la colo- 
ration des feuilles et des autres tissus végétaux. 

La troisième partie, entièrement nouvelle, est consacrée aux 
Diatomées, ces êtres si intéressants à différents points de vue 
et que le micrographe ne peut guère ignorer, ne füt-ce que 
pour apprécier la valeur de ses objectifs. Elle comprend les 
cinq chapitres suivants : 4. Généralités sur les Diatomées; 
2. Recherche des Diatomées; 3. Préparations ordinaires des 
Distomées; 4. Préparations systématiques des Diatomées; 
5. Tableaux synoptiques des familles et des genres des 
Diatomées. 

Dans le premier chapitre, l’auteur résume les faits les plus 


( 246 ) 


importants sur l’organisation, la multiplication et la reproduc- 
tion des Diatomées. Le deuxième nous donne la traduction 
d'un article très-intéressant de l’{ntellectual Observer. Le col- 
lectionneur y apprendra les nombreux habitats où il faut 
surtout chercher les Diatomées. Le troisième et le quatrième 
chapitres mériteraient chacun un examen spécial. Outre les 
détails relatifs au montage des préparations, on y trouvera 
l'indication des moyens de séparer les Diatomées des matières 
étrangères qui les accompagnent souvent. Dans le dernier 
chapitre, se trouve la traduction du Synopsis des familles 
et des genres des Diatomées, du professeur H.-L. Smith de 
Geneva (États-Unis). Nous ne pouvons qu'approuver l’auteur 
de nous avoir donné la traduction de ce curieux travail publié 
dans The Lens ; d'autant plus qu’une grande partie des exem- 
plaires de cette publication ayant été détruits dans l'incendie de 
Chicago, il est presque impossible de se la procurer. Le 
Synopsis est du reste rendu plus pratique par l'addition d'une 
table spéciale. En résumé, le nouveau Traité du microscope 
de notre confrère M. Van Heurck est un excellent ouvrage 
qui contribuera puissamment au développement des études 
micrographiques dans notre pays. 
C.-H. DELOGNE. 


C. Warxsrorr. — Deutsche Laubmoose. 


Cette collection est une des plus belles qui aient été publiées, 
et elle peut être recommandée avec confiance aux amateurs 
de bryologie. Les Mousses sont exactement déterminées et 
représentées par des échantillons très-bien préparés. Les 
étiquettes indiquent le nom de chaque espèce, la localité où 
elle a été récoltée, la nature du sol et laltitude. Quant à 
l'importance de cet exsiccata, on pourra en juger par le grand 


( 247 ) 

nombre d’espèces rares qu'il contient et dont je citerai seule- 
ment les suivantes : Ephemerum coherens, Weissia Ganderi, 
Metzleria alpina, Dicranum albicans, D. viride, Campylopus 
Schwarzii, Funaria mnicrostoma, Pyramidula tetragona, 
Physcomitrium eurystoma, Schistostega osmundacea, Tetra- 
plodon urceolatus, Dissodon splachnoides, Bryum lacustre, 
B. versicolor, Cinclidium stygium, Paludella squarrosa, Breu- 
telia  arcuata, Oreus Martiana, Catoscopium  nigritum, 
Trichostomum cordatum, Didymodon rufus, Barbula fragi- 
lis, Grimmia atrata, G. apiculata, Racomitrium sudeticum, 
Anaectangium compactum, Anomodon apiculatus, Pseudoles- 
kea tectorum, Thuidium Blandowii, Hyocomium flagellure, 
Brachythecium campestre, B.laetum, B.reflexum, B. Geheebii, 
Amblystegiun Kochii, Plagiothecium neckeroideum , Hypnum 
Vaucheri, H. molle, H. hamulosum, H. turgescens, Andreaea 
nivalis et le Sphagnum obtusum n. sp. Cette espèce paraît se 
rapporter au S. spectabile Sch. 

Le prix de chaque centurie est fixé à 10 marcs (fr. 12-50); 
chaque espèce se vend aussi au choix au prix de 0,15 marc le 
numéro. Pour les abonnements et les demandes de catalogues, 
s'adresser à M. C. Warnstorf, à Neu-Ruppin (Allemagne). 

F. GRAvET. 





Sur l'existence de races physiologiques dans les espèces végé- 
tales à l’état spontané, par Alph. de Candolle(). 


Dans une notice intitulée Tentatives d'expériences sur la 
queshon des modifications dans les espèces végétales à la suite 
d'un effet prolongé du climat, M. Alph. de Candolle avait 





(1) Broch. in-8° de 11 pages ; extrait des Archives des sciences physiques 
et naturelles, janvier 1878. 


Î 
Last L 1& 


À 


 — 


R A R 


( 248 ) 


publié, en 1872, des expériences presque identiques à celles 
que MM. Naudin et Radlkofer ont exposées, en 1877, dans les 
Annales des sciences naturelles, mais sans mentionner le tra- 
vail antérieur de M. de Candolle. Celui-ci résume, dans la 
note qu'il publie aujourd’hui, les deux séries d'expériences et 
les compare pour en déduire les conclusions. 

Il fait remarquer en passant que les observations sur des 
plantes spontanées sont les seules d’où l’on puisse tirer des 
conclusions. Dans toutes les espèces cultivées, sur lesquelles 
M. Witmack et d’autres ont fait des observations (1), l’homme 
a exercé une sélection qui complique l’effet des causes natu- 
relles. 

A Genève, M. de Candolle avait semé le même jour des 
graines d'un certain nombre d'espèces provenant d'Édimbourg, 
Moscou, Montpellier et Palerme. A Collioure, M. Naudin avait 
semé des graines venant de la localité même et de Munich, 
pendant que M. Radlkofer faisait la contre-partie de ces expé- 
riences à Munich. 

Les résultats sont parfois obscurs ou contradictoires et M. de 
Candolle en tire les conclusions suivantes : 1° Des graines 
d'une même espèce venant de pays éloignés, semées les unes 
à côté des autres, sous les mêmes influences, ne donnent pas 
des individus qui végètent d’une manière absolument sembla- 
ble. 2° Dans certaines espèces, malgré la similitude des formes 
extérieures, la diversité de végétation suivant les origines est 
plus cacactérisée que dans les autres. 

L'auteur ajoute ensuite quelques réflexions sur la nature 
des diversités physiologiques dans les végétaux de forme sem- 
blable, et sur l’état de la science dans les questions d’origine 
des diversités successives, soit de configuration, soit de végéta- 








(1) Voir plus haut, page 148, le résumé des recherches de M. Petermann. 


( 249 ) 


tion. Il constate que la science en est au même point sur les 
origines primitives ou successives des diversités physiologiques 
aussi bien que des diversités de formes, la naissance des unes 
et des autres étant également obscure. Les diversités physiolo- 
giques se sont succédé dans la série des temps, de même que 
les formes ont varié d'âge en âge. « La suecession des formes 
démontrée, dit-il en terminant, le mode d'évolution et ses 
causes sont encore dans le domaine des probabilités et des hypo- 
thèses. Aussi quand je veux me représenter tel ou tel natura- 
liste moderne traduit devant une réunion de mathématiciens, 
de physiciens, de chimistes, ete., pour donner des preuves 
directes de la transformation d'espèces végétales ou animales, 
assurément j'estime qu'il serait embarrassé. D’autres natura- 
listes, fidèles à d'anciennes idées, lui feraient une foule d'ob- 
Jections de détail, et le malheureux se verrait peut-être obligé 
d'avouer qu’il a des indices, mais pas de preuves absolument 
directes. Après cet aveu, il pourrait cependant réfléchir à la 
succession incontestable des flores et des faunes dans toutes les 
parties de la terre, et alors il lui serait bien permis de dire à 
ses Juges, en parlant de l'espèce : Æ pur si muove. » 
A. CoGNiaux. 





Report on the Liliaceae, Iridaceae, Hypoxidaceae and 
Haemodoraceae of Wehvitsch’s Angolan Herbarium, by 
J.-G. Baker (1). 


Les riches collections formées dans le royaume d’Angola 
par le Dr. Welwitsch et conservées au British Museum, ont 
fourni à M. Baker un contingent remarquable d’espèces 





(1) Broch. in-4°, pp. 245-275, avec 5 planches; extrait des Transactions 
of the Linnean Society of London, 2e série, vol. I, 


( 250 ) 


nouvelles dans chacune des familles énumérées ci-dessus. Ainsi, 
malgré le peu d'années qui se sont écoulées depuis qu’il a publié 
la révision d’une bonne partie des Liliacées, cette famille ne 
lui à pas fourni moins de 75 espèces, appartenant aux genres 
Kniphofia, Tulbaghiu, Dipcadi, Urginea, Ornithogalum, 
Scilla, Albuca, Dracaena, Sanseviera, Asparagus, Schizobusis, 
Anthericum, Chlorophytum, Eriospermum, Allium, Sander- 
sonia, Walleria, Haworthia et Aloë, ainsi qu'aux nouveaux 
genres Acrospira Welw. in herb. et Dasystachys Baker, 
rentrant l’un et l’autre dans la tribu des Asphodélées. Pour 
les genres compris dans son travail antérieur, l’auteur a eu 
soin d'indiquer par un numéro entre lesquelles des espèces 
énumérées dans sa révision, chaque espèce nouvelle doit être 
rangée, de sorte que le classement systématique de ces 
nouvelles espèces peut se faire sans diflicultés. 

La famille des Haemadoracées comprend quatre espèces 
nouvelles appartenant au genre Xerophyta. 

Dans celle des Hypoxidacées, six espèces nouvelles apparte- 
nant aux genres Æypoxis et Curculigo sont décrites. 

La famille des Iridacées présente 25 espèces inédites dans 
les genres Gladiolus, Antholyza, Aristea, Moraeu et Lapey- 
rousia. Ces espèces avaient déjà été énumérées, mais sans 
description, dans le Synopsis [ridacearum. 

Pour les espèces déjà connues, l’auteur s’est généralement 
borné à donner l'habitation, accompagnée parfois de notes très- 
brèves pour faire connaitre quelque caractère non signalé 
jusqu'ici. Les espèces nouvelles sont accompagnées d'une 
description latine assez concise. 

Les planches représentent les Dipcadi comosum, A crospira 
asphodeloides, Dasystachys campanulata, D. colubrina, 
Xerophylla capillaris et Lapeyrousia odoratissima. 

A: 0e 


(951 ) 


Estudios sobre la Flora y Fauna de Venezuela, por 
A. Ernst(1). 


Le Venezuela, dont les côtes ont un développement de plus 
de cinq cents lieues, et dont la partie continentale présente 
toutes les variations possibles de sol, d'exposition et de climat, 
depuis les bords de la mer où la température est une des plus 
élevées du globe, jusqu'aux sommets élevés des Andes, a, ainsi 
qu'on aurait pu l'affirmer à priori, une des flores les plus 
riches de la terre. Malheureusement, cette végétation, si belle 
et si variée, n’est guère connue, à part quelques articles déjà 
publiés par M. Ernst, que par les données insuffisantes 
contenues dans les ouvrages généraux ou les monographies. 
Aussi les botanistes doivent-ils savoir gré à notre savant con- 
frère de Caracas, des recherches ardues et des études qu’il fait 
pour arriver à l'exécution d’une Flore du Venezuela, dont le 
travail que nous signalons ici est, en quelque sorte, un préli- 
minaire. 

Ce volume comprend une série de mémoires dont nous 
allons examiner rapidement ceux qui se rapportent aux 
végétaux. 

[. {den general de la Flora de Venezuela. — Dans ce 
premier chapitre, l’auteur examine de quelle facon les diverses 
conditions physiques se combinent pour former les différentes 
régions botaniques de la contrée, et il en reconnait trois bien 
distinctes : la région du littoral, celle des Ilanos et celle des 
Cordillières. Il énumère ensuite les végétaux qui caractérisent 
ces régions et les différentes subdivisions de celles-ci. Nous 
n’insterons pas davantage sur cette première partie, car on 








(1) Un vol. in-4, pp. 207-550; Caracas, 1877. 


(:252 ) 
peut recourir pour plus de détails au chapitre XVII de l’ou- 
vrage de M. Grisebach, La végétation du globe suivant les 
climats. 

IT. Filices Venezuelanue, d sea Enumeracion sistemaätica 
de los Helechos de la Flora de Venezuela. — Ce catalogue, 
dressé d’après la seconde édition du Synopsis Filicum de 
Hooker et Baker, comprend l’énumération de 399 espèces de 
Fougères, réparties en 44 genres. Il y a donc plus de la moitié 
des genres de cette famille qui font partie de la flore du 
Venezuela, et 15 pour cent du nombre des espèces aujour- 
d’hui connues. 

Hi. Catalogo alfabetico de los Géneros y Especies de Orqui- 
deas que se han recojido hasta ahoraen el territorio de la 
Republica. — La splendide famille des Orchidées comprend 
au Venezuela 78 genres et 412 espèces, et M. Ernst estime que 
lorsque le pays sera bien exploré, le nombre des espèces s’élè- 
vera au moins à 600. Les genres qui comprennent le plus 
d'espèces sont : Epidendrum (77 espèces), Pleurothallis (46), 
Oncidium (41) et Mazxillaria (57). 

VI. Fragmento de una Estadistica de los géneros de lu 
Flora de Venezuela. — Ce fragment de statistique comprend 
les familles étudiées dans le premier volume et dans la pre- 
mière partie du second volume du Genera de Bentham et 
Hooker, soit 88 familles. Pour chaque famille, l’auteur cite le 
nombre total des genres, le nombre de ceux qui appartiennent 
à la flore du Venezuela, la proportion pour cent, et enfin la 
liste des genres observés jusqu'ici dans ce pays. Des 88 famil- 
les, 25 ne font pas partie de cette flore, et sur les 5676 genres 
qu’elles ont ensemble, le Venezuela en compte 492, soit 15,58 
pour cent du nombre total. On peut remarquer la prédomi- 
nance au Venezuela des Légumineuses (67 genres), des Rubia- 
cées (47) et des Composées (76), tandis que les Ombellifères y 
ont seulement 4 genres. AC 


Estudios sobre las deformaciones, enfermedades y enemigos 
del arbol de Cafe en Venezuela, por A. Ernst(Ù. 


Le titre de ce mémoire en indique exactement la substance. 
Dans une courte introduction, l’auteur indique rapidement 
l'importance de la culture du Caféier au Venezuela. Pendant 
l’année 1874-75, l'exportation du café s’est élevée à55,721,150 
kilog., et l’on estime que la production annuelle cst d’environ 
46 millions de kilogrammes. 

Dans le premier chapitre, l’auteur passe rapidement en 
revue les divers accidents tératologiques que peut présenter 
cette plante. Dans la seconde, il examine les diverses maladies 
auxquelles elle est sujette : 1° celles qui sont causées par les 
conditions défavorables du sol (mauvaise situation, insuffisance 
des substances nutritives et manque d’eau, excès de substan- 
ces nutritives et d’eau); 2° celles qui sont dues aux mauvaises 
conditions météorologiques de atmosphère (défaut et excès de 
chaleur, lésions extérieures); 5° celles qui ont pour cause des 
végétaux ou des animaux parasites. Dans la troisième, il 
énumère les ennemis du Caféier, qui sont : certaines mauvaises 
herbes, et principalement diverses Cucurbitacées, les Esear- 
yots, les Acares et les Araignées, les insectes, les oiseaux, les 
quadrupèdes, et enfin l’homme. 

La planche représente diverses anomalies des graines, puis 
un champignon et un insecte parasites. A. C. 


7 —— 








(1) Broch. in-4° de 24 pages et 1 pl.; Caracas, 1878. 


(254 ) 


Les Ustilaginées, esquisse monographique, par A. Fischer 
de Waldheim (1). 


Nous avons fait connaître précédemment (Bulletin, XV, 
p. 617 et XVI, p. 1) deux mémoires du même auteur sur les 
Ustilaginées. Le travail que nous signalons aujourd'hui est, 
d’une certaine facon, la réunion des deux précédents, mais 
avec de notables additions et améliorations. 

Après une introduction qui constitue la première partie de 
son travail, mais dont nous ne parlerons pas ici, parce qu'elle 
est écrite entièrement en russe, comme d'ailleurs tout l'ou- 
vrage, l’auteur donne dans la seconde partie l’énumération 
systématique des genres et des espèces, avec la synonymie 
très-développée, la description et l'indication des différentes 
plantes que chaque espèce infeste; puis il énumère par 
familles les plantes nourricières des Ustilaginées avec l'indi- 
cation des espèces qui croissent sur chacune d'elles; enfin il 
termine par une table alphabétique des espèces et des 
synonymes. 

La principale amélioration présentée par ce travail sur ses 
prédécesseurs consiste, comme on le voit, dans l'addition de 
la synonymie, qui paraît donnée avec beaucoup de soin. 
De plus, depuis quelques mois que son dernier travail a paru, 
il a encore augmenté légèrement le nombre des espèces, car il 
en admet aujourd'hui 142, au lieu de 140, et leurs plantes 
nourricières se montent à 329, au lieu de 508. 

Nous avons relevé quelques synonymes qui intéresseront 
spécialement les botanistes belges. Le Polycistis Lol West. 
devient le Thecaphora Westendorpii F. de W., le Polycistis 





(1) Première partie, 15 p. in-8°; Varsovie, 1877. — Seconde partie, 
155 p. in-8; Varsovie, 1878. 


( 255 ) 
Holei West. est appelé Tilletia Rauwenhoffii F. de W., et 
l'Uredo striaeformis West. est désigné sous le nom de Tülletia 
de Baryana F. de W. 

Au sujet de ces noms, comme pour beaucoup d’autres 
noms spécifiques admis par l’auteur, nous devons exprimer le 
regret qu'il n'ait pas cru devoir se conformer aux lois de 
nomenclature quant à la priorité, car ces dérogations aux 
règles ont pour conséquence la création de synonymes 
inutiles. Ainsi il est incontestable que l’on devra nommer les 
trois espèces mentionnées plus haut : Thecaphora Lolii, 
Tilletia Holci et Tilletia striaeformis. Si nous relevions tous 
les noms qui sont dans le même cas et qu'après les avoir 
modifiés ainsi, nous mettions Nogis après chacun d'eux, la liste 
serait assez longue, et l’auteur ne pourrait s’en prendre qu’à 
lui-même. A. C. 


Études sur le genre MEenrua. — I. Menthes rares ou nouvelles 
pour la flore francaise, par Ernest Malinvaud (1). 


Nos confrères connaissent déjà l’objet spécial des études 
de M. Malinvaud, car M. Th. Durand nous a fait connaître, 1l 
y a deux ans (Bulletin, XIV, p. 546), les deux premières 
parties du remarquable exsiccata que publie ce savant 
botaniste (2). 

Le premier fragment du travail de M. Malinvaud sur 
le genre Mentha traite de trois espèces : d’une hybride 





(1) Broch. in-8o de 7 pages ; extrait du Bulletin de la Société botanique 
de France ; Paris, 1877. 

(21 Le troisième fascicule des Menthae exsiccatae praesertim Gallicae 
doit paraitre sous peu. 


20 


( 256 ) 


qu'il nomme Mentha Ayassei, très-voisine du 4. nepetoides 
Lej. et qui doit avoir, comme ce dernier, pour parents des 
variétés du M. aquatica et du M. sylvestris, mais avec inter- 
version probable des rôles paternel et maternel; du 47. rubro- 
hirla Lej., dont une forme un peu différente du type de 
Lejeune a été découverte par M. Ayasse près de Genève; enfin 
du M. gentilis et de quelques-unes de ses formes. 
ANG: 








MELANGES. 


Les plantes insectivores. — Expériences de M. Fr. 
Darwin et de MM. Kellerman, von Raumer et Reess. 


Cette question, qui a fait tant de bruit et sur laquelle on a 
écrit déjà tant de choses, bonnes et mauvaises, semble 
être aujourd’hui définitivement résolue. | 

Depuis la publication du livre remarquable de M. Ch. Dar- 
win, — {nsectivorous Plants — il n’y avait pas de doute, 
pour tout esprit non prévenu, que certains végétaux ne fussent 
capables de prendre des insectes, d’en dissoudre les parties 
albuminoïdes au moyen d’une sécrétion analogue au sue 
gastrique et d’absorber les « peptones » ainsi formés. Au point 
de vue darwiniste, on ne saurait penser qu’un mécanisme 
aussi complexe et aussi admirable que l'est celui des plantes 
insectivores, fonctionne avec une si grande précision sans 
aucun profit pour la plante. Si ce mécanisme n’était pas très- 
utile, la sélection naturelle tendrait rapidement, en effet, à le 
réduire à un état rudimentaire et à l’éliminer tout à fait. C’est 
ce que l’on avait déjà fait remarquer de différents côtés. 

Toutefois, la preuve directe et concluante des services que 
rend aux végétaux une alimentation animale manquait 


( 257 ) 


encore : c'était là le grand desideratum de la théorie carni- 
voris(e. 

Par un hasard dont Ja science ne peut que se réjouir, des 
recherches approfondies sur l’alimentation de la plante insec- 
tivore européenne la plus commune, le Drosera rotundifolia, 
ont été exécutées en même temps (1877-1878), dans deux 
pays : en Angleterre, par M. Francis Darwin, le fils de 
l'auteur de « Insectivorous Plants; » en Allemagne, par 
MM. Ch. Kellermann et E. von Raumer, sous l'impulsion de 
M. Reess, connu déjà par d’intéressantes études de chimie sur 
le suc gastrique du Drosera. Des deux côtés, la méthode suivie 
et le résultat fondamental obtenu sont parfaitement concor- 
dants : on a cultivé un grand nombre de Drosera dans des 
conditions identiques, un pied sur deux étant régulièrement 
nourri d'aliments animaux et l’autre « affamé ; » et, en Alle- 
magne comme en Angleterre, les pieds nourris l’ont emporté 
par leur vigueur, par leur fertilité, etc., sur les plantes 
affamées. 

Voici quelques détails sur les deux séries d’expériences 
et sur leurs résultats (1). M. Fr. Darwin a planté environ 
200 Drosera rotundifolia dans des assiettes garnies de mousse ; 
chaque assiette était divisée en deux par une mince cloison 


(1) M. Ch. Darwin avait déjà antérieurement entrepris des expériences 
analogues : un accident les a fait manquer. M. Fr. Darwin a communiqué 
ses recherches à la Linnean Society de Londres, le 17 janvier 1878 ; elles 
ont été publiées dans le journal Nature (17 janv. 1878), résumées dans le 
Gard. Chron. (26 janv. 1878) et le Journal of Bot. (mars 1878), traduites 
dans la Rev. des Sc. Nat. de M. Dubrueil (15 mars 1878) et traduites avec 
annotations par M. Ch. Martins, dans la Rev. Sc. (2 mars 1878). Les 
expériences de MM. Kellermann et von Raumer ont été mentionnées à 
la Physikalisch-medicinische Societät d’Erlangen (9 juillet 1877) et publiées 
en détail par M. Reess dans la Bot. Zeit. (5 et 12 avril 1878). 


(206 -} 

et couverte de gaze pour empêcher l'accès des insectes. Les 
plantes de l’un des compartiments recevaient régulièrement, 
à peu de jours d'intervalle, de petits fragments de rosbif sur 
leurs feuilles, les autres étaient privées de toute nourriture 
animale. MM. Kellermann et von Raumer ont cultivé 
120 Drosera rotundifolia dans deux caisses remplies d’un 
mélange de sable tamisé, de terre de bruyère et de tourbe 
pulvérisée. Les insectes étaient écartés par une couverture de 
verre et de gaze. Dans chaque caisse, une plante sur deux 
était nourrie de pucerons, tous les dix à douze jours en 
moyenne. 

Grâce à l'alimentation beaucoup plus nutritive employée 
par M. Fr. Darwin, la différence entre les plantes nourries et 
les plantes affamées s’est montrée bien plus forte chez ses 
Drosera que chez ceux des naturalistes allemands. Dans son 
expérience, en effet, les plantes nourries furent bientôt plus 
vertes, plus saines, mieux fleuries que leurs rivales; tandis 
qu'à première vue, on n’apercevait pas de différence entre les 
deux sortes de plantes dans l’expérience de MM. Kellerman et 
von Raumer. Mais un examen soigneux a fait voir, aussi bien 
chez les plantes de ces deux observateurs que chez celles de 
M. Fr. Darwin, que l’ensemble des pieds nourris l’emportait 
notablement sur l’ensemble des pieds affamés; c’est ce que 
prouvent les chiffres suivants, où l’on a toujours représenté 
par 100 les plantes affamées : 


Kellermann, 


RE Le Raumer et Reess. 
Rapport de poids entre les plantes nourries 
et les plantes affamées (non compris les 
Heesiioriieres) PER RTE < 4215924100 
Nombre moyen de feuilles sur une plante, 
pendant la durée de l'expérience . 119 : 100 


Poids de la substance sèche des bourgeons 
d'hiver . VE nel Ps UN 175 : 100 


(259 ) 


Kellermann, 


Eu Raumer et Reess, 
Nombre total des tiges florifères . . . 165 : 100 152 : 1000) 
Somme des hauteurs des tiges florifères . 160 : 100 
Poids total des tiges florifères . . . . 252 : 100 
Nombre total des capsules . . . . . 194 : 100 174 : 100 
Nombre moyen des graines par capsule . 125 : 100 
Poids moyen par graine. . . . . . 157 : 100 
Nombre total des graines produites . . 241,5 : 100 
Poids total des graines produites . . . 380 : 100 205 : 100 


Ainsi la supériorité des plantes nourries est solidement 
démontrée et apparait surtout dans leur fertilité accrue. Ce 
n’est que dans le nombre des bourgeons latéraux qu’elles sont 
un peu inférieures aux pieds affamés, dans le rapport de 
80,5 à 100 (et non 72 : 100 comme M. Reess le dit, sans 
doute par erreur de ealeul). « Il est d’ailleurs possible que la 
« dépense d’une plante en bourgeons latéraux et sa dépense 
« en production de graines s’équilibrent et que la nourriture 
« animale favorise surtout cette dernière. C’est ce que des 
« expériences spéciales devraient décider (2). » 





(1) Pendant les expériences de MM. Kellermann, von Raumer et Reess, 
sur 120 plantes, 50 ont péri, dont 15 nourries et 17 affamées (et non 17 
nourries et 15 affamées, comme M. Reess le dit parerreur: Bot. Zeit., 
3 avril 1878, p. 217). Si la mortalité moindre des plantes nourries est 
due à la vigueur plus grande qu’elles ont puisée dans leur alimentation, il 
est juste d’en tenir compte dans le calcul des résultats, ainsi que l’a fait 
M. Reess. Mais si cette mortalité moindre est purement fortuite, comme 
semble l’admettre cet auteur (loc. cit., p. 217), il faut n’en pas tenir 
compte et rapporter tous les résultats au nombre des plantes survivantes, 
soit 47 nourries et 45 affamées. En introduisant cette correction dans les 
calculs de M. Reess, on trouve, par exemple, 159 : 100 comme rapport du 
nombre des tiges fleuries, au lieu de 152 : 100; et de même pour les 
autres chiffres. 

(2) Reess, loc. cit., p. 229. 


\ 


( 260 ) 


Une objection qu’on a souvent faite, mérite encore d’être 
rencontrée en terminant. On a dit très-sérieusement que 
«le Dionaea muscipula meurt à la troisième digestion : » 
rien n’est plus faux. Ce qui est exact, c’est que chaque feuille 
de Dionée périt après deux ou trois digestions : mais la plante 
elle-même se porte fort bien, comme le savent tous ceux qui 
ont la moindre expérience des plantes insectivores. Quant à 
cette mort de la feuille, peut-elle être invoquée contre la 
théorie carnivoriste? Je ne le crois pas. Car, d’abord, une 
digestion chez la Dionée dure en moyenne une vingtaine de 
jours, ce qui fait deux mois pour trois digestions; or, il 
n’est nullement prouvé qu'une feuille « affamée » vive plus 
longtemps que cela. Ensuite, si la feuille de Dionée périt 
aprés quelques repas, n’en est-il pas de même de notre 
épithelium intestinal qui tombe et se renouvelle après chaque 
digestion ? L’argument n’a donc rien de probant. 

En somme, je pense qu’on peut résumer l’état actuel 
de la question en ces termes: Zl existe certainement des 
plantes insectivores. Ces plantes capturent, retiennent et digé- 
rent des insectes et en absorbent les parties nutritives. La 
nourriture animale, sans être indispensable à leur vie, au 
moins pendant une génération ou deux, leur est néanmoins 
extrémement profitable; et cela surtout au point de vue de 
leur fécondité. 

LÉO ERRERA. 

Botzen, 25 avril 1878. 


( 261 ) 


NÉCROLOGIE. 


Notice nécrologique sur ELras-Macnus FRIES. 


Dans le dernier numéro du Bulletin, nous rappelions que 
nous venions d'atteindre le centième anniversaire de la mort 
de Linné (10 janvier 1778). Juste un siècle après la mort de 
ce grand homme, la Suède vient de perdre, le 8 février 
dernier, le plus grand botaniste qu’elle ait eu depuis Linné et 
lun des plus illustres de l’époque moderne, Ezrias-MaGnus FRIES. 

Fries, né le 45 août 1794, entra en 1811 à l’université de 
Lund et en sortit avec le grade de docteur en 1814. Dès 1819, 
il fut adjoint à la même université où il fut nommé professeur 
titulaire en 1824. En 1854, il passa à l’université d'Upsal, 
d'abord comme professeur d'économie pratique, puis en 
1851, comme professeur de botanique en remplacement de 
Wabhlenberg. 

On peut dire que la vie de cet illustre botaniste fut entière- 
ment remplie par l'étude et le travail, car ses premiers écrits, 
déjà très-remarquables, — Vovitiae Florae Sueciae, — datent 
de 1814, et quelques jours avant sa mort paraissait le premier 
fascicule du second volume de ses Zcones selectae Hymenomy- 
celum nondum delineatorum. Nous ne pouvons énumérer ici 
tous ses ouvrages, car ils sont au nombre de plus de 150, et 
ils touchent à toutes les parties de la botanique ; nous devons 
nous borner à signaler les plus importants. 

La classe des Champignons a fait toute sa vie l’objet de ses 
études de prédilection et il avait acquis une telle notoriété 
dans cette partie si difficile de la botanique, que M. le prof. 
de Barv, lui-même si compétent, a pu dire en 1874, lorsqu'a 
paru la seconde édition de son Epicrisis systematis mycologici 


( 262 ) 


(il avait alors quatre-vingts ans), que l’auteur seul, par la 
grande connaissance qu'il avait des diverses familles de cette 
vaste classe, était à même de faire une critique approfondie 
de l’ensemble de son ouvrage. Ses principaux ouvrages sur 
cette classe sont : Observationes mycologicae, praecipue ad 
illustrandam Floram suecicam; 2 vol. in-8°, 1815-1818. — 
Systema mycologicum ; 3 vol. in-8° et 1 vol. de suppléments, 
1821-1832. — Systema orbis vegetabihs ; pars 1 : Plantae 
homonemeae ; 1 vol. in-8°, 1895. — Elenchus Fungorum ; 2 vol. 
in-8°, 1828. — Epicrisis systemalis mycologici, seu Synopsis 
Hiymenomycetum ; 1 vol. in-8°, 1856-1838. — Novae symbolae 
mycologiae ; 4 vol. in-4°, 1851. — Cortinarii et Hygrophori 
Suecrae ; 1 vol. in-8°, 1852. — YMonographia Hymenomycetum 
Sueciae; 2 vol. in-8°, 1857-1865.— Sveriges ätliga och giftliga 
Svampar, tecknade efier naturen, utgifna af Kgl. Wetenskaps 
Akademien; 1 vol. in-fol. avec 95 pl. col., 1862-1869. — 
Icones selectae Hymenomycetum nondum delineatorum ; in-4° 
pl. col., 1867-1877, non terminé. — ymenomycetes Europaei 
sive Epicriseos systematis mycologici, editio altera; 4 vol. 
in-8°, 1874. 

Parmi ses divers travaux sur les Lichens, nous devons men- 
tionner : Schedulae criticue de Lichenibus exsiccatis Sueciue; 
14 parties, 1824-1853. — Lichenographia europaea reformata ; 
1 vol. in-8°, 1851. — Enumeratio Lichenum et Byssacearum 
Scundinaviae hucusque cognitarum ; 1845. 

Parmi les plus importants travaux qu’il a consacrés à la 
flore phanérogamique de la Suède, nous citerons : Vovitiae 
Florae Suecicae ; 1 vol. in-4°, 1814-1895 ; nouvelle édition en 
un vol. in-8°, 1828, et 5 suppléments de 1852 à 1842. — 
Flora Hallandica ; À vol. in-8°, 1817-1818. — Flora Scanica ; 
A vol. in-8°, 1855. — Summa vegetabilium Scandinaviae; 
1 vol. in-8°, 1846-1849. 

Ses travaux spéciaux sur les Aieracium, ce genre poly- 


( 265 ) 


morphe à l'excès, font autorité depuis longtemps; ce sont prin- 
cipalement : Symbolae ad historium Hieraciorum ; 1 vol. in-4e, 
1847-1848. — Epicrisis generis Hieraciorum ; À vol. in-8°, 
1862.— Symbolue ad synonymiam Hieraciorum ; in-8°, 1866. 
Ces brillants travaux avaient rapidement fait au botaniste 
suédois une réputation universelle; aussi la plupart des 
Sociétés savantes s’étaient-elles empressées de l’associer à leurs 
travaux. L'Académie des sciences de Suède Pavait appelé dans 
son sein dès 1821, et lorsque notre Société fut fondée, elle fut 
heureuse de le nommer un des premiers au nombre de ses 
cinquante membres associés. À cette occasion, il nous gratifia 
de deux intéressantes notices, que l’on trouvera dans le tome II 
de notre Bulletin; elles ont pour titre : Notula de Veronica 
didyma, et Notula de variis Graminearum Europaearum gene- 
ribus. Le 15 décembre 1871, l’Académie royale de Belgique 
l'avait élu associé dans la section des sciences naturelles, où il 
figurait à côté des De Candolle, des Decaisne et des Hooker. 
Dès 1818, Sprengel avait voulu attacher le nom de Fries à 
un genre d’Euphorbiacées; puis en 1824, De Candolle recon- 
naissant que le genre de Sprengel est identique au genre 
Crotonopsis Michx, lequel date de 1805, transporta le nom de 
Friesea à une Tiliacée de la Tasmanie, laquelle a été reconnue 
plus tard comme faisant partie du genre Aristotelia L'Hérit. 
(1784); de sorte que les deux genres dédiés à Fries ne 


sont plus aujourd’hui que des synonymes. 
A. CoGNIaux, 


Notice nécrologique sur MicneL-CnarLes DuRIEU DE 
MAISONNEUVE. 


À peine la nouvelle de la mort de Fries nous était-elle 
parvenue, que notre Société avait de nouveau la douleur de 
perdre un autre de ses membres associés. Durieu de Maison- 


(264 ) 


neuve, que notre Société avait appelé dans son sein lors de sa 
séance à Virton le 5 juillet 1864, est mort à Bordeaux le 
20 février 1878, dans sa quatre-vingt-deuxième année. 
Jusque vers la fin de sa vie, il fut directeur du Jardin 
botanique de Bordeaux ; mais précédemment il avait longtemps 
servi dans l’armée française où il parvint au grade de 
capitaine d'infanterie, et c’est en cette qualité, ainsi que 
comme membre de la Commission scientifique de l’Algérie, 
qu'il put faire de longues et fructueuses explorations dans 
toutes Les parties de cette colonie française, alors encore peu 
connue sous le rapport botanique. Ces recherches donnèrent 
aaissance à un splendide ouvrage, la Flore d'Algérie, qu'il 
publia d’abord en collaboration avec Bory de Saint-Vincent, puis 
avec M. Cosson. La première partie de cet ouvrage, la Crypto- 
gamie, parut de1847 à 1849 et elle forme un gros volume 
in-quarto; de la seconde partie, la Phanérogamie, il n’a été 
publié que les Graminées, de 185% à 1867. Le tout est accom- 
pagné d’un atlas de 90 planches de la plus grande beauté. 
Il est très-regrettable que cet ouvrage n'ai pu être terminé, 
car il était traité avec beaucoup de science et il aurait constitué 
une des Flores les plus splendides que nous possédions. 

Outre cet ouvrage capital, on doit à Durieu de Maison- 
neuve un grand nombre de notices, tant sur les Cryptogames 
que sur les Phanérogames. La première date de 1826 et a pour 
objet le Pilobolus cristallinus. Les autres ont trait aux Mous- 
ses, aux Crucifères, aux Champignons, au Gui, aux Ophioglos- 
sum, aux Characées, à l’Aldrovanda, à la ligule des Carex, aux 
Isoëtes, à diverses plantes nouvelles d'Algérie, ete. On se rap- 
pelle que c’est lui qui signala le premier en Europe le Pucci- 
niu malvacearum, ce curieux parasite que l’on suppose intro- 
duit du Chili. 

Durieu de Maisonneuve était extrêmement bienveillant 
envers tous les botanistes qui réclamaicnt son concours et ses 


(265) 


lumières. Son habilité pour cultiver les plantes les plus déli- 
cates était bien connue, et on lui doit l'introduction et la con- 
naissance d’un bon nombre de plantes curieuses sous le rap- 
port botanique. 

Notre regretté confrère de Bordeaux a eu plus de chance que 
Fries, car il y a deux genres aujourd’hui admis par beaucoup 
d'auteurs, quilui sont dédiés : déjà en 1829, Mérat avait nommé 
Durieua un genre de Scrophularinées qui s’est trouvé être 
le même que le genre Lafuentea, créé en 1816 par Lagasca. En 
1842, Boissier et Reuter créèrent de nouveau un genre Durieua 
dans les Ombellifères ; ce genre fut admis par Endlicher, Meis- 
sner, Lindley, etc. ; MM. Bentham et Hooker seuls l’ont réuni 
récemment au genre Daucus. Presque en même temps que les 
précédents, Bory et Montagne nommaient Duriaea une très- 
curicuse Hépatique d'Algérie; mais la création antérieure du 
genre de Boissier et Reuter engagea Montagne à changer son 
nom, et en 1852, il en fit le Riella (nom tiré de Du Rieu), 
genre dont deux espèces sont aujourd'hui connues en Europe, 
l’une en Suisse, l’autre en Sardaigne. 

be A. CoGniaux. 


NOUVELLES. 


— Parmi les questions mises au concours par l’Académie royale de 
Belgique, les suivantes concernent la botanique : 

« Établir, par des observations et des expériences directes, les fonctions 
des divers éléments anatomiques des tiges des dicotylédones, spécialement 
en ce qui concerne la circulation des substances nutritives et l’usage des 
fibres du liber. » 

« On demande l’étude du cycle d'évolution d’un groupe de la classe des 
Algues. » 

Le prix pour la première de ces questions sera une médaille d’or de la 
valeur de 800 francs, et de la valeur de 600 francs pour la seconde. 

Les mémoires, rédigés en français, en flamand ou en latin, devront être 


( 266 ) 


adressés, franes de port, à M. Liagre, secrétaire perpétuel de l'Académie, 
avant le {er août 1879. 

— M. Eichler, qui est allé il y a quelques jours prendre possession de 
ses nouvelles fonctions à Berlin, est remplacé à Kiel par M. Engjler, 
actuellement conservateur de l’herbier royal à Munich. 


— Joaquim Correa de Mello, pharmacien à Campinas, province de 
St-Paul (Brésil), connu par plusieurs savantes notices dans les journaux 
botaniques anglais, et qui avait été d’un grand secours à plusieurs mono- 
graphes en leur fournissant des plantes et divers produits végétaux de la 
riche région qu’il habitait, est mort le 20 décembre 1877. 

— L’herbier eryptogamique de De Notaris vient d’être acquis par le gou- 
vernement italien pour le Jardin botanique de Rome, 


— Le magnifique jardin que possédait feu Thuret, à Antibes, vient 
d’être acquis par le gouvernement français pour en faire une sorte d’an- 
nexe méditerranéenne du Jardin des Plantes de Paris. Le Gardeners’ 
Chronicle annonce qu’il est question d’en confier la direction à M. Naudin, 
actuellement à Collioure, et qu’on y expérimeutera les nouvelles intro- 
ductions, qui seront ensuite distribuées aux autres établissements. 


— Sulpiz Kurz, conservateur de l’herbier de Calcutta, est mort le 
15 janvier dernier, âgé seulement de 4% ans. Natif de Munich, il avait été 
élève de von Martius; il quitta l’Europe jeune et résida d’abord quelques 
années à Java, où il fut employé au Jardin botanique et à l’herbier de Buiten- 
zorg. De là, il passa en 1864 à Calcutta, comme conservateur de l’herbier. 
Il avait une connaissance étendue de la flore de l’Inde et de la Malaisie. On 
lui doit l’exploration botanique de différentes parties du Burmah et du 
Pegu. En 1869, il visita les iles Andaman, dont la végétation était à peu près 
inconnue avant lui; mais sa santé, qu’il ne ménageait pas assez dans ces 
climats tropicaux, le forca à s'arrêter au bout de quelques mois. Il était 
occupé à une exploration botanique du détroit de Malacea, lorsque la 
mort vint le frapper à Pulo-Penang. Le numéro du Flora du 11 mars 
dernier relève la liste des publications de Kurz, qui ne comprennent pas 
moins de 66 numéros, dont plusieurs sont des travaux très-importants. 
Ils ont trait presque tous à la végétation de l’Inde. 


— Moritz Seubert, professeur de botanique à l’école polytechnique de 
Carlsruhe, est mort le 6 avril dernier. Il était né dans la même ville, le 
2 juin 1818. Son nom est connu surtout pour sa monographie des 
Élatinées, qui parut en [845, et pour son traité de botanique, qui eut 


( 267 ) 


plusieurs éditions et fut traduit en hollandais par M. Oudemans et plus 
ou moins imité en français par Bellynek. On lui doit encore plusieurs 
autres ouvrages, et entre autres la monographie d’un assez grand nombre 
de familles dans la Flora Brasiliensis. 

— André Murray, qui s’est surtout occupé d’entomologie, et qui est 
connu en botanique principalement par ses travaux sur les Conifères, est 
mort à Londres le 10 janvier de cette année. Il était né à Édimbourg 
en 1812. 

— Le 6 janvier, est mort à Delagoa Bay, dans l’Afrique orientale, 
Joachim Monteiro, qui séjourna pendant dix-huit ans dans le pays 
d’Angola et y forma des collections précieuses pour la connaissance de 
la flore de cette contrée. C’est à lui que l’on doit les premiers spécimens 
de Welwitschia recus en Angleterre. 

— À propos du Welwitschia, nous devons signaler que cette Gnétacée 
si curieuse, dont les énormes cotylédons tiennent lieu de feuilles, est 
actuellement vivante au Jardin de Kew, ainsi qu’au Jardin botanique de 
l'hôpital de la Marine, à Brest. 


— Le Dr Beccari est parti en octobre dernier pour un nouveau voyage 
dans la Malaisie. 

— À la suite d’un concours, M. Pedicino, professeur à Portici, a été 
nommé professeur de botanique à l’université de Rome, en remplacement 
de De Notaris. 


— M. le Dr Schweinfurt est parti de l'Égypte le 20 mars dernier, pour 
faire une excursion de six semaines dans le désert de l’Arabie. 


— Le fascicule 74 de la Flora Brasiliensis, paru depuis notre dernier 
numéro, contient les Humiriacées et les Linées par M. Urban, les Oxa- 
lidées, les Géraniacées etles Vivianiacées par M. Progel. Le fascicule 75 
se compose des Hippocratéacées par M. Peyritsch, des Méliacées par 
M. Cas. de Candolle et des Hédéracées par notre confrère M. É. Marchal. 


— M. Kerner, d’Inspruck, vient de publier une monographie des 
Pulmonaires, accompagnée de 15 planches. 

— L’importante bibliothèque botanique de feu Alexandre Braun est en 
vente chez les libraires List et Francke, Universitäts-Strasse, 15, à 
Leipzig. Le catalogue, avec les prix marqués, ne comprend pas moins de 
4287 numéros, dont un grand nombre réunissent plusieurs ouvrages. 


— Le D' Massalongo, de Padoue, publie un exciccata des Hépatiques 
d'Italie, au prix de 2 francs la déeade ; quatre décades ont paru. 


( 268 ) 


— L'important Annuaire botanique (Botanischer Jahresbericht) publié 
depuis quatre ans par le Dr Just, avec la collaboration d’un grand nombre 
de botanistes éminents, continue à paraître régulièrement avec des 
améliorations de détail qui en rendent l’usage de plus en plus indispen- 
sable pour les botanistes. Les deux premières parties de l’année 1876, 
parues depuis peu, comprennent déja 848 pages très-compactes. 

— Le premier volume des Monographiae phanerogamarum publié par 
M. Alph. de Candolle doit paraître dans quelques jours. Ce recueil, 
destiné à compléter le Prodromus, comprendra non-seulement les 
Monocotylédones, mais encore les familles déjà traitées dans le Prodromus, 
mais d’une manière aujourd’hui trop insuffisante et qui n’ont pas fait 
depuis l’objet d’une bonne monographie. Ainsi le volume qui va paraitre 
comprendra les Méliacées, par M. Cas. de Candolle; M. A. Cogniaux est 
occupé aux Cucurbitacées: et M. É. Marchal vient également d’être 
chargé par M. de Candolle de traiter les Hédéracées. 


— M. J. Gielen, de Maeseyck, nous a fait voir un exemplaire de l’édition 
de 1554 du Cruydeboeck de Dodoens, qui lui appartient et qui porte à 
dix le nombre de ceux que l’on connaît aujourd’hui. 


— La notice sur notre regretté confrère, le Dr Maes, de Hasselt, décédé 
en janvier dernier sur la côte du Zanzibar, qui nous était promise par un 
de nos confrères, ne nous est pas parvenue au moment de mettre sous 
presse. Nous espérons la donner dans le prochain numéro. 

















BIBLIOTHÈQUE. 


Relazione sui Cotoni coltivati nel R. Orto botanico di Palermo 
nell” anno 1876, per A. Todaro; Palermo, 1877; broch. in-4°, 
avec une pl. col. (Don de l’auteur.) 

Estudios sobre la Flora y Fauna de Venezuela; 1 vol. in-%°; 
Caracas, 1877; — Estudios sobre las deformaciones, enferme- 
dades y enemigos del arbol de Cafe en Venezuela ; br. in-4e, 
avec 1 pl.; Caracas, 1878 (De la part de l’auteur, M. A. Ernst.) 

Report on the Liliaceae, Iridaceae, Hypoxidaceae and 
Haemodoraceae Welwitsch’s Angolan Herbarium, by J.-G, 
Baker ; broch. in-4°, avec 5 pl. (Don de l’auteur.) 


( 269 ) 


Seconde note sur les mouvements spontanés et réquliers d'une 
plante aquatique submergée, le Ceratophyllum demersum, par 
E. Rodier; broch. in-4°. (Don de l’auteur.) 

Les Ustilaginées, étude monographique, par A. Fischer de 
Waldheim; 2 parties in-8°; Varsovie, 1877-1878. (Don de 
l’auteur.) 

Over het Crithmum maritimum der Nederlandsche schrijvers, 
door Oudemans; broch. in-8°. (Don de l’auteur.) 

Escursione botanica sul monte Risniak in Croazia ; broch. 
in-8°; — Sulla geologia e Zoologia dell’ isola di Pelagosa ; 
broch. in-8° ; — Sopra lo sviluppo delle serpule ; broch. in-8° 
avec 1 pl. ; — Trasformazione della vescica germinativa e sua 
imporlanza nella segmentazione del tuorlo ; broch. in-8° avec 
2 pl. (Don de l'auteur, M. Michel Stossich.) 

Notice sur les titres et ouvrages scientifiques de M. 3. Duval- 
Jouve ; broch. in-4°. (Don de l’auteur.) 

Considérations on vegetable nutrition, by Salvador Calderon; 
broch. in-8°; Madrid, 1877 (Don de l’auteur.) 

Sur l'existence de races physiologiques dans les espèces végé- 
tales à l’état spontané ; broch. in-8° ; — Rapport sur le jardin 
expérimental de M. Jordan; broch. in-8°. (Don de l’auteur, 
M. Alph. de Candolle.) 

Anomalies végétales, par D. Clos; broch. in-8°, avec 1 pl. 
(Don de l’auteur.) 


Sommaire des articles de botanique contenus dans les publi- 
calions périodiques recues par la Société. 


ALLEMAGNE. 
Bupapesr. — Természetrajzi Füzetek ; 1878, no 1. 
Janka : Descriptiones plantarum novarum. — L. Simkovics : Descrip- 
tiones plantarum novarum; — Adatok a Bänsäg flrajahoz. — Kanitz : 


Expeditio Austriaco-Hungarica ad oras Asiae orientalis. 


( 270 ) 


Graz. — Mittheilungen des naturwissenschaftlichen Vereines 
fur Steiermarck; 1877. 


Waldner : Die kalkdrüsen der Saxifragen. 
Leipzie. — Botanische Zeitung; 1878, n°° 1 à 16. 


Sorauer : Der Einfluss Luftfeuchtigkeit. — Hollstein : Das Schieksal der 
Anthoxanthinkôrner in abblühenden Blumenkronen. — Kienitz-Gerloff : 
Untersuchungen über die Entwickelungsgeschichte der Laubmoos-Kapsel 
und die Embryo-Entwikelung einiger Polypodiaceen. — Graf zu Solms- 
Laubach : Uber monocotyle Embryonen mit scheitelburtigem Vegetation- 
spunkt. — H.-G. Reichenbach : Ad Orchydographiam Japonicam Symbo- 
lae. — Wydler : Notiz über Anastatica hierochuntica. — Ahlburg : Ein 
neues japanisches Pflanzengenus. — Wendland : Beiträge zur Kenntniss 
der Palmen. — Jonkman : Uber die Entwickelungsgeschichte des Prothal- 
liums der Marattiaceen. — Goebel : Zur Kenntniss einiger Meeresalgen. 
— Vegctationsversuche an Drosera rotundifolia mit und ohne Fleisch- 
fütterung, ausgeführt von Kellermann und von Raumer, mitgetheilt von 
Reess. — Traube : Zur Geschichte der mechanischen Theorie des Wachs- 
thums der organischen Zellen., — Celakovsky : Uber Chloranthien der 


Reseda lutea. 


ANGLETERRE. 


ÉvimsourG. — Transactions and Proceedings of the Botanical 
Society; vol. XIE, part I; 1877. 


Lindsay : Recent Contributions to the Flora of Iseland. — Prof. Bal- 
four : Notice of Plants in Dr. Shapter’s Garden at Cobham. — A.-S. Wil- 
son : Experiments with Turnip Seeds. — J.-B. Balfour : Remarks on 
Morren’s views of vegetable digestion. —- Cooke : Pezizae at Inverleith 
House. — Peasch : On fossil Plants from the Caiciferous Sandstone around 
Edinburgh. — Buchan : Low night temperatures in relation to slight 
inequalities of surface. — Sadler : Notes on the Alpine Flora of Ben Nevis, 
Inverness-shire. — Mac Nab : Open-air vegetation at the royal Botanic 
Garden. — Maw : A Six Weeks’ Botanical tour in the Levant. — Webb : 
Notes upon some plants of the British herbarium at the royal Botanic 
Garden, Edinburgh. 


(271) 


Lonpres. — T'he Journal of Botany, edited by H. Trimen ; 
1878, février-avril, 


Masters : Side-lights on the structure of Composites ; — Note on the 
dimorphism of Restiaceae. — Babington : On Ranunculus tripartitus. — 
Baker : On the rediscovery of the genus Eustephia of Cavanilles. — Leefe : 
On Salix Trevirani. — Holmes : The cryptogamic flora of Kent. — 
Hartog : On the floral structure and affinities of Sapotaceae. .— Hiern : 
On a question of botanical nomenclature. — Baker : On two new genera 
of Amaryllidaceae from Cape Colony ; — New Compositae from Monte 
Video; — An enumeration and classification of the species of Hippeastrum. 
— Babington : Notes on Rubi. — Hance : Note on the genus Pygeum. — 
Hiern : On a new species of Gardenia from West Tropical Africa. — 
Dyer : On the Dipterocarpeae of New Guinea, with remarks on some other 
species. — Hance : Spicilegia florae Sinensis. — Babington : Notes on Rubi. 
— Holmes : The eryptogamic flora of Kent. — Short notes. 


— The Journal of the Linnean Society; n°* 85 à 92. 


Baker : Revision of the genera and species of Anthericeae and Erios- 
permae. — Berkeley : The Fungi of Brazil, including those collected by 
Trail in 1874. — F. Darwin : On the Glandular Bodies on Acacia sphaero- 
cephala and Cecropia pellata serving as food for Ants. — Crombie : Lichens 
collected by Pool in Madagascar. — Baker : On a collection of Ferns made 
by Pool in the interior of Madagascar. — Potts : Habits of Filices observed 
about the Malvern Hills near the Gorge of the Rakaiïa River, Canterbury, 
New Zealand. — Vines : On the digestive ferment of Nepenthes. — 
Crombie : Lichenes Insulae Rodriguesii. — Archer : Note on the Fresh- 
water Algae collected by Moseley in Kerguelen’s Land. — Dickie : Notes 
on Algae collected by Moseley, chiefly obtained in Torres Straits, Coast of 
Japan, and Juan Fernandez. — Masters : Remarks on the « Supperposed » 
arrangement of the Flower. — Kirk : Note on Specimens of Hibiscus allied 
to 1. rosa-sinensis collected in E. Tropical Africa, with Remarks by 
Prof, Oliver. — Moseley : Notes on the Flora of Marion Islands. — Dickie : 
Supplemental Notes on Algae collected by Moseley. — Bentham : On the 
distribution of the Monocotyledonous Orders into primary groups, more 
especially in reference to the Australian Flora, with notes on some points 
of terminologv. — Jackson : Note on the uses of a commercial Cane termed 
« Whangece, » a species of Phyllostachys. — Leighton : New British 
Lichens. — Buchanan : On the Rootstock of WMarattia fraxinea. — 

21 


(272 ) 


Dickie : Note on Algae collected by Balfour at the Island of Rodriguez. — 
B. Balfour : Aspects of the Phaenogamic vegetation of Rodriguez, with 
descriptions of new Plants from the Island. — Harrington : The tropical 
Ferns collected by Prof. Steene in the years 1870-1875. — Berkeley : 
Enumeration of the Fungi collected during the expedition of H. M.Ss. 


« Challenger. » — Powell : On the nature and mode of use of the Vegetable 
Poisons employed by the Samoan Islanders. — Baker : Systema Iridacea- 
rum. — Lynch : Note on the disarticulation of Branches. — Boulger : 


Remarks on the distribution of the TAlaspi perfoliatum in Britain. — 
Mitten : List of Hepaticae collected by the Rev. Eaton at the Cape of Good 
Hope. — Baker : On a collection of Ferns made by Miss Helen Gilpin in 
the interior of Madagascar. — Henslow : Note on the causes of the 
numerical increase of parts of Plants. — Crombie : The Lichens of the 
« Challenger » expedition. — Lynch : Note on the Averrhoa Bilimbi. — 
Reinsch : Contributiones ad floram Algarum aquae dulcis Promontorii 
Bonae Spei. — tliern : On the peculiarities and distribution of Rubiaceae 
in Tropical Africa. 


BELGIQUE. 


BRUxELLES. — Bulletin de l’Académie royale de Belgique ; 
1877; n°12; 
Morren, Crépin et Gilkinet : Rapports sur le mémoire de concours 


concernant les Laminariacées. 


— Annuaire de l’Académie royale de Belgique pour 1878. 
F. Crépin : Notice sur A. Bellynck. 


DANEMARK. 


CoPENHAGuE. — Botanisk Tidsskrift; 35° série, 2 vol., 
Acr cahier. 


Poulsen : Om svaermsporens spiring hos en art af slaegten Oedogo- 
nium. — Zahrtmann : En botanisk exkursion i egnen omkring Taastrup 
so. — Thumen : AEcidium Rostrupii nov. sp. -- Nielsen : Bemaerkninger 
om nogle rustarten, navnlig om en genetisk forbindelse mellem À Ecidium 
Tussilaginis og Puccinia Poarum n. sp. — Petersen : En notits om vore 
indenlandske Bromus og Poa-arter; — En exkursion til Hesseloen. — 
Warming : Smaa biologiske og morfologiske bidrag. 


( 275 } 


FRANCE. 


CuerBourc. — Mémoires de la Société nationale des Scien- 
ces naturelles ; tome XIX. 


Van Thieghem : Observations sur la légèreté spécifique et la structure 
de l'embryon de quelques Légumineuses. — Jouan : Les plantes alimen- 
taires de l'Océanie. — De Janezewski et Rostafinski : Note sur le prothalle 
de l’Hymenophyllum tunbridgense. — De Janezewski : Observations sur l’ac- 
croissement du thalle des Phéosporées. — Rostafinski : Quelques mots sur 
l’'Haematococcus laeustris et sur les bases d’une classification naturelle 
des Algues chlorosporées. — Godron : Herborisations autour de Lorient, 
de Port-Louis et à l’île de Groix. — Weddell : Excursion lichénologique 
dans l’ile d’Yeu, surla côte de la Vendée. -- Baranetzki : Influence de 
la lumière sur les plasmodia des Myxomycètes. 


Paris. — Bulletin de la Société botanique de France ; tome 
XXIV, n° 2, 


Richon : Notes sur trois espèces intéressantes de Champignons : 
Corticium amorphum, Ptychogaster albus, Pilacre poricola. — Van 
Tieghem : Sur le développement de quelques Ascomycètes. — Cauvet : 
Note sur la communication de M. Duval-Jouve. — André : Sur deux 
Broméliacées grimpantes de la Nouvelle-Grenade. — Prilleux : Sur la 
coloration en vert du bois mort. — Cauvet : Note sur la constitution 
hystologique de quelques Ipécacuanhas. — Fournier : Sur les Arundi- 
nacées du Mexique. — Duchartre : Note sur un fait de végétation du 
Lilium neilgherrense. — Alph. de Candolle : Note sur les Smilacées. — 
J. de Seynes : Note sur la communication de M. Prilleux. — Mouillefert : 
Plantes rares de la région de Paris relativement communes sur le domaine 
de l’école de Grignon. — Godron : Observations sur un genre particulier 
de prolifications médianes des fleurs. — Buchinger : Note sur la découverte 
du Symphytum bulbosum aux environs de Wissembourg. — Flahault : Sur 
le talon de la tigelle de quelques Dicotylédones. — Menier et Viand-Grand- 
Marais : Malthiola oyensis n. sp. — Lettre de MM. Fliche et Grandeau. — 
Sagot : Note sur un Clusia mâle portant des fleurs femelles monstrueuses. 
— Lefèvre : Examen de l’Essai sur les Rubus normands de M. Malbranche, 
— Cornu : Remarques sur quelques Saprolégniées nouvelles. — Bonnet : 
Note sur la découverte du ZLycopodium Selago dans le département de 


(274 ) 


Seine-et-Oise. —- Ramond : Sur une floraison estivale du Lilas. — 
Malinvaud : Sur quelques Menthes rares ou nouvelles pour la Flore 
française. — Prilleux : Anatomie comparée de la tigelle et du pivot de la 
Betterave, pendant la germination. — Chastaingt : Tableau de la végéta- 
tion des environs d’Aubin. — Poisson : Sur un cas de stérilité du Fragaria 
elatior. — Godron: Notice sur les collections botaniques du Musée 
d'histoire naturelle de Nancy. — Clos : De quelques étymologies. — 
Castracane : Considérations sur l’étude des Diatomées. — Malinvaud : 
Note sur quelques Menthes à inflorescence monstrueuse où anomale. — 
Arnaud : Quelques observations sur le Gladiolus Guepini. — Bonnet : 
Étude sur le genre Deschampsia et sur quelques espèces françaises 
appartenant à ce genre. — Poisson : Du siége des matières colorées dans la 
graine. 


— Bulletin mensuel de la Société Linnéenne de Paris ; n° 18 
LA: 
Baillon : Sur les aflinités des ÆHelwingia ; — Sur l’organogénie florale et 


la graine des Garrya ; — Sur les mouvements des anthères des Pyrolées 
et de quelques Ericacées voisines. — Dutailly : Sur la cellule terminale de 


l’épi des Equisetum. — Baillon : Sur les organes de végétation du Reana; 
— Sur une nouvelle Rhubarbe. — Dutailly : Sur la nature réelle de la 
fronde et du cotylédon du Lemna. — Baillon : Sur les Pilocarpus dits 


Jaborandi; — Sur le poison du Cay-Chui; — Observations sur le genre 
Canotia. 


— Feuille des jeunes naturalistes; 8° année, n°* 88-90. 


Olivier : Organisation des Lichens, d’après les auteurs. — Th. Durand : 
Coup d'œil sur la végétation de la vallée de la Vesdre, entre Chaudfontaine 
et les Mazures; supplément. 


ITALIE. 


Pise. — MNuovo Giornale botanico Iialiano; X, n°1. 


Caruel : Della impollinazione nelle Asteracee. — Arcangeli : Sul 
Trifolium obseurum Savi. — Cooke : Praecursor ad monographiam Hen- 
dersoniae. — Terracciano : Intorno alla transformazione degli stami 


in carpelli nel Capsicum grossum, e di un caso di prolificazione fruttipare 
nel Capsicum annuum. — Zanardini : Phyceae papuanae novae vel 


= L 
( 275 ) 
minus cognitae a. cl. Beccari in itinere ad Novam Guineam annis 


1872-1875 collectae. — Mori : Sulla struttura del fusto dell’ Erythrina 
Crista-galli. — Borzi : Studii sulla sessualita degli Ascomiceti. 


RUSSIE. 


SAINT-PÉTERSBOURG. — Acta Horti Petropolitani; V, fase. 1. 


Trautvetter : Plantae Sibiriae borealis ab Czekanowski et Mueller annis 
1874 et 1875 lectae. — De Herder : Observations sur les époques de 
développement des plantes cultivées en pleine terre dans le Jardin bota- 
nique impérial et des plantes indigènes des environs de St-Pétersbourg, 
faites pendant l’année 1875. — Regel : Descriptiones plantarum novarum 
et minus cognitarum, fase. V; — Breviarium relationis de horto botanico 
imperiali Petropolitano anne 1876. 


SUÉDE. 


Lux. — Botaniska Notiser, utgifne af O. Nordstedt ; 1878, 
nv: 1;612. 


C. v. Linné. — Aehrling : Naagra af de i Sverige befintliga Linneanska 
handskrifterne, kritiskt skärskaadade IT. — Wittrock : Om Linnaea 
borealis. — Lindberg : Grimmia trichophylla Grev. — Wittrock : Om 
December-floran vid Upsula 1877. 


Ursaz. — Nova acta regiae societatis scientiarum Upsa- 
liensis ; 1877. 
Th. Fries : Polyblastiae Scandinavicae. — Fristedt : J. Franckenii 


Botanologia nunc primum edita, praefatione historica, annotationibus 
criticis, nomenclatura Linnaeanaillustrata.— Kjellman : Ueber die Algenve- 
getation des Murmanschen Meeres. — Lundstrôm : Kritische Bemerkun- 
gen über die Weiden Nowaja Smeljas. — Wittrock : On the development 
and systematic arrangement of the Pithophoraceae, a new order of Algae. 


SUISSE. 


SAINT-GALL. — Bericht über die Thätigkeit der St.-Gallischen 
naturwissenschaftlichen Gesellschaft warhend des Vereins- 
jahres 1875-76. 


Jaeger : Genera et species Muscorum systematice disposita. 


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TABLE DES MATIÈRES 


CONTENUES DANS LE TOME XVI. 


Composition du Conseil d'administration de la Société pour l’année 


SORA Dei Nip Le : STE eu A ME ARR A en EL RES v 
Liste des membres effectifs et associés de la Société . . . vil 
Liste des Académies, Sociétés, etc., avec lesquelles la Société 

éCHAHeeISes DUbDHCAUONS Le NIMES TUE EAN ARE US PIRE 
Procès-verbaux des séances . . noue ea VE O1 IUT 
Conspectus Ordinem AO AD TER auctore v. Trévisan . = 4 
Note sur la tribu des Platystomées de la famille des Hypoxylacées, 

par le comte V. Trévisan de St-Léon. . . . . . Sens :7 


Les études de M. Grand’ Eury sur la flore carbonifère, par F. nie 69 
Note sur quelques plantes nouvelles ou rares pour la flore liégeoise, 
panne Durand, :: . 1. AREA URSS 37e | UE 
Compte-rendu de la XVIe RL ONt patate de la Société royale 
de botanique de Belgique, par A. Wesmael . . . . . . . 171 


Notice sur quelques faits tératologiques, par À. Gravis . . . . 185 
Étude morphologique sur les Thalictrum, par G/Lecoyer. 0) 24198 
Forula Genevensis advena, par A. Déséglise . . . . . . . 235 
BiBL10GRAPHIE : 
Tentamen Rosarum Monographiae, auctore E. Regel . . . . . 21 
Synopsis Ruborum Germaniae, von Dr Focke . . . . . . . 350 
Diagnoses de Cucurbitacées nouvelles et observations sur les espèces 
crrliques; pur AD Cogniauxe tt Re me, AN Lee ET ER eZ 
none iridacerun by Baker MON CR RE PET TGS 
Descriptiones plantarum novarum et minus cognitarum, auctore 
BResel: fase. IVet V.: :. 7 : o : . 40 
Revue des plantes nourricières des Ustilaginées, par À. F sels de 


ME ee OA CR Re RE Le, ORAN EEE 


(278 ) 


Zur Kenntniss der Entyloma-Arten, von A. Fischer de Waldheim . 41 
Les Palmiers, par Oswald de Kerchove de Denterghem. . . . . 119 
Vergleichende Unitersuchungen über die morphologischen Verhälinisse 


der'Araceae, Non DrEnglert. DAME DOUS RE ere 7 
Relazione sui Cotoni coltivati nel r. orto botanico di airs nell’ anno 

1876, per A: Todaron "#52 RSA SRE PR ee 
Ueber Botrydium granalatum, von ln no 7 Woronin:.! : 429 
Arboretum Segrezianum, par A. Lavallée. . . . . . . . . 151 
Flora of Mauritius and the Seychelles, by J.-G. Baker .  . . . . 155 
Introduction to botanic teachings at the Schools of Victoria, by baron 

Efvon Muller © Ar UE re NE Lo SO 


Flora of tropical Africa, by D. Gi AR AS ES PRET EE UP 
Diagnoses plantarum novarum asiaticarum, scripsit C.-J. Maximowiez 144 
Fungi Neerlandici-exisccati a Oudemans colleeti.  . . . . . . 145 
Recherches sur les graines originaires des hautes latitudes, par A. Pe- 
termann . . si! 4e avale WE IE S 
La feuille florale et le filet Pur par D. Clos. IN 9 SA DRE AS) 
Compendio della Flora nee FRE per Cesati, Passerini e 


Gibele 20.7 RE RS QE LS 
Le Microscope, par le Dr H. Van A De) où Ro OC CREER 
Deutsche Laubmoose, parG. Warnstorfé 0... ee ot 20 
Sur l’existence de races physiologiques dans les espèces végétales à l’état 

spontané, par Alph de Candolle. . . AE SRE PARA 


Report on the Liliaceae, Iridaceae, Hypoxidaceae and OI RIES 
of Welwitsch’'s Angolan Herbarium, by J-G. Baker. . . . . 249 


Estudios sobre la Flora y Fauna de Venezuela, por A. Ernst . . . 251 
Estudios sobre las deformaciones, enfermedades y enemigos del arbol de 
_ Cafeen Venezuela, por A. Ernst . . . on 255) 
Les Ustilaginées, esquisse monogr aphique, par À. RES de Waldheim 254 
Études sur le genre Mentha, par E. Malinvaud . . . . . . . 255 
MÉLANGES . 45, 155, 256 
NéCROLOGIE : 
Bellynck . PRET OU STE UE ee 48 
Hencietle Cerf. 5 7: MS NN CL EN ER RUE 
Fries Let T0 20) 
Durieu de Maisonneuve Rs NAS 
NouveLLes 55, 157, 265 


59, 161, 269 


BiBLIOFHÈQUE. 


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